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  • Mitterrand, la deuxième calamité de la France d'après-guerre

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    Après Mai 68, le « règne » de Mitterrand constitue la deuxième catastrophe qui s’est abattue sur notre grand voisin durant la seconde moitié du 20ème siècle.

    Les thuriféraires vieillissants du président Mitterrand ne manqueront pourtant pas, le 8 janvier, de marquer le 25ème anniversaire de sa mort en encensant celui qui a redonné en 1981 le pouvoir à la gauche française. Ils éviteront  par contre soigneusement de mettre en évidence la personnalité douteuse d’un homme qui reste le plus grand mystificateur politique d’un pays qui pourtant en a connu beaucoup.

    Son premier succès est d’avoir, à la fin de la guerre, su faire oublier les relations troubles qu’il a entretenues avec le pouvoir pétainiste. Dès 1950, il n’a cessé de renier ses « convictions » au fil des changements du vent politique. Alain Duhamel, fin observateur des élites politiques françaises, a noté que « ce grand démagogue aimait les idées neuves et les programmes renversants, surtout lorsqu’ils étaient inapplicables, et il en faisait sans remords un épouvantail pour la droite et un miroir aux alouettes pour la gauche ».

    Année après année, Mitterrand s’est ainsi fabriqué un personnage qui, grâce à sa ténacité, son absence de scrupules et ses talents de discoureur, l’a amené à la présidence de l’Hexagone.

    Après Mai 68, ce grand marionnettiste s’est largement fait aider dans sa quête présidentielle par toute une clique d’intellectuels soixante-huitards recyclés (Foucault, Deleuze, Guattari, etc.) qui, avec le soutien de Mitterrand, se sont empressés de se placer dans l’appareil du PS puis dans les arcanes de l’Etat. A partir de 1981, plusieurs d’entre eux se sont mis au service de son ambition de contrôler à son avantage les médias, la télévision, le cinéma et l’édition. Mitterrand fut ainsi le plus grand manipulateur de la presse de sa génération.

    Nombre de ses contemporains éprouvaient une grande méfiance à son égard. Raymond Aron a toujours refusé de rencontrer celui dont il disait qu’il était « un manœuvrier sans scrupules ». Rocard regardait Mitterrand comme « l’incarnation d’un socialisme désuet et bavard, prêt à toutes les compromissions et les hypocrisies ». C’est cet homme sans scrupules qui n’a pas hésité, en 1983, à rompre drastiquement avec ses promesses électorales d’une « France unie dans la justice sociale » au profit d’un libéralisme que deux ans plus tôt il prétendait honnir.

    Que reste-t-il de Mitterrand ? Un rêve en lambeaux, celui du « grand soir ». Un PS à l’agonie. Les excès et les déséquilibres, nés des graines qu'il a semées, que connaît le pays aujourd’hui. Structurellement, une administration publique pléthorique. Socialement, un Etat-providence exsangue. Industriellement, une puissance en ruine. Financièrement, une nation sous tutelle de la Banque centrale européenne.

    Aucun de ses successeurs n’a réussi à inverser le cours du désastre qu’il a enclenché.

    Pierre Kunz

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