"Mars contre-attaque" fait réagir

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C’est sous ce titre qu’une lectrice de la TdG critique diverses initiatives récentes du département de Mme Anne Emery-Torracinta. On peut la rejoindre dans sa dénonciation du manque de planification du DIP et de la décision autoritaire de ce dernier d’alléger le champ des épreuves de fin d’années, examens de maturité compris. Une décision qui évidemment discrédite le sérieux de la formation.

Mais on aime moins, chez cette lectrice, sa démolition du programme « Mars contre-attaque », culturel et ludique, proposé par le DIP aux élèves « à la dernière minute et sans concertation ». Selon la lectrice, les enseignants n’auraient pas eu le temps et les moyens de le mettre en œuvre.

Mais si l’on y regarde de près, on s’aperçoit que l’inaction et le manque d’intérêt du corps enseignant pour cette opération ne sont pas dus au DIP. Si très peu d’enseignants ont entrepris de participer à « Mars contre-attaque » c’est avant tout à cause de leur manque d’enthousiasme et d’envie.

Pourquoi ce manque d’engagement ? Principalement parce que le corps enseignant genevois, depuis des décennies, s’est encrouté. A cause d’abord de la pesanteur et de la lenteur paralysantes et démobilisatrices de la hiérarchie du DIP. A cause ensuite de son corporatisme croissant.

« Mars contre-attaque » était une initiative intéressante. On connaît plusieurs enseignants qui, pour le bien de leurs élèves, ont entrepris de mettre en œuvre ce programme, refusant d’invoquer l’intendance et les carences du DIP pour se réfugier dans l’inaction. Il convient de saluer leur sérieux et leur capacité à de penser à l’intérêt de leurs élèves plutôt qu’à leur confort personnel.  

Pierre Kunz

 

Lien permanent 6 commentaires

Commentaires

  • Texte publié sur mon blog, il y a quelques années...

    Souvenirs, souvenirs
    Je vous retrouve dans mon cœur
    Et vous faites refleurir
    Tous mes rêves de bonheur

    chantait Johnny au début des années 60...

    Il m'arrive souvent de me retrouver avec des instituteurs et de discuter de leur profession. A chaque fois je suis étonné et peiné de voir ce que ce beau métier est devenu avec les années.

    Pourtant, il fut un temps où le maître était respecté, tant par sa hiérarchie que par les parents des enfants dont il avait la charge. En un mot, on lui faisait CONFIANCE.

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    Point besoin alors de rendre des comptes pour tout et rien, de se justifier pour chaque fait et geste. On savait en ces temps assez lointains que cette profession exigeait du tact, du doigté, du feeling. Le maître était une sorte d'artiste.

    Il devait sentir comment faire passer son enseignement, parfois user de tactiques habiles pour y parvenir, savoir relâcher la pression, détendre l'atmosphère au besoin, accepter pour ce faire de, pourquoi pas, sortir de son rôle et faire le "pitre" devant ses élèves. Ensuite, au bon moment, être capable alors, d'un claquement de doigts, de reprendre en main cette classe devenue plus réceptive...

    Je me souviens de sujets plus ou moins rébarbatifs tels les règles d'accord du participe passé que nous scandions tous en cœur sur un air de rap.

    Je me souviens de chansons inventées qui parlaient de choux, de genoux et de cailloux qu'avec les élèves, on entonnait sur un air de guitare.

    Le maître savait choisir LE bon moment en fonction de l'état de ses élèves...

    Ainsi, de manière inopinée, sans avoir besoin de remplir une multitude de formulaires, sans avertir la terre entière, au gré de l'humeur ou de la météo, on décidait d'une sortie pour ramasser des feuilles mortes en vue d'une leçon de dessin, de profiter d'une grosse chute de neige pour aller construire un igloo ou pour aller luger dans le champs le plus proche.

    Il arrivait qu'on s'échappe dans la nature pour aller tourner une scène du film que chaque année on réalisait avec les élèves.

    On se retrouvait soudainement au bord de l'Allondon pour y bâtir un barrage hydroélectrique.

    On n'hésitait pas à descendre en canoë les marais de la Versoix...

    On pouvait se permettre une sortie à vélo.

    On choisissait d'interrompre le travail scolaire à tout moment pour élaborer les décors nécessaires à la pièce de théâtre que chaque année on "montait" pour la fête de Noël.

    Le maître décidait et on le respectait...

    On pouvait....

    Autant de souvenirs qui paraissent aujourd'hui impensables. Car gare à celui qui se risquerait à de telles pratiques. Le monde entier lui tomberait dessus; blâmes de la hiérarchie, cris d'orfraie des parents, plaintes, avocats...



    En définitive, vous avez bien raison instituteurs d'aujourd'hui, restez bien sagement dans votre local de classe, ne vous aventurez pas au dehors, surtout ne prenez plus aucune initiative, vous risquez trop gros.

  • Cher Monsieur Duval,
    J'ai trouvé votre commentaire très beau. Je me suis permis de la partager sur mon compte FB.
    Bien cordialement.

  • "« Mars contre-attaque » était une initiative intéressante."
    Peut-être, mais vous devriez d'abord nous expliquer en quoi cela consiste...

  • Géo, "Mars contre-attaque" est ou était un programme culturel et ludique destiné à mobiliser l'intérêt des élèves sur des sujets sortant du cadre strictement scolaire. Il visait aussi à les aider à sortir de la morosité du moment. Pour réussir, il fallait que les enseignants adoptent ce programme et y consacrent du temps et de l'énergie. Manifestement c'était trop pour une grande partie d'entre eux.

  • Posez-leur la question au lieu de parler à leur place!!?

    Le corps enseignant genevois est quotidiennement harcelé par le DIP! Je ne pense pas que cela soit une simple rumeur..... ensuite vous oubliez le COVID!?

  • Si cela n'avait consisté, par exemple, qu'au visionnement de films de fiction cinématographique dont Mars ou les Martiens seraient le thème, ce serait déjà partie gagnée!

    Je pense par exemple à la Guerre des Mondes (Haskin, 1953, Spielberg, 2005) ou au désopilant Mars Attacks, de Tim Burton (1996)! Ou à Seul sur Mars (Scott, 2015). Tout cela contextualisé et expliqué comme il convient! Mais il y en a bien d'autres!

    J'ai un très fort souvenir du Ciné-club du Collège Voltaire, entre 1979 et 1983, dont j'étais un fan, et qui m'a beaucoup appris!

    Je me réjouirais de faire ce travail, si j'étais prof!

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