"Toxique" Maudet ?

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Serge Hiltpold (à ne pas confondre avec l’ancien conseiller national Hugues Hiltpold) est chef d’entreprise et député au Grand Conseil. Il a claqué la porte de la Chambre de commerce et d’industrie au motif que celle-ci a décidé de soutenir le 27 mars Pierre Maudet, un homme « toxique » selon les propos qu’a tenus ce mécontent face aux caméras de la TSR.

Voilà bien un mot dont son utilisateur n’a pas mesuré le sens et la portée. Selon le Larousse, « toxique se dit d’une substance dangereuse pour les organismes vivants ». Pierre Maudet serait donc un homme dangereux. Dangereux pour qui ? Peut-être et seulement pour ceux qui, au PLR, au sein du Conseil d’Etat et sur certains médias, mènent depuis plus de deux ans une campagne de dénigrement qui a finalement non seulement lassé mais outré le peuple de Genève. Mais en aucun cas pour Genève.

En réalité, ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Maudet » est une mise en scène dramatique de l’intolérance. La haine et la pensée étroite de ses ennemis ont débouché sur une profonde injustice, sur l’exigence de sa démission immédiate, sur un procès médiatique entièrement à charge, sur le lynchage d’un homme qui pourtant non seulement a reconnu avoir commis une erreur mais en a demandé le pardon.

Cette campagne de destruction, Pierre Maudet, n’y a pas cédé. Fort de sa conscience et de sa conviction profonde, il a refusé avec une énergie que ses adversaires ne soupçonnaient pas, de quitter le pouvoir pour une faute dont il a toujours été convaincu qu’elle ne méritait pas une telle issue. Le 7 mars dernier, les électeurs du canton lui ont donné raison en le qualifiant pour le deuxième tour de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat.

Il y a près de 500 ans, Calvin, maître absolu de Genève, ne qualifiait pas ceux qu’il voulait envoyer au bûcher de « toxiques ». Leur niant toute liberté de conscience, il les accusait d’être « hérétiques », qualificatif suffisant pour les conduire à la mort. Gageons qu’alors Pierre Maudet, parce qu’il ne pense pas et n’agit pas comme ses ennemis, n’aurait pas échappé au châtiment requis hors de toute justice par Calvin.

Pierre Kunz

Lien permanent 12 commentaires

Commentaires

  • Merci pour cette mise au point.
    A déplorer aussi les commentaires du président du PLR à ce sujet qui risquent bien de se retourner contre lui et son parti à qui il fait plus de tort qu'il ne semble le réaliser.

  • "Pierre Maudet serait donc un homme dangereux. Dangereux pour qui ?"

    Avez-vous lu le rapport Fonjallaz?

    Vous auriez trouvé la réponse à votre question.

    Vous auriez aussi découvert que c'est un mauvais dirigeant qui dans n'importe quelle entreprise privée aurait été licencié pour faute grave et avec effet immédiat. Demandez aussi à ceux qui ont été ses subordonnés à la police et à la gendarmerie...

    Dangereux aussi pour Genève et sa réputation nationale et internationale.

    Heureusement il ne sera pas élu, sinon, il est clair que le CE n'aura d'autre choix que de reconduire les mesures déjà prises et de le priver de département. Comme rien ne l'obligeait à démissionner - hélas! - rien n'oblige le CE à lui confier quelle que direction que ce soit. Il en va de la santé des employés.

  • J'apprécie vos opinions libérales en économie. Je ne comprends toutefois pas que vous souteniez Monsieur Maudet. Ce personnage a été condamné pour acceptation d'un avantage. Il ne s'agit pas d'un complot. Certes, il peut faire recours. Les faits n'étant pas contestables un acquittement est très improbable. Donc en toute objectivité ce personnage qui s'accroche et décide de dynamiter son propre parti est "toxique".

  • Daniel,
    Je vous invite, pour savoir ce que je pense du rapport Fonjallaz, à lire l'article que j'ai publié juste avant celui qui vous déplaît.
    S'agissant de l'attitude de Conseil d'Etat si PM est réélu, j'attire votre attention sur le fait que, dans cette occurrence, notre gouvernement, fort de l'injonction du peuple de Genève, ne pourra pas faire autre chose que de redonner sa place entière à leur collègue, cela en dépit tous les efforts mesquins que ses membres ont entrepris depuis deux ans pour le détruire.

  • Vous oubliez que ce qui est tolérable pour certain à Genève, ne l'est pas hors canton. Ce que vous appelez acharnement, ce sont des faits est les résultats de ceux-ci. Si PM est si brillant, ses actes ont été réfléchis et calculé, et donc, ce n'est pas de la maladresse. Son ambition est toxique, il lui fait perdre l'honnêteté.

    Posez-vous la question: Pourquoi ce qui est acceptable pour certains, ne l'est pas en dehors des frontières cantonales où l'aspect émotionnel n'existe pas.
    En étant le canton le plus politisé (droite/gauche), certain préfère perdre l'honneur en soutenant à tout prix n'importe qui, au lieu de regarder sur le long terme.
    La droite perd du terrain parce qu'elle représente l'économie dont une partie fait parler d'elle en mal (banques, ....).
    Les partis de droite pour compenser l'influence de ces moutons noirs, non seulement doivent dénoncer les abus de cette économie, mais doivent être irréprochable eux-mêmes.

    Ce qui est en jeu, c'est la capacité de la droite à attirer des personnes qui ne votent pas forcément toujours la même chose. La droite doit donc être moralement irréprochable.
    La droite associé à magouilles, n'a pas d'avenir.

  • Monsieur Kunz,

    Merci pour votre réponse.

    Auriez-vous l'amabilité de me préciser dans quel article de la constitution genevoise se trouve cette "injonction du peuple"?

    J'ai lu votre sujet précédent qui commente de façon partisane non le rapport Fonjallaz, mais l'article du Temps.

    Bien cordialement.

  • Ben M.Kunz?!!!! Vous devriez jeter un œil sur les commentaires de votre précédent billet concernant le rapport Fonjallaz....... Vous y constaterez que seuls les titres de vos billets sont lus, et pas seulement chez vous!
    Celui qui envoie les blogueurs le lire - Mon commentaire dans le précèdent billet - ne l’a pas lu mais s’est contenté des lignes peu favorables, extraites du rapport , mises en évidences par le blogueur!

  • La campagne haineuse et violente (le mot toxique est franchement outrancier!) n'aura, je le pense que la conséquence - logique ? - d'un appui encore plus affirmé pour celui que certains ont décidé d'abattre, tel un chien enragé. Ces attitudes indignes sont à l'image de ce canton, en perte de vitesse sur tous les plans, face à une dette énorme et face àune incapacité chronique à empoigner les problèmes pour les résoudre et pas pour plaire à tel ou tel parti. Si le CE avait mis autant d'énergie à traiter les conséquences de la pandémie qu'il l'a fait pour se débarrasser de P.M. alors on ne serait pas parmi les pires cantons face à cette crise. Et la suite ne promet pas d'être meilleure. Triste mais tellement prévisible.

  • Il est à craindre (pour certains) que l'on se trouve à Genève devant la même situation qu'aux Etats-Unis, où les démocrates n'ont pas été capables de présenter un candidat ou une candidate meilleure ou plus acceptable que Madame Clinton et se sont retrouvés avec Donald Trump, roi des menteurs.

  • @ Jean Durand

    Et pourquoi donc les faits ne seraient pas contestables ? Qu'est-ce qui vous fait penser sans l'ombre d'un doute que M. Pierre Maudet :
    - allait se trouver acculé à renvoyer l'ascenceur à un intermédiaire n'ayant rien payé;
    - et qu'il avait conscience de ce qu'il prennait le risque de devoir renvoyer l'ascenceur;
    - et qu'il ne s'est pas dit qu'il ne renverrait pas l'ascenceur.

  • "Injonction populaire."

    La suppression de tout département, voire l'octroi d'un département par trop restreint, heurte le droit en ce que visant largement de sa substance la fonction du magistrat, il tend à rendre le principe fondamental de la démocratie inopérant au point de l'ébranler. Ce point de droit a déjà été constaté, il est donc inutile d'y revenir.

    Ce qui est d'ores et déjà revendiqué est la fin de la démocratie au bénéfice de la dictature des chefs des syndicats les plus agités de la fonction publique. Il convient de rappeler que le chef de département est le chef, élu par le peuple, et qu'il incombe à ses subordonnés, qui faute d'onction populaire ne sont pas ses égaux, d'obtempérer aux ordres et, n'en déplaise au socialiste Fonjallaz, qu'il n'incombe pas au chef de justifier de l'opportunité de ses ordres auprès ses subordonnés; les ordres de service n'étant pas des décisions que les subordonnés auraient qualité pour contester en justice.

  • Pierrre "le Margoulin" Maudet est effectivement un homme menteur, manipiulateur, inculpé puis condamné et dont l'incompétence managériale est désormais reconnue. Et il ne serait pas "toxique", ne serait-ce que pour ceux qui opnt eu le malheur de travailler sous ses ordres? Avez-vous seulement lu l'accablant rapport de Monsieur Jean Fonjallaz?
    Est-ce cela, l'élan radical? Vraiment?

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