Je la connais la musique... - Page 2

  • L'étonnante démocratie israélienne

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    Il y a peu, un quotidien romand attirait l’attention de ses lecteurs sur certaines caractéristiques curieuses de la démocratie israélienne qui présente effectivement plusieurs caractéristiques étonnantes.

    La principale est son parlement, élu quasiment sans quorum, donc très éparpillé, ouvert à la multitude de petits partis. Ce système électoral confère un pouvoir qu’on peut qualifier d’exorbitant aux diverses fractions religieuses intégristes qui constituent un puissant moteur de la société civile et politique israélienne.

    Généralement, on présente l’Etat d’Israël comme « le » modèle démocratique de la région, comme le contre-exemple de ses voisins, notamment de la République islamique d’Iran et de la monarchie saoudienne. Et il est vrai que la démocratie y fonctionne, cela d’une manière d’autant plus surprenante que le pays est entouré d’ennemis déclarés. Elle nous interroge, nous Occidentaux, en particulier parce qu’elle elle n’intègre pas la laïcité à laquelle nous sommes habitués. La religion juive, en Israël, n’a jamais été séparée de l’Etat. C’est ce constat qui fait dire à d’aucuns qu’Israël est aussi une théocratie.

    Contrairement à ce qu’imaginaient ses pères fondateurs, sous la pression des promoteurs du judaïsme conservateur, la démocratie israélienne s’affirme aujourd’hui comme « l’Etat-nation du peuple juif ». Benyamin Netanyahou a d’ailleurs expressément repris à son compte l’idée que « Israël est l’Etat d’un seul peuple, le peuple juif ».

    Autrement dit, selon le premier ministre, qui n’est pas exempt bien sûr d’arrière-pensées géopolitiques, même si tous les citoyens disposent des droits politiques et civils, même si la religion juive n’a jamais été déclarée religion d’Etat, et même si la constitution garantit la liberté de culte à toutes les communautés religieuses, seuls les Israéliens de religion juive sont les « vrais » citoyens d’Israël. Au plan des droits humains ces propos sont évidemment contestables.

    S’agissant de la vie des minorités religieuses juives orthodoxes et arabe, Israël a su se montrer pragmatique. Michel Abitbol le soulignait voici quelques lustres dans un de ses écrits : « Israël est l’un des rares pays démocratiques qui abandonne des pans entiers de sa juridiction à des tribunaux religieux dont les juges sont rétribués par l’État au même titre que les magistrats des cours civiles. Les tribunaux religieux ont compétence en tout ce qui concerne les mariages et les divorces qui sont régis exclusivement par la Halakha juive ou la Shari’a musulmane ».

    De toutes évidences, cette délégation, impensable dans nos Etats laïcs, d’une partie du pouvoir judiciaire à des tribunaux privés met intelligemment de l’huile dans les rouages du fonctionnement harmonieux de la société israélienne.

    Pierre Kunz

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  • Le scandale de la dette genevoise

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    Notre ministre des finances se demandait récemment dans Le Temps si la dette de notre canton était aussi scandaleuse que d’aucuns le prétendent. Cela, pour répondre qu’à son avis ce n’est pas le cas.

    Certes, le niveau anormalement élevé de cette dette et, surtout, sa folle croissance des trois dernières décennies, ne lui sont pas imputables, ni à ses collègues du gouvernement actuel. Par contre on peut lui reprocher, sur la base de son article, sa complaisance, son immobilisme et une distorsion de la vérité historique.

    Complaisance. Nathalie Fontanet banalise le phénomène de la dette du canton. Elle explique notamment que les déficits qui alimentent année après année cette dette sont en réalité bénéfiques pour les générations futures (!). Par ailleurs, elle constate que par rapport au PIB cantonal la dette reste faible, oubliant de relever que les autres cantons helvétiques présentent tous un rapport plus favorable que Genève entre dette et PIB.

    Immobilisme. Comme les conseillers et conseillères d’Etat qui l’ont précédée dans sa fonction, Nathalie Fontanet, depuis son élection, n’a pris aucune mesure pour casser l’engrenage de la hausse. Au contraire, elle a cautionné pour 2021, après les créations d'emplois de 2019 et 2020, l’engagement de plus de 800 nouveaux fonctionnaires.

    Distorsion de la vérité. La chef du département des finances n’a manifestement pas étudié avec sérieux l'évolution et les causes de notre dette publique, faute de quoi elle n’aurait pas osé prétendre que si Genève s’est beaucoup et régulièrement endetté c’est parce que notre canton a beaucoup investi « pour le bonheur de la population ». En réalité, ce ne sont pas les investissements, même si ceux-ci ont toujours été importants, qui plombent nos budgets et notre dette. (Soit dit en passant, contrairement à ce qu’affirme Nathalie Fontanet, si on prend en compte les engagements hors bilan du canton cette dette est plus proche des 20 milliards que des 11,8 qu’elle mentionne). Ce sont les rubriques de dépenses courantes qui la gonfle, à savoir principalement les charges salariales de la fonction publiques et la masse des subventions versées tous azimuts.

    La complaisance et l’immobilisme dont il est fait état ici montre que notre ministre des finances actuelle n’a rien retenu de ce que clamait Martine Brunschwig Graf, alors chef du DF, au début de ce siècle : « Il est dangereux et inacceptable qu'année après année Genève emprunte pour payer les salaires de son personnel et faire face aux dépenses courantes ». Elle n’a pas été entendue. A preuve, le niveau exorbitant de la dette aujourd’hui.

    Au vu du passé et de la mollesse du Conseil d’Etat, on peine à croire Nathalie Fontanet et à lui faire confiance lorsqu’elle déclare : « Demain il s’agira de stabiliser la dette et après-demain de revenir à un niveau de dépenses inférieur à celui des recettes fiscales ».

    C’est quand demain ? C’est quand après-demain ?

    Pierre Kunz

     

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  • De la collégialité gouvernementale

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    Lors d’un récent débat organisé par Lémanbleu entre Cyril Aellen et Pierre Maudet le premier s’est prononcé pour la recherche d’une action collégiale au sein de gouvernement genevois. Le second a déclaré que cette collégialité est un vain mot et qu’elle ne constitue pas un instrument efficace au service de notre canton.

    A l’évidence, un gouvernement capable d’agir collégialement obtient de meilleurs résultats qu’une équipe disparate. A condition cependant que cette collégialité soit fondée sur des objectifs et un programme d’action communs. Or, force est de constater qu’à Genève, depuis des décennies, cette collégialité, évoquée dans les discours, n’a débouché sur aucune réalisation institutionnelle, économique ou sociale. Les quelques grandes réalisations qui ont marqué Genève au cours du dernier quart de siècle sont nées dans l’esprit et grâce à la détermination d’une forte personnalité, pas du collège. C’est Christian Grobet qui a corseté l’ensemble du droit du logement, c’est Guy-Olivier Segond qui a pensé et mis en oeuvre les grandes réformes sociales genevoises, c’est à Robert Cramer que l’on doit le CEVA, c’est à Pierre Maudet que reviennent l'opération Papyrus, la nouvelle loi sur la police et celle sur la laïcité.

    Pourquoi le collège gouvernemental, en tant que tel, est-il si faible et si improductif ? Pourquoi notre canton n’est-il pas gouverné mais seulement administré, quasiment au jour le jour ?

    Ce n’est pas parce que les sept hommes et femmes appelés à gouverner Genève ont des personnalités différentes, que certaines sont plus compétentes que d’autres ou au contraire faibles voire négligentes. C’est parce que rien, politiquement et institutionnellement ne les relie. Ils ont simplement été élus le même jour. Les partis qui les ont désignés ne se sont pas préalablement entendus et engagés sur un programme et des objectifs de législature. Ils n’avaient qu0un but : conserver ou conquérir leur ou leurs sièges.

    Le Discours de Saint-Pierre n’est qu’une improvisation post-électorale vide d’effets. Dès le lendemain de son élection, on sent le Conseil d’Etat tiraillé par ses divisions idéologiques. Et plus le temps passe plus il s’efface. Même le budget annuel, soi-disant l’acte politique le plus important de l’exécutif, reste une opération purement administrative ne reflétant aucune ambition politique. Il n’est destiné qu’à satisfaire une majorité de circonstance au parlement et ... l’administration publique.

    Cyril Aellen a raison d’aspirer à la collégialité. Mais Pierre Maudet est fondé à prétendre qu’institutionnellement et avec la culture politique genevoise elle reste inatteignable.

    Pierre Kunz

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  • Le soi-disant péril islamique et la burqa

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    L’UDC ne s’y est pas trompée, il existe un climat d’incompréhension et de crainte, propice à la récupération électoraliste, au sujet de la communauté musulmane helvétique et du danger qu’elle représenterait pour notre « culture » et notre « patrie ». De toute évidence, son initiative dite « anti-burqa » entend profiter de nos peurs d’un imaginaire complot islamique visant à renverser nos institutions.

    Les chiffres tirés par un journaliste de la TSR, des publications de l’Office fédéral de la statistique (OFSP) montrent que ces peurs sont totalement déraisonnables. Rappelons ces chiffres :

    • Les résidents de plus de 15 ans se déclarant musulmans représentent moins de 400’000 individus, soit environ 5 % de la population totale.
    • Près d’un tiers d’entre eux sont originaires des Balkans.
    • Les statistiques de l'OFS montrent également que, parmi les différentes confessions du pays (catholique, protestante, catholique-chrétienne, juive) les musulmans sont les moins pratiquants. Près de la moitié d’entre eux déclarent ne pas participer aux services religieux de leur communauté.
    • 35 % des musulmans qui vivent en Suisse ont un passeport helvétique.

    Outre le « féministe » dont ils se drapent, mais dont les véritables défenseurs des femmes se rient, les promoteurs du « oui » à l’initiative anti-burqa ne manquent jamais une occasion de soulever la question du fondamentalisme. Ils prétendent ainsi justifier, par amalgame, le texte qui sera soumis au peuple le 7 mars. Le port du voile imposé aux femmes par des barbares ne constituerait qu’un des volets de ce fondamentalisme.

    Les chiffres cités plus haut, et surtout le degré d’intégration élevé des musulmans de Suisse, montrent éloquemment que le salafisme, même s’il compte chez nous quelques centaines de propagandistes et d’adeptes ne saurait constituer plus qu’un phantasme pour notre société. Ces salafistes, à surveiller certes, restent d’ailleurs chez nous moins nombreux que les intégristes catholiques, protestants ou juifs. Et ils sont bien peu efficaces. A preuve, comme le relevait la conseillère fédérale K. Keller-Suter, « il n’y a pas plus de trente femmes qui portent la burqa dans notre pays ».

    Votons « Non » le 7 mars.

    Pierre Kunz

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  • La dette du canton, les déficits et Pierre Maudet

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    Un téléspectateur, plus ironique que curieux, s’est étonné des documents que j’avais sous la main lors du débat auquel Pascal Décaillet nous avait conviés, Alexandre de Senarclens et moi, jeudi dernier. Je lui en donne la liste bien volontiers : Quarantaine, l’ouvrage publié il y a quelques jours par Pierre Maudet, le torchon du Syndicat de la police judiciaire, l’article publié récemment par l’ancien président du PLR et des chiffres concernant la situation dramatique des finances du canton.

    Comme je n’ai pas eu l’occasion de parler de celles-ci, je profite de ces lignes pour me rattraper.

    Au sein du Conseil d’Etat et dans la classe politique on a reproché à Pierre Maudet d’avoir refusé de soutenir les budgets de 2020 et 2021. Le motif qu’il avait alors invoqué était l’évidence que ces budgets manifestaient, une fois encore, l’incapacité de Conseil d’Etat d’engager les réformes structurelles requises pour mettre un terme à la dérive financière de Genève.

    Rappelons que notre canton est celui qui comptabilise la dette publique la plus élevée de Suisse, soit plus de 20 milliards de francs, et que son administration, sans être la plus efficace, est la plus lourde et la plus coûteuse du pays. Pourtant l’inaction de la classe politique à ce sujet reste totale. Ainsi, au cours des six dernières années, le nombre des fonctionnaires a augmenté de plus de 12 % (+ 4775 emplois plein temps) alors que l’inflation est demeurée inférieure à 1 % et que la population genevoise n’a même pas grossi de 4%.

    Qu’à cela ne tienne, en septembre 2020, le gouvernement a présenté un budget pour l’exercice à venir bouclant sur un déficit colossal de 846 millions de francs et prévoyant l’engagement de 656 fonctionnaires supplémentaires.

    Pierre Maudet fut le seul à s’opposer à ce nouvel exemple de démission collective du Conseil d’Etat, du Grand conseil et des partis soi-disant gouvernementaux (PLR, PS, PDC, MCG et Verts). Comme il l’explique dans Quarantaine, Pierre Maudet, en véritable homme d’Etat, refuse de cautionner cette attitude de laisser-aller absolument incompatible avec les valeurs d’un conseiller d’Etat qui se sent responsable de l’avenir de Genève.

    Jeudi dernier, Alexandre de Senarclens mettait en avant les « valeurs du PLR » pour justifier le lâchage et le lynchage de Pierre Maudet. Mais où se sont perdues la structure vertébrale et les véritables valeurs politiques du PLR, particulièrement l’engagement centenaire de ce parti de veiller à la saine gestion de notre République ?

    Pierre Maudet, lui, s’est toujours accroché aux principes fondateurs du libéralisme et du radicalisme, son action l’a prouvé. Il a témoigné en permanence de sa détermination à affronter avec courage et rigueur les problèmes du canton. Il a aussi prouvé sa capacité à rassembler une majorité politique autour de lui pour mettre en œuvre les réformes qu’il a entreprises, s’agissant notamment de la nouvelle Loi sur la Police et de la nouvelle Loi sur la laïcité.

    Qui veut suivre la meute qui s’est assemblée avec l’objectif de le détruire afin de régler des comptes, par opportunisme médiatique, parce qu’il dérange certains milieux, ou encore par pure jalousie ? Qui veut priver Genève de ses compétences au Conseil d’Etat ?

    Pierre Kunz

     

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  • Pourquoi je voterai Pierre Maudet

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    Ancien Radical, je reste attaché au PLR aussi fermement que depuis le jour de la fusion qui lui a donné naissance et que j’ai soutenue avec conviction. Mais, le 7 mars prochain, je donnerai ma voix à Pierre Maudet.

    Je ferai ce choix d’abord parce que je suis en colère, outragé par la campagne de destruction d’un homme et de démolition d’une carrière politique menée depuis un an par les forces réunies des médias, des syndicats de la police, du monde politique genevois et du Conseil d’Etat. Jamais Genève n’a vu se déchaîner un tel acharnement fondé sur les haines personnelles, la volonté de régler des comptes et la pure jalousie.

    Certes, Pierre Maudet a commis des erreurs de jugement en tentant, dans un premier temps, de cacher les contours d’un voyage au Moyen-Orient. Mais ces faits, par comparaison à l’utilisation à titre personnel des deniers publics commis par plusieurs membres du Conseil administratif de la Ville, apparaissent comme une peccadille, peccadille qui, elle, n’a pas coûté un centime à Genève.

    Je voterai pour Pierre Maudet surtout parce que, tout son parcours politique en Ville et au canton en témoigne, il est un véritable homme d’Etat, qui effectue sa tâche avec foi, détermination et efficacité. Il est un « homme de pouvoir » au sens où il aime l’exercer dans l’intérêt de la collectivité. Les résultats qu’il a obtenu ces dernières années le soulignent.

    Personne ne peut se targuer, au sein du Conseil d’Etat, d’avoir réalisé ne serait-ce que le quart voire le dixième du travail que Pierre Maudet a accompli dans l’intérêt général. Ses collègues ont certes administré leur département, plus ou moins bien, mais aucun d’eux n’a, au cours des dernières années su mettre en œuvre des réformes aussi importantes et nécessaires pour notre canton telles que la nouvelle Loi sur la Police, la nouvelle Loi sur la Laïcité, l’opération Papyrus ou encore la création de Trust Valley, pôle de compétences numérique lémanique.

    « N’écoutez pas ce qu’ils disent, regardez ce qu’ils font ». (H. Bergson)

    En face de ces réalisations, le bilan provisoire de la législature des autres magistrats est affligeant, surtout en regard des promesses que le Conseil d’Etat a faites lors de sa prise de fonction. Les finances cantonales sont au plus mal, déprimées par des déficits catastrophiques, « sanctifiés » par la suspension du frein aux déficits (!). La dette publique dépasse désormais les 20 milliards de francs, les dépenses de fonctionnement continuent de croître plus vite que les recettes, l’administration du DIP est toujours aussi pesante et coûteuse, l’ambition de réformer de la grille salariale des fonctionnaires est restée lettre morte.

    S’agissant des infrastructures, la prison des Dardelles ne sera pas réalisée, les nouveaux quartiers du PAV, des Cherpines et de Bernex sont restés à l’état de projets. Au plan communal le projet de modernisation de la répartition des tâches avec le canton est ensablé.

    Je voterai pour Pierre Maudet parce que, les lignes ci-avant en témoignent, Genève a réellement besoin de conserver au gouvernement un politicien qui sais assumer ses responsabilités et qui n’a jamais pris ses discours pour de l’action.

    Pierre Kunz, ancien député et constituant

     

     

     

     

     

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  • Trump est fini, reste la clientèle du populisme

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    Trump est fini. Il a échoué sur tous les plans, à l’intérieur comme sur la scène internationale, et de sa présidence il ne restera rien. Mais son impuissance à surmonter les défis auxquels l’Amérique est confrontée, ne signifie pas que la clientèle du populisme y a disparu.

    La cible des véritables défenseurs de la démocratie n’est pas Trump mais bien le populisme, sur lequel ce dernier a fondé sa conquête du pouvoir. Or partout dans le monde, ce populisme progresse et ce n’est pas l’échec de Trump qui inversera la tendance. En effet, les graines de la démagogie n’ont rien à voir avec le blond gominé, qui n’a fait que tirer parti des circonstances. Elles se situent dans les difficultés et le ressentiment des classes populaires à l’égard des élites économique et des autorités politiques des Etats-Unis. Et ce qui est vrai aux USA l’est aussi dans un grand nombre de pays occidentaux, même si le cas américain est particulièrement illustratif.

    Des deux côtés de l’Atlantique, les classes moyennes inférieures et modestes sont révoltées contre l’inaction de ceux qui les gouvernent. Non par à cause des inégalités sociales qui caractérisent nos sociétés démocratiques depuis toujours, mais parce qu’elles apparaissent aujourd’hui inacceptables aux yeux d’une grande partie des peuples. Inacceptables en premier lieu, à cause d’un système fiscal qui avantage scandaleusement le 1 % des plus riches, ceux qui ont profité d’une mondialisation incontrôlée. Inacceptables en second lieu, à cause de la stagnation depuis des décennies du niveau de vie des « gens d’en bas », eux les victimes abandonnées de cette mondialisation menée à un rythme déraisonnable. Pas étonnant dans ces conditions que, en Allemagne, en France, en Italie, au Portugal, etc., des démagogues surfent avec succès sur la vague puissante du mécontentement populaire.

    Le « trumpisme » est mort mais pas le populisme mondialisé.  Seules des réformes profondes des Etats, fiscales en premier lieu, et des investissements d’infrastructure massifs, créateurs d’emplois, mettront un terme aux succès de la démagogie, cette sœur siamoise de la démocratie.

    Pierre Kunz

     

     

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  • Mitterrand, la deuxième calamité de la France d'après-guerre

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    Après Mai 68, le « règne » de Mitterrand constitue la deuxième catastrophe qui s’est abattue sur notre grand voisin durant la seconde moitié du 20ème siècle.

    Les thuriféraires vieillissants du président Mitterrand ne manqueront pourtant pas, le 8 janvier, de marquer le 25ème anniversaire de sa mort en encensant celui qui a redonné en 1981 le pouvoir à la gauche française. Ils éviteront  par contre soigneusement de mettre en évidence la personnalité douteuse d’un homme qui reste le plus grand mystificateur politique d’un pays qui pourtant en a connu beaucoup.

    Son premier succès est d’avoir, à la fin de la guerre, su faire oublier les relations troubles qu’il a entretenues avec le pouvoir pétainiste. Dès 1950, il n’a cessé de renier ses « convictions » au fil des changements du vent politique. Alain Duhamel, fin observateur des élites politiques françaises, a noté que « ce grand démagogue aimait les idées neuves et les programmes renversants, surtout lorsqu’ils étaient inapplicables, et il en faisait sans remords un épouvantail pour la droite et un miroir aux alouettes pour la gauche ».

    Année après année, Mitterrand s’est ainsi fabriqué un personnage qui, grâce à sa ténacité, son absence de scrupules et ses talents de discoureur, l’a amené à la présidence de l’Hexagone.

    Après Mai 68, ce grand marionnettiste s’est largement fait aider dans sa quête présidentielle par toute une clique d’intellectuels soixante-huitards recyclés (Foucault, Deleuze, Guattari, etc.) qui, avec le soutien de Mitterrand, se sont empressés de se placer dans l’appareil du PS puis dans les arcanes de l’Etat. A partir de 1981, plusieurs d’entre eux se sont mis au service de son ambition de contrôler à son avantage les médias, la télévision, le cinéma et l’édition. Mitterrand fut ainsi le plus grand manipulateur de la presse de sa génération.

    Nombre de ses contemporains éprouvaient une grande méfiance à son égard. Raymond Aron a toujours refusé de rencontrer celui dont il disait qu’il était « un manœuvrier sans scrupules ». Rocard regardait Mitterrand comme « l’incarnation d’un socialisme désuet et bavard, prêt à toutes les compromissions et les hypocrisies ». C’est cet homme sans scrupules qui n’a pas hésité, en 1983, à rompre drastiquement avec ses promesses électorales d’une « France unie dans la justice sociale » au profit d’un libéralisme que deux ans plus tôt il prétendait honnir.

    Que reste-t-il de Mitterrand ? Un rêve en lambeaux, celui du « grand soir ». Un PS à l’agonie. Les excès et les déséquilibres, nés des graines qu'il a semées, que connaît le pays aujourd’hui. Structurellement, une administration publique pléthorique. Socialement, un Etat-providence exsangue. Industriellement, une puissance en ruine. Financièrement, une nation sous tutelle de la Banque centrale européenne.

    Aucun de ses successeurs n’a réussi à inverser le cours du désastre qu’il a enclenché.

    Pierre Kunz

    Lien permanent Catégories : Loisirs 4 commentaires
  • Mai 68 et Mitterrand, les deux calamités de la France d'après-guerre

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    Notre grand voisin a connu deux catastrophes au cours de la seconde moitié du 20ème siècle : Mai 68 et les présidences de Mitterrand. Toutes deux ont eu des répercutions mondiales.

    Mai 68 a certes permis de faire évoluer une société demeurée jusque-là largement patriarcale et fondée sur des relations sociales excessivement hiérarchisées. Mais ces évènements ont surtout débouché sur l’avènement d’un « gauchisme culturel » qui, porté par nombre d’intellectuels et les médias, n’a cessé depuis de faire dériver la France et l’Europe. Inquisiteur, justicier, fondement du politiquement correct, « le gauchisme culturel voit du racisme, de la xénophobie, du sexisme, de la misogynie, de la phallocratie, de l’antisémitisme, du colonialisme partout » (*).

    C’est une idéologie qui vise la création d’une société « enfin débarrassée des scories du passé » (*), d’un individu nouveau « libéré », égocentrique, en phase avec tous ses désirs et d’une dilution du sens de la responsabilité collective. Le gauchisme culturel promeut l’abolition du judéo-christianisme, du capitalisme, de la nation, du mariage, et de la famille. « A bas la dictature des normaux » réclamait en 1977 le Front homosexuel d’action révolutionnaire, ancêtre des mouvances contemporaines LGBT.

    En conséquence, effondrement de la social-démocratie. Plus de place dans tout cela ni pour la défense de la majorité ni pour celle de la classe ouvrière et des petites gens.  Par contre, naissance puis développement du Front National en France et des multiples mouvances extrémistes partout en Europe.

    La France et l’Europe refusent encore de voir tous les effets néfastes de cette idéologie perverse dans les domaines de l’Etat social, l’éducation, l’école et la culture. L’Occident s’étant fourvoyé profondément dans cette voie et englué dans son confort individualiste et matérialiste, il est probable que seul son lent et inéluctable déclassement par les pays d’Asie le forcera à réagir.

    Mais oublions pour quelques jours le gauchisme culturel. Joyeux Noël !

    PS : la deuxième calamité fera l’objet d’un billet en janvier prochain, à l’occasion du 25ème anniversaire de la mort de Mitterrand.

    (*) La Résistance au nihilisme, Michel Onfray, 2020

    Pierre Kunz

     

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  • De gauche et pour les ambitions troubles de l'UDC

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    Dans une tribune publiée mardi dernier par le quotidien Le Temps une brochette de politiciens et d’intellectuels proches du PS expliquent « pourquoi ils accepteront l’initiative visant l’interdiction du voile intégral ». Ils apportent ainsi leur eau au moulin des auteurs de l’initiative à savoir l’UDC, cette droite opportuniste qui dit agir au nom de la sécurité mais qui en réalité ne vise qu’à surfer sur la méfiance d’une bonne partie des Helvètes à l’égard de l’islam et à en tirer des gains électoraux.

    Dans leur article long et rempli d’incohérences, inhérent à l’écriture à plusieurs mains, les signataires défendent leur position à partir de considérations égalitaristes et morales. Si on les comprend bien, il ne s’agit pour eux, que de protéger les musulmanes, au nom des droits humains et de nos valeurs, d’interprétations religieuses extrémistes qui les enfermeraient « dans une prison mobile ».

    Notons d’abord, afin de ramener ce soi-disant problème à sa dimension réelle dans notre pays, que très peu de femme musulmane portent le voile intégral chez nous. C’est une coutume qui tombe rapidement en désuétude au sein de la communauté des musulmans intégrés, surtout chez les jeunes. Chacun peut en témoigner lorsqu’il déambule dans les rues des villes ou dans les centres commerciaux.

    Tentons dès lors de discerner les motifs profonds de cette tribune.

    S’agissant des motifs profonds de cette tribune, rappelons en premier lieu que nous sommes en pleine « mutation » féministe. Alors pourquoi ne pas, pour les défenseurs de la cause, profiter de l’occasion pour rappeler, au prétexte du voile intégral, toutes les discriminations réelles ou supposées dont les femmes sont victimes. Comme en Suisse ces discriminations se sont réduites drastiquement au cours du dernier demi-siècle il est pratique, « pour maintenir la pression » de cibler quelques cas insignifiants.

    Plus sérieusement, il faut se souvenir que partout en Europe le socialisme (en attendant de mourir ?) se dénature. Depuis les années 1970, il a été dévoyé par les intellectuels qui y foisonnent et a perdu, surtout au profit de l’extrême-droite, son électorat traditionnel, la classe ouvrière et les petites gens. Comme le souligne Michel Onfray (*), il ne veut plus changer la société pour abattre son inégalité profonde, il veut éduquer, il veut changer les mentalités. Il se dit universaliste et progressiste.

    Dans ce contexte il s’intéresse désormais à la défense des minorités. Pour la gauche, toute défense de minorité, significative ou non, est bonne à prendre car chacune d’elle constitue une vitrine politique et un objet électoral intéressant : les sans-papiers, les réfugiés, le mariage gay, les transgenres, les travailleurs d’Uber, etc.

    On comprend à cet éclairage que l’initiative de l’UDC ait été repérée par les auteurs de l’article dont il est question ici, comme une réelle opportunité.

    (*) Michel Onfray, La Résistance au nihilisme, 2020

    Pierre Kunz

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  • La Chine superpuissance malgré nos « certitudes »

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    La Chine est désormais leader de l’économie mondiale. Son PIB a dépassé cette année celui des USA et, sous son égide, 15 pays d’Asie et du Pacifique viennent de conclure le plus grand accord de libre-échange du monde. Il concernera 2 milliards d’habitants et représentera 30 % du PIB mondial.

    C’est le moment que choisit un excellent journaliste romand, qui depuis vingt ans doutait de la capacité du régime chinois de durer, pour se poser une question qui met bien en évidence le désenchantement d’une grande partie des intellectuels et occidentaux : Pourquoi les Chinois ne haïssent-ils pas leur gouvernement ?

    Une interrogation qui marque la fin des « certitudes », véhiculées depuis longtemps par les médias et les classes dirigeantes occidentales, de voir passer la Chine du marxisme au capitalisme et au libéralisme, contrainte et forcée par la puissance de l’économie de marché et des valeurs démocratiques. Mais rien ne s’est passé comme annoncé.

    La Chine, de fabricant des objets bon marché alimentant le capitalisme mondial, est devenue un concurrent de l’Europe et des USA dans tous les domaines, même ceux des produits les plus évolués technologiquement. Le pays a vu le niveau de vie des gens s’améliorer massivement et 700 millions d’entre eux s’extraire de l’extrême pauvreté. Pourtant elle est restée soumise à un régime de type communiste, certes réformé mais toujours marqué de l’empreinte exclusive du parti unique. Pas étonnant donc que les prévisionnistes occidentaux se trouvent bien mal à l’aise pour expliquer leurs pronostics erronés.

    Ces « occidentalo-centristes », obnubilés par la culture du Vieux continent et par les droits de l’Homme, égarés dans leur compréhension unilatérale des attentes des peuples, avaient commis deux erreurs. Premièrement, croire que ce qui est bon pour l’Occident est indispensable pour le monde, deuxièmement, être incapables d’imaginer un régime politique, social et économique efficace autre que le libéralisme démocratique.

    Or les autorités chinoises et la population, héritières d’une histoire sociale, politique et militaire, n’ayant rien à voir avec la nôtre, dépositaires d’un Confucianisme (qui recommande la soumission au prince et privilégie les intérêts de la collectivité au détriment de ceux des individus) sans rapport avec le judéo-christianisme, hantées par des siècles de guerres civiles et de famines, ont évidemment des droits humains une interprétation sans rapport avec celle que nous prétendons illustrer et étendre à la planète entière.

    Les maîtres de Pékin ont donc saisi depuis longtemps que leurs citoyens sont moins avides de liberté individuelle que de sécurité alimentaire, de stabilité intérieure et de développement de leur niveau de vie. Forts de ces constats, les dirigeants chinois continuent de maintenir, au-delà des fondements idéologiques de leur régime, une forte centralisation des décisions économiques et de tenir toujours aussi serrées les rennes de leur pouvoir.

    Chacun peut comprendre, au vu des progrès apportés à leur populations depuis 30 ans, au vu aussi des catastrophes sociales qu’a amené avec lui au cours des dernières décennies le libéralisme dans les démocraties balbutiantes d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et d’Afrique, au vu enfin de l’effacement progressif de l’Occident sur la scène géopolitique mondiale que Xi Jinping n’éprouve guère de difficultés à maintenir son régime autoritaire en place ... et à poursuivre sa conquête économique de la planète.

    Pierre Kunz 

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  • Du pain, des jeux puis ... l'effacement des dettes publiques

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    La crise du Covid est prétexte pour les nombreuses voix qui s’élèvent, surtout dans les pays peu enclins à pratiquer la rigueur budgétaire, en faveur de l'annulation les dettes nationales. Comment ? En les « transférant » à la Banque centrale européenne et à la Réserve américaine où elles deviendront des créances perpétuelles contre les Etats, celles qu’on n’effacera pas des bilans mais qui ne seront jamais remboursées.

    Cet expédient vise à glisser sous le tapis les conséquences des politiques dispendieuses menées par l’Etat-providence en Europe depuis un demi-siècle, ainsi que des dépenses militaires colossales engagées par l’Amérique au cours des mêmes décennies. Il vise aussi à masquer la chute rapide du rôle et du poids de l'Occident dans la géopolitique mondiale.

    Car c'est bien ce déclassement et l'impossibilité, pensent les élites politiques, de réagir et d’en revenir à une saine gestion des ressources publiques, qui expliquent que l'UE et les USA en sont arrivés à envisager l'expédient que constitue l'annulation des dettes publiques grâce à un tour de passe-passe organisés avec l’appui des banques centrales. 

    Sur un plan pratique, l'Union européenne et les USA ont tout loisir de se livrer au genre de gymnastique dont il est question ici. Ce sont des mastodontes démographiques et économiques qui, en procédant ainsi, peuvent même supporter une baisse de la confiance dans l’euro et le dollar. Quitte à faire subir des pertes énormes aux pays qui détiennent ces monnaies en réserve, la Suisse notamment.

    Le monde politique européen et américain trompe ses concitoyens quand, appuyé par les « experts de la finance », il prétend que personne en Occident n’aura à payer.  Pourquoi ? Parce que les peuples asiatiques restent, eux, attachés à leurs valeurs culturelles et morales, ils continuent à observer les règles de la bonne gestion des finances publiques.

    Dès lors, le tour de passe-passe occidental ne manquera de faire croître le degré de confiance dont ils bénéficient. Grâce à la capacité de mobilisation intérieure de ces pays, profitant du déclassement de l’Occident, ils se trouveront en mesure de renforcer de plus en plus leur rôle stratégique, économique et politique sur la scène mondiale. Voilà le prix colossal que l’Occident paiera !

    Depuis plusieurs décennies, les pays occidentaux sont conduits par des démagogues prêts à toutes les promesses et à toutes les dépenses pour conserver le pouvoir, notamment en flattant les plus tristes faiblesses de leurs citoyens. Ceux-ci ont troqué leur liberté pour ce qu’ils croient être de la sécurité. Ils ne sont plus disposés depuis longtemps à se priver de ce qu'ils ne peuvent pas s'acheter et ils consomment avec ravissement "le pain et les jeux" que leur distribuent les élites politiques.

    Pierre Kunz

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  • Des migrants refoulés en Turquie. Et alors ?

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    Selon la TdG de lundi, il apparaît, aux dires de plusieurs ONG, que « depuis plusieurs mois les gardes-côtes grecs refoulent systématiquement les migrants » vers la Turquie. Et ces ONG de rappeler que cette pratique est illégale en vertu du droit international et européen. Ce droit prévoit en effet que toute personne secourue en mer doit être débarquée dans le port sûr le plus proche.

    Jusqu’à quand ceux qui gouvernent l’Europe et tous les bien-pensants qui, sur le Vieux-Contient, réfléchissent avec leur cœur plutôt qu’avec leur tête, continueront-ils à jouer les élèves modèles de ces conventions qui ne répondent plus du tout aux exigences sociales et politiques des pays et des populations confrontées aux afflux de migrants illégaux et de pseudo-demandeurs d’asile ? Quand exigeront-ils les amendements à ces convention requis par la situation ?

    Au lieu de les stigmatiser, quand ces politiciens pusillanimes reconnaîtront-ils la validité des politiques d’interdiction et les moyens mis en œuvre à cet effet par les nations dites de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) ? Quand redécouvriront-ils les règles d’une bonne gestion des problèmes de l’immigration, celles qui permettront de mettre un terme aux flux de migrants qui ne savent rien de l’Europe sinon « qu’elle est riche » ? Quand conviendront-ils que cette bonne gestion ne saurait se fonder sur un accueil « généreux » et une répartition « solidaire » des migrants au sein de l’Union européenne ? Quand accepteront-ils de renforcer massivement les contrôles aux frontières, maritimes comme terrestres ?

    Quand admettront-ils de tirer les leçons de ces vingt dernières années ?

    S’agissant de l’immédiat, jusqu’à quand les peuples d’Europe vont-ils tolérer l’activisme soi-disant humanitaire de ceux qui, du haut de la tourelle de l’Aquarius ou du Sea Shepherd, sabotent les quelques mesures de défense prises par les autorités européennes et se font les complices des passeurs criminels qui agissent en Méditerranée ?

    Pierre Kunz

     

     

     

     

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  • L’assainissement de la caisse de pension de l’Etat est sous toit …

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    Non, ne rêvons pas. Il est question ici de la caisse de pensions de l’Etat de Fribourg pas de celle des fonctionnaires genevois qui demeure dans la situation la plus précaire du pays.

    Contrairement aux acteurs politiques et syndicaux du bout du lac, les partenaires concernés à Fribourg par la réforme de leur caisse de prévoyance sont raisonnables et savent se projeter dans l’avenir. Soit noté en passant, là se trouve probablement l’explication de ce qui peut apparaître surréaliste à Genève, à savoir des finances publiques saines et un canton sans dette.

    Le grand Conseil fribourgeois a voté quasiment à l’unanimité un projet de loi qui équilibre et pérennise l’institution. Requis pour pallier le déséquilibre structurel de la caisse. Il prévoit notamment

    • le passage à la primauté des cotisations,
    • une augmentation de la cotisation prélevée sur le salaire des fonctionnaires,
    • une limitation du droit à la retraite anticipée.

    Quant au peuple, il sera appelé à s’exprimer sur cette réforme le 29 novembre prochain. Gageons qu’il l’approuvera massivement.

    Et pendant ce temps, Genève s’enfonce chaque jour un peu d’avantage dans la politique politicienne, les difficultés économiques, les déséquilibres financiers, et, demain, les troubles sociaux.  

    Pierre Kunz

     

     

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  • L'initiative pour des « Entreprises responsable » est-elle néocolonialiste ?

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    L’initiative qui ambitionne de renforcer le sens de la responsabilité des entreprises est indubitablement tissée de bons sentiments. D’ailleurs, nul ne remet en question les obligations faites aux sociétés helvétiques, petites ou multinationales, de se soumettre aux lois qui les contraignent à respecter chez nous, conformément au droit suisse, et à l'étranger en se pliant aux législations nationales, l’environnement et les droits de l’homme.
    Mais cette l’initiative pose une question essentielle que les auteurs du texte ne semblent pas vouloir considérer : imposer le droit suisse à des entreprises qui sont actives dans d’autres pays, généralement en développement, ne nous ramène-t-il pas à une forme de néocolonialisme ?
    Cet « interventionnisme » ne s’approche-t-il pas de l’attitude des colons du début du siècle dernier, eux qui justifiaient leur présence dans les pays pauvres au prétexte que leurs habitants étaient incultes, mal organisés et insuffisamment travailleurs pour exploiter les richesses que la nature leur offrait ?
    En l’occurrence, le raisonnement qui conduit les initiants à sanctionner en Suisse les manquements au respect des droits de l’homme et de l’environnement commis sur des territoire étrangers, ne part-il pas de l’hypothèse que ces pays, devenus indépendants et soi-disant maître chez eux, seraient incapables d’imposer leur système légal, de gérer leur pays et d’y faire respecter les conventions internationales qu’ils ont signées ?
    Au fond, l’initiative ne leur transmet-elle pas le message : « vous êtes faibles et désorganisés, vous n’avez ni la volonté de faire respecter vos lois, alors nous allons nous occuper du problème » ? Cela étant, les initiants n’aident aucunement les pays en développement à améliorer leur gouvernance, au contraire.
    Pierre Kunz
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  • A ceux qui prétendent que la civilisation occidentale est mise en danger par l’islam

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    Quelle curieuse manie que celle d'aucuns de toujours mettre en évidence dans leurs écrits sur un péril social, racial ou religieux. Nous avons connu le péril jaune, aujourd’hui c’est le péril de l’islam qu’on agite.

    Ainsi, il est des textes auxquels on ne saurait adhérer. Ce sont ceux dont les auteurs, Houellebecq par exemple, doutent tellement de la qualité et de la force de nos valeurs, doutent tellement de notre volonté de continuer à vivre dans nos démocraties libérales, qu’ils croient possible que quelques millions de musulmans puissent ambitionner et réussir à casser le mode de vie de 500 millions d’Européens. Ces textes, qui font généralement une large part à la sémantique et aux a priori, ne font qu'attiser les peurs de nos concitoyens crédules et effrayés, on les comprend, par quelques intégristes assassins.

    Or ceux-ci ne représentent en rien la très large majorité des musulmans, tous ceux qui sont pacifiques, rejettent l'intégrisme et ne rêvent que de relations sociales apaisées, d'améliorer leurs conditions d'existence et de donner un avenir à leurs enfants. Il est caricatural de prétendre que non seulement ils ne veulent pas s'intégrer mais, pire, qu'ils aspirent à détruire notre société occidentale. En réalité, cette majorité est prête à accepter nos lois et ne demandent, comme d'autres minorités, que le respect de leurs différences et de certaines de leurs habitudes alimentaires, vestimentaires et comportementales.

    Il est vrai que des immams fanatiques tiennent des prêches susceptibles de conduire des jeunes vers l'intégrisme et la radicalisation. Il ne tient qu'à nos autorités de sanctionner ces immams et de les expulser. Comme il ne tient qu'à elles de mettre un terme à l'immigration légale et illégale (y compris celle des pseudo demandeurs d'asile soutenus par les ONG) des ressortissants, musulmans ou non, de pays africains. Comme il ne tient qu'à elle de surveiller le financement des activités des mosquées et de mettre en place une structure de formation des immams sur les territoires des pays européens.

    A cet éclairage, d'accord, appelons un chat un chat, posons clairement les limites de ce qui pour nous essentiel ce qui n’est pas négociable (neutralité religieuse de l’Etat, suprématie absolue de la Loi sur les injonctions religieuses, égalité homme-femme, etc.) et ayons confiance dans la force de nos valeurs. En contrepartie cessons nos accusations de complotisme islamique, tirons profit de nos différences et recherchons les chemins qui mèneront à une situation normale et apaisée dans nos relations avec les musulmans de nos pays européens.

    Soyons optimistes. Après tout nous avons en Europe surmonté d'autre divisons civiles et religieuses autrement plus graves et sanglantes (guerres de religions) au cours des 200 dernières années.

    Pierre Kunz

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  • Poggia va-t-il être privé d’une partie de son département ?

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    Ainsi donc, si l’on en croit les médias, le personnel hospitalier genevois se dit émotionnellement épuisé, stressé, maltraité. Ces soignants affirment qu’ils sont soumis à des pressions insupportables et qu’ils exercent leur métier dans des conditions insupportables. Ils seraient forcés de travailler parfois 24heures sur 24. Comble de tout en cette période difficile, certains collaborateurs des HUG affirment ne pas être respectées et ils se sentent négligés par leurs supérieurs qui les auraient trompés lorsqu’ils ont signé leur contrat de travail.

    Cela ne vous rappelle rien, amis blogueurs ? Il y a quelques jours les médias n’ont-ils pas rapporté des « horreurs » similaires dans le département de Pierre Maudet ? Le Conseil d’Etat va-t-il dès lors exiger de Mauro Poggia qu’il remette les clés des HUG à un de ses collègues ?

    Pierre Kunz

     

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  • L’islam en France : un demi-siècle de négligence

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    Après un professeur français trois nouvelles personnes ont perdu la vie hier sous le couteau d’un sauvage.

    Malheureusement, dès le premier des deux meurtres, la France est retombée dans la voie sans issue qu’elle suit depuis 50 ans. Celle consistant, après chaque événement tragique du même type, à invoquer la laïcité et la liberté d’expression pour justifier le renforcement et le durcissement des mesures répressives. C’est une voie sans issue car, le passé l’a montré, au lieu de réduire la radicalisation de la minorité d’islamistes portés sur l’action violente, cette répression renforce leur détermination. Cette voie sans issue repose sur deux profonds malentendus.

    Le premier réside dans une interprétation abusive de la laïcité. La loi qui définit cette laïcité, qu’il s’agisse du modèle français ou de celui de Genève, n’amène rien de plus que l’affirmation de la neutralité religieuse du domaine publique et des institutions. Elle garantit la liberté de pensée aux croyants de toutes origines comme aux incroyants, à condition que, dans l’expression de leurs convictions, ils respectent les exigences de la Loi.

    Faire respecter absolument et sans concessions cette loi dans ses principes fondamentaux (supériorité du droit civil et pénal sur les usages religieux, égalité homme-femme, neutralité religieuse des services publics, etc.) ne suffit pas. Cette ambition ne doit pas empêcher l’Etat de faire preuve de modération dans l’application de la législation et des règlements de la République ; à propos par exemple de l’érection de lieux de culte et de moult coutumes cultuelles, vestimentaires ou alimentaires des minorités religieuses. En quoi en effet les lieux de culte et ces coutumes nuiraient-elles au fonctionnement harmonieux de la société ?

    Le second malentendu concerne la liberté d’expression. Celle-ci, contrairement à ce que certains persistent à faire croire, n’est pas absolue. Ceux qui s’y réfèrent devraient accepter de se soumettre aux limites que fixent les règles de la bienséance, de la compréhension et du respect de l’autre. Les médias, qui en France sont évidemment les premiers concernés, ont par exemple appris à traiter avec tact et respect les minorités LGBTQI et raciales. Pourquoi ne s’obligent-ils pas à observer la même modération lorsqu’il s’agit de certaines minorités religieuses ? Pourquoi, en matière scolaire, le corps enseignant ne devrait-il pas s’efforcer de traiter le fait religieux avec la délicatesse et les nuances que requièrent certaines questions sensibles ? Montrer du tact et de la retenue, ce n’est pas de l’auto-censure. C’est essentiellement faire preuve d’intelligence et d’empathie.

    Les références constantes à cette laïcité et cette liberté d’expression lorsqu’il est question de lutter contre le terrorisme islamique sont des trompe-l’œil. Elles masquent l’échec dramatique de la France qui s’est révélée incapable d’accueillir dignement les centaines de milliers d’immigrés qu’elle a incité depuis les années 1960 à s’établir dans l’Hexagone pour faire fonctionner son économie. Elle les a utilisés mais n’a pas su les intégrer et leur donner un avenir. Or, chacun devrait le savoir, la frange des islamistes assassins nourrit son fanatisme et sa colère nihiliste de ce désastre social.

    Contrairement à ce qu’affirment les musulmans extrémistes, la France n’est pas institutionnellement anti-islamique mais elle a trop longtemps été négligente. Si elle veut changer de cap et réellement à contribuer à l’intégration des musulmans du pays, une tâche immense l’attend et pour longtemps. Il n’y qu’une façon de s’y engager : respecter mieux la minorité musulmane parce que, comme nous disons à Genève, « le respect ça change la vie ». Partant de là, autant la plus grande fermeté doit rester la norme avec les terroristes et les salafistes, autant il faudra qu’elle mettre sur pied un dialogue honnête et courageux avec ceux qui représentent la très large majorité des musulmans de France afin de concrétiser les politiques et les moyens qui favoriseront sur le terrain une meilleure participation de ces citoyens à la communauté de destin de la société française.

    Pierre Kunz

     

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  • Les ONG appellent au secours

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    Pas pour leur permettre de mieux aider les déshérités, mais pour prendre mieux soin de leur personnel. Parce que les personnes travaillant pour les œuvres d'entraide ont, paraît-il, elles aussi, besoin de soins.
    Après avoir été confrontées à la précarité, la fragilité et aux récits traumatiques, elles auraient, nous dit-on, à leur tour "besoin d'aide, car la souffrance peut être contagieuse. Une souffrance contagieuse est ce qu'on appelle le traumatisme secondaire. Un traumatisme par procuration qui peut prendre plusieurs formes, comme des cauchemars, des pensées intrusives et, très souvent, de la fatigue".
    Cette information provoque deux questions :
    1. La sélection des personnes occupées par ces ONG est-elle faite de manière sérieuse, conforme aux exigences du terrain ? Tout laisse penser, au vu des "traumatismes "que leurs collaborateurs semblent endurer, que tel n'est pas le cas et que ces institutions devraient commencer par revoir la gestion de leurs ressources humaines.
    2. En réalité, l'objectif masqué poursuivi par les ONG n'est-il pas, tout simplement, d'améliorer leur financement par des fonds publics ?
     
    Pierre Kunz
     
     
     
     
     
     

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  • Gestes barrières ; les sceptiques sont-ils anarchistes ou fous ?

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    Gestes barrières ; les sceptiques sont-ils anarchistes ou fous ?

    Sur les réseaux sociaux on se dispute à l’envi à propos de ce qu’il est convenu d’appeler les gestes barrière. Certains en sont encore à prétendre que le port du masque ne serait pas utile dans la prévention d’un nouveau développement de la pandémie et que, eux, savent très bien comment vivre librement dans le contexte pandémique que nous connaissons.

    A Genève, ils se vantent de ne pas respecter « par principe » et en vertu d’une méfiance à l’égard des autorités ce qui est attendu d’eux. C’est une attitude infantile dont ces discoureurs ne comprennent même pas que c’est précisément leur clique qui force les autorités à accroître les contraintes qui pèsent sur notre liberté de mouvement et de réunion. Le sommet de l’imbécilité étant atteint quand d’aucuns clament que « le Conseil d’Etat s’en prend sans base légale à nos droits fondamentaux et à la démocratie » et prétendent ne rien changer à leurs habitudes téméraires.

    Ces individus sont prétentieux et de surcroît incultes. N’ayant aucune connaissance du passé ils ne peuvent savoir qu’en cette mi-octobre 2020, nous en sommes réduits à utiliser les mêmes moyens que ceux de nos ancêtres ayant subi la grippe dite « espagnole », celle qui ravagea l’humanité entre 1918 et 1919. Comme eux en effet, même si la médecine sait mieux soigner qu’il y a un siècle et six mois, nous ne disposons actuellement que de trois moyens efficaces de limiter les dégâts : se laver les mains souvent, respecter les distances entre nous et porter un masque. Ce sont ni plus ni moins ceux dont disposaient les autorités sanitaires à l’époque.  

    En l’absence d’un hypothétique vaccin, qui de toutes façons ne sera pas disponibles en suffisance pendant probablement des années, refuser d’adopter ce comportement responsable est la marque d’une stupidité intellectuelle crasse et d’un égoïsme socialement stupéfiant.

    Pierre Kunz

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