Le rapport Fonjallaz selon Le Temps (12/03/2021)

Madame Fati Mansour croque pour son journal depuis plusieurs décennies les questions judiciaires qui mobilisent la République. Elle le fait avec un talent littéraire incontestable. Pourtant, sur l’orientation qu’elle donne à ses articles on s’interroge souvent. Pourquoi prend-elle si régulièrement parti au lieu de faire la part des faits et de les situer dans leur contexte ?

Son texte paru dans Le Temps du 11 mars ne fait pas exception. Elle se contente de reprendre tous les éléments du rapport à charge de Pierre Maudet. Celui-ci serait « à l’origine d’une crise extraordinairement grave, se serait montré autoritaire et exigeant sans faire preuve d’empathie à l’égard de personnes mises sous pression ». On veut bien croire que Pierre Maudet, habitué à commander, ne fasse pas toujours la part de l’empathie qu’un chef doit à ses collaborateurs, surtout lorsque qu’ils se trouvent stressés.

Mais tout de même. Une journaliste objective commentant le rapport Fonjallaz et la crise révélée par celui-ci, n’aurait pas manqué de nuancer ses conclusions.

Si elle avait fait la part de l’objectivité, Mme Mansour aurait commencé par rappeler le contexte. Celui du statut de la fonction publique qui, à force de surprotéger les serviteurs de l’Etat, leur fait perdre le goût de l’initiative individuelle, le sens des responsabilités, la disponibilité et la capacité de résister à un stress qui est inhérent à la vie d’une entreprise qui vit et qui bouge, comme la voulait Pierre Maudet dans son département et comme c’est le cas dans le secteur privé.  

Ces carences des ressources humaines de la fonction publique genevoise et notamment du département de Pierre Maudet ont, en ces temps troublés, éclaté en pleine lumière. Mais reprocher à Pierre Maudet « le non-respect des temps de repos par l’envoi de courriels la nuit et le weekend » ne peut provenir que d’un « expert », qui a toujours travaillé au sein d’un pouvoir judiciaire très fonctionnarisé, qui brille partout davantage par sa lenteur que par son dynamisme et sa rapidité.

Par ailleurs, Mme Mansour aurait insisté sur le constat que durant la période concernée Pierre Maudet était contraint d’avancer vite à cause des conséquences de la crise sanitaire sur l’économie genevoise et d’exiger beaucoup de ses collaborateurs dont le nombre avait été limité intentionnellement par le Conseil d’Etat.

Enfin, Mme Mansour aurait mis en évidence la partialité scandaleuse du premier rapport relatif à cette affaire, rapport qui a été immédiatement utilisé par le Conseil d’Etat pour nuire encore un peu plus à Pierre Maudet.

Pierre Kunz

 

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