"Toxique" Maudet ? (15/03/2021)

Serge Hiltpold (à ne pas confondre avec l’ancien conseiller national Hugues Hiltpold) est chef d’entreprise et député au Grand Conseil. Il a claqué la porte de la Chambre de commerce et d’industrie au motif que celle-ci a décidé de soutenir le 27 mars Pierre Maudet, un homme « toxique » selon les propos qu’a tenus ce mécontent face aux caméras de la TSR.

Voilà bien un mot dont son utilisateur n’a pas mesuré le sens et la portée. Selon le Larousse, « toxique se dit d’une substance dangereuse pour les organismes vivants ». Pierre Maudet serait donc un homme dangereux. Dangereux pour qui ? Peut-être et seulement pour ceux qui, au PLR, au sein du Conseil d’Etat et sur certains médias, mènent depuis plus de deux ans une campagne de dénigrement qui a finalement non seulement lassé mais outré le peuple de Genève. Mais en aucun cas pour Genève.

En réalité, ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Maudet » est une mise en scène dramatique de l’intolérance. La haine et la pensée étroite de ses ennemis ont débouché sur une profonde injustice, sur l’exigence de sa démission immédiate, sur un procès médiatique entièrement à charge, sur le lynchage d’un homme qui pourtant non seulement a reconnu avoir commis une erreur mais en a demandé le pardon.

Cette campagne de destruction, Pierre Maudet, n’y a pas cédé. Fort de sa conscience et de sa conviction profonde, il a refusé avec une énergie que ses adversaires ne soupçonnaient pas, de quitter le pouvoir pour une faute dont il a toujours été convaincu qu’elle ne méritait pas une telle issue. Le 7 mars dernier, les électeurs du canton lui ont donné raison en le qualifiant pour le deuxième tour de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat.

Il y a près de 500 ans, Calvin, maître absolu de Genève, ne qualifiait pas ceux qu’il voulait envoyer au bûcher de « toxiques ». Leur niant toute liberté de conscience, il les accusait d’être « hérétiques », qualificatif suffisant pour les conduire à la mort. Gageons qu’alors Pierre Maudet, parce qu’il ne pense pas et n’agit pas comme ses ennemis, n’aurait pas échappé au châtiment requis hors de toute justice par Calvin.

Pierre Kunz

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