• Covid, soyons réalistes, coupons les ponts

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    Une grande partie de la jeunesse n’entend plus se plier aux mesures décrétées récemment par les autorités pour lutter contre la propagation du virus. Elle considère qu’elle a suffisamment subi, professionnellement et dans ses libertés, les conséquences du confinement économique et social de ce printemps. Elle entend donc retrouver sans entraves ses habitudes sociales d’avant la pandémie. Nous les seniors, pouvons-nous décemment leur en vouloir ? Non, d’autant moins que pour elle, le Covid ne constitue généralement qu’une maladie bénigne.

    Evidemment, lorsque ces jeunes fêtards rentrent à la maison, le risque est grand qu’ils infectent leurs parents et leurs grands-parents qui constituent eux une population à risque. Mais nous nous disposons d’un moyen simple d’éviter ce risque.

    Les jeunes prennent la responsabilité, parfois un peu stupidement certes, d’attraper le virus. Soit. Alors n’en faisons pas nos ennemis et, parents et grands-parents, prenons, nous aussi, nos responsabilités afin de nous prémunir contre la maladie. A cet effet, il suffit que nous nous conformions aux injonctions des autorités de ce printemps. En famille, respectons les distances, pas d’embrassades, pas de repas en commun. A l’extérieur, ne fréquentons pas les jeunes sans masque.

    Pierre Kunz

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  • Préférez-vous l’ascèse des Verts ou leur tyrannie ?

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    Les Verts, apprend-on, veulent une stratégie « plus dure et plus complète » face au changement climatique. Selon eux, « la Suisse doit atteindre la neutralité carbone en 2030, puis devenir climatiquement positive à partir de 2040 ». On pourrait ajouter quel qu’en soit le prix.

    Beau programme, dirait Greta Thunberg. Mais chez ceux qui, au-delà de problématique climatique, se préoccupent aussi du bien être des Suisses, cette marche forcée est gravement simpliste et pourrait nous conduire sur la voie de la décroissance, de la chute de notre niveau de vie et des trouble sociaux. Pourquoi ? parce que les Verts, au lieu de poursuivre le cheminement de la science, de la culture et du progrès que l’humanité emprunte depuis 250 ans, tentent de convaincre les Suisses que seules nos privations peuvent sauver la planète.

    Euphorisés par leurs succès électoraux de ces derniers mois, emportés par les slogans qu’ils ressassent depuis des lustres, les Verts se sont mis en tête qu’ils ne pouvaient consolider leur avancée qu’en mettant en œuvre et en imposant sur-le-champ des réformes profondes et même fracassantes. C’est évidemment un forcing déraisonnable au vu de la simultanéité des défis climatique, environnemental et économique.

    Maints experts constatent que la transition énergétique que nos autorités, dans l’émoi de Fukushima, ont fait voter par le peuple en 2017 (sortie du nucléaire et développement des énergies renouvelables) n’est pas réalisable. La Commission fédérale de l’électricité affirme de son côté que la Suisse est de moins en moins capable, après la mise hors service de Mühleberg, d’assurer son approvisionnement en électricité par la production indigène.

    Pour les Verts, absolument pas enclins à surmonter, même momentanément, leur détestation de l’énergie nucléaire, ces constats constituent au contraire le motif de soumettre de toute urgence les Helvètes à un régime appelé joliment de « sobriété énergétique ». Refusant de reconnaître que dans l’histoire de l’humanité, sauf catastrophe naturelle, pandémie ou guerre, aucune génération, surtout pas durant l’ère moderne, n’a utilisé moins d’énergie que la précédente, ils érigent cette sobriété en valeur suprême.

    Les Verts ne veulent pas faire confiance aux technologies anciennes et nouvelles dont nous disposons dans les domaines de la protection du climat et de l’environnement. Ils préfèrent nous imposer, au prétexte de l’urgence climatique, l’austérité en mode de vie vertueux.

    Méfions-nous de cette ambition car, comme le notait un philosophe, « une pratique excessive de la vertu pousse à l’ascèse ou à la tyrannie ».

    Pierre Kunz

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  • Du voile au masque

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    Vous rappelez-vous les combats menés il y a peu encore par « les défenseurs des femmes » ?

    Des défenseurs - des "défenseuses" surtout - qui entendaient interdire aux femmes musulmanes vivant dans notre pays de porter le voile en public, en particulier celui qui du visage ne laisse voir que les yeux. Il s’agissait selon eux de faire respecter dans notre culture occidentale les codes de sociabilité fondés, disaient-ils, sur les la reconnaissance faciale entre les gens. Etaient aussi avancés d’autres prétextes plus politiques, ceux de l’émancipation de la femme, du respect de ses droits, de l’égalité de celle-ci avec les hommes et de sa liberté de disposer de son corps. Il était aussi question de la nécessité de garantir la sécurité dans nos rues et sur nos places.

    Ces « chevaliers-servants de la causse féminine » ont heureusement échoué. Mais voilà que par un des retournements dont l’histoire a le secret, l’égalité qu’ils poursuivaient se trouve réalisée. Mais pas vraiment comme ils le rêvaient. Depuis quelques jours en effet, à cause du covid, ce sont toutes les femmes qui sont forcées, probablement pour longtemps, de porter un masque qui comme le voile ne laisse apparaître que les yeux.

    Pierre Kunz

     

     

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  • Loup y es-tu ? oui, beaucoup trop !

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    Voilà plusieurs décennies que les défenseurs de la nature, à coups d’informations et de chiffres choquants, ambitionnent de nous imposer leur vision de la biodiversité et la manière dont selon eux elle doit être préservée. Avec une bonne dose de réussite, il faut le reconnaître, puisqu’ils ont réussi notamment à faire croire à une bonne partie des Helvètes que non seulement ce qu’ils appellent « le retour des prédateurs » était inéluctable mais qu’il était bon pour le pays.  

    Depuis que le monde politique a pris le relais de ces associations, certes généreuses mais le plus souvent utopistes ou déraisonnables, nous nous trouvons soumis à une véritable dérive démagogique qui met en péril les exploitations agricoles et d’élevages. Cultivant en particulier la crédulité et les émotions de leurs concitoyens, les Verts et leurs associés mènent désormais le combats de la réinstallation du loup, de l’ours et du lynx dans un pays dont nos aïeuls avaient réussi à les chasser voici plus d’un siècle parce qu’ils entravaient leur labeur.

    Eu égard aux excès législatifs intervenus ces dernières années en la matière et confrontées aux dégâts des prédateurs dans les exploitations agricoles et d’élevage, nos autorités fédérales ont enfin réagi. Elles ont modifié une loi sur la chasse datant de 1985 et manifestement teintée à l’excès de la sensiblerie et de la niaiserie qui primaient à l’époque. La modification votée par les Chambres vise simplement à autoriser les cantons à réguler les meutes qui se multiplient. Une atteinte à la libre reconquête des forêts et de champs helvétiques par le loup qui n’a pas plu aux soi-disant défenseurs de la biodiversité et ils l’ont contestée par référendum.

    En vue de la votation du 27 septembre, ils ont réuni les médias lundi pour vanter les mérites de leur position. C’est bien sûr leur droit. Par contre, dans leur argumentation, ils n’auraient pas dû dépasser les limites de la décence pour se lancer dans une diatribe aussi mensongère que ridicule. N’allèrent-ils pas jusqu’à prétendre que la nouvelle loi non seulement ouvrait la porte à l’éradication du loup mais que par ailleurs elle mettait en danger la biodiversité dans notre pays ? Des affirmations stupides qu’aucun expert honnête ne saurait confirmer.

    Décidément, euphorisés par leurs récents succès électoraux, les Verts sont prêts à tout pour nous vendre leurs recettes destinées à « sauver » notre pays, sa faune et ses forêts quitte à perturber encore davantage son secteur agricole qui rencontre déjà moult difficultés. Méfions-nous, gardons notre bon sens et soutenons la nouvelle loi.

    Pierre Kunz

     

     

     

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  • Les jeunes et les "nouvelles sexualités"

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    La TSR a publié lundi sur son site une de ses pseudo-enquête habituelles sous le titre « Pourquoi les jeunes ont tant de peine face aux nouvelles sexualités ». Un reportage d’une superficialité consternante.

    Sur un sujet sociétal d’une aussi grande importance, on comprend mal que la TSR se soit contentée de développer son émission à partir des déclarations d’une jeune femme manifestement anxieuse et déstabilisée, ne possédant pas l’once de raison requise pour amener un commentaire utile et intéressant. Sans compter que l’intervieweuse ne semblait pas elle-même posséder suffisamment le sujet, ce qui lui a interdit d’alimenter l’échange de questions pertinentes. On s’est donc limité à un constat bien connu dont on peut rendre compte ainsi : la problématique du porno devient pressante, elle conditionne les jeunes vers une sexualité de la performance, parfois violente, et vers un conformisme sexuel froid, sans sentiments, du genre « qu’est-ce qu’on fait maintenant ma jolie (ou mon coco) ? on va prendre un burger-coca ou on va faire l’amour ? ».

    Dans une deuxième partie, les journalistes ont passé quelques coups de fils à des « expertes » dont le jugement se résume ainsi : les nouvelles technologies multiplient les difficultés pour les jeunes, l’éducation sexuelle à l’école n’est plus en adéquation avec la réalité, il faut imaginer une nouvelle manière d’enseigner la sexualité. Les experts en question se sont montrés incapables d’élever le débat et de poser un diagnostic dépassant les évidences du terrain.

    Forte des constats et des propos susmentionnés, une enquête journalistique digne de ce nom, sur un sujet aussi considérable, aurait au moins dû mettre deux hypothèses en discussion :

    • Si nombre de jeunes ont tant de peine face aux nouvelles sexualités, s’ils sont aussi gourmands de porno, voire de violence sexuelle, ne serait-ce pas parce qu’ils croient y trouver une réponse à la sexualité débridée, à laquelle ils se sentent un devoir de se conformer, celle qu’on leur enseigne depuis mai 68 ? cette sexualité que les intellectuels « avant-gardistes » et les gourous de la liberté expliquaient alors aux bourgeois et leur expliquent toujours : dans la recherche du bonheur, seuls comptent la recherche prioritaire du plaisir de la chair, la liberté de faire ce que l’on veut de son corps et l’amour « libre » ;
    • S’agissant de la réforme nécessaire de l’éducation sexuelle, ne faudrait-il pas tout simplement la fonder sur le rappel que la sexualité n’est pas une fin en soi mais qu’elle devrait être au service de l’amour et de la tendresse ?

    Plutôt que de se borner au superficiel, ce reportage aurait dû se développer sur ces hypothèses, d’autres aussi peut-être, et rechercher des réponses. Mais rien de cela, malheureusement pour les jeunes.

    Pierre Kunz

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