• Faire payer aux riches le sauvetage du climat ? 

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    Le GIEC vient d’annoncer son prochain rapport, plus alarmiste que jamais.

    C’est le moment que choisissent certains milieux pour, au nom de « l’égalité », retarder la mise en œuvre des technologies et des investissements nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique.

    Révélatrices à Genève de cette attitude, les exigences de l’Asloca qui prétend « exonérer le loyer des locataires des frais d’assainissement des immeubles mal isolés et chauffés au mazout » et faire payer exclusivement « les riches propriétaires ».  Comme si les locataires (80 % environ des habitants du canton) étaient des humains à part, pas concernés par les efforts à accomplir en vue de réduire notre empreinte carbone. Comme si, au surplus, ils ne seront pas les premiers bénéficiaires de la réduction des charges de chauffage résultant de cet assainissement.

    Mais il y a plus inquiétant. Dans les pays industrialisés, la gauche « internationaliste et progressiste » se met en ordre de bataille, dans son obsession égalitariste, pour « faire payer aux riches » le sauvetage du climat.

    Pourtant, ce sont surtout les classes moyennes et modestes, celles qui représentent 80 à 90 % des populations occidentales, qui sont à l’origine de nos problèmes. Elles ont vu leur pouvoir d’achat augmenter massivement depuis le milieu de 20ème siècle et n’ont cessé d’accroître leur consommation de produits et services carbonés. Elles sont à l’origine de la plus grande part des prélèvements excessifs sur les ressources naturelles et des émissions de gaz à effet de serre qu’il s’agit de neutraliser.

    Certes, individuellement les riches consomment plus et génèrent proportionnellement plus de gaz à effet de serre que leurs autres. Ils utilisent des jets privés et des voitures à grosse cylindrée, ils ont des piscines et voyagent beaucoup. Mais ils restent peu nombreux et chacun devrait admettre que leur part dans les milliards de tonnes de gaz à effet de serre produit en Occident chaque année ne peut pas représenter davantage que 5 ou10 %.

    Seuls les idéologues et les envieux peuvent donc imaginer et trouver juste de leur faire supporter seuls le coût du sauvetage du climat. Les indispensables taxes dites « carbone », celles qui permettront de gagner la lutte contre le réchauffement climatique, sont des taxes prélevées sur la consommation. La raison et l’honnêteté exigent évidemment que les plus aisés les supportent. Comme les classes moyennes et laborieuses, en proportion de leur consommation.  

    Pierre Kunz

     

     

     

     

     

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  • Thonon-Machilly, une autoroute qui perturbe les promoteurs du CEVA

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    Le projet d’autoroute Thonon-Machilly donne de l’urticaire aux autorités genevoises. A raison, parce qu’il représente un handicap supplémentaire sérieux à la rentabilité des milliards investis par Genève et la Confédération dans un CEVA dont tous les analystes savent depuis son lancement qu’il fonctionnerait à perte et pour longtemps.

    Un quotidien romand tire de cette affaire une demi-page dans son édition de ce jour, demi-page consacrée notamment aux déclarations de Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville. Celui-ci, confronté à une décision des autorités françaises qui met à mal le discours lénifiant que tiennent depuis des décennies les politiciens genevois sur le « Grand Genève », adopte une posture pitoyable.

    D’abord, il prétend que le Léman Express est un « succès ». Mais il est bien incapable de donner le moindre chiffre à propos de ce prétendu succès que nombre d’observateur contestent.

    Ensuite, il se lamente au sujet d’un projet qui « risque de d’inciter les usagers du Léman Express à reprendre le volant », soulignant ainsi, lors de la naissance du CEVA, l’absence de planification régionale multimodale sérieuse. Si une telle étude avait été entreprise à l’époque, on aurait compris que la construction du CEVA était prématurée et non prioritaire pour Genève. On aurait compris que le désenclavement de Thonon par la route était indispensable et constituait lui une priorité régionale.

    Enfin, Sami Kanaan pleure sur les centaines de millions d’euros que les Français vont investir dans une autoroute … au lieu de construire les P+R qui étaient censés accompagner l’inauguration du Léman Express. Une exigence qui aurait dû, si la planification n’était pas demeurée aussi déficiente, être formalisée lors des accords franco-helvético-genevois avant le début des travaux.

    Décidément, le tronçon d’autoroute Thonon-Machilly, constitue un révélateur enrageant des carences d’un projet ferroviaire né aux forceps, sous les efforts de l’idéologie verte et de certains milieux genevois de la construction.

    Pierre Kunz

     

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