Je la connais la musique...

  • Le terrorisme islamiste, les Ouïghours et la Chine

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    Allégé de la naïveté et l’hypocrisie qui l’ont caractérisé si longtemps, l’Occident commence à se préoccuper de la nouvelle donne géostratégique issue du conflit qui vient de s’achever. Ce dernier marque en effet l’aube d’une ère géopolitique, économique et sociale nouvelle en Asie centrale, dans laquelle, chacun le sent bien, la Chine jouera le premier rôle.

    Dans un ouvrage collectif publié par le CNRS en 2018 (*), un groupe d’analystes spécialistes de cette région a montré l’ampleur du défi que représentent pour la Chine, pas seulement au Xinjiang, les diverses mouvances du terrorisme islamiste. Un défi généralement passé sous silence par les observateurs occidentaux, essentiellement occupés à stigmatiser ce qu’ils appellent « la persécution des Ouïghours » par Pékin.

    Le Xinjiang, auparavant le théâtre de conquêtes successives ou partielles par différents royaumes, tribus, empires et république, a été conquis en totalité au milieu du 18ème siècle, après diverse péripéties guerrières, par la dynastie chinoise Qing. En 1884 elle devint formellement une province de l’empire sino-mandchou. En 1932-33, des insurrections indépendantistes conduisirent, pour quelques mois seulement, à l’établissement de la première république du Turkestan oriental. De 1934 à 1941, celui-ci devint un satellite de l’URSS, après quoi la jeune république rallia le Kuomintang en guerre civile contre Mao Zedong qui, en 1949, permis à la Chine communiste d’en prendre le contrôle définitif au travers de l’Armée populaire de libération. S’en suivit ce qu’il est juste de qualifier une politique d’assimilation des ethnies locales.

    Depuis, la minorité ouïghoure n’a cessé de cultiver et de manifester sa volonté d’émancipation, profitant des évènements survenus en Asie centrale, (indépendance des anciennes républiques soviétique d’Asie centrale et guerre victorieuse des moudjahidin afghans contre l’URSS), mais également en Irak et en Syrie. Les relations entre les islamistes indépendantistes du Xinjiang et leurs voisins installés en Afghanistan et au Pakistan (Al-Qaïda, Daech) se sont alors multipliées et approfondies. C’est ainsi que des volontaires ouïghoures ont participé par milliers au conflit syrien sous la bannière du PIT (Parti indépendantiste du Turkestan) aux côtés des combattants de Daech et de Al-Qaïda.

    La menace terroriste ouïghoure en Chine s’est ainsi progressivement renforcée au cours de la dernière décennie, favorisée par la connexion réalisée entre les divers groupes menant le Djihad au plan planétaire. Cette menace, prise très au sérieux à Pékin, a conduit les Chinois à s’investir fortement dans la coopération régionale contre le terrorisme. Pékin a tenu le rôle de cheville ouvrière de plusieurs organismes créés dans ce but et regroupant les pays de l’Asie centrale (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan et Ouzbékistan). Avec l’ambition affiché de briser les mouvements indépendantistes violents du Xinjiang.

    De toutes évidences, la Chine éprouve quelques inquiétudes à propos de l’évolution politique récente de l’Afghanistan qui a une frontière commune avec la Chine. Elle considère que le terrorisme est la principale menace pour la stabilité de la périphérie chinoise. Elle compte affronter ce défi (posé en Afghanistan mais aussi au Pakistan) en utilisant ses immenses ressources financières pour soutenir économiquement les pays de la région et en les faisant participer le mieux possible aux nouvelles routes de la soie. Elle pourra capitaliser à cet effet sur les relations harmonieuses qu’elle a su tisser avec tous les gouvernements régionaux, avec les Talibans aussi désormais au pouvoir à Kaboul.

    Pierre Kunz

    (*) La Chine dans le monde, 2018, CNRS, publié sous la direction d’Alice Ekman

     

     

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  • Temps présent, l’émotion avant l’objectivité

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    Temps présent du 2 septembre a fourni un nouvel exemple du goût immodéré de ses journalistes pour l’audimat et le scandale. Scandale presque toujours amplifié hors des proportions que devrait fixer l’objectivité.

    Le sujet traité jeudi dernier était évidemment chargé d’émotion puisqu’il s’agissait de ce que l’émission faisait passer pour le « le refus » des caisses-maladie de rembourser certains médicaments à des malades souffrant d’un cancer. Plusieurs de ces derniers sont apparus à l’écran, de manière particulièrement poignante quand il s’agissait d’enfants et des parents de ceux-ci. La révolte était évidente chez chacun. Leur incompréhension aussi des motifs qui empêchent les caisses-maladie d’autoriser avec remboursement la prise de tel ou tel médicament.

    Certes, l’émission a donné un peu de temps à un représentant de ces dernières pour expliciter ces motifs, à savoir les exigences légales qui interdisent aux assurances de rembourser un médicament ou un traitement non agréé par l’OFSP. Pourquoi un tel interdit ? Principalement à cause de l’insuffisance de la preuve scientifique de son efficacité thérapeutique.

    Il n’empêche, le téléspectateur ressentait un malaise en entendant le corps médical s’exprimer, lui, longuement. Il comprenait mal ces médecins, à l’origine des prescriptions qu’ils devaient pourtant savoir inacceptables pour les assurances, contestant sans nuance la position des caisses-maladie. Car, à aucun moment, ils n’ont évoqué une solution alternative ou tenté de justifier, avec la délicatesse voulue, devant leur patient, la position de l’OFSP et des assurances. On aurait attendu qu’au moins l’un d’eux relève le nécessaire contrôle des dépenses médicales dans notre pays, qu’il mentionne le mauvais fonctionnement de la LaMal, une loi qui, dans les faits, fait la part belle aux prescriptions médicales souvent questionnables, cela aux frais des assurés.

    Il se trouve que le jour précédent ce Temps présent, le Contrôle fédéral des finances (CDF) a publié un rapport éloquent, mettant en évidence l’attitude souvent contestable du corps médical et les « excès thérapeutiques » de certains de ses membres. Un rapport qui hier soir a jeté une lumière crue sur l’émission de la TSR, empreinte d’émotion mais peu objective. Manifestement, prenant connaissance du rapport du CDF, ses concepteurs auraient mieux fait de reprogrammer leur reportage et de le concevoir différemment.

    Pierre Kunz

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  • Sans le nucléaire la transition énergétique court à l’échec

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    On sait aujourd’hui que le plan de transition énergétique adopté par le peuple suisse en 2017, tel qu’il a été ficelé, ne permettra pas à la Suisse d’atteindra le zéro carbone en 2050. Le Conseil fédéral l’a reconnu implicitement, lui qui envisage de soutenir la mise en service, « pour une période de transition », de cinq centrales à gaz.

    Cette nouvelle ne fait que confirmer le scepticisme affiché par les spécialistes, dès l’élaboration de la loi, sur les hypothèses retenues à l’appui du projet. Ils retiennent principalement que :

    • le concept de la « société à 2000 watts », qui faisait croire que les Suisse allaient réduire en 30 ans les deux tiers de leurs dépenses énergétiques, est un leurre ; on sait qu’en réalité la consommation énergétique ne peut qu’augmenter fortement dans l’avenir : sur la planète, il est attendu qu’en 2050 elle aura crû de 40 % par rapport à 2020 ;
    • le remplacement de l’énergie nucléaire dont nous bénéficions actuellement, soit 36 % de notre consommation électrique, par les énergies renouvelables est un mirage : en 2050 l’éolien restera insignifiant, le photovoltaïque, demeurera loin des attentes, la géothermie, bien que prometteuse, ne pourra pas compenser ces insuffisances et nous ne pourrons pas accroître notablement la part de l’énergie hydraulique dans notre mix énergétique.

    Au vu des enjeux climatiques et de notre dépendance énergétique grandissante à l’égard de l’étranger, la question se pose donc non plus seulement de faire durer les quatre centrales nucléaires encore en fonction mais d’en construire une nouvelle.

    La simple évocation en Suisse d’une telle réflexion fait évidemment bondir les intégristes antinucléaires qui se gardent de relever que dans le monde près de 200 centrales nucléaires sont en fonction et plus d’une centaine en construction. Au contraire, ils reprennent leur discours sans nuances :

    • « les risques d’accidents nucléaires sont terrifiants » (en fait, 5 accidents se ont eu lieu en 50 ans entraînant quelques centaines de décès alors qu’en comparaison les entreprises du fossile et de la chimie sont, durant la même période, à l’origine de dizaines de catastrophes ayant causé la mort de milliers de gens) ;
    • « la problématique des déchets n’est pas résolue » (alors que les sites sûrs de dépôts sont désormais identifiés et que d'autre part les entreprises spécialisées sont en train de développer des réacteurs d’une nouvelle génération qui ne produiront presque plus de déchets radio actifs) ;
    • « l’énergie nucléaire est trop coûteuse » (elle l’est seulement en comparaison avec le prix intenable des énergies fossiles, faussé depuis toujours parce que n’intégrant pas les externalités liées au carbone).

    Les réalités, en Suisse aussi, sont têtues. Elles démontrent qu’il n’est pas possible d’envisager un avenir où l’on décarbonerait nos réseaux électriques à un coût abordable, avec la sécurité d’approvisionnement requise, sans utiliser davantage l’énergie nucléaire qui, elle, ne dégage pas de gaz à effet de serre.

    Pierre Kunz

     

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  • La jeunesse de gauche est anachronique et stupide

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    On pensait que, forte de sa conviction que désormais le moteur de l’Histoire se trouve dans les minorités et les marges (LGBTQ, immigrés, femmes féministes, blacks et beurs présentés évidement comme victime du racisme, etc.), la gauche avait oublié ses canons du 19ème siècle. Eh bien non ! La voilà, cette gauche anachronique, représentée en l’occurrence par les Jeunes socialistes, qui se manifeste en déposant une initiative destinée soi-disant à « équilibrer les revenus » au prétexte que ceux qui ont de l’argent qui travaille pour eux doivent passer à la caisse fiscale.

    Les défenseurs de l’initiative ne visent, disent-ils, que les plus riches de notre pays, soit 1 % d’entre nous. Ces soi-disant progressistes et pourfendeurs du capitalisme entendent à cette fin surtaxer les revenus du capital. Ils oublient (probablement ne savent-ils même pas !) que parmi les plus gros bénéficiaires de cet argent « qui travaille au profit des riches sans que ceux-ci bougent le petit doigt », on trouve leurs caisses de pension et l’AVS.

    Une fois de plus on se trouve en présence d’une de ces initiatives caractéristiques de la gauche, scandaleusement démagogiques (leur argumentaire est truffé de contre-vérités et de promesses intenables), rédigées sur un coin de table, sans réflexion même superficielle à propos de leurs conséquence économiques et sociales. Une de ces initiatives qui marquent, au sein de la gauche, la haine des riches et la « jalousie inique contre celui qui est arrivé de celui qui est en route » (Victor Hugo).

    La droite helvétique ne manque pas d’utiliser sur d’autres sujets les mêmes outrances démagogiques que la gauche. Mais au moins ses textes sont-ils élaborés sérieusement. L’initiative dite 99 % est, elle, simplement ridicule.

    Pierre Kunz

     

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  • AVS : inventer la misère pour ne rien changer

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    Le sujet de l’AVS et de l’adaptation de l’âge de la retraite est complexe. Pour le commun des mortels il est difficile d’en prendre complètement la mesure. Sans surprise, une partie de la classe politique en profite pour cultiver son marché électoral, quitte à utiliser les arguments les plus insensés et les plus démagogiques. Les élus fédéraux Verts et socialistes sont les plus en vue dans la campagne réactionnaire menée sur ce sujet, avec à leur têt, les inévitables conseillers nationaux Léonore Porchet et Samuel Ben Dahan.

    En dépit de tous les enseignements des actuaires et des démographes, ils s’accrochent au status quo. Aveugles et sourds volontaires, ils refusent d’admettre l’évidence : reculer l’âge de la retraite est une nécessité si en notre pays entend relever les défis financiers que pose à l’AVS l’évolution démographique.

    A l’appui de leur rhétorique, ils manient les peurs, tonnent contre les inégalités et la soi-disant injustice des réformes envisagées, prédisent un gonflement massif du chômage et mélangent allègrement les enjeux de l’AVS et du 2ème pilier. En se gardant bien sûr de rappeler que l’AVS est un des systèmes les plus sociaux et redistributeurs du monde puisque son financement est assuré par des prélèvements proportionnels aux revenus des cotisants alors que les rentes distribuées sont les mêmes pour tous les bénéficiaires.

    Pour convaincre, ces conservateurs obstinés comptent sur la misère qu’ils inventent. Et pour combler les trous énormes du compte de l’AVS que ne manquera pas de creuser le status quo, ils suggèrent de taxer les riches, les entreprises et de prélever les réserves de la BNS.

    En fait, ces pseudo-progressistes sont des acteurs du passé animés par une vision anachronique du « travail ». Ils en sont restés au 19ème siècle, celui des fondateurs du socialisme, quand les prolétaires, misérablement payés, croulaient sous la lourdeur et l’insanité de leur labeur, dans des journées interminables. Selon eux, le travail est demeuré une punition et l’objectif qu’ils font valoir est de bosser le moins longtemps possible pour ces salauds de patrons.

    Or, aujourd’hui, la très vaste majorité des Helvètes, les enquêtes de satisfaction le montrent, sont heureux dans leurs emplois (soit rappelé en passant, les mieux rémunérés du monde !). Il est pour eux une source de réalisation personnelle et un lieu d’enrichissement social. Et, lorsqu’ils y songent, les heureux Helvètes se rendent bien compte qu’en repoussant l’âge de leur retraite ils pourront conserver, pendant un ou deux ans supplémentaires, un revenu plus élevé que les rentes AVS et de leur caisse de pension dont ils bénéficieront.

    Pierre Kunz

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  • Les chiffres irrelevants de Dominique Bourg

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    S’agissant du diagnostic à poser sur l’état du climat et de la planète, on peut faire confiance au professeur honoraire à l’UNIL. Par contre ne comptons pas sur lui pour décliner des solutions réalistes aux défis économiques et sociaux qui se posent à l’humanité.

    L’interview qu’il a donné à la TdG du 29 juin en témoigne, il ne croit pas vraiment possible de changer nos comportements consuméristes sans l’engagement des politiques, sans un cadrage clair par les gouvernements et sans l’imposition par ceux-ci de la fiscalité requise par les échéances climatiques. Malheureusement, au lieu de le dire clairement, il s’exprime sans oser prendre le parti du réalisme et de l’efficacité. Alors, timidement, il se content de défendre « une agroécologie de proximité » et, plus généralement « un partage des efforts après un débat démocratique ».

    D. Bourg n’est pas seulement timide, il complique les enjeux. Pourquoi diable, quand il scrute la question importante de la répartition des efforts entre les diverses couches de populations, cite-t-il des chiffres qui n’ont rien à voir avec la réalité sociale et environnementale des pays industrialisés, de la Suisse en particulier ? S’il n’est guère contestable en effet qu’au plan mondial « les 10 % les plus riches de la planète provoquent 52 % des émissions et les pauvres seulement 7 % », ces chiffres sont totalement irrelevants en Occident. Dans notre partie du monde, ce sont au contraire les classes moyennes et modestes qui sont responsables, par leur consumérisme débridé, de probablement 85 % des émissions.

    En argumentant comme il le fait, D. Bourg amplifie et dramatise en Europe la problématique de la répartition des efforts et des coûts de la transition climatique. Rien ne justifie qu’en Europe on cherche à résoudre ce problème de la même manière qu’en Afrique ou en Amérique du Sud. Chez nous, contrairement à ce qu’il affirme, l’équité veut qu’on le règle sur la base du principe du pollueur-payeur. Un principe nuancé bien sûr de manière socialement raisonnable et équilibré par des accords internationaux. Un principe sur lequel se fonde la nécessaire introduction du seul instrument fiscal incitatif vraiment efficace, la future taxe sur le CO2.

    Pierre Kunz

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  • Faire payer aux riches le sauvetage du climat ? 

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    Le GIEC vient d’annoncer son prochain rapport, plus alarmiste que jamais.

    C’est le moment que choisissent certains milieux pour, au nom de « l’égalité », retarder la mise en œuvre des technologies et des investissements nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique.

    Révélatrices à Genève de cette attitude, les exigences de l’Asloca qui prétend « exonérer le loyer des locataires des frais d’assainissement des immeubles mal isolés et chauffés au mazout » et faire payer exclusivement « les riches propriétaires ».  Comme si les locataires (80 % environ des habitants du canton) étaient des humains à part, pas concernés par les efforts à accomplir en vue de réduire notre empreinte carbone. Comme si, au surplus, ils ne seront pas les premiers bénéficiaires de la réduction des charges de chauffage résultant de cet assainissement.

    Mais il y a plus inquiétant. Dans les pays industrialisés, la gauche « internationaliste et progressiste » se met en ordre de bataille, dans son obsession égalitariste, pour « faire payer aux riches » le sauvetage du climat.

    Pourtant, ce sont surtout les classes moyennes et modestes, celles qui représentent 80 à 90 % des populations occidentales, qui sont à l’origine de nos problèmes. Elles ont vu leur pouvoir d’achat augmenter massivement depuis le milieu de 20ème siècle et n’ont cessé d’accroître leur consommation de produits et services carbonés. Elles sont à l’origine de la plus grande part des prélèvements excessifs sur les ressources naturelles et des émissions de gaz à effet de serre qu’il s’agit de neutraliser.

    Certes, individuellement les riches consomment plus et génèrent proportionnellement plus de gaz à effet de serre que leurs autres. Ils utilisent des jets privés et des voitures à grosse cylindrée, ils ont des piscines et voyagent beaucoup. Mais ils restent peu nombreux et chacun devrait admettre que leur part dans les milliards de tonnes de gaz à effet de serre produit en Occident chaque année ne peut pas représenter davantage que 5 ou10 %.

    Seuls les idéologues et les envieux peuvent donc imaginer et trouver juste de leur faire supporter seuls le coût du sauvetage du climat. Les indispensables taxes dites « carbone », celles qui permettront de gagner la lutte contre le réchauffement climatique, sont des taxes prélevées sur la consommation. La raison et l’honnêteté exigent évidemment que les plus aisés les supportent. Comme les classes moyennes et laborieuses, en proportion de leur consommation.  

    Pierre Kunz

     

     

     

     

     

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  • Thonon-Machilly, une autoroute qui perturbe les promoteurs du CEVA

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    Le projet d’autoroute Thonon-Machilly donne de l’urticaire aux autorités genevoises. A raison, parce qu’il représente un handicap supplémentaire sérieux à la rentabilité des milliards investis par Genève et la Confédération dans un CEVA dont tous les analystes savent depuis son lancement qu’il fonctionnerait à perte et pour longtemps.

    Un quotidien romand tire de cette affaire une demi-page dans son édition de ce jour, demi-page consacrée notamment aux déclarations de Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville. Celui-ci, confronté à une décision des autorités françaises qui met à mal le discours lénifiant que tiennent depuis des décennies les politiciens genevois sur le « Grand Genève », adopte une posture pitoyable.

    D’abord, il prétend que le Léman Express est un « succès ». Mais il est bien incapable de donner le moindre chiffre à propos de ce prétendu succès que nombre d’observateur contestent.

    Ensuite, il se lamente au sujet d’un projet qui « risque de d’inciter les usagers du Léman Express à reprendre le volant », soulignant ainsi, lors de la naissance du CEVA, l’absence de planification régionale multimodale sérieuse. Si une telle étude avait été entreprise à l’époque, on aurait compris que la construction du CEVA était prématurée et non prioritaire pour Genève. On aurait compris que le désenclavement de Thonon par la route était indispensable et constituait lui une priorité régionale.

    Enfin, Sami Kanaan pleure sur les centaines de millions d’euros que les Français vont investir dans une autoroute … au lieu de construire les P+R qui étaient censés accompagner l’inauguration du Léman Express. Une exigence qui aurait dû, si la planification n’était pas demeurée aussi déficiente, être formalisée lors des accords franco-helvético-genevois avant le début des travaux.

    Décidément, le tronçon d’autoroute Thonon-Machilly, constitue un révélateur enrageant des carences d’un projet ferroviaire né aux forceps, sous les efforts de l’idéologie verte et de certains milieux genevois de la construction.

    Pierre Kunz

     

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  • Haro sur les réserves des caisses-maladie

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    Les médias relatent ce jour la décision d’Assura, qualifiée de « coup de tonnerre », de réduire à 150 % de son taux de solvabilité le montant de ses réserves. Et le journaliste de la TSR d’espliquer : si l’autorité fédérale donne son aval à l’opération et si le même pas est franchi par les autres assureurs-maladie « les assurés se verront rembourser quelques milliards de primes payées en trop ».

    Affirmation susceptible de faire saliver nombre d’entre nous. Mais ça fait combien au juste pour chacun des assurés ?

    Les réserves cumulées de toutes les assurances sont estimées à 11,3 Md de francs. Elles se situent à 203 % du taux de solvabilité des compagnies d’assurance-maladie, 100 % étant le minimum prévu par la loi. Cela étant on calcule que si ce pourcentage est réduit à 150 %, le montant à distribuer se situe approximativement à 2,8 milliards. Répartie sur tous les assurés, soit autour de 8 millions d’adultes et d’enfants, cette somme se réduit en moyenne à un versement unique de … 350 francs par personne. 

    Ce n’est pas négligeable certes, et bon à prendre. Mais quand on compare ce chiffre avec le montant de la prime payée mensuellement par les assurés on cesse de saliver. Et on se rend compte que pour réduire effectivement et durablement la prime en question il faudra trouver d’autres solutions.

    Pierre Kunz

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  • Contester loi sur le CO2 c'est oublier l'origine du problème

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    A l’évidence, nous serons tous, directement et indirectement, touchés par la hausse du prix de l’essence et par celle du prix des billets d’avion, même si les taxes ainsi prélevées par la Confédération seront largement redistribuées aux particuliers et aux entreprises les plus vertueux, climatiquement parlant. Osons l’affirmer, dans les décennies à venir, si la Suisse entend participer comme elle s’y est engagée à la lutte contre le réchauffement climatique, tout laisse penser que la pression fiscale à caractère climatique sur nos habitudes dépensières ne pourra que croître. Pourquoi ?

    L’histoire récente nous montre que, profitant du boom économique des « Trente glorieuses » et de la multiplication par 4 voire 5 entre 1950 et 2020 de leur pouvoir d’achat moyen, tous les ménages de l’Helvétie, ceux surtout disposant de revenus peu élevés et moyens, se sont rués dès l’après-guerre, sur les produits et services aujourd’hui considérés comme les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre : voitures, appareils ménagers, voyages internationaux, téléphones, informatique, logements spacieux, consommation décuplée de fruits exotiques, achats massifs de textiles asiatiques, etc. Tous produits et services n’ayant jamais intégré dans leur prix le coût de la protection et de réparation de l’environnement qu’ils ont contribué et contribuent encore à détruire.

    Soit dit en passant, ce constat se vérifie pour l’ensemble du monde occidental.

    Ainsi, prétendre comme le font les référendaires que « la loi sur le CO2 est injuste car elle touche surtout les petits et moyens revenus » procède d’une argumentation démagogique. Il n’y a en effet rien d’injuste à faire participer l’ensemble des Helvètes à l’effort climatique puisque les classes à revenus modestes et moyens, soit 80 à 90% de la population, sont celles qui ont le plus profité, en termes de consommation, de l’accroissement de leur pouvoir d’achat au cours des dernières décennies et en même temps le plus contribué à nos émissions de gaz à effet de serre.

    Comme on aime le dire chez nos amis anglo-saxons : « There is no free meal, someone has to pay for it ».  En l’occurrence, il est demandé logiquement à chacun d’entre nous de réparer (oh si peu !) aujourd’hui l’environnement dont nous nous sommes servis à crédit depuis ¾ de siècle.

    Pierre Kunz

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  • Inquiétantes les initiatives dites "phytos"

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    Les auteurs des deux initiatives susmentionnées sont d’avis que les produits de synthèse utilisés dans l’agriculture suisse et mondiale sont toxiques pour les sols et les rivières (ce qui est vrai lorsqu’ils sont utilisés de manière abusive) et dangereux pour les consommateurs (ce qui est faux). Ils veulent nous faire croire que s’ils sont suivis, l’agriculture suisse passera au 100 % bio. Pire, ils croient sérieusement que cet ilot que serait la Suisse servira d’exemple au reste de l’humanité.

    Rappelons en préambule que le bio n’a jamais eu vocation, aux yeux de ses concepteurs, à nourrir plus sainement les Suisses mais à faire de la marge. Le bio est une niche commerciale détectée il y a une vingtaine d’années par les grands distributeurs et exploitée avec succès par ceux-ci depuis lors.

    Soulignons aussi que les Suisses profitent d’un environnement parmi les plus sains du monde et que la qualité des aliments non-bio vendus en Suisse, importés ou produits localement, est très élevée. Ces produits ne mettent aucunement en danger la santé de nos concitoyens quand ils s’en nourrissent de manière équilibrée et diversifiée. Les services de contrôle sanitaire publics y veillent.

    S’agissant des producteurs suisses, certains ont profité marginalement de la mode bio. Ils ont certes été rémunérés un peu mieux mais leurs rendements ont baissé et leur travail s’est compliqué. Au demeurant on se demande bien comment, si ces initiatives étaient adoptées, ils pourraient survivre face à la concurrence étrangère, sachant que notre pays couvre la moitié seulement de ses besoins alimentaires.

    S’agissant de l’alimentation de l’humanité, le dogmatisme des initiants et leur méconnaissance effarante des réalités démographiques et alimentaires mondiales les égarent. C’est ce que conduisent à penser les enseignements de Jean-Paul Charvet, professeur en géographie agricole et rurale à Paris. Il nous dit (*) que « la nourriture du terrien « moyen » était produite sur 0,45 hectare en 1960 et sur 0,25 hectare en l’an 2000. Pour nourrir la population mondiale en 2050 il va falloir le faire sur 0,15 hectare. Les terres arables de la planète étant limitées, seul un recours large aux techniques agricoles « productivistes » permettra d’atteindre l’objectif. A savoir, en limitant évidemment au mieux les problèmes écologiques inhérents, le recours renforcé à l’irrigation et aux intrants (engrais et pesticides) d’origine industrielle et aux semences issues des biotechnologies (OGM) ».

    Manifestement, interdire drastiquement l’usage des pesticides chimiques, comme l’ambitionnent des initiants, c’est conduire l’humanité au désastre. Gardons-nous donc de les suivre.

    Pierre Kunz  

    (*) Atlas de l’agriculture mondiale

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  • Bizarre, la transition énergétique selon le Conseil d’Etat

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    En matière de transition énergétique, le Conseil d’Etat a des objectifs élevés. C’est bien. Sauf qu’il fait comme si cette transition impliquerait de consommer moins d’énergie.

    Le Conseil d’Etat entend « offrir à la population genevoise un avenir durable et une meilleure qualité de vie grâce au développement de nos énergies locales, durables et propres ». A cet effet, il précise les principales orientations de son plan directeur de l’énergie : sortir du chauffage fossile, rénover massivement le par bâti, développer les réseaux thermiques et valoriser les énergies renouvelables locales. Toutes mesures qui effectivement vont aider Genève à réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) et atteindre la neutralité carbone vers 2050.

    Mais on se demande bien pourquoi il se fixe un autre objectif, carrément insensé celui-là, à savoir, « diviser par 3,5 la consommation d’énergie du canton à l’horizon 2050 au prétexte de la société à 2000 watts ». Un objectif insensé parce qu’on ne voit pas pourquoi la diminution de la consommation d’énergie des Genevois, donc leur confort et leur niveau de vie, devrait constituer un objectif stratégique de la lutte contre le réchauffement climatique. Surtout quand on sait que, selon les SIG, l’électricité fournie aux habitants du canton est, déjà aujourd’hui, issue de sources 100 % renouvelables.

    Remplacer, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, le parc de véhicule à essence par une flotte électrifiée n’impose pas que les Genevois se privent de leur bagnole. Pas plus que, remplaçant leur chaudière à mazout par une pompe à chaleur, ils doivent réduire leur confort. Certes, les particuliers et les entreprises seraient heureux de consommer moins et de pouvoir payer moins pour cette énergie si leur facture mensuelle se trouvait amoindrie. Mais il s’agit-là de bénéfices qui n’ont rien à voir avec la transition énergétique et qui relèvent de décisions opportunistes individuelles.

    Il faut le souligner, la société à 2000 W invoquée par le Conseil d’Etat, est une utopie née dans le cerveau d’intellectuels débordant d’imagination. Elle est pourtant véhiculée par certains partis politiques et est devenue l’argument préféré d’écologistes qui, oublieux du potentiel de la recherche scientifique, ne voient la lutte contre le réchauffement climatique que dans la décroissance. C’est une vision dangereusement pessimiste et absurde : depuis 10'000 ans chaque génération de l’humanité a toujours amélioré son niveau de vie grâce aux progrès techniques et à la découverte de nouvelles sources d’énergie.

    Notre défi n’est pas de consommer moins d’énergie. Il consiste à trouver d’ici 2050, et de les mettre en œuvre, les technologies et les sources d’énergies renouvelables qui permettront à l’humanité d’éliminer les 51 milliards de tonnes de gaz à effet de serre que nos économies recrachent aujourd’hui. C’est absolument possible.

    Pierre Kunz

     

     

     

     

     

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  • Bertrand Reich, repartir ou partir ?

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    Bertrand Reich est un homme honnête et dévoué. Personne ne devrait douter de sa sincérité lorsqu’il affirme qu’il a toujours, dans sa tâche, songé à l’intérêt du PLR. Malheureusement, lorsqu’il a repris la présidence du PLR, il n’a pas voulu ou osé imposer une autre voie que celle tracée par son prédécesseur. Cela simplement parce qu’il ne possède pas la fermeté de caractère et la rudesse qu’il lui aurait fallu pour mater la meute hurlante qui, au sein de la direction du parti, avait décidé de détruire Pierre Maudet.

    Au moment où le PLR s’apprête à renouveler ou à conserver son équipe dirigeante, il y a chez Bertrand Reich une forme de stoïcisme dans sa volonté de s’accrocher à la présidence. Mais son stoïcisme l’aveugle (son interview hier soir sur Forum l’a montré de nouveau) et il continue à se tromper sur les enjeux.

    Il ne semble pas mesurer l’ampleur et les dangers de la crise qui, si un effort colossal de redressement n’est pas entrepris sans délai, pousse le PLR vers l’abîme, autrement dit vers le statut d’un parti croupion. 

    Bertrand Reich ne discerne pas non plus l’ambition malsaine de ceux qui militent pour son maintien dans le seul but de justifier, à travers la reconduction de son mandat, les deux années de la politique désastreuse qu’ils ont menée avec l’appui d’un président myope et sourd. Une politique qui, en mars dernier, a privé le PLR de la moitié de son électorat au profit de celui qu’ils comptaient abattre.

    Est-ce que le 19 mai prochain une majorité de l’assemblée générale du PLR saura faire accepter à Bertrand Reich qu’il ne peut pas être l’homme destiné à présider à l’effort immense de ce redressement ?

    Pierre Kunz

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  • Vaccin, vous parlez d’éthique ?

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    Les amoureux de l'éthique et tous ceux qui se réfèrent à ses préceptes moraux nous expliquent qu’il y aurait « discrimination et sources d’inégalités » à restreindre l’accès des non vaccinés à certaines activités et à certains locaux. Ont-ils oublié que résider en Suisse c’est partager un projet sociétal commun, c’est organiser la vie sociale autour de ce projet dans l’intérêt de tous si possible, de la majorité si cela ne l’est pas ?

    Depuis plus d’une année, nous avons tous dû restreindre notre liberté d’action, et amputer nos conditions de travail, cela au nom de la lute contre la pandémie. Nous avons tous attendu avec plus ou moins de patience, parfois dans une grande souffrance psychologique et une terrible angoisse financière, le vaccin qui rapidement est apparu comme la seule solution efficace au désastre sanitaire, social et économique. Et au moment où il est là, où chacun peut s’apprêter à recevoir ses deux doses vaccinales, certains prétendent ne pas être disposés à se soumettre à cette injection bégnine mais pourtant de salut public !

    Nous sommes d’accord, pas d’obligation de se faire vacciner. Après tout, si les réfractaires persistent dans cette attitude égoïste et d’enfantine, s’ils sont prêts à attraper le Covid, grand bien leur fasse. Mais la raison commande alors qu’au nom de l’intérêt de la majorité, de la reprise notamment des activités économiques, ils acceptent de se voir fermer certaines portent ouvertes aux vaccinés, là où l’on exige ou exigera la présentation d’un certificat vaccinal.

    C’est à ce propos qu’interviennent (cf. TdG du 16 ct) la vice-présidente de la task-force, et un infectiologue. Pour nous expliquer, l’une que « octroyer des privilèges aux vaccinés pourrait créer une forme d’obligation vaccinale détournée », l’autre que « le fait d’exclure des gens qui ne veulent pas se faire vacciner soulève des questions éthiques ».

    Franchement dit, ces « penseurs », théoriciens des droits de l’homme, focalisés sur les libertés individuelles mais oublieux de l’intérêt général, vivent dans une bulle intellectuelle. Ils paraissent totalement coupés des  exigences de la vie en communauté.

    Heureusement, ce ne sont pas eux qui décident.

    Pierre Kunz

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  • Espérance de vie et âge moyen au décès

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    Au fond, c'est sans importance.
    Sauf que les informations qui nous sont distillées quant à la "régression de notre espérance de vie à cause du Covid" montrent que les journalistes qui colportent ces nouvelles n'ont pas revu leur ABC statistique et démographique. Quand ils nous disent que l'espérance de vie à la naissance a baissé de 8 % en 2020, ils confondent cette notion avec "l'âge moyen au moment du décès".
    Chacun peut comprendre que l'espérance des bébés nés en 2020 n'a aucunement été impactée par le Covid et qu'elle demeure pour eux inchangée. Par contre, évidemment, l'âge auquel sont morts les Helvètes en 2020, à cause de la pandémie et de la surmortalité qu'il a causée, a pu s'être trouvé réduit de 8 %. L'âge auquel mourront les vivants et les survivants n'a pas été modifié par la pandémie ; leur espérance de vie demeure inchangée.
    Pierre Kunz

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  • Amnesty, démagogie et arrogance

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    Ainsi donc, Amnesty, du haut de sa compétence universelle, critique les mesures prises par la Suisse dans la lutte de notre pays contre le Covid. « Ces mesures, constate cette ONG, ont restreint de façon disproportionnée le droit à la liberté d’expression et de réunion ».

    Rarement on aura vu Amnesty faire preuve de pareille arrogance. Explicitement elle entend nous faire comprendre que le gouvernement suisse (comme ceux de nos voisins) n’ont pas su s’y prendre comme il aurait fallu pour à la fois lutter contre la pandémie et protéger les droits individuels. Implicitement, elle adopte le costume du maître qui sait, lui, comment résoudre l’antinomie millénaire qu’affronte l’humanité dans sa recherche de l’intérêt général sans malmener les droits individuels. Au surplus, il apparaît qu’Amnesty aurait mieux su que nos autorités mener une coopération internationale durant la crise et traiter avec plus d’efficacité et de justice les demandes d’asile, les inégalités sociales et la pauvreté.

    Ces autorités ne sont certes pas restées à l’abris de quelques erreurs dont on peut penser, après coup, qu’elles étaient évitables. Mais on ne saurait nier que, globalement et au vu des connaissances disponibles, elles ont su affronter la pandémie en trouvant le meilleur équilibre possible entre les impératifs sanitaires et les exigences économiques. Et, on doit reconnaître, n’en déplaise aux donneurs de leçons d’Amnesty, que le Conseil fédéral et les cantons ont réussi, dans les exigences qu’ils ont formulées, à privilégier l’intérêt général sans pour autant réduire de manière inacceptable les droits individuels.

    Mais ce sont des constats que ne veulent pas accepter les ONG qui, comme Amnesty, vivent de leur capacité à faire croire à chaque occasion que les droits de l’Homme sont bafoués, sans jamais faire la part dans leurs jugements péremptoires de la primauté de l’intérêt général.

    Voilà qui explique pourquoi leur dernier communiqué constitue une caricature de désinformation.

    Pierre Kunz

     

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  • "Mars contre-attaque" fait réagir

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    C’est sous ce titre qu’une lectrice de la TdG critique diverses initiatives récentes du département de Mme Anne Emery-Torracinta. On peut la rejoindre dans sa dénonciation du manque de planification du DIP et de la décision autoritaire de ce dernier d’alléger le champ des épreuves de fin d’années, examens de maturité compris. Une décision qui évidemment discrédite le sérieux de la formation.

    Mais on aime moins, chez cette lectrice, sa démolition du programme « Mars contre-attaque », culturel et ludique, proposé par le DIP aux élèves « à la dernière minute et sans concertation ». Selon la lectrice, les enseignants n’auraient pas eu le temps et les moyens de le mettre en œuvre.

    Mais si l’on y regarde de près, on s’aperçoit que l’inaction et le manque d’intérêt du corps enseignant pour cette opération ne sont pas dus au DIP. Si très peu d’enseignants ont entrepris de participer à « Mars contre-attaque » c’est avant tout à cause de leur manque d’enthousiasme et d’envie.

    Pourquoi ce manque d’engagement ? Principalement parce que le corps enseignant genevois, depuis des décennies, s’est encrouté. A cause d’abord de la pesanteur et de la lenteur paralysantes et démobilisatrices de la hiérarchie du DIP. A cause ensuite de son corporatisme croissant.

    « Mars contre-attaque » était une initiative intéressante. On connaît plusieurs enseignants qui, pour le bien de leurs élèves, ont entrepris de mettre en œuvre ce programme, refusant d’invoquer l’intendance et les carences du DIP pour se réfugier dans l’inaction. Il convient de saluer leur sérieux et leur capacité à de penser à l’intérêt de leurs élèves plutôt qu’à leur confort personnel.  

    Pierre Kunz

     

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  • Le sexe des mots

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    En ces temps de féminisme exacerbé par des causes souvent futiles, je ne résiste pas au plaisir de rappeler Jean-François Revel, philosophe, économiste et écrivain, commentant avec talent, il y a quelques lustres, la féminisation des mots en français.

    C’était à l’époque de la présidence Mitterrand, quand la gauche faisait le forcing sur cette féminisation. La RTS et les régies publiques genevoises s’y sont mises récemment de manière officielle avec des « contributions » épicènes telles que écrivaine ou autrice et en y ajoutant les lourdeurs de l’écriture inclusive du type « citoyennes et citoyens », « téléspectateurs et téléspectatrices », et, pire s’agissant de l’écrit, « étudiant.e.x.s », « chef.fe.x.s » ou encore « un.e patient.e.x et un.e professionnel.le.x ». 

    Au-delà des motifs purement politiques voire vindicatifs des défenseurs de l’écriture inclusive et de la féminisation des mots, Revel constatait que « la querelle découle de ce fait très simple qu’il n’existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l’allemand. D’où ce résultat que, chez nous, quantité de noms, de fonctions, métiers et titres, sémantiquement neutres, sont grammaticalement féminins ou masculins. Leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent, laquelle peut être un homme. » 

    « Homme, d’ailleurs, s’emploie tantôt en valeur neutre, quand il signifie l’espèce humaine, tantôt en valeur masculine quand il désigne le mâle. Confondre les deux, relève d’une incompétence qui condamne à l’embrouillamini sur la féminisation du vocabulaire. » 

    « Un humain de sexe masculin peut fort bien être une recrue, une vedette, une canaille, une fripouille ou une andouille. De sexe féminin, il lui arrive d’être un mannequin, un tyran ou un génie. Le respect de la personne humaine est-il réservé aux femmes, et celui des droits de l’homme aux hommes ? Absurde ! Ces féminins et masculins sont purement grammaticaux, nullement sexuels. »

    « Certains substantifs se féminisent tout naturellement : une pianiste, avocate, chanteuse, directrice, actrice, papesse, doctoresse. Mais une dame factrice, ministresse, médecine, gardienne des Sceaux, officière ou commandeuse de la Légion d’Honneur contrevient soit à la clarté, soit à l’esthétique. Remarquer cet inconvénient ne saurait être imputé à l’antiféminisme. »  

    « Les coupables, soulignait l’écrivain, croient s’amnistier en torturant la grammaire et l’esthétique. Ils ont trouvé le sésame démagogique de cette opération magique : faire avancer le féminin faute d’avoir fait avancer les femmes. »

    Pierre Kunz

     

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  • Réflexion sur les ennuis de Claude-Inga Barbey

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    Certains milieux ont exprimé, parfois de manière violente voire insultante, notamment sur la RTS mardi dernier, leur mécontentement. Pourquoi ? Parce que la talentueuse Claude-Inga Barbey s’est gentiment moquée, au nom de l’humour qu’elle maîtrise si bien, de la démarche transgenre. Il y a quelque chose de révélateur dans ces réactions outragées.

    Il est admis de rire de la femme cocufiée, du mari trompé ou du demi-sourd qui prend le français pour du chinois. Pourquoi ne pourrait-on pas en faire autant à propos des minorités en général, notamment sexuelles, qui, ces dernières années, se sont largement manifestées pour faire parler d’elles ?

    La réponse à ces interrogations se situe probablement dans l’évolution qui caractérise depuis quelques décennies notre société, évolution résultant de l’ambition de la gauche dite « progressiste et universaliste », d’élever partout dans le monde occidental les aspirations des minorités au niveau des droits législatifs et constitutionnels fixés par la majorité. L’ambition de faire admettre par cette gauche activiste que nous vivons désormais dans un temps où toute aspiration individuelle, pour autant qu’elle s’inscrive dans le credo progressiste, doit être considérée comme un droit.

    A ce titre, les aspirations individuelles devraient contraindre les pouvoirs publics à satisfaire les demandes, sans se préoccuper d’autre chose que la volonté de ces personnes. Pourtant, souvent, cette ambition met directement en cause notre modèle démocratique, les valeurs qui le fondent et l’équilibre sur lequel fonctionne notre société.

    Il convient certes de ne pas de sous-estimer les difficultés qu’affrontent, comme ceux d’autres minorités, pas seulement sexuelles, les membres de la communauté des transgenres, sujet de Claude-Inga Barbey. Mais pour respecter et protéger les minorités, il n’est pas nécessaire, au nom du progressisme, de réformer peu à peu, subrepticement, l’ensemble du système juridique, éducatif, sanitaire, sportif et professionnel. Il suffit de faire appliquer l’interdiction des discriminations, principe fondamental.

    Ceux qui nous gouvernent ne devraient pas aller au-delà de ce principe, en tous cas pas de faire évoluer le droit public chaque fois qu’une minorité se manifeste. Si tel devait être l’usage, le risque apparaîtrait de construire juridiquement, au sein de notre société, en faveur des minorités, une citadelle de privilégiés de toutes sortes.

    A l’évidence, la liberté d’expression n’est pas un droit absolu, la constitution suisse le rappelle. Elle doit demeurer respectueuse. Mais il serait intolérable que les minorités parfois ciblées par les humoristes et les critiques, privent la majorité de sa liberté de penser, de parler ... et de sourire.

    Pierre Kunz

     

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  • Pierre Maudet victorieux dimanche ?

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    Les observateurs attentifs de la lutte politique qui s'achève dimanche prévoient généralement que Pierre Maudet, en dépit des erreurs qu'on a pu lui reprocher dans le passé et qu'il a publiquement regrettées, retrouvera  son siège au sein du Conseil d'Etat.

    Leur pronostic se fonde en premier lieu sur la campagne de grand qualité, intense mais jamais agressive, menée par le candidat indépendant. Voilà un homme qui s'est montré capable, depuis deux mois, sept jours sur sept, de travailler jusqu'à 20 heures par jour, animé par une conviction profonde et une volonté inébranlable. Un homme qui ainsi a su tirer le meilleur parti de son travail, aussi bien sur le terrain, au contact des gens, que sur les réseaux sociaux.

    Il se fonde aussi, très largement, sur les intentions de vote des Genevois et des Genevoises, révoltés par le déferlement incessant d'insultes, d'accusations infondées et de mensonges colportés par les détracteurs de Pierre Maudet. Des insultes, accusations et mensonges qui n'ont jamais faibli, au contraire, au cours d'une campagne qui a parfois, à cause d'eux, frisé le niveau des caniveaux sur les réseaux sociaux. Une révolte qui n'a fait que se renforcer d'une part face au parti-pris et au mépris affichés par la quasi-totalité des médias, d'autre part au regard des actes et des déclarations aussi mesquines qu'impardonnables de certains membres du Conseil d'Etat visant clairement à détruire Pierre Maudet. 

    Par ailleurs, comme les électeurs, ces observateurs ont pu se convaincre, en suivant les débats qui ont balisé cette campagne, que Pierre Maudet possède, plus que ses concurrents, les idées claires, les projets, les compétences, la force de travail et la volonté d'agir, toutes ces capacités qui forgent un homme d'Etat. Des capacités si essentielles en ces temps lourds de difficultés économiques et d'incertitudes sociales.

    Enfin, ils ne craignent en aucune manière, ces observateurs, les soi-disant "difficultés institutionnelles" agitées par certains à propos de sa réintégration au sein du Conseil d'Etat. En observant, durant ces derniers mois, l'évolution intime de Pierre Maudet, ces observateurs ont pu se convaincre que celui-ci, lorsqu'il aura pris ses fonctions, saura contribuer à l’émergence d’une saine collaboration avec ses collègues. Rien ne s’opposera alors à ce que notre gouvernement retrouve l'énergie, la volonté et l'intelligence collectives qui lui ont cruellement fait défaut depuis deux ans.

    Pierre Kunz

     

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