• Sans le nucléaire la transition énergétique court à l’échec

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    On sait aujourd’hui que le plan de transition énergétique adopté par le peuple suisse en 2017, tel qu’il a été ficelé, ne permettra pas à la Suisse d’atteindra le zéro carbone en 2050. Le Conseil fédéral l’a reconnu implicitement, lui qui envisage de soutenir la mise en service, « pour une période de transition », de cinq centrales à gaz.

    Cette nouvelle ne fait que confirmer le scepticisme affiché par les spécialistes, dès l’élaboration de la loi, sur les hypothèses retenues à l’appui du projet. Ils retiennent principalement que :

    • le concept de la « société à 2000 watts », qui faisait croire que les Suisse allaient réduire en 30 ans les deux tiers de leurs dépenses énergétiques, est un leurre ; on sait qu’en réalité la consommation énergétique ne peut qu’augmenter fortement dans l’avenir : sur la planète, il est attendu qu’en 2050 elle aura crû de 40 % par rapport à 2020 ;
    • le remplacement de l’énergie nucléaire dont nous bénéficions actuellement, soit 36 % de notre consommation électrique, par les énergies renouvelables est un mirage : en 2050 l’éolien restera insignifiant, le photovoltaïque, demeurera loin des attentes, la géothermie, bien que prometteuse, ne pourra pas compenser ces insuffisances et nous ne pourrons pas accroître notablement la part de l’énergie hydraulique dans notre mix énergétique.

    Au vu des enjeux climatiques et de notre dépendance énergétique grandissante à l’égard de l’étranger, la question se pose donc non plus seulement de faire durer les quatre centrales nucléaires encore en fonction mais d’en construire une nouvelle.

    La simple évocation en Suisse d’une telle réflexion fait évidemment bondir les intégristes antinucléaires qui se gardent de relever que dans le monde près de 200 centrales nucléaires sont en fonction et plus d’une centaine en construction. Au contraire, ils reprennent leur discours sans nuances :

    • « les risques d’accidents nucléaires sont terrifiants » (en fait, 5 accidents se ont eu lieu en 50 ans entraînant quelques centaines de décès alors qu’en comparaison les entreprises du fossile et de la chimie sont, durant la même période, à l’origine de dizaines de catastrophes ayant causé la mort de milliers de gens) ;
    • « la problématique des déchets n’est pas résolue » (alors que les sites sûrs de dépôts sont désormais identifiés et que d'autre part les entreprises spécialisées sont en train de développer des réacteurs d’une nouvelle génération qui ne produiront presque plus de déchets radio actifs) ;
    • « l’énergie nucléaire est trop coûteuse » (elle l’est seulement en comparaison avec le prix intenable des énergies fossiles, faussé depuis toujours parce que n’intégrant pas les externalités liées au carbone).

    Les réalités, en Suisse aussi, sont têtues. Elles démontrent qu’il n’est pas possible d’envisager un avenir où l’on décarbonerait nos réseaux électriques à un coût abordable, avec la sécurité d’approvisionnement requise, sans utiliser davantage l’énergie nucléaire qui, elle, ne dégage pas de gaz à effet de serre.

    Pierre Kunz

     

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  • La jeunesse de gauche est anachronique et stupide

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    On pensait que, forte de sa conviction que désormais le moteur de l’Histoire se trouve dans les minorités et les marges (LGBTQ, immigrés, femmes féministes, blacks et beurs présentés évidement comme victime du racisme, etc.), la gauche avait oublié ses canons du 19ème siècle. Eh bien non ! La voilà, cette gauche anachronique, représentée en l’occurrence par les Jeunes socialistes, qui se manifeste en déposant une initiative destinée soi-disant à « équilibrer les revenus » au prétexte que ceux qui ont de l’argent qui travaille pour eux doivent passer à la caisse fiscale.

    Les défenseurs de l’initiative ne visent, disent-ils, que les plus riches de notre pays, soit 1 % d’entre nous. Ces soi-disant progressistes et pourfendeurs du capitalisme entendent à cette fin surtaxer les revenus du capital. Ils oublient (probablement ne savent-ils même pas !) que parmi les plus gros bénéficiaires de cet argent « qui travaille au profit des riches sans que ceux-ci bougent le petit doigt », on trouve leurs caisses de pension et l’AVS.

    Une fois de plus on se trouve en présence d’une de ces initiatives caractéristiques de la gauche, scandaleusement démagogiques (leur argumentaire est truffé de contre-vérités et de promesses intenables), rédigées sur un coin de table, sans réflexion même superficielle à propos de leurs conséquence économiques et sociales. Une de ces initiatives qui marquent, au sein de la gauche, la haine des riches et la « jalousie inique contre celui qui est arrivé de celui qui est en route » (Victor Hugo).

    La droite helvétique ne manque pas d’utiliser sur d’autres sujets les mêmes outrances démagogiques que la gauche. Mais au moins ses textes sont-ils élaborés sérieusement. L’initiative dite 99 % est, elle, simplement ridicule.

    Pierre Kunz

     

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