Les chiffres irrelevants de Dominique Bourg

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S’agissant du diagnostic à poser sur l’état du climat et de la planète, on peut faire confiance au professeur honoraire à l’UNIL. Par contre ne comptons pas sur lui pour décliner des solutions réalistes aux défis économiques et sociaux qui se posent à l’humanité.

L’interview qu’il a donné à la TdG du 29 juin en témoigne, il ne croit pas vraiment possible de changer nos comportements consuméristes sans l’engagement des politiques, sans un cadrage clair par les gouvernements et sans l’imposition par ceux-ci de la fiscalité requise par les échéances climatiques. Malheureusement, au lieu de le dire clairement, il s’exprime sans oser prendre le parti du réalisme et de l’efficacité. Alors, timidement, il se content de défendre « une agroécologie de proximité » et, plus généralement « un partage des efforts après un débat démocratique ».

D. Bourg n’est pas seulement timide, il complique les enjeux. Pourquoi diable, quand il scrute la question importante de la répartition des efforts entre les diverses couches de populations, cite-t-il des chiffres qui n’ont rien à voir avec la réalité sociale et environnementale des pays industrialisés, de la Suisse en particulier ? S’il n’est guère contestable en effet qu’au plan mondial « les 10 % les plus riches de la planète provoquent 52 % des émissions et les pauvres seulement 7 % », ces chiffres sont totalement irrelevants en Occident. Dans notre partie du monde, ce sont au contraire les classes moyennes et modestes qui sont responsables, par leur consumérisme débridé, de probablement 85 % des émissions.

En argumentant comme il le fait, D. Bourg amplifie et dramatise en Europe la problématique de la répartition des efforts et des coûts de la transition climatique. Rien ne justifie qu’en Europe on cherche à résoudre ce problème de la même manière qu’en Afrique ou en Amérique du Sud. Chez nous, contrairement à ce qu’il affirme, l’équité veut qu’on le règle sur la base du principe du pollueur-payeur. Un principe nuancé bien sûr de manière socialement raisonnable et équilibré par des accords internationaux. Un principe sur lequel se fonde la nécessaire introduction du seul instrument fiscal incitatif vraiment efficace, la future taxe sur le CO2.

Pierre Kunz

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Commentaires

  • Ne dramatisons pas. Existe-t-il vraiment un réchauffement climatique ? Nous parle-t-on de la vague de froid qui sévit actuellement en Antarctique, du froid sans précédent qui sévit en Amérique du Sud, du froids qui battent les records de tous les temps au Paraguay et en Bolivie, de la troisième journée consécutive de neige au Brésil, du temps froid et pluvieux qui sévit au Michigan et d'une des nuits les plus froides de l’année qu'ai connu l'Auckland ? Et voici encore : Nouvelle-Zélande : « températures brutalement froides », Boston : « record de froid le 3 juillet, pas vu depuis 1914 », et tout cela sans parler de l'été chez nous qui est très loin des températures de saison. Alors de grâce, Lorsque les rédactions censurent les climatologues minoritaires qui s’opposent à la théorie du réchauffement fabriqué par l’activité humaine, ne tombons pas dans ce narratif anxiogène qui fait florès. Bonne soirée

  • Le marché du carbone semble être un bonne trouvaille. C'est avant tout un marché plus qu'une solution socio-écologique.
    Il m'apparaîtrait plus équitable que les pays qui délocalisent leurs industries polluantes, paient aussi cette taxe dans leur propre pays. Je ne comprends pas que les pays pauvres qui sont nos prestataires soient encore punis par cette taxe.
    Evidemment ce marché deviendrait moins intéressant à nos yeux ici.

    On a vu pour les pesticides et les semences OGM ( bientôt des bébés OGM), ces industries ne paient aucune pénalité lors des conséquences parfois désastreuses et loin de nos yeux:
    pollutions lourdes de 'environnement, appauvrissement des sols, infertilité du grain qui oblige à se fournir auprès du commerce concessionnaire de ces grands laboratoires dont les conditions de fourniture donne du pouvoir qui débordent largement les aspects commerciaux parce qu'ils édictent, auprès des gouvernements, des cahiers de charges draconiennes et propres à empoisonner les consommateurs.

    On ne devrait pas instaurer ni adopter le marché carbone, c'est un leurre. C'est une escroquerie.
    Si vraiment le sort de notre planète nous préoccupe sincèrement, d'autre mesures y répondent mieux:
    Des plans régionaux d'aménagement du territoire, des programmes pluriannuels pour une agriculture moins chimique, des industries d'objets et d'appareils moins énergivores et plus durables, des transports publiques aux tarifs incitatifs voire gratuits, priorisation de l'activité professionnelle proche du domicile etc.

    Je ne marcherai jamais avec ces mouvements de masse qui ne font que nous éconduire des solutions viables et rapides sans pénaliser personne. Ces mouvements à la mode sont des diversions dangereuses et coûteuses, ils ne résoudront rien,
    Finalement, que proposent ces mouvements?
    Laissez nous gouverner et vous serez au paradis.

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