Trump est fini, reste la clientèle du populisme (22/01/2021)

Trump est fini. Il a échoué sur tous les plans, à l’intérieur comme sur la scène internationale, et de sa présidence il ne restera rien. Mais son impuissance à surmonter les défis auxquels l’Amérique est confrontée, ne signifie pas que la clientèle du populisme y a disparu.

La cible des véritables défenseurs de la démocratie n’est pas Trump mais bien le populisme, sur lequel ce dernier a fondé sa conquête du pouvoir. Or partout dans le monde, ce populisme progresse et ce n’est pas l’échec de Trump qui inversera la tendance. En effet, les graines de la démagogie n’ont rien à voir avec le blond gominé, qui n’a fait que tirer parti des circonstances. Elles se situent dans les difficultés et le ressentiment des classes populaires à l’égard des élites économique et des autorités politiques des Etats-Unis. Et ce qui est vrai aux USA l’est aussi dans un grand nombre de pays occidentaux, même si le cas américain est particulièrement illustratif.

Des deux côtés de l’Atlantique, les classes moyennes inférieures et modestes sont révoltées contre l’inaction de ceux qui les gouvernent. Non par à cause des inégalités sociales qui caractérisent nos sociétés démocratiques depuis toujours, mais parce qu’elles apparaissent aujourd’hui inacceptables aux yeux d’une grande partie des peuples. Inacceptables en premier lieu, à cause d’un système fiscal qui avantage scandaleusement le 1 % des plus riches, ceux qui ont profité d’une mondialisation incontrôlée. Inacceptables en second lieu, à cause de la stagnation depuis des décennies du niveau de vie des « gens d’en bas », eux les victimes abandonnées de cette mondialisation menée à un rythme déraisonnable. Pas étonnant dans ces conditions que, en Allemagne, en France, en Italie, au Portugal, etc., des démagogues surfent avec succès sur la vague puissante du mécontentement populaire.

Le « trumpisme » est mort mais pas le populisme mondialisé.  Seules des réformes profondes des Etats, fiscales en premier lieu, et des investissements d’infrastructure massifs, créateurs d’emplois, mettront un terme aux succès de la démagogie, cette sœur siamoise de la démocratie.

Pierre Kunz

 

 

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