Amnesty, démagogie et arrogance (11/04/2021)

Ainsi donc, Amnesty, du haut de sa compétence universelle, critique les mesures prises par la Suisse dans la lutte de notre pays contre le Covid. « Ces mesures, constate cette ONG, ont restreint de façon disproportionnée le droit à la liberté d’expression et de réunion ».

Rarement on aura vu Amnesty faire preuve de pareille arrogance. Explicitement elle entend nous faire comprendre que le gouvernement suisse (comme ceux de nos voisins) n’ont pas su s’y prendre comme il aurait fallu pour à la fois lutter contre la pandémie et protéger les droits individuels. Implicitement, elle adopte le costume du maître qui sait, lui, comment résoudre l’antinomie millénaire qu’affronte l’humanité dans sa recherche de l’intérêt général sans malmener les droits individuels. Au surplus, il apparaît qu’Amnesty aurait mieux su que nos autorités mener une coopération internationale durant la crise et traiter avec plus d’efficacité et de justice les demandes d’asile, les inégalités sociales et la pauvreté.

Ces autorités ne sont certes pas restées à l’abris de quelques erreurs dont on peut penser, après coup, qu’elles étaient évitables. Mais on ne saurait nier que, globalement et au vu des connaissances disponibles, elles ont su affronter la pandémie en trouvant le meilleur équilibre possible entre les impératifs sanitaires et les exigences économiques. Et, on doit reconnaître, n’en déplaise aux donneurs de leçons d’Amnesty, que le Conseil fédéral et les cantons ont réussi, dans les exigences qu’ils ont formulées, à privilégier l’intérêt général sans pour autant réduire de manière inacceptable les droits individuels.

Mais ce sont des constats que ne veulent pas accepter les ONG qui, comme Amnesty, vivent de leur capacité à faire croire à chaque occasion que les droits de l’Homme sont bafoués, sans jamais faire la part dans leurs jugements péremptoires de la primauté de l’intérêt général.

Voilà qui explique pourquoi leur dernier communiqué constitue une caricature de désinformation.

Pierre Kunz

 

11:07 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook