• Bertrand Reich, repartir ou partir ?

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    Bertrand Reich est un homme honnête et dévoué. Personne ne devrait douter de sa sincérité lorsqu’il affirme qu’il a toujours, dans sa tâche, songé à l’intérêt du PLR. Malheureusement, lorsqu’il a repris la présidence du PLR, il n’a pas voulu ou osé imposer une autre voie que celle tracée par son prédécesseur. Cela simplement parce qu’il ne possède pas la fermeté de caractère et la rudesse qu’il lui aurait fallu pour mater la meute hurlante qui, au sein de la direction du parti, avait décidé de détruire Pierre Maudet.

    Au moment où le PLR s’apprête à renouveler ou à conserver son équipe dirigeante, il y a chez Bertrand Reich une forme de stoïcisme dans sa volonté de s’accrocher à la présidence. Mais son stoïcisme l’aveugle (son interview hier soir sur Forum l’a montré de nouveau) et il continue à se tromper sur les enjeux.

    Il ne semble pas mesurer l’ampleur et les dangers de la crise qui, si un effort colossal de redressement n’est pas entrepris sans délai, pousse le PLR vers l’abîme, autrement dit vers le statut d’un parti croupion. 

    Bertrand Reich ne discerne pas non plus l’ambition malsaine de ceux qui militent pour son maintien dans le seul but de justifier, à travers la reconduction de son mandat, les deux années de la politique désastreuse qu’ils ont menée avec l’appui d’un président myope et sourd. Une politique qui, en mars dernier, a privé le PLR de la moitié de son électorat au profit de celui qu’ils comptaient abattre.

    Est-ce que le 19 mai prochain une majorité de l’assemblée générale du PLR saura faire accepter à Bertrand Reich qu’il ne peut pas être l’homme destiné à présider à l’effort immense de ce redressement ?

    Pierre Kunz

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  • Vaccin, vous parlez d’éthique ?

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    Les amoureux de l'éthique et tous ceux qui se réfèrent à ses préceptes moraux nous expliquent qu’il y aurait « discrimination et sources d’inégalités » à restreindre l’accès des non vaccinés à certaines activités et à certains locaux. Ont-ils oublié que résider en Suisse c’est partager un projet sociétal commun, c’est organiser la vie sociale autour de ce projet dans l’intérêt de tous si possible, de la majorité si cela ne l’est pas ?

    Depuis plus d’une année, nous avons tous dû restreindre notre liberté d’action, et amputer nos conditions de travail, cela au nom de la lute contre la pandémie. Nous avons tous attendu avec plus ou moins de patience, parfois dans une grande souffrance psychologique et une terrible angoisse financière, le vaccin qui rapidement est apparu comme la seule solution efficace au désastre sanitaire, social et économique. Et au moment où il est là, où chacun peut s’apprêter à recevoir ses deux doses vaccinales, certains prétendent ne pas être disposés à se soumettre à cette injection bégnine mais pourtant de salut public !

    Nous sommes d’accord, pas d’obligation de se faire vacciner. Après tout, si les réfractaires persistent dans cette attitude égoïste et d’enfantine, s’ils sont prêts à attraper le Covid, grand bien leur fasse. Mais la raison commande alors qu’au nom de l’intérêt de la majorité, de la reprise notamment des activités économiques, ils acceptent de se voir fermer certaines portent ouvertes aux vaccinés, là où l’on exige ou exigera la présentation d’un certificat vaccinal.

    C’est à ce propos qu’interviennent (cf. TdG du 16 ct) la vice-présidente de la task-force, et un infectiologue. Pour nous expliquer, l’une que « octroyer des privilèges aux vaccinés pourrait créer une forme d’obligation vaccinale détournée », l’autre que « le fait d’exclure des gens qui ne veulent pas se faire vacciner soulève des questions éthiques ».

    Franchement dit, ces « penseurs », théoriciens des droits de l’homme, focalisés sur les libertés individuelles mais oublieux de l’intérêt général, vivent dans une bulle intellectuelle. Ils paraissent totalement coupés des  exigences de la vie en communauté.

    Heureusement, ce ne sont pas eux qui décident.

    Pierre Kunz

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  • Espérance de vie et âge moyen au décès

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    Au fond, c'est sans importance.
    Sauf que les informations qui nous sont distillées quant à la "régression de notre espérance de vie à cause du Covid" montrent que les journalistes qui colportent ces nouvelles n'ont pas revu leur ABC statistique et démographique. Quand ils nous disent que l'espérance de vie à la naissance a baissé de 8 % en 2020, ils confondent cette notion avec "l'âge moyen au moment du décès".
    Chacun peut comprendre que l'espérance des bébés nés en 2020 n'a aucunement été impactée par le Covid et qu'elle demeure pour eux inchangée. Par contre, évidemment, l'âge auquel sont morts les Helvètes en 2020, à cause de la pandémie et de la surmortalité qu'il a causée, a pu s'être trouvé réduit de 8 %. L'âge auquel mourront les vivants et les survivants n'a pas été modifié par la pandémie ; leur espérance de vie demeure inchangée.
    Pierre Kunz

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  • Amnesty, démagogie et arrogance

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    Ainsi donc, Amnesty, du haut de sa compétence universelle, critique les mesures prises par la Suisse dans la lutte de notre pays contre le Covid. « Ces mesures, constate cette ONG, ont restreint de façon disproportionnée le droit à la liberté d’expression et de réunion ».

    Rarement on aura vu Amnesty faire preuve de pareille arrogance. Explicitement elle entend nous faire comprendre que le gouvernement suisse (comme ceux de nos voisins) n’ont pas su s’y prendre comme il aurait fallu pour à la fois lutter contre la pandémie et protéger les droits individuels. Implicitement, elle adopte le costume du maître qui sait, lui, comment résoudre l’antinomie millénaire qu’affronte l’humanité dans sa recherche de l’intérêt général sans malmener les droits individuels. Au surplus, il apparaît qu’Amnesty aurait mieux su que nos autorités mener une coopération internationale durant la crise et traiter avec plus d’efficacité et de justice les demandes d’asile, les inégalités sociales et la pauvreté.

    Ces autorités ne sont certes pas restées à l’abris de quelques erreurs dont on peut penser, après coup, qu’elles étaient évitables. Mais on ne saurait nier que, globalement et au vu des connaissances disponibles, elles ont su affronter la pandémie en trouvant le meilleur équilibre possible entre les impératifs sanitaires et les exigences économiques. Et, on doit reconnaître, n’en déplaise aux donneurs de leçons d’Amnesty, que le Conseil fédéral et les cantons ont réussi, dans les exigences qu’ils ont formulées, à privilégier l’intérêt général sans pour autant réduire de manière inacceptable les droits individuels.

    Mais ce sont des constats que ne veulent pas accepter les ONG qui, comme Amnesty, vivent de leur capacité à faire croire à chaque occasion que les droits de l’Homme sont bafoués, sans jamais faire la part dans leurs jugements péremptoires de la primauté de l’intérêt général.

    Voilà qui explique pourquoi leur dernier communiqué constitue une caricature de désinformation.

    Pierre Kunz

     

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  • "Mars contre-attaque" fait réagir

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    C’est sous ce titre qu’une lectrice de la TdG critique diverses initiatives récentes du département de Mme Anne Emery-Torracinta. On peut la rejoindre dans sa dénonciation du manque de planification du DIP et de la décision autoritaire de ce dernier d’alléger le champ des épreuves de fin d’années, examens de maturité compris. Une décision qui évidemment discrédite le sérieux de la formation.

    Mais on aime moins, chez cette lectrice, sa démolition du programme « Mars contre-attaque », culturel et ludique, proposé par le DIP aux élèves « à la dernière minute et sans concertation ». Selon la lectrice, les enseignants n’auraient pas eu le temps et les moyens de le mettre en œuvre.

    Mais si l’on y regarde de près, on s’aperçoit que l’inaction et le manque d’intérêt du corps enseignant pour cette opération ne sont pas dus au DIP. Si très peu d’enseignants ont entrepris de participer à « Mars contre-attaque » c’est avant tout à cause de leur manque d’enthousiasme et d’envie.

    Pourquoi ce manque d’engagement ? Principalement parce que le corps enseignant genevois, depuis des décennies, s’est encrouté. A cause d’abord de la pesanteur et de la lenteur paralysantes et démobilisatrices de la hiérarchie du DIP. A cause ensuite de son corporatisme croissant.

    « Mars contre-attaque » était une initiative intéressante. On connaît plusieurs enseignants qui, pour le bien de leurs élèves, ont entrepris de mettre en œuvre ce programme, refusant d’invoquer l’intendance et les carences du DIP pour se réfugier dans l’inaction. Il convient de saluer leur sérieux et leur capacité à de penser à l’intérêt de leurs élèves plutôt qu’à leur confort personnel.  

    Pierre Kunz

     

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