Contester loi sur le CO2 c'est oublier l'origine du problème (17/05/2021)

A l’évidence, nous serons tous, directement et indirectement, touchés par la hausse du prix de l’essence et par celle du prix des billets d’avion, même si les taxes ainsi prélevées par la Confédération seront largement redistribuées aux particuliers et aux entreprises les plus vertueux, climatiquement parlant. Osons l’affirmer, dans les décennies à venir, si la Suisse entend participer comme elle s’y est engagée à la lutte contre le réchauffement climatique, tout laisse penser que la pression fiscale à caractère climatique sur nos habitudes dépensières ne pourra que croître. Pourquoi ?

L’histoire récente nous montre que, profitant du boom économique des « Trente glorieuses » et de la multiplication par 4 voire 5 entre 1950 et 2020 de leur pouvoir d’achat moyen, tous les ménages de l’Helvétie, ceux surtout disposant de revenus peu élevés et moyens, se sont rués dès l’après-guerre, sur les produits et services aujourd’hui considérés comme les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre : voitures, appareils ménagers, voyages internationaux, téléphones, informatique, logements spacieux, consommation décuplée de fruits exotiques, achats massifs de textiles asiatiques, etc. Tous produits et services n’ayant jamais intégré dans leur prix le coût de la protection et de réparation de l’environnement qu’ils ont contribué et contribuent encore à détruire.

Soit dit en passant, ce constat se vérifie pour l’ensemble du monde occidental.

Ainsi, prétendre comme le font les référendaires que « la loi sur le CO2 est injuste car elle touche surtout les petits et moyens revenus » procède d’une argumentation démagogique. Il n’y a en effet rien d’injuste à faire participer l’ensemble des Helvètes à l’effort climatique puisque les classes à revenus modestes et moyens, soit 80 à 90% de la population, sont celles qui ont le plus profité, en termes de consommation, de l’accroissement de leur pouvoir d’achat au cours des dernières décennies et en même temps le plus contribué à nos émissions de gaz à effet de serre.

Comme on aime le dire chez nos amis anglo-saxons : « There is no free meal, someone has to pay for it ».  En l’occurrence, il est demandé logiquement à chacun d’entre nous de réparer (oh si peu !) aujourd’hui l’environnement dont nous nous sommes servis à crédit depuis ¾ de siècle.

Pierre Kunz

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