CIA-CEH : pas de plan B ? Mensonge ! (08/02/2013)

Des mots apparaissent de plus en plus fréquemment sous la plume et dans le discours des défenseurs du projet de fusion et de recapitalisation de la CIA et de la CEH. Ce sont les mots : « un refus le 3 mars conduirait Genève à la catastrophe ».

A-t-on remarqué que face à leurs adversaires, les conseillers d’Etat, les députés, les partis politiques et leurs thuriféraires médiatiques ne cherchent plus à convaincre autrement qu’en jouant les Cassandre ? A-t-on remarqué que les partisans « de la moins mauvaises des solutions », comme ils disent,  n’ont plus d’autres arguments à faire valoir que ceux actionnant les ressorts de la peur ?

Ils n’en ont plus d’autres parce que, contrairement à ce qu’ils envisageaient, le débat public enfle et que les citoyens réalisent que nos élus, qu’ils soient de gauche ou de droite,  veulent leur faire accepter un marché de dupes. Cela s’explique aussi parce qu’en face leurs adversaires sont capables de démontrer, chiffres et explications à l’appui, la légèreté et l'inadéquation du projet, de justifier leur position en mettant objectivement en évidence qu’il est scandaleusement injuste pour les contribuables, de surcroît intenable à terme, donc malhonnête pour les fonctionnaires. Cela s’explique enfin parce que les défenseurs du « Non » sont en mesure de décortiquer la manière stupéfiante dont nos autorités ont bâclé leur devoir depuis deux décennies.

L’argumentation de nos élus se résume donc à : « il n’y a pas de plan B ». Le député socialiste Roger Deneys vient même de titrer ainsi son plus récent billet de blogueur. En s’exprimant ainsi, soit les partisans du projet mentent sciemment pour tenter de le sauver soit ils n’ont pas compris le sujet.

Il faut le dire et le redire : il existe un plan B, il est simple et réalisable dans le délai imparti, même en cas de nouveau référendum.

Si c’est « Non » le 3 mars, le Grand Conseil n’aura besoin que de quelques semaines pour rendre son projet acceptable par les Genevois. Il lui suffira en effet de le modifier sur deux points seulement :

  1. Hausser l’âge de la retraite de tous les fonctionnaires à 65 ans, respectivement 64 pour les femmes, ce qui leur permettra de toucher pendant un ou deux ans de plus un plein salaire plutôt qu’une rente.
  2. Faire passer la cotisation des fonctionnaires non pas de 8 à 9 % mais à 10 %, c’est-à-dire exiger que leur taux d’épargne soit accru d’un pourcent supplémentaire, qu’ils récupéreront évidemment lors de leur entrées en retraite.

Voilà qui permettra, sans remise en question des prestations promises dans le projet initial,  de réduire de plus de deux milliards la facture présentée aux contribuables.

Même si ce nouveau texte ne répondra pas davantage que le premier aux nécessités du long terme, qui pourrait avoir intérêt à le refuser ? Pas les citoyens qui auront fait échouer la première mouture puisque la seconde sera nettement plus équitable et moins coûteuse pour eux. A l’exception bien sûr des indécrottables « jusqu’au-boutistes »  syndicaux. Ni les citoyens et les fonctionnaires qui auront voté « oui » le 3 mars puisqu’ils seront appelés à approuver un nouveau projet qui ne les lèsera aucunement par rapport au premier.

Pierre Kunz

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