• Du pain, des jeux puis ... l'effacement des dettes publiques

    Imprimer

    La crise du Covid est prétexte pour les nombreuses voix qui s’élèvent, surtout dans les pays peu enclins à pratiquer la rigueur budgétaire, en faveur de l'annulation les dettes nationales. Comment ? En les « transférant » à la Banque centrale européenne et à la Réserve américaine où elles deviendront des créances perpétuelles contre les Etats, celles qu’on n’effacera pas des bilans mais qui ne seront jamais remboursées.

    Cet expédient vise à glisser sous le tapis les conséquences des politiques dispendieuses menées par l’Etat-providence en Europe depuis un demi-siècle, ainsi que des dépenses militaires colossales engagées par l’Amérique au cours des mêmes décennies. Il vise aussi à masquer la chute rapide du rôle et du poids de l'Occident dans la géopolitique mondiale.

    Car c'est bien ce déclassement et l'impossibilité, pensent les élites politiques, de réagir et d’en revenir à une saine gestion des ressources publiques, qui expliquent que l'UE et les USA en sont arrivés à envisager l'expédient que constitue l'annulation des dettes publiques grâce à un tour de passe-passe organisés avec l’appui des banques centrales. 

    Sur un plan pratique, l'Union européenne et les USA ont tout loisir de se livrer au genre de gymnastique dont il est question ici. Ce sont des mastodontes démographiques et économiques qui, en procédant ainsi, peuvent même supporter une baisse de la confiance dans l’euro et le dollar. Quitte à faire subir des pertes énormes aux pays qui détiennent ces monnaies en réserve, la Suisse notamment.

    Le monde politique européen et américain trompe ses concitoyens quand, appuyé par les « experts de la finance », il prétend que personne en Occident n’aura à payer.  Pourquoi ? Parce que les peuples asiatiques restent, eux, attachés à leurs valeurs culturelles et morales, ils continuent à observer les règles de la bonne gestion des finances publiques.

    Dès lors, le tour de passe-passe occidental ne manquera de faire croître le degré de confiance dont ils bénéficient. Grâce à la capacité de mobilisation intérieure de ces pays, profitant du déclassement de l’Occident, ils se trouveront en mesure de renforcer de plus en plus leur rôle stratégique, économique et politique sur la scène mondiale. Voilà le prix colossal que l’Occident paiera !

    Depuis plusieurs décennies, les pays occidentaux sont conduits par des démagogues prêts à toutes les promesses et à toutes les dépenses pour conserver le pouvoir, notamment en flattant les plus tristes faiblesses de leurs citoyens. Ceux-ci ont troqué leur liberté pour ce qu’ils croient être de la sécurité. Ils ne sont plus disposés depuis longtemps à se priver de ce qu'ils ne peuvent pas s'acheter et ils consomment avec ravissement "le pain et les jeux" que leur distribuent les élites politiques.

    Pierre Kunz

    Lien permanent 5 commentaires
  • Des migrants refoulés en Turquie. Et alors ?

    Imprimer

    Selon la TdG de lundi, il apparaît, aux dires de plusieurs ONG, que « depuis plusieurs mois les gardes-côtes grecs refoulent systématiquement les migrants » vers la Turquie. Et ces ONG de rappeler que cette pratique est illégale en vertu du droit international et européen. Ce droit prévoit en effet que toute personne secourue en mer doit être débarquée dans le port sûr le plus proche.

    Jusqu’à quand ceux qui gouvernent l’Europe et tous les bien-pensants qui, sur le Vieux-Contient, réfléchissent avec leur cœur plutôt qu’avec leur tête, continueront-ils à jouer les élèves modèles de ces conventions qui ne répondent plus du tout aux exigences sociales et politiques des pays et des populations confrontées aux afflux de migrants illégaux et de pseudo-demandeurs d’asile ? Quand exigeront-ils les amendements à ces convention requis par la situation ?

    Au lieu de les stigmatiser, quand ces politiciens pusillanimes reconnaîtront-ils la validité des politiques d’interdiction et les moyens mis en œuvre à cet effet par les nations dites de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) ? Quand redécouvriront-ils les règles d’une bonne gestion des problèmes de l’immigration, celles qui permettront de mettre un terme aux flux de migrants qui ne savent rien de l’Europe sinon « qu’elle est riche » ? Quand conviendront-ils que cette bonne gestion ne saurait se fonder sur un accueil « généreux » et une répartition « solidaire » des migrants au sein de l’Union européenne ? Quand accepteront-ils de renforcer massivement les contrôles aux frontières, maritimes comme terrestres ?

    Quand admettront-ils de tirer les leçons de ces vingt dernières années ?

    S’agissant de l’immédiat, jusqu’à quand les peuples d’Europe vont-ils tolérer l’activisme soi-disant humanitaire de ceux qui, du haut de la tourelle de l’Aquarius ou du Sea Shepherd, sabotent les quelques mesures de défense prises par les autorités européennes et se font les complices des passeurs criminels qui agissent en Méditerranée ?

    Pierre Kunz

     

     

     

     

    Lien permanent 14 commentaires
  • L’assainissement de la caisse de pension de l’Etat est sous toit …

    Imprimer

    Non, ne rêvons pas. Il est question ici de la caisse de pensions de l’Etat de Fribourg pas de celle des fonctionnaires genevois qui demeure dans la situation la plus précaire du pays.

    Contrairement aux acteurs politiques et syndicaux du bout du lac, les partenaires concernés à Fribourg par la réforme de leur caisse de prévoyance sont raisonnables et savent se projeter dans l’avenir. Soit noté en passant, là se trouve probablement l’explication de ce qui peut apparaître surréaliste à Genève, à savoir des finances publiques saines et un canton sans dette.

    Le grand Conseil fribourgeois a voté quasiment à l’unanimité un projet de loi qui équilibre et pérennise l’institution. Requis pour pallier le déséquilibre structurel de la caisse. Il prévoit notamment

    • le passage à la primauté des cotisations,
    • une augmentation de la cotisation prélevée sur le salaire des fonctionnaires,
    • une limitation du droit à la retraite anticipée.

    Quant au peuple, il sera appelé à s’exprimer sur cette réforme le 29 novembre prochain. Gageons qu’il l’approuvera massivement.

    Et pendant ce temps, Genève s’enfonce chaque jour un peu d’avantage dans la politique politicienne, les difficultés économiques, les déséquilibres financiers, et, demain, les troubles sociaux.  

    Pierre Kunz

     

     

    Lien permanent 1 commentaire
  • L'initiative pour des « Entreprises responsable » est-elle néocolonialiste ?

    Imprimer

    L’initiative qui ambitionne de renforcer le sens de la responsabilité des entreprises est indubitablement tissée de bons sentiments. D’ailleurs, nul ne remet en question les obligations faites aux sociétés helvétiques, petites ou multinationales, de se soumettre aux lois qui les contraignent à respecter chez nous, conformément au droit suisse, et à l'étranger en se pliant aux législations nationales, l’environnement et les droits de l’homme.
    Mais cette l’initiative pose une question essentielle que les auteurs du texte ne semblent pas vouloir considérer : imposer le droit suisse à des entreprises qui sont actives dans d’autres pays, généralement en développement, ne nous ramène-t-il pas à une forme de néocolonialisme ?
    Cet « interventionnisme » ne s’approche-t-il pas de l’attitude des colons du début du siècle dernier, eux qui justifiaient leur présence dans les pays pauvres au prétexte que leurs habitants étaient incultes, mal organisés et insuffisamment travailleurs pour exploiter les richesses que la nature leur offrait ?
    En l’occurrence, le raisonnement qui conduit les initiants à sanctionner en Suisse les manquements au respect des droits de l’homme et de l’environnement commis sur des territoire étrangers, ne part-il pas de l’hypothèse que ces pays, devenus indépendants et soi-disant maître chez eux, seraient incapables d’imposer leur système légal, de gérer leur pays et d’y faire respecter les conventions internationales qu’ils ont signées ?
    Au fond, l’initiative ne leur transmet-elle pas le message : « vous êtes faibles et désorganisés, vous n’avez ni la volonté de faire respecter vos lois, alors nous allons nous occuper du problème » ? Cela étant, les initiants n’aident aucunement les pays en développement à améliorer leur gouvernance, au contraire.
    Pierre Kunz
    J’aime
     
    Commenter
     
    Partager
     
     

    Lien permanent 7 commentaires
  • A ceux qui prétendent que la civilisation occidentale est mise en danger par l’islam

    Imprimer

    Quelle curieuse manie que celle d'aucuns de toujours mettre en évidence dans leurs écrits sur un péril social, racial ou religieux. Nous avons connu le péril jaune, aujourd’hui c’est le péril de l’islam qu’on agite.

    Ainsi, il est des textes auxquels on ne saurait adhérer. Ce sont ceux dont les auteurs, Houellebecq par exemple, doutent tellement de la qualité et de la force de nos valeurs, doutent tellement de notre volonté de continuer à vivre dans nos démocraties libérales, qu’ils croient possible que quelques millions de musulmans puissent ambitionner et réussir à casser le mode de vie de 500 millions d’Européens. Ces textes, qui font généralement une large part à la sémantique et aux a priori, ne font qu'attiser les peurs de nos concitoyens crédules et effrayés, on les comprend, par quelques intégristes assassins.

    Or ceux-ci ne représentent en rien la très large majorité des musulmans, tous ceux qui sont pacifiques, rejettent l'intégrisme et ne rêvent que de relations sociales apaisées, d'améliorer leurs conditions d'existence et de donner un avenir à leurs enfants. Il est caricatural de prétendre que non seulement ils ne veulent pas s'intégrer mais, pire, qu'ils aspirent à détruire notre société occidentale. En réalité, cette majorité est prête à accepter nos lois et ne demandent, comme d'autres minorités, que le respect de leurs différences et de certaines de leurs habitudes alimentaires, vestimentaires et comportementales.

    Il est vrai que des immams fanatiques tiennent des prêches susceptibles de conduire des jeunes vers l'intégrisme et la radicalisation. Il ne tient qu'à nos autorités de sanctionner ces immams et de les expulser. Comme il ne tient qu'à elles de mettre un terme à l'immigration légale et illégale (y compris celle des pseudo demandeurs d'asile soutenus par les ONG) des ressortissants, musulmans ou non, de pays africains. Comme il ne tient qu'à elle de surveiller le financement des activités des mosquées et de mettre en place une structure de formation des immams sur les territoires des pays européens.

    A cet éclairage, d'accord, appelons un chat un chat, posons clairement les limites de ce qui pour nous essentiel ce qui n’est pas négociable (neutralité religieuse de l’Etat, suprématie absolue de la Loi sur les injonctions religieuses, égalité homme-femme, etc.) et ayons confiance dans la force de nos valeurs. En contrepartie cessons nos accusations de complotisme islamique, tirons profit de nos différences et recherchons les chemins qui mèneront à une situation normale et apaisée dans nos relations avec les musulmans de nos pays européens.

    Soyons optimistes. Après tout nous avons en Europe surmonté d'autre divisons civiles et religieuses autrement plus graves et sanglantes (guerres de religions) au cours des 200 dernières années.

    Pierre Kunz

    Lien permanent 13 commentaires