Je la connais la musique...

  • Qu’est-ce que l’affaiblissement, voire le déclin, d’une société ?

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    Pour poursuivre le débat lancé il y a quelques jours par Jean Romain sur les réseaux sociaux, pourquoi ne pas tenter de détecter quelques-uns des marqueurs témoignant de l’affadissement d’une société démocratique ? On peut penser à ceux-là :

    • la dévirilisation de la société,
    • la dépendance consentie plutôt que la volonté d’indépendance,
    • le refus de toutes formes d’incertitudes, même au prix de la liberté,
    • l'effritement des valeurs humanistes au profit de l'humanitarisme,
    • l'endormissement du courage,
    • au nom des droits de l'homme, la primauté des intérêts individuels et des minorités sur ceux de la majorité,
    • l’ajout régulier de nouveaux « droits fondamentaux » à la liste de ceux-ci,
    • le droit de construire son bonheur qui cède devant le "droit au bonheur",
    • le privilège des « droits acquis » au détriment de la dynamique du changement et du progrès,
    • l’exigence du bien-être immédiat et l’expression renforcée du « je veux tout et tout de suite »,
    • le consumérisme exacerbé qui écrase l'épargne et l'investissement à long terme,
    • la préférence des profits financiers immédiats à l’investissement et le gain de l’entreprise,
    • le traitement des urgences, souvent insignifiantes, au détriment des objets essentiels,
    • la jalousie voire la haine à l’égard du riche qu’il faut appauvrir pour enrichir le pauvre,
    • le rejet par facilité et confort des contraintes de l’orthographe et de la syntaxe de notre langue.

    Que penser de ces signaux s’agissant de notre pays, de Genève en particulier ? Et surtout qu’en dire au vu des résultats des votations de dimanche ?

     

     

     

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  • La Suisse, pays d'inégalités et de pauvreté ?

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    Les milieux de gauche et certaines ONG ne manquent jamais une occasion, les médias non plus, de monter en épingle les cas d’inégalités et de pauvreté qu’ils ont détectés dans notre pays. Avec l’ambition évidente de culpabiliser les Suisses et de faire ainsi marcher leur commerce politique ou caritatif.

    Une étude de l’Université de Genève (cf. Campus de septembre 2020) vient de paraître à point nommé pour mettre en évidence la réalité helvétique en matière d’égalité et de pauvreté. On y lit que, par comparaison avec les 190 pays de la planète,

    • l’indice de développement humain, qui mesure l’ensemble des capabilités de développement des individus au sein d’une société, place la suisse au deuxième rang mondial derrière la Norvège ;
    • le coefficient de Gini, qui mesure l’inégalité des revenus, de le consommation et de la richesse au sein d’une société, montre que la Suisse fait partie des 15 pays les moins inégalitaires ;
    • selon les critères du « World Happiness Report », publié chaque année par l’ONU, à savoir selon le degré de bonheur perçu par les citoyens, la Suisse est sixième d’un classement emmené par les pays nordiques ;
    • le PIB par habitant, qui mesure l’efficacité de l’économie, montre que la Suisse se situe au deuxième rang derrière le Luxembourg.

    On notera par ailleurs que, selon les chiffres de l'OFS, si 7 % de la population suisse est considérée comme pauvre, les personnes concernées le restent rarement plus de trois ans. Elles sont en effet, aidées par les prestations sociales de la Confédération et des cantons qui se situent parmi les plus généreuses du monde.

    Voilà qui jette une lumière crue sur l’opération médiatique menée par la Jeunesse socialiste durant le dernier weekend, opération consistant à faire le siège à Genève et à Zurich, des habitations luxueuses de M. Bertarelli et de Mme Maculo Blocher afin de stigmatiser « la richesse infâme » de ces personnalités. On ne peut qu’être scandalisé par les motivations de ces jeunes ballots incultes : envie malsaine, convoitise crasse et jalousie. Des motivations qui malheureusement se retrouvent trop souvent dans l’activité politique de certains partis

    Pierre Kunz

     

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  • Prévoyance : incompréhension, récriminations et incohérences

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    Deux récentes enquêtes interpellent par leurs constats. D’une part, pour les Suisses, jeunesse incluse, les retraites sont le souci principal, avant le climat, le chômage et l’immigration. D’autre part, une majorité d’entre eux ne comprennent rien ou presque à la problématique de la prévoyance-vieillesse. Voilà qui explique les récriminations déraisonnables des Helvètes concernant le niveau des rentes dont ils bénéficient et leurs critiques incohérentes de l’AVS et du deuxième pilier.

    Une évidence d’abord : quand on cesse son labeur, qu’on entre en retraite, on cesse de participer à la création de richesses du pays. Il devrait par conséquent être évident aux yeux de tous que dès cet instant on est logiquement amené à voir ses revenus se réduire. La rente d’un retraité ne saurait égaler son dernier salaire.

    Les Suisses rentiers se plaignent en premier lieu des rentes AVS (système fondé sur la répartition immédiate des cotisations versées par les actifs en faveur des pensionnés). Mais en même temps, en toute incohérence, ils refusent d’envisager la conséquence logique de l’impact du vieillissement de la population, de l’augmentation du nombre des rentes à verser que ce vieillissement implique mathématiquement, la chute constante des revenus financiers ainsi que la dégradation intervenue au cours des dernières décennies du rapport entre actifs et retraités. Cette attitude est totalement déraisonnable, même si l’AVS est largement financée par la Confédération. Sauf à considérer … que Berne « n’a qu’à contribuer encore davantage », donc taxer les contribuables.

    Le concept du deuxième pilier (système fondé sur l’accumulation des cotisations de chacun de chacun redistribuées sous forme de rentes) est différent mais il fait évidemment face aux quatre mêmes difficultés démographiques et financières que l’AVS. Dans ce cas aussi on ne peut donc que s’étonner d’entendre les mécontents se plaindre du niveau soi-disant insuffisant de leurs rentes et de rejeter simultanément l’élévation de l’âge de la retraite.

    Confrontées à ces mêmes réalités et de surcroît à l’obstination des rentiers de s’accrocher à leurs « droits acquis », les jeunes générations se sentent doublement lésées. D’un côté, elles sont contraintes, en l’absence de la réforme indispensable du deuxième pilier et de l’AVS, de continuer à financer par leur travail les pensions dont profitent leurs prédécesseurs. De l’autre, il est presque certain, les réalités étant têtues, que le deuxième pilier dont, le moment venu, elles bénéficieront elles-mêmes restera nettement moins généreux que celui de leurs aînés.

    Que feront les Chambres fédérales de toutes ces incohérences et de toutes ces récriminations ?

    Pierre Kunz

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  • Affaire Maudet, le Tribunal fédéral recadre le tribunal médiatique

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    Pierre Maudet vient de faire connaître le jugement qu'a publié le Tribunal fédéral au sujet d'une émission "tendancieuse et manipulatoire"diffusée par la télévision suisse alémanique il y a deux ans au sujet des ennuis de Pierre Maudet. Comme il est peu probable que les médias reproduisent dans leurs colonnes ce jugement favorable à Pierre Maudet, je pense utile de faire connaître sur ce blog la réaction du conseiller d'Etat. 

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  • Les médecins feraient mieux de se taire

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    Les associations de médecins se croient-elles obligées de participer aux questions de santé publique ? Ou se sentent-elles les oubliées de la pandémie du Covid ? Difficile de répondre à ces interrogations. Mais quand elles prétendent s’insérer dans le débat public elles manquent rarement une occasion de parler à tort et à travers.

    Rappelons-nous, en mars dernier, l’incompréhensible déclaration de l’Association des jeunes médecins généralistes suisses qui, contre l’avis des experts de la santé et du Conseil fédéral, réclamaient le confinement obligatoire pour tout le pays. Et surtout mettons en évidence la stupéfiante intervention récente de l’Association des médecins romands qui, au prétexte du Covid et sur la base de faits et de chiffres connus d’eux seuls, exigent une baisse des primes-maladie 2021. Une fois de plus elle tombe dans un sacré pétrin parce que cette fois ses déclarations se heurtent aux conclusions d’une étude, publiée il y a peu, menée par la Haute école de santé de Zurich.

    Un sacré pétrin parce que cette étude montre que la surmédicalisation constitue le mal le plus profond et le plus coûteux du système de santé suisse. Elle met aussi en évidence que, même s’ils sont loin d’être les seuls en cause, les médecins contribuent fortement aux surcoûts médicaux, donc aux hausses régulières des primes. Cela, de manière générale, en ne renonçant pas aux actes dont l’utilité médicale est nulle ou presque. Plus précisément, par exemple, en multipliant les visites des patients, en ne prescrivant pas assez les médicaments génériques et, par manque de coordination, en prescrivant à double des examens déjà effectués.

    Au vu de ce qui précède on ose recommander au corps médical, qu’on aime bien sûr parce qu’il nous soigne, d’être plus prudent lorsqu’il s’exprime publiquement. Et surtout, s’il entend apporter son concours à la baisse des primes-maladie, avant d’attaquer les assurances, qu'il mette en œuvre désormais ce que l’étude susmentionnée appelle « la médecine intelligente ».  

    Pierre Kunz

     

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  • Covid, soyons réalistes, coupons les ponts

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    Une grande partie de la jeunesse n’entend plus se plier aux mesures décrétées récemment par les autorités pour lutter contre la propagation du virus. Elle considère qu’elle a suffisamment subi, professionnellement et dans ses libertés, les conséquences du confinement économique et social de ce printemps. Elle entend donc retrouver sans entraves ses habitudes sociales d’avant la pandémie. Nous les seniors, pouvons-nous décemment leur en vouloir ? Non, d’autant moins que pour elle, le Covid ne constitue généralement qu’une maladie bénigne.

    Evidemment, lorsque ces jeunes fêtards rentrent à la maison, le risque est grand qu’ils infectent leurs parents et leurs grands-parents qui constituent eux une population à risque. Mais nous nous disposons d’un moyen simple d’éviter ce risque.

    Les jeunes prennent la responsabilité, parfois un peu stupidement certes, d’attraper le virus. Soit. Alors n’en faisons pas nos ennemis et, parents et grands-parents, prenons, nous aussi, nos responsabilités afin de nous prémunir contre la maladie. A cet effet, il suffit que nous nous conformions aux injonctions des autorités de ce printemps. En famille, respectons les distances, pas d’embrassades, pas de repas en commun. A l’extérieur, ne fréquentons pas les jeunes sans masque.

    Pierre Kunz

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  • Préférez-vous l’ascèse des Verts ou leur tyrannie ?

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    Les Verts, apprend-on, veulent une stratégie « plus dure et plus complète » face au changement climatique. Selon eux, « la Suisse doit atteindre la neutralité carbone en 2030, puis devenir climatiquement positive à partir de 2040 ». On pourrait ajouter quel qu’en soit le prix.

    Beau programme, dirait Greta Thunberg. Mais chez ceux qui, au-delà de problématique climatique, se préoccupent aussi du bien être des Suisses, cette marche forcée est gravement simpliste et pourrait nous conduire sur la voie de la décroissance, de la chute de notre niveau de vie et des trouble sociaux. Pourquoi ? parce que les Verts, au lieu de poursuivre le cheminement de la science, de la culture et du progrès que l’humanité emprunte depuis 250 ans, tentent de convaincre les Suisses que seules nos privations peuvent sauver la planète.

    Euphorisés par leurs succès électoraux de ces derniers mois, emportés par les slogans qu’ils ressassent depuis des lustres, les Verts se sont mis en tête qu’ils ne pouvaient consolider leur avancée qu’en mettant en œuvre et en imposant sur-le-champ des réformes profondes et même fracassantes. C’est évidemment un forcing déraisonnable au vu de la simultanéité des défis climatique, environnemental et économique.

    Maints experts constatent que la transition énergétique que nos autorités, dans l’émoi de Fukushima, ont fait voter par le peuple en 2017 (sortie du nucléaire et développement des énergies renouvelables) n’est pas réalisable. La Commission fédérale de l’électricité affirme de son côté que la Suisse est de moins en moins capable, après la mise hors service de Mühleberg, d’assurer son approvisionnement en électricité par la production indigène.

    Pour les Verts, absolument pas enclins à surmonter, même momentanément, leur détestation de l’énergie nucléaire, ces constats constituent au contraire le motif de soumettre de toute urgence les Helvètes à un régime appelé joliment de « sobriété énergétique ». Refusant de reconnaître que dans l’histoire de l’humanité, sauf catastrophe naturelle, pandémie ou guerre, aucune génération, surtout pas durant l’ère moderne, n’a utilisé moins d’énergie que la précédente, ils érigent cette sobriété en valeur suprême.

    Les Verts ne veulent pas faire confiance aux technologies anciennes et nouvelles dont nous disposons dans les domaines de la protection du climat et de l’environnement. Ils préfèrent nous imposer, au prétexte de l’urgence climatique, l’austérité en mode de vie vertueux.

    Méfions-nous de cette ambition car, comme le notait un philosophe, « une pratique excessive de la vertu pousse à l’ascèse ou à la tyrannie ».

    Pierre Kunz

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  • Du voile au masque

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    Vous rappelez-vous les combats menés il y a peu encore par « les défenseurs des femmes » ?

    Des défenseurs - des "défenseuses" surtout - qui entendaient interdire aux femmes musulmanes vivant dans notre pays de porter le voile en public, en particulier celui qui du visage ne laisse voir que les yeux. Il s’agissait selon eux de faire respecter dans notre culture occidentale les codes de sociabilité fondés, disaient-ils, sur les la reconnaissance faciale entre les gens. Etaient aussi avancés d’autres prétextes plus politiques, ceux de l’émancipation de la femme, du respect de ses droits, de l’égalité de celle-ci avec les hommes et de sa liberté de disposer de son corps. Il était aussi question de la nécessité de garantir la sécurité dans nos rues et sur nos places.

    Ces « chevaliers-servants de la causse féminine » ont heureusement échoué. Mais voilà que par un des retournements dont l’histoire a le secret, l’égalité qu’ils poursuivaient se trouve réalisée. Mais pas vraiment comme ils le rêvaient. Depuis quelques jours en effet, à cause du covid, ce sont toutes les femmes qui sont forcées, probablement pour longtemps, de porter un masque qui comme le voile ne laisse apparaître que les yeux.

    Pierre Kunz

     

     

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  • Loup y es-tu ? oui, beaucoup trop !

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    Voilà plusieurs décennies que les défenseurs de la nature, à coups d’informations et de chiffres choquants, ambitionnent de nous imposer leur vision de la biodiversité et la manière dont selon eux elle doit être préservée. Avec une bonne dose de réussite, il faut le reconnaître, puisqu’ils ont réussi notamment à faire croire à une bonne partie des Helvètes que non seulement ce qu’ils appellent « le retour des prédateurs » était inéluctable mais qu’il était bon pour le pays.  

    Depuis que le monde politique a pris le relais de ces associations, certes généreuses mais le plus souvent utopistes ou déraisonnables, nous nous trouvons soumis à une véritable dérive démagogique qui met en péril les exploitations agricoles et d’élevages. Cultivant en particulier la crédulité et les émotions de leurs concitoyens, les Verts et leurs associés mènent désormais le combats de la réinstallation du loup, de l’ours et du lynx dans un pays dont nos aïeuls avaient réussi à les chasser voici plus d’un siècle parce qu’ils entravaient leur labeur.

    Eu égard aux excès législatifs intervenus ces dernières années en la matière et confrontées aux dégâts des prédateurs dans les exploitations agricoles et d’élevage, nos autorités fédérales ont enfin réagi. Elles ont modifié une loi sur la chasse datant de 1985 et manifestement teintée à l’excès de la sensiblerie et de la niaiserie qui primaient à l’époque. La modification votée par les Chambres vise simplement à autoriser les cantons à réguler les meutes qui se multiplient. Une atteinte à la libre reconquête des forêts et de champs helvétiques par le loup qui n’a pas plu aux soi-disant défenseurs de la biodiversité et ils l’ont contestée par référendum.

    En vue de la votation du 27 septembre, ils ont réuni les médias lundi pour vanter les mérites de leur position. C’est bien sûr leur droit. Par contre, dans leur argumentation, ils n’auraient pas dû dépasser les limites de la décence pour se lancer dans une diatribe aussi mensongère que ridicule. N’allèrent-ils pas jusqu’à prétendre que la nouvelle loi non seulement ouvrait la porte à l’éradication du loup mais que par ailleurs elle mettait en danger la biodiversité dans notre pays ? Des affirmations stupides qu’aucun expert honnête ne saurait confirmer.

    Décidément, euphorisés par leurs récents succès électoraux, les Verts sont prêts à tout pour nous vendre leurs recettes destinées à « sauver » notre pays, sa faune et ses forêts quitte à perturber encore davantage son secteur agricole qui rencontre déjà moult difficultés. Méfions-nous, gardons notre bon sens et soutenons la nouvelle loi.

    Pierre Kunz

     

     

     

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  • Les jeunes et les "nouvelles sexualités"

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    La TSR a publié lundi sur son site une de ses pseudo-enquête habituelles sous le titre « Pourquoi les jeunes ont tant de peine face aux nouvelles sexualités ». Un reportage d’une superficialité consternante.

    Sur un sujet sociétal d’une aussi grande importance, on comprend mal que la TSR se soit contentée de développer son émission à partir des déclarations d’une jeune femme manifestement anxieuse et déstabilisée, ne possédant pas l’once de raison requise pour amener un commentaire utile et intéressant. Sans compter que l’intervieweuse ne semblait pas elle-même posséder suffisamment le sujet, ce qui lui a interdit d’alimenter l’échange de questions pertinentes. On s’est donc limité à un constat bien connu dont on peut rendre compte ainsi : la problématique du porno devient pressante, elle conditionne les jeunes vers une sexualité de la performance, parfois violente, et vers un conformisme sexuel froid, sans sentiments, du genre « qu’est-ce qu’on fait maintenant ma jolie (ou mon coco) ? on va prendre un burger-coca ou on va faire l’amour ? ».

    Dans une deuxième partie, les journalistes ont passé quelques coups de fils à des « expertes » dont le jugement se résume ainsi : les nouvelles technologies multiplient les difficultés pour les jeunes, l’éducation sexuelle à l’école n’est plus en adéquation avec la réalité, il faut imaginer une nouvelle manière d’enseigner la sexualité. Les experts en question se sont montrés incapables d’élever le débat et de poser un diagnostic dépassant les évidences du terrain.

    Forte des constats et des propos susmentionnés, une enquête journalistique digne de ce nom, sur un sujet aussi considérable, aurait au moins dû mettre deux hypothèses en discussion :

    • Si nombre de jeunes ont tant de peine face aux nouvelles sexualités, s’ils sont aussi gourmands de porno, voire de violence sexuelle, ne serait-ce pas parce qu’ils croient y trouver une réponse à la sexualité débridée, à laquelle ils se sentent un devoir de se conformer, celle qu’on leur enseigne depuis mai 68 ? cette sexualité que les intellectuels « avant-gardistes » et les gourous de la liberté expliquaient alors aux bourgeois et leur expliquent toujours : dans la recherche du bonheur, seuls comptent la recherche prioritaire du plaisir de la chair, la liberté de faire ce que l’on veut de son corps et l’amour « libre » ;
    • S’agissant de la réforme nécessaire de l’éducation sexuelle, ne faudrait-il pas tout simplement la fonder sur le rappel que la sexualité n’est pas une fin en soi mais qu’elle devrait être au service de l’amour et de la tendresse ?

    Plutôt que de se borner au superficiel, ce reportage aurait dû se développer sur ces hypothèses, d’autres aussi peut-être, et rechercher des réponses. Mais rien de cela, malheureusement pour les jeunes.

    Pierre Kunz

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  • Vive les radars acoustiques !

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    Vives les radars acoustiques !

    Chacun le sait, les voitures, les motos et les motocyclettes, peuvent causer des nuisances insupportables quand elles sont conduites par des imbéciles qui se saoulent au bruit qu’ils émettent. Pourtant, jusqu’à ce jour, le monde politique n’a jamais considéré que le problème méritait qu’il réfléchisse sérieusement aux moyens de mettre un terme à ces excès.

    Il paraît, selon la TdG du 24 juillet, que les choses sont enfin en train de changer. A Berne, deux conseillers nationaux socialistes ont décidé d’empoigner le problème moyennant deux initiatives parlementaires. L’une d’elle est aussi simple qu’intéressante puisqu’elle elle réclame la création de bases légales pour installer des radars acoustiques permettant de mettre à l’amende les conducteurs de véhicules conduits de manières excessivement bruyante.

    Comme il fallait s’y attendre, tel fonctionnaire a déjà agité le drapeau rouge au prétexte que « légalement il est impossible d’instaurer une valeur de bruit maximale comme on le fait avec la vitesse ». Et d’expliquer que la législation européenne ne nous autorise pas à interdire l’importation de certains véhicules homologués ailleurs en Europe.

    Comme on pouvait s’y attendre aussi, il y ceux qui, du haut de leur grosse cylindrée, considèrent bêtement que l’ambition de lutter contre le bruit ne constitue qu’une « guéguerre contre les motards ». Il faut être Genevois et tatoué pour ramener le débat à un tel niveau.

    Il ne s’agit ni d’exclure certains modèles de voitures et de deux-roues ni de discriminer les amoureux de l’asphalte mais bien de punir ceux qui se donnent un plaisir maladif à faire un vacarme du diable à toute heure du jour et de la nuit. L’objectif est la sanction de ceux qui nous cassent les oreilles, parce qu’ils ont maquillé leur véhicule ou parce qu’ils adorent en tirer le plus possible de décibels. Et à cette fin, il suffit d’installer des radars acoustiques en nombre suffisant.

    Mais pas des radars qui, comme celui installé à Genève, se prétendent « pédagogiques ». Ce qu’attendent les habitants de ce pays ce sont des radars qui enregistrent les excès de décibels, photographient les contrevenants et permettent ainsi à la police de leur adresser une contravention.

    Combien faudra-t-il d’années pour atteindre ce but ?

    Pierre Kunz

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  • Les écologistes punitifs passent à l’offensive

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    Les écologistes punitifs passent à l’offensive

    Serait-ce suite à l’avancée politique massive des Verts partout en Europe ? Toujours est-il que les intellectuels rattachés, pas officiellement bien sûr, à ce parti politique commencent à envahir les pages des médias. Lundi par exemple la TdG publiait l’interview d’un chercheur de l’EPFZ, Lorenz Keysser, dont le message est : « la transition écologique est impossible si elle compte seulement sur l’innovation technologique ». En conséquence il invite les nations « à rétrécir autoritairement l’échelle de la production et de la consommation ». Des propos qui nous enjoignent d’accepter la réduction imposée « d’en-haut » de nos niveaux de vie, seule voie de salut selon eux.

    Dans l’article en question, la vision pessimiste et orientée de Keyser ne fait pas seulement abstraction de toute la littérature scientifique disponible (*). Celle-ci montre qu’au contraire, pour autant que les gouvernements prennent les décisions d’investissements et de fiscalité requises, l’humanité dispose d’ores et déjà des outils pour faire face aux défis d’ici 2050 du réchauffement climatique sans que nous devions nous astreindre à la « sobriété énergétique » dont les Verts font la promotion.

    Au surplus, Keysser, visant à solidifier ses projets, n’hésite pas à recourirt à la démagogie. C’est ainsi que reprenant ce qui est déjà devenu une antienne, il « enjolive » sa thèse en insistant sur « l’impact écologique désastreux des 10 % les plus riches qui, dit-il, sont responsables de 43 % de l’empreinte écologique totale, contre 3 à 5 % pour les plus pauvres ». Ces chiffres ne résistent évidemment pas à l’objectivité. Ils sont mentionnés d’ailleurs sans autre référence que celle … de Bill Gates qui prend l’avion plus souvent que le commun des mortels. Alors que ces mortels communs sont des millions à voler et qu’il n’y a qu’un Bill Gates.

    Nous les mortels communs, commençons à comprendre que nous devons revoir nos comportements et notre consommation. Et nous le ferons d’autant plus vite et mieux si nous y sommes incités par les mesures correctives raisonnables et compréhensibles qui devront être prises par les gouvernements du monde. Mais il s’agira alors de mesures qui n’ont rien à voir avec celles découlant du pessimisme et des ambitions autoritaires des Verts qui ne voient pas d’issue autre que les drastiques quotas de consommation pour les humains et leur répartition dirigée « d’en haut » entre ces derniers.

    Le programme publié récemment à Genève par l’Association Noé21 (**), sorte de think tank des écolos du canton, est très représentatif de la manière dont les Verts entendent « régir » nos vies. L’ordre de leurs priorités en matière énergétique est révélateur : 1. Sobriété 2. Efficacité 3. Renouvelables. Quasiment l’inverse d’un programme libéral et humaniste.

    Pierre Kunz

    (*) Drawdown, comment inverser le cours du réchauffement climatique

    (**) Noé21, Urgence climatique : Diminuer de 60 % les émissions de C02 à Genève d’ci à 2030,      

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  • Savons-nous encore faire confiance ?

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    Dans sa dernière livraison Courrier international publie plusieurs articles, prélevés dans la presse européenne, consacrés à la notion de confiance. Cette confiance qui fonde les relations humaines et le fonctionnement de toute communauté et qui permet à celle-ci d’affronter et d’oublier, dans la solidarité, les incertitudes de la vie.

    Or, sans que nous nous en rendions compte, le besoin de faire confiance et de solidarité s’est effacé de nos consciences. En cause, l’hyper-technologisation de nos modes de vie, les progrès inouïs de la science, médicale en particulier, et bien sûr l’Etat-providence censé nous épargner les conséquences des aléas de l’existence : maladie, chômage, vieillesse. Plus personne ne songeait à la confiance, tout nous semblait « sous contrôle », tout dépendait désormais, pensions-nous, de nous-mêmes, de notre efficacité et de notre bon sens. Il suffisait que nous aimions, travaillions et consommions pour que nous soyons satisfaits et nous sentions en sécurité.

    La récente pandémie nous a cruellement fait sentir que nous nous étions aveuglés. Nombre d’entre nous se sont soudainement sentis isolés, affaiblis, apeurés. Pas habitués à ces sentiments, nous nous sommes posés moult questions. Le monde politique prend-il les bonnes décisions ? Les virologues savent-ils vraiment ce qu’est le Covid-19 et ce qu’ils nous imposent ? Les médias qui nous abreuvent de nouvelles et de chiffres relayent-t-ils les informations essentielles ?

    Confrontés aux hésitations de nos gouvernants et des médecins, nous avons redécouvert subitement l’incertitude et le danger, des notions que nous avions mises sous clé dans un coin de notre esprit. Et nous nous sommes sentis terriblement dépendants et en recherche d’espoir et de certitudes.

    Des moments comme ceux que nous avons vécus, et continuons de vivre, peuvent tourner au drame car la confiance et la solidarité qui nous sont demandées par ceux en charge, risquent de s’étioler en faveur de la méfiance, du complotisme, de la contestation voire de la révolte. S’établit dès lors un rapport délicat entre les citoyens et ceux à qui nous avons confié l’administration de nos communautés et la protection de nos vies. C’est un rapport qui ne nous laisse pas de choix et que nous sommes forcés d’assumer. Nous nous trouvons obligés de faire confiance et de parier sur la solidarité.  

    Il est des sociétés qui, grâce aux habitudes acquises dans leur histoire, grâce à leur intelligence collective et à la qualité de leurs institutions, démocratiques ou non, sauront retrouver cette confiance et oublier notre fragilité. Car nous deviendrions fous si perpétuellement nous prenions la mesure de la fragilité des choses. Elles surmonteront sans dommages sociaux et politiques graves les périls qu’elles affrontent. La Suisse en est, heureusement. Des traces profondes ne manqueront pas de marquer les autres.

    Pierre Kunz

     

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  • Netanyahu circule en rouleau compresseur

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    En ce début juillet on lit et on entend que M. Netanyahu « hésite » à franchir le premier pas de l’annexion de la Cisjordanie. C’est possible car, comme le dit l’un de ses opposants, « Israël doit s’attendre à des conséquences désagréables ».

    Mais voilà qui ne saurait retenir le premier ministre de mettre en œuvre, aujourd’hui ou plus tard, un plan soutenu, dans un enthousiasme mesuré ou claironné, par la majorité des Israéliens. « Bibi » dispose en effet de cartes très fortes dans son jeu.

    Il dirige une nation dont l’économie est la plus solide et l’armée la plus puissante de la région. Il est assuré de l’aide de son indéfectible allié, les USA. Il profite aussi de l’appui des puissantes communautés évangéliques qui, brandissant les prophéties bibliques, voient dans Israël un bastion contre l’expansion de l’islam et vivent partout dans le monde dans l’attente d’une Terre sainte réunifiée, condition du retour du Messie.  

    Au plan géostratégique, force est de reconnaître que la réunification de la Palestine sous l’égide israélienne n’est qu’une question de temps. Le peuple juif, après des siècles d’errance et de souffrances, est absolument déterminé, car animé par une foi que les rabbins ont su si fermement et si durablement entretenir dans les ghettos européens (*), à demeurer sur la terre qui, il en est convaincu, lui a été « promise ».

    Or, au Moyen-Orient, aucun pays n’est en mesure de faire mentir le constat que faisait déjà l’auteur des Sept piliers de la sagesse lorsqu’il notait que « les Arabes prennent depuis toujours leurs déclarations pour de l’action ». Les propos menaçants des dirigeants des pays de la région resteront donc une fois encore lettre morte, comme les protestations sans substance des élites politiques européennes et onusiennes, affadies et sans crédibilité.

    Au Moyen-Orient comme dans le reste du monde, l’histoire et la géopolitique ne sont que le résultat de la confrontation de forces et d’intérêts. Comment croire dès lors, même si l’éthique condamne l’attitude des Israéliens, que l’avenir de cette péninsule sous-développée, dans 50 ans ou dans un siècle, ne se concrétisera pas à l’avantage de la seule nation prête à utiliser froidement et sans égard pour le droit international les instruments culturels, économiques, diplomatiques et militaires requis par sa politique expansionniste ?

    Le vent de l’histoire ne souffle pas dans le dos des malheureux Palestiniens.

    Pierre Kunz

    (*) Le Juif errant est arrivé, Albert Londres, 1929.

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  • Reparlons des queues des Vernets

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    Ils furent nombreux les gens qui se sont patiemment mis en files afin de pouvoir bénéficier de la distribution de sacs de produits alimentaires. Les médias ont parlé de plusieurs milliers de bénéficiaires de ces dons. Les organisations caritatives, les politiciens concernés et ces médias se sont unis pour justifier ces distributions en affirmant qu’à Genève, à cause du Covid-19 et d’employeurs peu scrupuleux, « des familles avaient plongé dans la misère et des enfants ne mangeaient pas trois repas par jour ». Et de poursuivre en « jugeant révoltante une telle situation dans un canton aussi riche que Genève ».
    Il y a quelques jours, l’excellent Courrier International mettaient en évidence un aspect de la question qui a été complètement oublié dans les jugements émis alors. Il existe dans le monde, rappelle l’hebdomadaire, 164 millions de travailleurs migrants et ceux-ci, admirables, ont envoyé l’an dernier le montant colossal de 554 milliards de dollars dans leurs familles restées dans le Tiers-Monde pour les aider à mieux vivre. Admirables parce qu’à l’évidence, ces travailleurs, légaux ou illégaux, témoignant d'une solidarité exemplaire, se contentent en permanence dans leur existence d’immigrés d’un niveau de vie précaire.
    Cela étant, n’est-il abusif de tirer de l’événement des Vernets, la conclusion que ceux qui se sont déplacés pour bénéficier des distributions alimentaires l’ont fait parce qu’ils avaient faim ? La réflexion ne devrait-elle pas plutôt amener à penser que, avec le bon sens et la force qui les caractérisent, ils ont surtout voulu tirer parti d’une occasion de réduire leurs dépenses alimentaires ce qui leur permettait de maintenir l’aide qu’ils apportent à leurs familles demeurées en Afrique, en Amérique du Sud ou en Asie ?
    Pierre Kunz

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  • Un « monde nouveau » ? plus égalitaire ?

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    La mouvance rose-verte, les ONG et certains intellectuels sont les plus audibles et les plus visibles dans la promotion du « grand reset ou grande réinitialisation » qui devrait, au titre de « l’après-Covid », rendre les entreprises plus raisonnables dans leur recherche incessante de la croissance au détriment de la planète, les particuliers moins bêtement consuméristes et les sociétés humaines moins inégalitaires. Ils ne sont pas seuls puisque même le World Economic Forum et le Fonds monétaire international (!) ont adopté ce discours.

    Toute cette agitation n’est pas raisonnable ni crédible dès lors qu’aucun des promoteurs d’un monde nouveau n’a encore expliqué sérieusement ce qu’à ses yeux, s’élevant au-dessus de l’utopie, il conviendrait de faire pour développer « la croissance plus verte, plus intelligente et plus juste » qu’il vante.

    Prenons l’exemple des inégalités. Desquelles les défenseurs d’un monde plus juste parlent-ils ? Sont-ce les inégalités de revenus et de patrimoines au sein de l’UE et aux USA ? Des retards de développement économique et des injustices sociales au sein des peuples d’Afrique ? De quoi d'autre encore ?

    Les réponses à cette question et le silence qui règne à propos des moyens sont manifestement dus à l’inconfort intellectuel dans lequel se trouvent ces hérauts d’un monde meilleur. Car, le plus souvent, les réponses à ces problèmes appellent la mise en œuvre de ressources, d’instruments et de forces inconciliables ?

    S’agissant par exemple du fossé économique Nord-Sud, l’histoire de ces 50 dernières années a montré que le seul moyen de favoriser le développement des populations des pays pauvres n’est pas le subventionnement par nos Etats mais les investissements par les entrepreneurs occidentaux (et chinois désormais) dans les infrastructures et les industries exportatrices de ces derniers, ainsi que l’ouverture des marchés occidentaux à leurs exportations agricoles. Mais on connaît les réactions très négatives face à ces solutions aussi bien du côté des agriculteurs européens que dans les milieux tiers-mondistes outrés parce qu’ils y voient une forme d’exploitation par le Nord d’une main d’œuvre locale sous-payée.

    L’humanité lutte depuis des siècles déjà, avec un succès que nul ne saurait nier, contre la pauvreté, pour la santé des habitants de la planète et pour réduire les différences de moyens d’existence et de développement entre les peuples et les individus. Par quel miracle cette lutte compliquée pourrait-elle prendre un cours et un rythme nouveaux parce qu’un virus a sévi ?

    A l’évidence, en dépit des grands discours et des gesticulations, le monde d’après-Covid ne sera pas différent de celui que nous connaissons. Par contre, deux vrais défis, gigantesques, ont commencé à mobiliser notre attention, à savoir la lutte contre le réchauffement climatique et la protection de l’environnement. Ils conduiront, eux, immanquablement au bouleversement de nos modes de vie. Alors, cessons de nous faire frissonner avec le mirage d’un monde nouveau plus beau, plus intelligent et plus juste issu d’une pandémie. Occupons-nous des vrais enjeux

    Pierre Kunz

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  • Vous avez dit « mutualisation de la dette européenne » ?

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    Pour faire face aux conséquences de la pandémie du Covid-19, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont annoncé un plan de 500 milliards d’euros destiné à relancer l’économie européenne. Le président et la chancelière se sont gardés de le souligner, mais ces sommes considérables sont également largement destinées à l’amélioration des finances des pays en situation d’endettement préoccupante.

    Quoi qu’il en soit, d’aucuns ont vu dans cet accord un grand pas en avant vers la mutualisation des dettes constituées par les divers pays de l’UE, autrement dit l’acceptation par les pays gérés raisonnablement de prendre en charge les dépenses déraisonnables effectuées par « ceux du sud ».

    C’est aller vite en besogne. Le monde politique technocratique bruxellois et une majorité parlementaire, au motif du « politiquement correct » (sauver l’euro et l’équilibre de l’UE), s’exprimeront probablement en faveur de ce projet. Mais il est douteux que les peuples de l’UE se révèlent aussi unanimes, eux qui pour une large part se sont toujours opposés à ce type d’intégration financière, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas, en Autriche et au Danemark. Les citoyens et électeurs de ces pays restent en effet réfractaires à l’idée que les fourmis, à savoir les pays bien gérés, soient condamnés à prendre en charge les traditionnels excès budgétaires des cigales du sud.

    Convaincre ces populations ne sera donc pas chose aisée. Dans ce but, la Commission européenne a mobilisé Thierry Breton, commissaire chargé du marché intérieur et soi-disant grand communicateur. Il est apparu la semaine dernière, sur les ondes de la TSR, que pour y parvenir Thierry Breton est prêt à tous les mensonges. En témoigne les paroles qu’il a prononcées : « Il ne s’agit pas que les uns paient pour les autres. On ne va pas faire rembourser la dette née du plan de relance par tel ou tel pays. C’est la Commission européenne qui la remboursera ».

    Ces propos constituent une escroquerie destinée à manipuler la grande majorité, ignorante, des citoyens. En effet, même si la dette est contractée puis remboursée par la Commission européenne, même si elle est épongée sur 30 ans, ce sont quand même les pays qui devront fournir les milliards requis, cela en fonction de leur quote-part au budget de la Commission. Or ces milliards auront été distribués selon les besoins des pays en difficultés, pas en proportion de cette quote-part. Autrement dit, contrairement à ce qu’affirme en toute mauvaise foi Thierry Breton, ce sont bien les pays économes qui règleront la dette créée par les pays dépensiers.

    Depuis la naissance au forceps du Traité de Maastricht, imposé en 1992 aux peuples qui l’avaient pourtant expressément refusé, on pouvait s’attendre à tout. Il n’empêche, le discours d’une totale mauvaise foi d’un des plus importants ministres de la Commission européenne laisse pantois.

    Pierre Kunz

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  • Relocalisons, relocalisons …

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    Relocalisons, relocalisons …

    Les relocalisations constituent « le » thème du moment. Les médias relayent les propos d’une multitude de gens qui tiennent à faire part de leurs convictions à ce sujet. Certes, notre pays a appris à l’occasion de la pandémie du Covid-19 qu’il devrait porter une plus grande attention à un nombre limité de secteurs qu’on qualifiera de « stratégiques ». Confiés trop rapidement peut-être, ils pourraient avantageusement retrouver leur place chez nous. Mais en général, reconnaissons qu’il s’agit plutôt de balivernes, exprimées sans prise en compte des contextes et des conséquences des suggestions ou des exigences de leurs auteurs.

    Mme Suzanne de Treville, professeure de management à l’UNIL et qui se dit « spécialiste en relocalisation industrielle », a fourni récemment, dans un hebdomadaire romand (Migros Magazine du 25 mai), un bel exemple de ces propos simplistes. Elle y prétend, à propos du secteur textile, qu’en Suisse, avec un peu d’imagination et de volonté managériale et en se contentant de marges réduites (!), on peut surmonter le handicap du coût de la main d’œuvre helvétique et recommencer à produire en quantité les vêtements que les grands distributeurs achètent en Asie. Ce point de vue est d’autant plus sidérant que Mme Treville se fend, à l’appui de son affirmation, d’un paragraphe dans lequel elle affirme « qu’en trois mois de formation n’importe qui peut travailler sur des machines à coudre semi-automatisées ». La thèse de Mme Treville est curieuse et incohérente à plusieurs niveaux.

    En premier lieu, son argumentaire superficiel n’apporte aucune justification à ses convictions ni au plan de l’entreprise ni à celui de l’emploi, même à moyen terme, étant donné le différentiel salarial et des conditions de production entre les pays développés et ceux du Sud. D’autant moins, s’agissant des frais de transports, que ces derniers continueront probablement encore longtemps à bénéficier de l’absence d’une taxe sur le CO2.

    En deuxième lieu, elle apparaît en contradiction flagrante avec l’insistance mise depuis un siècle en Suisse sur la production de biens à forte valeur ajoutée. Au lieu d’inciter les habitants de ce pays de continuer à bien se former et à améliorer leur savoir professionnel en permanence, la professeure lausannoise propose le retour chez nous de métiers destinés à une main d’œuvre sans qualifications et qui pourra être que mal rémunérée.

    Enfin, il est pour le moins surprenant qu’elle ne fasse aucune référence aux conséquences dramatiques qu’auraient les relocalisations qu’elle préconise sur les populations des pays en développement.

    Pierre Kunz

     

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  • T’as plus de sous ? Demande à papa !

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    C’est manifestement le conseil que certains ont retenu de leur enfance.

    Notre conseiller d’Etat Mauro Poggia par exemple qui, confronté simultanément aux coûts des HUG enflés par la crise du Covid-19 et à la dette abyssale de nos finances publiques cantonales, demande naïvement l’aumône aux caisses maladie. Pas de raison que, selon lui, celles-ci ne puisent pas dans leurs réserves pour aider Genève. Sauf que ces réserves ne sont destinées qu’à éviter autant que se peut une hausse excessive des primes. Les caisses maladie ne sont pas autorisées par la loi qui les régit à les affecter à la couverture des déficits hospitaliers nés de la pandémie.

    Autre exemple, celui des Verts qui, pour financer les dépenses de toutes sortes qu’ils prévoient « pour entrer dans un nouveau monde », exigent de la BNS qu’elle distribue à cette fin quelques milliards. Pas de raison selon eux que notre institut d’émission ne soit pas mis à contribution. Sauf que rien dans la loi qui organise sa mission ne l’autorise, à l'exception de la distribution partielle de ses bénéfices aux cantons et à la Confédération, à distraire ces mililards des réserves qu’il a constituées pour soutenir le franc suisse et veiller à la stabilité du coût de la vie.

    Peut-être que ces acteurs, aux poches vidées par leur imprévoyance ou insuffisamment remplies pour financer leurs projets démagogiques, croient encore à la fable de François Hollande : « Ça vient de l’Etat, ça ne coûte rien ». Dès lors, pas de raisons de ne pas l’appliquer la fable aux caisses maladie et à la BNS.

    Pierre Kunz

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  • Les retraités, rouspéteurs impénitents

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    Les retraités, rouspéteurs impénitents

    Nous les seniors avons pris la fâcheuse habitude de nous plaindre de tout et de rien. Probablement parce que nous avons imprimé dans notre esprit que le reste de la société nous serait redevable de l’avoir précédée.

    La crise du Covid-19 a renforcé le phénomène et on a pu lire dans la presse écrite moult lettres de lecteurs du troisième âge se plaignant de « l’injustice qui leur était faite » avec le confinement. Certains en ont même profité pour réclamer une augmentation de leur rente AVS. Un autre, se référant à la part massive des décès parmi les couches les plus âgées de la population, a même été jusqu’à utiliser le néologisme inexcusable de « géronticide ». Après tout, il ne tenait qu’à tous ces retraités de rester actifs en interprétant avec bon sens les gestes barrière. Il ne tenait qu’à eux de continuer à faire leurs courses et à effectuer en plein air de longues ou de courtes balades.

    Au lieu d’expliquer aux jeunes générations, les accusant d’indifférence, que « c’est le moment de penser à leurs aînés », il serait temps que les seniors reconnaissent que ce sont eux qui ont une dette immense à l’égard de ces jeunes générations. Elles ont été confinées comme les anciens, précisément afin de protéger ceux-ci, cela au détriment de leur propre avenir économique et social. Alors que nos rentes de retraités, inchangées, continueront mois après mois à alimenter notre compte en banque.

    Pierre Kunz

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