Je la connais la musique...

  • Le gouvernement genevois s’attaque au surendettement

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    Mais pas au sien.

    Décidément, le Conseil d’Etat ne rate jamais une occasion de se faire la risée des citoyens. Selon le site de la RTS consulté jeudi matin, le voilà qui prétend donner des conseils à ses administrés en matière d’endettement et qui veut inscrire dans la loi ses conseils et les mesures qui vont avec, notamment un nouveau gonflement de l’administration publique.

    Les Genevois ont plusieurs raisons de se montrer sceptiques à propos de cette initiative de M. Apothéloz, voire d’en rire.

    En premier lieu, ils rappellent que Genève est le canton le plus mal placé pour donner des leçons en matière de surendettement, lui qui a accumulé au cours des 25 dernières années une dette de près de 20 milliards de francs (pas seulement de 12 comme persiste à le clamer notre ministre des finances). Cela non pas en investissant dans des infrastructures durables mais en dépenses de fonctionnement, de soutiens aux caisses de pension des fonctionnaires et en subventions de toutes natures. Aujourd’hui, Genève totalise une dette publique qui dépasse celles cumulées de tous les autres cantons.

    Par ailleurs, les Genevois ne manqueront pas de voir dans cette intervention du politique en matière de surendettement privé, une forme de surenchère à fort relent électoraliste (les prochaines élections se dérouleront au printemps 2023). Le CSP, Caritas et d’autres organismes privés sont en effet déjà actifs auprès de la catégorie de la population concernée.

    Enfin les Genevois vont s’interroger : sur le fond, est-ce bien le rôle de l’Etat de s’occuper de la manière dont les ménages gèrent, bien ou mal, leur budget ménager ? Jusqu’où les services publics entendent-ils aller dans la prise en charge des problèmes personnels des citoyens ?

    M. Apothéloz, quant à lui, justifie son projet de loi en affirmant que « le canton subit largement les conséquences du phénomène du surendettement parce que une grosse partie des dettes demeurant impayées contractées par les ménages sont fiscales et que par ailleurs Genève dépense 55 millions de francs pour prendre en charge les dettes individuelles envers les assurances maladie ». Mais cet argument n’est pas sérieux. En effet, si des gens, des jeunes surtout, s’endettent à l’égard de l’Etat et s’ils ne paient pas leurs primes d’assurance, c’est surtout parce qu’ils bénéficient dans ces cas d’une sorte d’impunité qui leur permet de faire passer ces dettes après d’autres dépenses qu’on peut souvent qualifier « de confort », des dépenses auxquelles ils pourraient mais ne veulent pas renoncer. C’est contre cette attitude que le Conseil d’Etat devrait intervenir.

    Pierre Kunz 

     

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  • 1992, lumière sur la faiblesse du Conseil fédéral

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    Les documents diplomatiques de 1992, qui viennent d’être mis à disposition des historiens, couvrent en particulier un évènement déterminant pour l’histoire contemporaine de la Suisse, à savoir le refus par le peuple de l’adhésion à l’EEE. Ils jettent une lumière crue sur la manière désastreuse dont le Conseil fédéral a fonctionné dans cette affaire. Il apparaît, à la lecture de ces archives, que le gouvernement ne possédait plus aucune boussole politique et qu’il était dramatiquement divisés par l’opportunité ou non de rejoindre l’EEE.

    Pour l’observateur attentif de la faiblesse inhérente à l’élection et au fonctionnement de notre exécutif fédéral, le constat le plus intéressant révélé par ces archives, est que les fractures du collège gouvernemental ne suivaient aucune ligne partisane. Une découverte pour certains, une confirmation pour ceux qui savent depuis longtemps que le mode électoral du Conseil fédéral constitue une relique poussiéreuse d’un autre temps. Ce mode électoral reste fondé sur l’élévation de certains politiciens du siège de député à celui de conseiller fédéral, selon des critères sans consistance politique. Est en effet exclu de ceux-ci, tout engagement du ou des candidats sur les lignes d’un programme politique de législature.

    A l’évidence, un tel programme ne peut se concevoir que, préalablement à l’élection du gouvernement, sur la base d’un accord entre les partis politiques et les groupes parlementaires ayant la volonté de diriger le pays. Malheureusement, il est de notoriété publique que les grands partis du pays, ancrés dans la défense de leur prés-carrés, gonflés d’importance par leur pouvoir de faire les rois, ne veulent pas de programmes de législature. En conséquence, le statu quo demeure et le Conseil fédéral, lorsque qu’il est confronté à des échéances critiques ou des épreuves délicates, navigue à vue. Non seulement il ne peut plus compter sur une majorité parlementaire, mais au surplus il se trouve miné en son sein par les visions personnelles de ses membres, librement exprimées et plus ou moins cohérentes.

    Ce qui s’est passé en 1992, lors de la votation sur l’EEE, offre une sidérante caricature de l’anachronisme dans lequel continuent de fonctionner nos autorités fédérales. Un anachronisme, renforcé par l’aveuglement volontaire de la caste politique helvétique dont personne ne veut s’extraire. A preuve, les tergiversations et les déclarations contradictoires des acteurs d’aujourd’hui à propos de l’accord institutionnel que réclame l’UE.

    Pierre Kunz

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  • Le peuple éclairé sur l’AVS ? Une fiction

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    Une fois de plus, malgré le déficit abyssal du compte AVS que les spécialistes nous promettent, nos autorités fédérales se sont révélées incapables de s’unir sur un accord général au sujet de la réforme de la loi qui est censée assurer l’équilibre de l’institution. Etant donné le caractère politicien explosif de l’affaire et les intérêts politiciens en jeu, il n’est pas vraiment surprenant que la gauche, avant même le vote final des Chambres, ait annoncé le lancement d’un référendum. Les Helvètes trancheront donc. Et comme d’habitude, ils prendront leur décision en se posant la mauvaise question. En l’occurrence, il se contenteront de dire oui ou non à l’élévation de l’âge de retraite des femmes, sans se donner la peine d’étudier les mesures d’accompagnement, ni même de considérer qu’il s’agit d’une décision à plusieurs milliards de francs.

    Cet énième appel au jugement du peuple devrait nous inviter à nous poser quelques questions à propos du fonctionnement de notre démocratie. Que le peuple soit si souvent appelé à décider à la place de ses représentants, n’illustre-t-il pas ce qui est ressenti comme l’incompétence et le manque de crédibilité de ces derniers ?  Par ailleurs, n’est-il pas navrant de noter que, dans cette « délégation », le peuple se trompe si souvent dans ses choix, parfois avec des conséquences dramatiques ?  La liste est longue de ses décisions catastrophiques que nos autorités ont précipitées. Deux exemples seulement : rejet de l'EEE en 1992 et approbation du plan de transition énergétique en 2017.

    De toute évidence, nous nous illusionnons en croyant que nos dirigeants deviennent naturellement, dès qu’ils sont portés au pouvoir, les dépositaires avisés du bien public par la grâce de leur désintéressement et leur vision d’avenir. En fait, soumis à la pression des évènements, des partis, des démagogues et des lobbies, ils se trouvent régulièrement incapables de répondre aux défis. Et quand ils ne sont plus en mesures d’apporter aux changements des réponses satisfaisantes, ils rameutent le peuple.  

    Or, c’est précisément dans ces circonstances que celui-ci est forcé de prendre ses plus importantes décisions. Mais comment pourrait-il, mieux que les élites politiques, faire les bons choix ?

    C’est l’interrogation qui fondait déjà un ouvrage publié en 1927, sous le titre « Le Peuple fantôme », par un des meilleurs éditorialistes américains du 20ème siècle, Walter Lippmann. Contrairement à ce que les défenseurs de la démocratie persistent à croire, affirmait Lippmann, le peuple souverain, « éclairé », qui serait capable, grâce à son intelligence innée, de répondre objectivement et sainement aux questions que lui posent les autorités dépassées, est un leurre. En réalité, il n’a tout simplement pas les moyens intellectuels ni le temps d’assumer le rôle de juge éclairé qu’on lui fait endosser en démocratie. Il est aveugle et divisé.

    Pour Lippmann, des gouvernants « toujours à la hauteur de leurs tâches » et un « peuple qui penserait juste et aurait toujours raison » constituent les deux dramatiques impossibilités de la démocratie. Toute sa faiblesse vient de là : rien ne donnera jamais aux gouvernants la capacité et l’intelligence d’agir avec justesse en toutes circonstances et rien ne rendra jamais le peuple intelligent. 

    Mais pouvons-nous vraiment surmonter ces dramatiques impossibilités ? Elles sont probablement le prix à payer à la démocratie. Dès lors, tout laisse penser que, longtemps encore, nous nous laisserons bercer par l’illusion que nos autorités savent ce qu’elles font. Et que, longtemps encore, nous continuerons prétentieusement à croire que le peuple, vertueux, sait toujours comment trancher les problèmes qui lui sont soumis.

     

     

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  • Être heureux ou laisser le temps passer ?

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    Quelques années avant sa mort tragique, on demandait à John Lennon ce que signifiait la vie pour lui. Sa réponse reste aussi mémorable que fulgurante : « La vie est le temps qui passe pendant qu’on fait autre chose ».

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  • World Inequality Report

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    Il y a des moments où l'on n’en peut plus de résister à la nécessité de corriger les "fake news" et de stigmatiser les médias qui s'en font les porteurs.

    Dernier exemple du travail de sape des ONG et de l'absence de conscience professionnelle de la RTS. Ce matin, se fondant sans le soumettre à la moindre critique sur un rapport du World Enequality Report, la RTS nous "apprend" que grâce au Covid, les super riches se seraient enrichis scandaleusement. Ce qui est faux. La moindre des choses aurait été pour le journaliste en cause de nuancer son propos et de noter que "durant la période du Covid" les cours de bourse ont prodigieusement augmenté et que cette augmentation a profité, comme lors des années de hausse de la décennie précédente, aux porteurs des actions des GAFA".

    Et, s'il avait fait son travail comme il convient, le journaliste en question aurait précisé que, dans notre pays, ont aussi largement profité du phénomène, la BNS, les caisses de pension helvétiques, l'AVS et tous les gros et petits porteurs privés de ces actions.

    Le rapport mentionné fait également état "des inégalités croissantes liées au Covid". Information complètement borgne, qui ne dit nulle part l'ampleur de ces inégalités, ni qui elles touchent : est-il question des inégalités entre les pays pauvres et les pays riches ? entre les classes moyennes de ces derniers et les plus modestes ? entre les super riches des pays industrialisés et les super pauvres des pays en développement ?

    Au surplus, il faut souligner que ce genre de statistiques, avant tout destinées à justifier l'existence des ONG qui les éditent et à favoriser les dons qui les font vivre, oublient fort opportunément toutes les prestations publiques destinées en permanence à améliorer la situation des plus modestes et des indépendants en cas de pandémie.

    Pierre Kunz

     

     

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  • Le prêchiprêcha incohérent des défenseurs du climat

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    En matière de lutte contre le dérèglement climatique, la COP26 offre en ce moment au monde politique un terrain fertile aux discours théâtraux et à l’expression d’engagements plus forts que jamais. Mais nous savons depuis longtemps qu’il s’agit là, comme lors des grands raouts précédents, surtout d’effets de manche qui ne s’accompagnent ni des accords multilatéraux requis pour les mettre en œuvre, ni de mesures concrètes et programmables.

    Les politiques ne sont pas seuls à prendre leur discours pour des réformes. Si l’on excepte les scientifiques du GIEC, leurs analyses chiffrées et leurs projections clairement argumentées, ils restent peu nombreux, en Suisse comme ailleurs, les soi-disant spécialistes capables de s’extraire du prêchiprêcha déstructuré accompagnant leur « diagnostic » de la problématique climatique.

    Le plus souvent, au lieu de se concentrer sur la priorité absolue (à savoir réduire drastiquement, en trente ans, le recours désastreux aux énergies fossiles par l’humanité), ils en appellent à des « solutions globales ». Ils sont évidemment d’autant moins en mesure de décrire et mettre en œuvre ces solutions qu’ils y incorporent la conservation de la biodiversité marine et terrestre, la mer de plastic, la sobriété voire la décroissance économique, la pénurie de matières premières, la dépollution de l’air, le recyclage des déchets, la recherche d’une « répartition plus équitable des richesses », le rejet du nucléaire, la réforme de l’agriculture et de l’élevage industriels, la lutte contre les excès et les gaspillages alimentaires, etc.

    Sans compter les « volontaristes donneurs d’espoirs » qui perdent leur temps à tenter de nous convaincre que chacun peut et doit, par un comportement « sobre », apporter une contribution significative à la résolution de la crise climatique. A l’évidence, ce qu’il est convenu d’appeler « l’éco-anxiété » et la bonne volonté des citoyens exemplaires ne suffiront jamais à résoudre notre problème climatique. La solution ne peut résider que dans un effort organisé rationnellement par la science, ceux qui nous gouvernent et les entreprises.

    Pour aborder le défi climatique avec optimisme et de manière efficace, il s’agit de sortir du maelstrom évoqué ci-dessus et de mettre de l’ordre dans les décisions prioritaires et les actions à mener. Denis de Rougement, s’il était encore parmi nous, rappellerait que « pour agir il faut simplifier » et de se disperser, aurait-il ajouté. A cet éclairage, il convient de dégager le constat le plus évident.

    Il faut reconnaître une fois pour toutes que le seul véritable problème climatique réside dans le 60 % environ des émissions de gaz à effet de serre provenant des énergies fossiles utilisées par les entreprises industrielle (24 %), le secteur des transport (16 %) et le fonctionnement des bâtiments (17 %). Et souligner que le charbon et le gaz naturel demeurent les deux principales sources de l'énergie électrique qu’utilise l’humanité.

    Les efforts de remplacement de ces énergies par des sources renouvelables doivent par conséquent constituer la priorité absolue. Comme l’explique notamment Bill Gates (*), ce sont ces domaines, qui doivent bénéficier de toute notre attention et des capitaux disponibles, en matière de R+D comme pour les infrastructures requises par le renouvelable. Les autres défis, moins urgents, par exemple, la protection de la biodiversité et l’amélioration des techniques agricoles, attendront.

    Tous les pays, pour des raisons historiques et géographiques, ne sont pas capables de faire des efforts identiques et au même rythme. Le réalisme impose donc que l’Occident cesse de tergiverser et d’exiger de la Chine et de l’Inde le même délai que le sien pour atteindre la neutralité carbone et qu’il investisse massivement dans le développement et la transition énergétique des pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud.

    Pierre Kunz

    (*) Bill Gates, Comment éviter un désastre

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  • Distribution alimentaire pour les étudiants ?

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    Ils ne manquent pas d’air les étudiants qui fréquentent l’Uni de Genève. Les voilà, avec l’aide de l’incontournable syndicat d’extrême-gauche qu’est la Conférence Universitaire des Associations d'Etudiant.e.x.s, (CUAE), qui réclament la distribution générale et permanente de repas à Fr. 3.-

    Effectivement, pendant la crise du Covid, les autorités universitaires et le monde politique genevois, comme souvent plus démagogiques que charitables et bons gestionnaires, à l’image des paniers de nourriture offerts aux plus modestes du canton durant cette période, avaient accordé aux étudiants et financé durant deux mois, des repas « à prix libre », dans les faits à Fr. 3.-

    « Nous sommes toujours aussi précaires, épuisés et stressés » prétendent les étudiants qui se sont exprimés devant des médias. On reste confondu par tant de mauvaise foi et d’opportunisme.

    En réalité, il n’y a pas d’étudiants à Genève qui ne seraient pas capables de se nourrir correctement. Mais bien sûr, lorsqu’ils peuvent dégager sur leur budget d’alimentation, au profit de leurs loisirs, entre Fr. 50.- et 80.- par semaine (même ceux qui sont au bénéfice d’une des centaines de bourses généreusement accordées chaque année par le canton), ils seraient décidément bien stupides de renoncer à une telle prestation. C’est bien pour cette raison qu’en deux mois nombre d’étudiants se sont rués sur les 22'380 (chiffre avancé par la CUAE) repas distribués.

    N’insistons pas sur l’argumentation financière farfelue des étudiants syndicalisés qui ne connaissent même pas le coût que chacun d’entre eux représente pour le canton et la Confédération, dans une Université subventionnée à raison de plus de 800 millions de francs chaque année. Notons simplement que décidément, même ceux qui sont destinés à devenir l’élite de notre canton, ont succombé aux illusions et à la perversion de l’Etat providence.

    « Cela ne coûte rien, disait François Hollande, c’est l’Etat qui paie ».

    Pierre Kunz

     

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  • Le terrorisme islamiste, les Ouïghours et la Chine

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    Allégé de la naïveté et l’hypocrisie qui l’ont caractérisé si longtemps, l’Occident commence à se préoccuper de la nouvelle donne géostratégique issue du conflit qui vient de s’achever. Ce dernier marque en effet l’aube d’une ère géopolitique, économique et sociale nouvelle en Asie centrale, dans laquelle, chacun le sent bien, la Chine jouera le premier rôle.

    Dans un ouvrage collectif publié par le CNRS en 2018 (*), un groupe d’analystes spécialistes de cette région a montré l’ampleur du défi que représentent pour la Chine, pas seulement au Xinjiang, les diverses mouvances du terrorisme islamiste. Un défi généralement passé sous silence par les observateurs occidentaux, essentiellement occupés à stigmatiser ce qu’ils appellent « la persécution des Ouïghours » par Pékin.

    Le Xinjiang, auparavant le théâtre de conquêtes successives ou partielles par différents royaumes, tribus, empires et république, a été conquis en totalité au milieu du 18ème siècle, après diverse péripéties guerrières, par la dynastie chinoise Qing. En 1884 elle devint formellement une province de l’empire sino-mandchou. En 1932-33, des insurrections indépendantistes conduisirent, pour quelques mois seulement, à l’établissement de la première république du Turkestan oriental. De 1934 à 1941, celui-ci devint un satellite de l’URSS, après quoi la jeune république rallia le Kuomintang en guerre civile contre Mao Zedong qui, en 1949, permis à la Chine communiste d’en prendre le contrôle définitif au travers de l’Armée populaire de libération. S’en suivit ce qu’il est juste de qualifier une politique d’assimilation des ethnies locales.

    Depuis, la minorité ouïghoure n’a cessé de cultiver et de manifester sa volonté d’émancipation, profitant des évènements survenus en Asie centrale, (indépendance des anciennes républiques soviétique d’Asie centrale et guerre victorieuse des moudjahidin afghans contre l’URSS), mais également en Irak et en Syrie. Les relations entre les islamistes indépendantistes du Xinjiang et leurs voisins installés en Afghanistan et au Pakistan (Al-Qaïda, Daech) se sont alors multipliées et approfondies. C’est ainsi que des volontaires ouïghoures ont participé par milliers au conflit syrien sous la bannière du PIT (Parti indépendantiste du Turkestan) aux côtés des combattants de Daech et de Al-Qaïda.

    La menace terroriste ouïghoure en Chine s’est ainsi progressivement renforcée au cours de la dernière décennie, favorisée par la connexion réalisée entre les divers groupes menant le Djihad au plan planétaire. Cette menace, prise très au sérieux à Pékin, a conduit les Chinois à s’investir fortement dans la coopération régionale contre le terrorisme. Pékin a tenu le rôle de cheville ouvrière de plusieurs organismes créés dans ce but et regroupant les pays de l’Asie centrale (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan et Ouzbékistan). Avec l’ambition affiché de briser les mouvements indépendantistes violents du Xinjiang.

    De toutes évidences, la Chine éprouve quelques inquiétudes à propos de l’évolution politique récente de l’Afghanistan qui a une frontière commune avec la Chine. Elle considère que le terrorisme est la principale menace pour la stabilité de la périphérie chinoise. Elle compte affronter ce défi (posé en Afghanistan mais aussi au Pakistan) en utilisant ses immenses ressources financières pour soutenir économiquement les pays de la région et en les faisant participer le mieux possible aux nouvelles routes de la soie. Elle pourra capitaliser à cet effet sur les relations harmonieuses qu’elle a su tisser avec tous les gouvernements régionaux, avec les Talibans aussi désormais au pouvoir à Kaboul.

    Pierre Kunz

    (*) La Chine dans le monde, 2018, CNRS, publié sous la direction d’Alice Ekman

     

     

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  • Temps présent, l’émotion avant l’objectivité

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    Temps présent du 2 septembre a fourni un nouvel exemple du goût immodéré de ses journalistes pour l’audimat et le scandale. Scandale presque toujours amplifié hors des proportions que devrait fixer l’objectivité.

    Le sujet traité jeudi dernier était évidemment chargé d’émotion puisqu’il s’agissait de ce que l’émission faisait passer pour le « le refus » des caisses-maladie de rembourser certains médicaments à des malades souffrant d’un cancer. Plusieurs de ces derniers sont apparus à l’écran, de manière particulièrement poignante quand il s’agissait d’enfants et des parents de ceux-ci. La révolte était évidente chez chacun. Leur incompréhension aussi des motifs qui empêchent les caisses-maladie d’autoriser avec remboursement la prise de tel ou tel médicament.

    Certes, l’émission a donné un peu de temps à un représentant de ces dernières pour expliciter ces motifs, à savoir les exigences légales qui interdisent aux assurances de rembourser un médicament ou un traitement non agréé par l’OFSP. Pourquoi un tel interdit ? Principalement à cause de l’insuffisance de la preuve scientifique de son efficacité thérapeutique.

    Il n’empêche, le téléspectateur ressentait un malaise en entendant le corps médical s’exprimer, lui, longuement. Il comprenait mal ces médecins, à l’origine des prescriptions qu’ils devaient pourtant savoir inacceptables pour les assurances, contestant sans nuance la position des caisses-maladie. Car, à aucun moment, ils n’ont évoqué une solution alternative ou tenté de justifier, avec la délicatesse voulue, devant leur patient, la position de l’OFSP et des assurances. On aurait attendu qu’au moins l’un d’eux relève le nécessaire contrôle des dépenses médicales dans notre pays, qu’il mentionne le mauvais fonctionnement de la LaMal, une loi qui, dans les faits, fait la part belle aux prescriptions médicales souvent questionnables, cela aux frais des assurés.

    Il se trouve que le jour précédent ce Temps présent, le Contrôle fédéral des finances (CDF) a publié un rapport éloquent, mettant en évidence l’attitude souvent contestable du corps médical et les « excès thérapeutiques » de certains de ses membres. Un rapport qui hier soir a jeté une lumière crue sur l’émission de la TSR, empreinte d’émotion mais peu objective. Manifestement, prenant connaissance du rapport du CDF, ses concepteurs auraient mieux fait de reprogrammer leur reportage et de le concevoir différemment.

    Pierre Kunz

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  • Sans le nucléaire la transition énergétique court à l’échec

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    On sait aujourd’hui que le plan de transition énergétique adopté par le peuple suisse en 2017, tel qu’il a été ficelé, ne permettra pas à la Suisse d’atteindra le zéro carbone en 2050. Le Conseil fédéral l’a reconnu implicitement, lui qui envisage de soutenir la mise en service, « pour une période de transition », de cinq centrales à gaz.

    Cette nouvelle ne fait que confirmer le scepticisme affiché par les spécialistes, dès l’élaboration de la loi, sur les hypothèses retenues à l’appui du projet. Ils retiennent principalement que :

    • le concept de la « société à 2000 watts », qui faisait croire que les Suisse allaient réduire en 30 ans les deux tiers de leurs dépenses énergétiques, est un leurre ; on sait qu’en réalité la consommation énergétique ne peut qu’augmenter fortement dans l’avenir : sur la planète, il est attendu qu’en 2050 elle aura crû de 40 % par rapport à 2020 ;
    • le remplacement de l’énergie nucléaire dont nous bénéficions actuellement, soit 36 % de notre consommation électrique, par les énergies renouvelables est un mirage : en 2050 l’éolien restera insignifiant, le photovoltaïque, demeurera loin des attentes, la géothermie, bien que prometteuse, ne pourra pas compenser ces insuffisances et nous ne pourrons pas accroître notablement la part de l’énergie hydraulique dans notre mix énergétique.

    Au vu des enjeux climatiques et de notre dépendance énergétique grandissante à l’égard de l’étranger, la question se pose donc non plus seulement de faire durer les quatre centrales nucléaires encore en fonction mais d’en construire une nouvelle.

    La simple évocation en Suisse d’une telle réflexion fait évidemment bondir les intégristes antinucléaires qui se gardent de relever que dans le monde près de 200 centrales nucléaires sont en fonction et plus d’une centaine en construction. Au contraire, ils reprennent leur discours sans nuances :

    • « les risques d’accidents nucléaires sont terrifiants » (en fait, 5 accidents se ont eu lieu en 50 ans entraînant quelques centaines de décès alors qu’en comparaison les entreprises du fossile et de la chimie sont, durant la même période, à l’origine de dizaines de catastrophes ayant causé la mort de milliers de gens) ;
    • « la problématique des déchets n’est pas résolue » (alors que les sites sûrs de dépôts sont désormais identifiés et que d'autre part les entreprises spécialisées sont en train de développer des réacteurs d’une nouvelle génération qui ne produiront presque plus de déchets radio actifs) ;
    • « l’énergie nucléaire est trop coûteuse » (elle l’est seulement en comparaison avec le prix intenable des énergies fossiles, faussé depuis toujours parce que n’intégrant pas les externalités liées au carbone).

    Les réalités, en Suisse aussi, sont têtues. Elles démontrent qu’il n’est pas possible d’envisager un avenir où l’on décarbonerait nos réseaux électriques à un coût abordable, avec la sécurité d’approvisionnement requise, sans utiliser davantage l’énergie nucléaire qui, elle, ne dégage pas de gaz à effet de serre.

    Pierre Kunz

     

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  • La jeunesse de gauche est anachronique et stupide

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    On pensait que, forte de sa conviction que désormais le moteur de l’Histoire se trouve dans les minorités et les marges (LGBTQ, immigrés, femmes féministes, blacks et beurs présentés évidement comme victime du racisme, etc.), la gauche avait oublié ses canons du 19ème siècle. Eh bien non ! La voilà, cette gauche anachronique, représentée en l’occurrence par les Jeunes socialistes, qui se manifeste en déposant une initiative destinée soi-disant à « équilibrer les revenus » au prétexte que ceux qui ont de l’argent qui travaille pour eux doivent passer à la caisse fiscale.

    Les défenseurs de l’initiative ne visent, disent-ils, que les plus riches de notre pays, soit 1 % d’entre nous. Ces soi-disant progressistes et pourfendeurs du capitalisme entendent à cette fin surtaxer les revenus du capital. Ils oublient (probablement ne savent-ils même pas !) que parmi les plus gros bénéficiaires de cet argent « qui travaille au profit des riches sans que ceux-ci bougent le petit doigt », on trouve leurs caisses de pension et l’AVS.

    Une fois de plus on se trouve en présence d’une de ces initiatives caractéristiques de la gauche, scandaleusement démagogiques (leur argumentaire est truffé de contre-vérités et de promesses intenables), rédigées sur un coin de table, sans réflexion même superficielle à propos de leurs conséquence économiques et sociales. Une de ces initiatives qui marquent, au sein de la gauche, la haine des riches et la « jalousie inique contre celui qui est arrivé de celui qui est en route » (Victor Hugo).

    La droite helvétique ne manque pas d’utiliser sur d’autres sujets les mêmes outrances démagogiques que la gauche. Mais au moins ses textes sont-ils élaborés sérieusement. L’initiative dite 99 % est, elle, simplement ridicule.

    Pierre Kunz

     

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  • AVS : inventer la misère pour ne rien changer

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    Le sujet de l’AVS et de l’adaptation de l’âge de la retraite est complexe. Pour le commun des mortels il est difficile d’en prendre complètement la mesure. Sans surprise, une partie de la classe politique en profite pour cultiver son marché électoral, quitte à utiliser les arguments les plus insensés et les plus démagogiques. Les élus fédéraux Verts et socialistes sont les plus en vue dans la campagne réactionnaire menée sur ce sujet, avec à leur têt, les inévitables conseillers nationaux Léonore Porchet et Samuel Ben Dahan.

    En dépit de tous les enseignements des actuaires et des démographes, ils s’accrochent au status quo. Aveugles et sourds volontaires, ils refusent d’admettre l’évidence : reculer l’âge de la retraite est une nécessité si en notre pays entend relever les défis financiers que pose à l’AVS l’évolution démographique.

    A l’appui de leur rhétorique, ils manient les peurs, tonnent contre les inégalités et la soi-disant injustice des réformes envisagées, prédisent un gonflement massif du chômage et mélangent allègrement les enjeux de l’AVS et du 2ème pilier. En se gardant bien sûr de rappeler que l’AVS est un des systèmes les plus sociaux et redistributeurs du monde puisque son financement est assuré par des prélèvements proportionnels aux revenus des cotisants alors que les rentes distribuées sont les mêmes pour tous les bénéficiaires.

    Pour convaincre, ces conservateurs obstinés comptent sur la misère qu’ils inventent. Et pour combler les trous énormes du compte de l’AVS que ne manquera pas de creuser le status quo, ils suggèrent de taxer les riches, les entreprises et de prélever les réserves de la BNS.

    En fait, ces pseudo-progressistes sont des acteurs du passé animés par une vision anachronique du « travail ». Ils en sont restés au 19ème siècle, celui des fondateurs du socialisme, quand les prolétaires, misérablement payés, croulaient sous la lourdeur et l’insanité de leur labeur, dans des journées interminables. Selon eux, le travail est demeuré une punition et l’objectif qu’ils font valoir est de bosser le moins longtemps possible pour ces salauds de patrons.

    Or, aujourd’hui, la très vaste majorité des Helvètes, les enquêtes de satisfaction le montrent, sont heureux dans leurs emplois (soit rappelé en passant, les mieux rémunérés du monde !). Il est pour eux une source de réalisation personnelle et un lieu d’enrichissement social. Et, lorsqu’ils y songent, les heureux Helvètes se rendent bien compte qu’en repoussant l’âge de leur retraite ils pourront conserver, pendant un ou deux ans supplémentaires, un revenu plus élevé que les rentes AVS et de leur caisse de pension dont ils bénéficieront.

    Pierre Kunz

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  • Les chiffres irrelevants de Dominique Bourg

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    S’agissant du diagnostic à poser sur l’état du climat et de la planète, on peut faire confiance au professeur honoraire à l’UNIL. Par contre ne comptons pas sur lui pour décliner des solutions réalistes aux défis économiques et sociaux qui se posent à l’humanité.

    L’interview qu’il a donné à la TdG du 29 juin en témoigne, il ne croit pas vraiment possible de changer nos comportements consuméristes sans l’engagement des politiques, sans un cadrage clair par les gouvernements et sans l’imposition par ceux-ci de la fiscalité requise par les échéances climatiques. Malheureusement, au lieu de le dire clairement, il s’exprime sans oser prendre le parti du réalisme et de l’efficacité. Alors, timidement, il se content de défendre « une agroécologie de proximité » et, plus généralement « un partage des efforts après un débat démocratique ».

    D. Bourg n’est pas seulement timide, il complique les enjeux. Pourquoi diable, quand il scrute la question importante de la répartition des efforts entre les diverses couches de populations, cite-t-il des chiffres qui n’ont rien à voir avec la réalité sociale et environnementale des pays industrialisés, de la Suisse en particulier ? S’il n’est guère contestable en effet qu’au plan mondial « les 10 % les plus riches de la planète provoquent 52 % des émissions et les pauvres seulement 7 % », ces chiffres sont totalement irrelevants en Occident. Dans notre partie du monde, ce sont au contraire les classes moyennes et modestes qui sont responsables, par leur consumérisme débridé, de probablement 85 % des émissions.

    En argumentant comme il le fait, D. Bourg amplifie et dramatise en Europe la problématique de la répartition des efforts et des coûts de la transition climatique. Rien ne justifie qu’en Europe on cherche à résoudre ce problème de la même manière qu’en Afrique ou en Amérique du Sud. Chez nous, contrairement à ce qu’il affirme, l’équité veut qu’on le règle sur la base du principe du pollueur-payeur. Un principe nuancé bien sûr de manière socialement raisonnable et équilibré par des accords internationaux. Un principe sur lequel se fonde la nécessaire introduction du seul instrument fiscal incitatif vraiment efficace, la future taxe sur le CO2.

    Pierre Kunz

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  • Faire payer aux riches le sauvetage du climat ? 

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    Le GIEC vient d’annoncer son prochain rapport, plus alarmiste que jamais.

    C’est le moment que choisissent certains milieux pour, au nom de « l’égalité », retarder la mise en œuvre des technologies et des investissements nécessaires à la lutte contre le réchauffement climatique.

    Révélatrices à Genève de cette attitude, les exigences de l’Asloca qui prétend « exonérer le loyer des locataires des frais d’assainissement des immeubles mal isolés et chauffés au mazout » et faire payer exclusivement « les riches propriétaires ».  Comme si les locataires (80 % environ des habitants du canton) étaient des humains à part, pas concernés par les efforts à accomplir en vue de réduire notre empreinte carbone. Comme si, au surplus, ils ne seront pas les premiers bénéficiaires de la réduction des charges de chauffage résultant de cet assainissement.

    Mais il y a plus inquiétant. Dans les pays industrialisés, la gauche « internationaliste et progressiste » se met en ordre de bataille, dans son obsession égalitariste, pour « faire payer aux riches » le sauvetage du climat.

    Pourtant, ce sont surtout les classes moyennes et modestes, celles qui représentent 80 à 90 % des populations occidentales, qui sont à l’origine de nos problèmes. Elles ont vu leur pouvoir d’achat augmenter massivement depuis le milieu de 20ème siècle et n’ont cessé d’accroître leur consommation de produits et services carbonés. Elles sont à l’origine de la plus grande part des prélèvements excessifs sur les ressources naturelles et des émissions de gaz à effet de serre qu’il s’agit de neutraliser.

    Certes, individuellement les riches consomment plus et génèrent proportionnellement plus de gaz à effet de serre que leurs autres. Ils utilisent des jets privés et des voitures à grosse cylindrée, ils ont des piscines et voyagent beaucoup. Mais ils restent peu nombreux et chacun devrait admettre que leur part dans les milliards de tonnes de gaz à effet de serre produit en Occident chaque année ne peut pas représenter davantage que 5 ou10 %.

    Seuls les idéologues et les envieux peuvent donc imaginer et trouver juste de leur faire supporter seuls le coût du sauvetage du climat. Les indispensables taxes dites « carbone », celles qui permettront de gagner la lutte contre le réchauffement climatique, sont des taxes prélevées sur la consommation. La raison et l’honnêteté exigent évidemment que les plus aisés les supportent. Comme les classes moyennes et laborieuses, en proportion de leur consommation.  

    Pierre Kunz

     

     

     

     

     

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  • Thonon-Machilly, une autoroute qui perturbe les promoteurs du CEVA

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    Le projet d’autoroute Thonon-Machilly donne de l’urticaire aux autorités genevoises. A raison, parce qu’il représente un handicap supplémentaire sérieux à la rentabilité des milliards investis par Genève et la Confédération dans un CEVA dont tous les analystes savent depuis son lancement qu’il fonctionnerait à perte et pour longtemps.

    Un quotidien romand tire de cette affaire une demi-page dans son édition de ce jour, demi-page consacrée notamment aux déclarations de Sami Kanaan, conseiller administratif de la Ville. Celui-ci, confronté à une décision des autorités françaises qui met à mal le discours lénifiant que tiennent depuis des décennies les politiciens genevois sur le « Grand Genève », adopte une posture pitoyable.

    D’abord, il prétend que le Léman Express est un « succès ». Mais il est bien incapable de donner le moindre chiffre à propos de ce prétendu succès que nombre d’observateur contestent.

    Ensuite, il se lamente au sujet d’un projet qui « risque de d’inciter les usagers du Léman Express à reprendre le volant », soulignant ainsi, lors de la naissance du CEVA, l’absence de planification régionale multimodale sérieuse. Si une telle étude avait été entreprise à l’époque, on aurait compris que la construction du CEVA était prématurée et non prioritaire pour Genève. On aurait compris que le désenclavement de Thonon par la route était indispensable et constituait lui une priorité régionale.

    Enfin, Sami Kanaan pleure sur les centaines de millions d’euros que les Français vont investir dans une autoroute … au lieu de construire les P+R qui étaient censés accompagner l’inauguration du Léman Express. Une exigence qui aurait dû, si la planification n’était pas demeurée aussi déficiente, être formalisée lors des accords franco-helvético-genevois avant le début des travaux.

    Décidément, le tronçon d’autoroute Thonon-Machilly, constitue un révélateur enrageant des carences d’un projet ferroviaire né aux forceps, sous les efforts de l’idéologie verte et de certains milieux genevois de la construction.

    Pierre Kunz

     

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  • Haro sur les réserves des caisses-maladie

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    Les médias relatent ce jour la décision d’Assura, qualifiée de « coup de tonnerre », de réduire à 150 % de son taux de solvabilité le montant de ses réserves. Et le journaliste de la TSR d’espliquer : si l’autorité fédérale donne son aval à l’opération et si le même pas est franchi par les autres assureurs-maladie « les assurés se verront rembourser quelques milliards de primes payées en trop ».

    Affirmation susceptible de faire saliver nombre d’entre nous. Mais ça fait combien au juste pour chacun des assurés ?

    Les réserves cumulées de toutes les assurances sont estimées à 11,3 Md de francs. Elles se situent à 203 % du taux de solvabilité des compagnies d’assurance-maladie, 100 % étant le minimum prévu par la loi. Cela étant on calcule que si ce pourcentage est réduit à 150 %, le montant à distribuer se situe approximativement à 2,8 milliards. Répartie sur tous les assurés, soit autour de 8 millions d’adultes et d’enfants, cette somme se réduit en moyenne à un versement unique de … 350 francs par personne. 

    Ce n’est pas négligeable certes, et bon à prendre. Mais quand on compare ce chiffre avec le montant de la prime payée mensuellement par les assurés on cesse de saliver. Et on se rend compte que pour réduire effectivement et durablement la prime en question il faudra trouver d’autres solutions.

    Pierre Kunz

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  • Contester loi sur le CO2 c'est oublier l'origine du problème

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    A l’évidence, nous serons tous, directement et indirectement, touchés par la hausse du prix de l’essence et par celle du prix des billets d’avion, même si les taxes ainsi prélevées par la Confédération seront largement redistribuées aux particuliers et aux entreprises les plus vertueux, climatiquement parlant. Osons l’affirmer, dans les décennies à venir, si la Suisse entend participer comme elle s’y est engagée à la lutte contre le réchauffement climatique, tout laisse penser que la pression fiscale à caractère climatique sur nos habitudes dépensières ne pourra que croître. Pourquoi ?

    L’histoire récente nous montre que, profitant du boom économique des « Trente glorieuses » et de la multiplication par 4 voire 5 entre 1950 et 2020 de leur pouvoir d’achat moyen, tous les ménages de l’Helvétie, ceux surtout disposant de revenus peu élevés et moyens, se sont rués dès l’après-guerre, sur les produits et services aujourd’hui considérés comme les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre : voitures, appareils ménagers, voyages internationaux, téléphones, informatique, logements spacieux, consommation décuplée de fruits exotiques, achats massifs de textiles asiatiques, etc. Tous produits et services n’ayant jamais intégré dans leur prix le coût de la protection et de réparation de l’environnement qu’ils ont contribué et contribuent encore à détruire.

    Soit dit en passant, ce constat se vérifie pour l’ensemble du monde occidental.

    Ainsi, prétendre comme le font les référendaires que « la loi sur le CO2 est injuste car elle touche surtout les petits et moyens revenus » procède d’une argumentation démagogique. Il n’y a en effet rien d’injuste à faire participer l’ensemble des Helvètes à l’effort climatique puisque les classes à revenus modestes et moyens, soit 80 à 90% de la population, sont celles qui ont le plus profité, en termes de consommation, de l’accroissement de leur pouvoir d’achat au cours des dernières décennies et en même temps le plus contribué à nos émissions de gaz à effet de serre.

    Comme on aime le dire chez nos amis anglo-saxons : « There is no free meal, someone has to pay for it ».  En l’occurrence, il est demandé logiquement à chacun d’entre nous de réparer (oh si peu !) aujourd’hui l’environnement dont nous nous sommes servis à crédit depuis ¾ de siècle.

    Pierre Kunz

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  • Inquiétantes les initiatives dites "phytos"

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    Les auteurs des deux initiatives susmentionnées sont d’avis que les produits de synthèse utilisés dans l’agriculture suisse et mondiale sont toxiques pour les sols et les rivières (ce qui est vrai lorsqu’ils sont utilisés de manière abusive) et dangereux pour les consommateurs (ce qui est faux). Ils veulent nous faire croire que s’ils sont suivis, l’agriculture suisse passera au 100 % bio. Pire, ils croient sérieusement que cet ilot que serait la Suisse servira d’exemple au reste de l’humanité.

    Rappelons en préambule que le bio n’a jamais eu vocation, aux yeux de ses concepteurs, à nourrir plus sainement les Suisses mais à faire de la marge. Le bio est une niche commerciale détectée il y a une vingtaine d’années par les grands distributeurs et exploitée avec succès par ceux-ci depuis lors.

    Soulignons aussi que les Suisses profitent d’un environnement parmi les plus sains du monde et que la qualité des aliments non-bio vendus en Suisse, importés ou produits localement, est très élevée. Ces produits ne mettent aucunement en danger la santé de nos concitoyens quand ils s’en nourrissent de manière équilibrée et diversifiée. Les services de contrôle sanitaire publics y veillent.

    S’agissant des producteurs suisses, certains ont profité marginalement de la mode bio. Ils ont certes été rémunérés un peu mieux mais leurs rendements ont baissé et leur travail s’est compliqué. Au demeurant on se demande bien comment, si ces initiatives étaient adoptées, ils pourraient survivre face à la concurrence étrangère, sachant que notre pays couvre la moitié seulement de ses besoins alimentaires.

    S’agissant de l’alimentation de l’humanité, le dogmatisme des initiants et leur méconnaissance effarante des réalités démographiques et alimentaires mondiales les égarent. C’est ce que conduisent à penser les enseignements de Jean-Paul Charvet, professeur en géographie agricole et rurale à Paris. Il nous dit (*) que « la nourriture du terrien « moyen » était produite sur 0,45 hectare en 1960 et sur 0,25 hectare en l’an 2000. Pour nourrir la population mondiale en 2050 il va falloir le faire sur 0,15 hectare. Les terres arables de la planète étant limitées, seul un recours large aux techniques agricoles « productivistes » permettra d’atteindre l’objectif. A savoir, en limitant évidemment au mieux les problèmes écologiques inhérents, le recours renforcé à l’irrigation et aux intrants (engrais et pesticides) d’origine industrielle et aux semences issues des biotechnologies (OGM) ».

    Manifestement, interdire drastiquement l’usage des pesticides chimiques, comme l’ambitionnent des initiants, c’est conduire l’humanité au désastre. Gardons-nous donc de les suivre.

    Pierre Kunz  

    (*) Atlas de l’agriculture mondiale

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  • Bizarre, la transition énergétique selon le Conseil d’Etat

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    En matière de transition énergétique, le Conseil d’Etat a des objectifs élevés. C’est bien. Sauf qu’il fait comme si cette transition impliquerait de consommer moins d’énergie.

    Le Conseil d’Etat entend « offrir à la population genevoise un avenir durable et une meilleure qualité de vie grâce au développement de nos énergies locales, durables et propres ». A cet effet, il précise les principales orientations de son plan directeur de l’énergie : sortir du chauffage fossile, rénover massivement le par bâti, développer les réseaux thermiques et valoriser les énergies renouvelables locales. Toutes mesures qui effectivement vont aider Genève à réduire de 60 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) et atteindre la neutralité carbone vers 2050.

    Mais on se demande bien pourquoi il se fixe un autre objectif, carrément insensé celui-là, à savoir, « diviser par 3,5 la consommation d’énergie du canton à l’horizon 2050 au prétexte de la société à 2000 watts ». Un objectif insensé parce qu’on ne voit pas pourquoi la diminution de la consommation d’énergie des Genevois, donc leur confort et leur niveau de vie, devrait constituer un objectif stratégique de la lutte contre le réchauffement climatique. Surtout quand on sait que, selon les SIG, l’électricité fournie aux habitants du canton est, déjà aujourd’hui, issue de sources 100 % renouvelables.

    Remplacer, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, le parc de véhicule à essence par une flotte électrifiée n’impose pas que les Genevois se privent de leur bagnole. Pas plus que, remplaçant leur chaudière à mazout par une pompe à chaleur, ils doivent réduire leur confort. Certes, les particuliers et les entreprises seraient heureux de consommer moins et de pouvoir payer moins pour cette énergie si leur facture mensuelle se trouvait amoindrie. Mais il s’agit-là de bénéfices qui n’ont rien à voir avec la transition énergétique et qui relèvent de décisions opportunistes individuelles.

    Il faut le souligner, la société à 2000 W invoquée par le Conseil d’Etat, est une utopie née dans le cerveau d’intellectuels débordant d’imagination. Elle est pourtant véhiculée par certains partis politiques et est devenue l’argument préféré d’écologistes qui, oublieux du potentiel de la recherche scientifique, ne voient la lutte contre le réchauffement climatique que dans la décroissance. C’est une vision dangereusement pessimiste et absurde : depuis 10'000 ans chaque génération de l’humanité a toujours amélioré son niveau de vie grâce aux progrès techniques et à la découverte de nouvelles sources d’énergie.

    Notre défi n’est pas de consommer moins d’énergie. Il consiste à trouver d’ici 2050, et de les mettre en œuvre, les technologies et les sources d’énergies renouvelables qui permettront à l’humanité d’éliminer les 51 milliards de tonnes de gaz à effet de serre que nos économies recrachent aujourd’hui. C’est absolument possible.

    Pierre Kunz

     

     

     

     

     

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  • Bertrand Reich, repartir ou partir ?

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    Bertrand Reich est un homme honnête et dévoué. Personne ne devrait douter de sa sincérité lorsqu’il affirme qu’il a toujours, dans sa tâche, songé à l’intérêt du PLR. Malheureusement, lorsqu’il a repris la présidence du PLR, il n’a pas voulu ou osé imposer une autre voie que celle tracée par son prédécesseur. Cela simplement parce qu’il ne possède pas la fermeté de caractère et la rudesse qu’il lui aurait fallu pour mater la meute hurlante qui, au sein de la direction du parti, avait décidé de détruire Pierre Maudet.

    Au moment où le PLR s’apprête à renouveler ou à conserver son équipe dirigeante, il y a chez Bertrand Reich une forme de stoïcisme dans sa volonté de s’accrocher à la présidence. Mais son stoïcisme l’aveugle (son interview hier soir sur Forum l’a montré de nouveau) et il continue à se tromper sur les enjeux.

    Il ne semble pas mesurer l’ampleur et les dangers de la crise qui, si un effort colossal de redressement n’est pas entrepris sans délai, pousse le PLR vers l’abîme, autrement dit vers le statut d’un parti croupion. 

    Bertrand Reich ne discerne pas non plus l’ambition malsaine de ceux qui militent pour son maintien dans le seul but de justifier, à travers la reconduction de son mandat, les deux années de la politique désastreuse qu’ils ont menée avec l’appui d’un président myope et sourd. Une politique qui, en mars dernier, a privé le PLR de la moitié de son électorat au profit de celui qu’ils comptaient abattre.

    Est-ce que le 19 mai prochain une majorité de l’assemblée générale du PLR saura faire accepter à Bertrand Reich qu’il ne peut pas être l’homme destiné à présider à l’effort immense de ce redressement ?

    Pierre Kunz

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