• Qu’est-ce que l’affaiblissement, voire le déclin, d’une société ?

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    Pour poursuivre le débat lancé il y a quelques jours par Jean Romain sur les réseaux sociaux, pourquoi ne pas tenter de détecter quelques-uns des marqueurs témoignant de l’affadissement d’une société démocratique ? On peut penser à ceux-là :

    • la dévirilisation de la société,
    • la dépendance consentie plutôt que la volonté d’indépendance,
    • le refus de toutes formes d’incertitudes, même au prix de la liberté,
    • l'effritement des valeurs humanistes au profit de l'humanitarisme,
    • l'endormissement du courage,
    • au nom des droits de l'homme, la primauté des intérêts individuels et des minorités sur ceux de la majorité,
    • l’ajout régulier de nouveaux « droits fondamentaux » à la liste de ceux-ci,
    • le droit de construire son bonheur qui cède devant le "droit au bonheur",
    • le privilège des « droits acquis » au détriment de la dynamique du changement et du progrès,
    • l’exigence du bien-être immédiat et l’expression renforcée du « je veux tout et tout de suite »,
    • le consumérisme exacerbé qui écrase l'épargne et l'investissement à long terme,
    • la préférence des profits financiers immédiats à l’investissement et le gain de l’entreprise,
    • le traitement des urgences, souvent insignifiantes, au détriment des objets essentiels,
    • la jalousie voire la haine à l’égard du riche qu’il faut appauvrir pour enrichir le pauvre,
    • le rejet par facilité et confort des contraintes de l’orthographe et de la syntaxe de notre langue.

    Que penser de ces signaux s’agissant de notre pays, de Genève en particulier ? Et surtout qu’en dire au vu des résultats des votations de dimanche ?

     

     

     

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  • La Suisse, pays d'inégalités et de pauvreté ?

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    Les milieux de gauche et certaines ONG ne manquent jamais une occasion, les médias non plus, de monter en épingle les cas d’inégalités et de pauvreté qu’ils ont détectés dans notre pays. Avec l’ambition évidente de culpabiliser les Suisses et de faire ainsi marcher leur commerce politique ou caritatif.

    Une étude de l’Université de Genève (cf. Campus de septembre 2020) vient de paraître à point nommé pour mettre en évidence la réalité helvétique en matière d’égalité et de pauvreté. On y lit que, par comparaison avec les 190 pays de la planète,

    • l’indice de développement humain, qui mesure l’ensemble des capabilités de développement des individus au sein d’une société, place la suisse au deuxième rang mondial derrière la Norvège ;
    • le coefficient de Gini, qui mesure l’inégalité des revenus, de le consommation et de la richesse au sein d’une société, montre que la Suisse fait partie des 15 pays les moins inégalitaires ;
    • selon les critères du « World Happiness Report », publié chaque année par l’ONU, à savoir selon le degré de bonheur perçu par les citoyens, la Suisse est sixième d’un classement emmené par les pays nordiques ;
    • le PIB par habitant, qui mesure l’efficacité de l’économie, montre que la Suisse se situe au deuxième rang derrière le Luxembourg.

    On notera par ailleurs que, selon les chiffres de l'OFS, si 7 % de la population suisse est considérée comme pauvre, les personnes concernées le restent rarement plus de trois ans. Elles sont en effet, aidées par les prestations sociales de la Confédération et des cantons qui se situent parmi les plus généreuses du monde.

    Voilà qui jette une lumière crue sur l’opération médiatique menée par la Jeunesse socialiste durant le dernier weekend, opération consistant à faire le siège à Genève et à Zurich, des habitations luxueuses de M. Bertarelli et de Mme Maculo Blocher afin de stigmatiser « la richesse infâme » de ces personnalités. On ne peut qu’être scandalisé par les motivations de ces jeunes ballots incultes : envie malsaine, convoitise crasse et jalousie. Des motivations qui malheureusement se retrouvent trop souvent dans l’activité politique de certains partis

    Pierre Kunz

     

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  • Prévoyance : incompréhension, récriminations et incohérences

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    Deux récentes enquêtes interpellent par leurs constats. D’une part, pour les Suisses, jeunesse incluse, les retraites sont le souci principal, avant le climat, le chômage et l’immigration. D’autre part, une majorité d’entre eux ne comprennent rien ou presque à la problématique de la prévoyance-vieillesse. Voilà qui explique les récriminations déraisonnables des Helvètes concernant le niveau des rentes dont ils bénéficient et leurs critiques incohérentes de l’AVS et du deuxième pilier.

    Une évidence d’abord : quand on cesse son labeur, qu’on entre en retraite, on cesse de participer à la création de richesses du pays. Il devrait par conséquent être évident aux yeux de tous que dès cet instant on est logiquement amené à voir ses revenus se réduire. La rente d’un retraité ne saurait égaler son dernier salaire.

    Les Suisses rentiers se plaignent en premier lieu des rentes AVS (système fondé sur la répartition immédiate des cotisations versées par les actifs en faveur des pensionnés). Mais en même temps, en toute incohérence, ils refusent d’envisager la conséquence logique de l’impact du vieillissement de la population, de l’augmentation du nombre des rentes à verser que ce vieillissement implique mathématiquement, la chute constante des revenus financiers ainsi que la dégradation intervenue au cours des dernières décennies du rapport entre actifs et retraités. Cette attitude est totalement déraisonnable, même si l’AVS est largement financée par la Confédération. Sauf à considérer … que Berne « n’a qu’à contribuer encore davantage », donc taxer les contribuables.

    Le concept du deuxième pilier (système fondé sur l’accumulation des cotisations de chacun de chacun redistribuées sous forme de rentes) est différent mais il fait évidemment face aux quatre mêmes difficultés démographiques et financières que l’AVS. Dans ce cas aussi on ne peut donc que s’étonner d’entendre les mécontents se plaindre du niveau soi-disant insuffisant de leurs rentes et de rejeter simultanément l’élévation de l’âge de la retraite.

    Confrontées à ces mêmes réalités et de surcroît à l’obstination des rentiers de s’accrocher à leurs « droits acquis », les jeunes générations se sentent doublement lésées. D’un côté, elles sont contraintes, en l’absence de la réforme indispensable du deuxième pilier et de l’AVS, de continuer à financer par leur travail les pensions dont profitent leurs prédécesseurs. De l’autre, il est presque certain, les réalités étant têtues, que le deuxième pilier dont, le moment venu, elles bénéficieront elles-mêmes restera nettement moins généreux que celui de leurs aînés.

    Que feront les Chambres fédérales de toutes ces incohérences et de toutes ces récriminations ?

    Pierre Kunz

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  • Affaire Maudet, le Tribunal fédéral recadre le tribunal médiatique

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    Pierre Maudet vient de faire connaître le jugement qu'a publié le Tribunal fédéral au sujet d'une émission "tendancieuse et manipulatoire"diffusée par la télévision suisse alémanique il y a deux ans au sujet des ennuis de Pierre Maudet. Comme il est peu probable que les médias reproduisent dans leurs colonnes ce jugement favorable à Pierre Maudet, je pense utile de faire connaître sur ce blog la réaction du conseiller d'Etat. 

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  • Les médecins feraient mieux de se taire

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    Les associations de médecins se croient-elles obligées de participer aux questions de santé publique ? Ou se sentent-elles les oubliées de la pandémie du Covid ? Difficile de répondre à ces interrogations. Mais quand elles prétendent s’insérer dans le débat public elles manquent rarement une occasion de parler à tort et à travers.

    Rappelons-nous, en mars dernier, l’incompréhensible déclaration de l’Association des jeunes médecins généralistes suisses qui, contre l’avis des experts de la santé et du Conseil fédéral, réclamaient le confinement obligatoire pour tout le pays. Et surtout mettons en évidence la stupéfiante intervention récente de l’Association des médecins romands qui, au prétexte du Covid et sur la base de faits et de chiffres connus d’eux seuls, exigent une baisse des primes-maladie 2021. Une fois de plus elle tombe dans un sacré pétrin parce que cette fois ses déclarations se heurtent aux conclusions d’une étude, publiée il y a peu, menée par la Haute école de santé de Zurich.

    Un sacré pétrin parce que cette étude montre que la surmédicalisation constitue le mal le plus profond et le plus coûteux du système de santé suisse. Elle met aussi en évidence que, même s’ils sont loin d’être les seuls en cause, les médecins contribuent fortement aux surcoûts médicaux, donc aux hausses régulières des primes. Cela, de manière générale, en ne renonçant pas aux actes dont l’utilité médicale est nulle ou presque. Plus précisément, par exemple, en multipliant les visites des patients, en ne prescrivant pas assez les médicaments génériques et, par manque de coordination, en prescrivant à double des examens déjà effectués.

    Au vu de ce qui précède on ose recommander au corps médical, qu’on aime bien sûr parce qu’il nous soigne, d’être plus prudent lorsqu’il s’exprime publiquement. Et surtout, s’il entend apporter son concours à la baisse des primes-maladie, avant d’attaquer les assurances, qu'il mette en œuvre désormais ce que l’étude susmentionnée appelle « la médecine intelligente ».  

    Pierre Kunz

     

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