• Vive les radars acoustiques !

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    Vives les radars acoustiques !

    Chacun le sait, les voitures, les motos et les motocyclettes, peuvent causer des nuisances insupportables quand elles sont conduites par des imbéciles qui se saoulent au bruit qu’ils émettent. Pourtant, jusqu’à ce jour, le monde politique n’a jamais considéré que le problème méritait qu’il réfléchisse sérieusement aux moyens de mettre un terme à ces excès.

    Il paraît, selon la TdG du 24 juillet, que les choses sont enfin en train de changer. A Berne, deux conseillers nationaux socialistes ont décidé d’empoigner le problème moyennant deux initiatives parlementaires. L’une d’elle est aussi simple qu’intéressante puisqu’elle elle réclame la création de bases légales pour installer des radars acoustiques permettant de mettre à l’amende les conducteurs de véhicules conduits de manières excessivement bruyante.

    Comme il fallait s’y attendre, tel fonctionnaire a déjà agité le drapeau rouge au prétexte que « légalement il est impossible d’instaurer une valeur de bruit maximale comme on le fait avec la vitesse ». Et d’expliquer que la législation européenne ne nous autorise pas à interdire l’importation de certains véhicules homologués ailleurs en Europe.

    Comme on pouvait s’y attendre aussi, il y ceux qui, du haut de leur grosse cylindrée, considèrent bêtement que l’ambition de lutter contre le bruit ne constitue qu’une « guéguerre contre les motards ». Il faut être Genevois et tatoué pour ramener le débat à un tel niveau.

    Il ne s’agit ni d’exclure certains modèles de voitures et de deux-roues ni de discriminer les amoureux de l’asphalte mais bien de punir ceux qui se donnent un plaisir maladif à faire un vacarme du diable à toute heure du jour et de la nuit. L’objectif est la sanction de ceux qui nous cassent les oreilles, parce qu’ils ont maquillé leur véhicule ou parce qu’ils adorent en tirer le plus possible de décibels. Et à cette fin, il suffit d’installer des radars acoustiques en nombre suffisant.

    Mais pas des radars qui, comme celui installé à Genève, se prétendent « pédagogiques ». Ce qu’attendent les habitants de ce pays ce sont des radars qui enregistrent les excès de décibels, photographient les contrevenants et permettent ainsi à la police de leur adresser une contravention.

    Combien faudra-t-il d’années pour atteindre ce but ?

    Pierre Kunz

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  • Les écologistes punitifs passent à l’offensive

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    Les écologistes punitifs passent à l’offensive

    Serait-ce suite à l’avancée politique massive des Verts partout en Europe ? Toujours est-il que les intellectuels rattachés, pas officiellement bien sûr, à ce parti politique commencent à envahir les pages des médias. Lundi par exemple la TdG publiait l’interview d’un chercheur de l’EPFZ, Lorenz Keysser, dont le message est : « la transition écologique est impossible si elle compte seulement sur l’innovation technologique ». En conséquence il invite les nations « à rétrécir autoritairement l’échelle de la production et de la consommation ». Des propos qui nous enjoignent d’accepter la réduction imposée « d’en-haut » de nos niveaux de vie, seule voie de salut selon eux.

    Dans l’article en question, la vision pessimiste et orientée de Keyser ne fait pas seulement abstraction de toute la littérature scientifique disponible (*). Celle-ci montre qu’au contraire, pour autant que les gouvernements prennent les décisions d’investissements et de fiscalité requises, l’humanité dispose d’ores et déjà des outils pour faire face aux défis d’ici 2050 du réchauffement climatique sans que nous devions nous astreindre à la « sobriété énergétique » dont les Verts font la promotion.

    Au surplus, Keysser, visant à solidifier ses projets, n’hésite pas à recourirt à la démagogie. C’est ainsi que reprenant ce qui est déjà devenu une antienne, il « enjolive » sa thèse en insistant sur « l’impact écologique désastreux des 10 % les plus riches qui, dit-il, sont responsables de 43 % de l’empreinte écologique totale, contre 3 à 5 % pour les plus pauvres ». Ces chiffres ne résistent évidemment pas à l’objectivité. Ils sont mentionnés d’ailleurs sans autre référence que celle … de Bill Gates qui prend l’avion plus souvent que le commun des mortels. Alors que ces mortels communs sont des millions à voler et qu’il n’y a qu’un Bill Gates.

    Nous les mortels communs, commençons à comprendre que nous devons revoir nos comportements et notre consommation. Et nous le ferons d’autant plus vite et mieux si nous y sommes incités par les mesures correctives raisonnables et compréhensibles qui devront être prises par les gouvernements du monde. Mais il s’agira alors de mesures qui n’ont rien à voir avec celles découlant du pessimisme et des ambitions autoritaires des Verts qui ne voient pas d’issue autre que les drastiques quotas de consommation pour les humains et leur répartition dirigée « d’en haut » entre ces derniers.

    Le programme publié récemment à Genève par l’Association Noé21 (**), sorte de think tank des écolos du canton, est très représentatif de la manière dont les Verts entendent « régir » nos vies. L’ordre de leurs priorités en matière énergétique est révélateur : 1. Sobriété 2. Efficacité 3. Renouvelables. Quasiment l’inverse d’un programme libéral et humaniste.

    Pierre Kunz

    (*) Drawdown, comment inverser le cours du réchauffement climatique

    (**) Noé21, Urgence climatique : Diminuer de 60 % les émissions de C02 à Genève d’ci à 2030,      

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  • Savons-nous encore faire confiance ?

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    Dans sa dernière livraison Courrier international publie plusieurs articles, prélevés dans la presse européenne, consacrés à la notion de confiance. Cette confiance qui fonde les relations humaines et le fonctionnement de toute communauté et qui permet à celle-ci d’affronter et d’oublier, dans la solidarité, les incertitudes de la vie.

    Or, sans que nous nous en rendions compte, le besoin de faire confiance et de solidarité s’est effacé de nos consciences. En cause, l’hyper-technologisation de nos modes de vie, les progrès inouïs de la science, médicale en particulier, et bien sûr l’Etat-providence censé nous épargner les conséquences des aléas de l’existence : maladie, chômage, vieillesse. Plus personne ne songeait à la confiance, tout nous semblait « sous contrôle », tout dépendait désormais, pensions-nous, de nous-mêmes, de notre efficacité et de notre bon sens. Il suffisait que nous aimions, travaillions et consommions pour que nous soyons satisfaits et nous sentions en sécurité.

    La récente pandémie nous a cruellement fait sentir que nous nous étions aveuglés. Nombre d’entre nous se sont soudainement sentis isolés, affaiblis, apeurés. Pas habitués à ces sentiments, nous nous sommes posés moult questions. Le monde politique prend-il les bonnes décisions ? Les virologues savent-ils vraiment ce qu’est le Covid-19 et ce qu’ils nous imposent ? Les médias qui nous abreuvent de nouvelles et de chiffres relayent-t-ils les informations essentielles ?

    Confrontés aux hésitations de nos gouvernants et des médecins, nous avons redécouvert subitement l’incertitude et le danger, des notions que nous avions mises sous clé dans un coin de notre esprit. Et nous nous sommes sentis terriblement dépendants et en recherche d’espoir et de certitudes.

    Des moments comme ceux que nous avons vécus, et continuons de vivre, peuvent tourner au drame car la confiance et la solidarité qui nous sont demandées par ceux en charge, risquent de s’étioler en faveur de la méfiance, du complotisme, de la contestation voire de la révolte. S’établit dès lors un rapport délicat entre les citoyens et ceux à qui nous avons confié l’administration de nos communautés et la protection de nos vies. C’est un rapport qui ne nous laisse pas de choix et que nous sommes forcés d’assumer. Nous nous trouvons obligés de faire confiance et de parier sur la solidarité.  

    Il est des sociétés qui, grâce aux habitudes acquises dans leur histoire, grâce à leur intelligence collective et à la qualité de leurs institutions, démocratiques ou non, sauront retrouver cette confiance et oublier notre fragilité. Car nous deviendrions fous si perpétuellement nous prenions la mesure de la fragilité des choses. Elles surmonteront sans dommages sociaux et politiques graves les périls qu’elles affrontent. La Suisse en est, heureusement. Des traces profondes ne manqueront pas de marquer les autres.

    Pierre Kunz

     

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  • Netanyahu circule en rouleau compresseur

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    En ce début juillet on lit et on entend que M. Netanyahu « hésite » à franchir le premier pas de l’annexion de la Cisjordanie. C’est possible car, comme le dit l’un de ses opposants, « Israël doit s’attendre à des conséquences désagréables ».

    Mais voilà qui ne saurait retenir le premier ministre de mettre en œuvre, aujourd’hui ou plus tard, un plan soutenu, dans un enthousiasme mesuré ou claironné, par la majorité des Israéliens. « Bibi » dispose en effet de cartes très fortes dans son jeu.

    Il dirige une nation dont l’économie est la plus solide et l’armée la plus puissante de la région. Il est assuré de l’aide de son indéfectible allié, les USA. Il profite aussi de l’appui des puissantes communautés évangéliques qui, brandissant les prophéties bibliques, voient dans Israël un bastion contre l’expansion de l’islam et vivent partout dans le monde dans l’attente d’une Terre sainte réunifiée, condition du retour du Messie.  

    Au plan géostratégique, force est de reconnaître que la réunification de la Palestine sous l’égide israélienne n’est qu’une question de temps. Le peuple juif, après des siècles d’errance et de souffrances, est absolument déterminé, car animé par une foi que les rabbins ont su si fermement et si durablement entretenir dans les ghettos européens (*), à demeurer sur la terre qui, il en est convaincu, lui a été « promise ».

    Or, au Moyen-Orient, aucun pays n’est en mesure de faire mentir le constat que faisait déjà l’auteur des Sept piliers de la sagesse lorsqu’il notait que « les Arabes prennent depuis toujours leurs déclarations pour de l’action ». Les propos menaçants des dirigeants des pays de la région resteront donc une fois encore lettre morte, comme les protestations sans substance des élites politiques européennes et onusiennes, affadies et sans crédibilité.

    Au Moyen-Orient comme dans le reste du monde, l’histoire et la géopolitique ne sont que le résultat de la confrontation de forces et d’intérêts. Comment croire dès lors, même si l’éthique condamne l’attitude des Israéliens, que l’avenir de cette péninsule sous-développée, dans 50 ans ou dans un siècle, ne se concrétisera pas à l’avantage de la seule nation prête à utiliser froidement et sans égard pour le droit international les instruments culturels, économiques, diplomatiques et militaires requis par sa politique expansionniste ?

    Le vent de l’histoire ne souffle pas dans le dos des malheureux Palestiniens.

    Pierre Kunz

    (*) Le Juif errant est arrivé, Albert Londres, 1929.

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