Ecoliers frontaliers ; et les étudiants frontaliers ? (24/06/2019)

Le Conseil d’Etat attache une importance considérable à la question des écoliers frontaliers. Il a mené une bataille judiciaire qui, au grand dam du maire de St-Julien, a été reconnue « juste » par la Chambre administrative, celle-ci admettant le bien-fondé de l’exclusion des enfants de frontaliers du système scolaire genevois. Voilà qui plaira à ceux qui, au gouvernement genevois comme au sein de la population, considèrent que « non seulement les frontaliers encombrent nos routes mais surchargent nos écoles ».

 

Mais cette affaire ne devrait pas masquer l’habitude prise par le Conseil d’Etat de se s’occuper bruyamment de problèmes mineurs, politiquement avantageux pour ses membres, et de ne pas régler les questions autrement plus importantes mais évidemment plus sensibles. Nous voulons parler de la discrimination scandaleuse qu’entretient l’Université entre ses étudiants suisses et ceux qui sont d’origine étrangère, les frontaliers savoyards et de l’Ain en particulier. Or il s’agit-là d’un dossier dont l’impact sur le budget cantonal est probablement dix fois plus lourd que celui des quelques centaines d’élèves frontaliers.

Le financement des études des jeunes gens originaires des autres cantons suisses qui sont accueillis dans notre alma mater est assuré, dans le cadre d’un concordat intercantonal, par le canton de résidence de l’étudiant. L’Université reçoit à ce tire une contribution annuelle variant grosso modo entre Fr. 11'000.- et Fr. 52'000.- suivant la faculté. Par contre, les étudiants frontaliers et d’origine étrangère, soit un tiers environ des 16'000 qui constituent l’effectifs, sont traités comme les indigènes. Ils n’ont à débourser que la taxe universitaire d’un millier de francs par an.

Ce sont donc les contribuables genevois qui, par leurs impôts couvrent le coût des études de ces « hôtes ». On peut estimer la facture annuelle pour Genève à plus de 100 millions de francs ! Pourtant le Conseil d’Etat refuse obstinément d’aborder cette affaire parce qu’une telle intervention ne manquerait pas de susciter quelques remous. Ainsi, en toute incohérence, il rejette le « tourisme scolaire » mais fait comme s’il n’avait rien à redire au « tourisme universitaire ».

Pierre Kunz

 

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