Appel du 4 mai : « Un réveil différent de l’avant Covid-19 »

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L’appel des Verts à nos élus fédéraux, en fait un texte rédigé dans la précipitation et destiné à occuper le terrain désert du 1er mai, vise à entretenir et exploiter la peur qui, à l’occasion de la crise du Covid-19, s’est insérée dans l’esprit de nombre d’entre nous et à en profiter politiquement. La peur de l’économie globalisée, de manquer d’une nourriture saine, de ne plus obtenir les médicaments essentiels, de voir disparaître les petites entreprises locales, etc.

Utilisant l’inquiétude et les interrogations nées de la pandémie, les Verts réclament la naissance d’une société nouvelle selon eux, fondée sur une économie idéale, autrement dit « locale », rompant le plus possible avec la coopération internationale et le libre-échange. En réalité, dans leur pétition bâclée, ils n’exigent rien de plus qu’une couche supplémentaire de dépenses publiques. Ce n’est pas la Fête du travail mais celle de l’Etat-nounou.

Les voilà, ces acteurs politiques soi-disant responsables, qui exigent le « soutien aux circuits courts » et une sévère réduction des dépendances internationales sans songer que le niveau de vie, les salaires et les prestations sociales qui caractérisent si heureusement ce pays sont financés par les exportations de la moitié des activités productrices, donc des emplois, du pays. Les voilà, qui réclament simultanément, protectionnisme, hausses salariales, subventionnements de secteurs entiers de l’économie, sans expliquer quelles ressources les financeront. Et les voilà encore, ces « humanistes », emportés par leur élan souverainiste, qui oublient tout ce que coûterait aux pays en développement une réduction massive des échanges internationaux, échanges qui leurs permettent d’extraire des millions de personnes de l’extrême pauvreté.

Comment les Verts, eux qui se prétendent les phares de la lutte contre le réchauffement climatique, un véritable défi politique, économique et social celui-là, autrement plus exigeant que la sortie du confinement, peuvent-ils se contenter de l’assortiment d’épicerie qu’ils ont décliné dans leur « appel » opportuniste ? Au lieu de nous rappeler que nous vivons dans un monde dont nous sommes tous citoyens, au lieu d’enseigner à nos enfants à mieux traiter notre planète, leur ramassis de balivernes entend nous ramener à « villa-ça’m suffit ».

Leur appel à « un réveil différent de l’avant Covid-19 », à contribuer « à un redémarrage humaniste local durable » passe complètement sous silence les enjeux climatiques et les bouleversantes mesures à prendre pour y répondre. Il ne nous engage en rien à vivre différemment à la lumière de ces enjeux. C’est un appel à demeurer dans le passé pas à aller vers le futur.

Pierre Kunz

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Commentaires

  • Amateurisme, on imagine un groupe d'ado "révolutionnaire" qui pondent un texte pour le 1mai, autour d'un coca.

    Toute fois l'USAM a fait bien pire en visant ce premier mai. L'exportation va subir des secousses, et ils veulent brider le marché intérieurs par la déréglementation, en mettant les suisses en concurrence salariales avec ses voisins. Ce qui suivrait, c'est incontrôlable (chômage accentué, chute de l'économie intérieur).

    L'économie suisse, une des plus performante, l'est parce qu'elle a trouvé un bon équilibre.
    Casser le joujou pour satisfaire une idéologie, comme le veut l'USAM, il faut être un enfant capricieux, irresponsable.

    Le premier mai rends les gens fous, ou plutôt immature/idiot.

    La récession qui s'annonce n'a rien de structurelle, contrairement aux autres crises.

  • Avec de telles propositions, leurs électeurs vont vite déchanter et découvrir que ces militants verts, au pouvoir, ruineraient rapidement notre pays!

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