Je la connais la musique... - Page 5

  • La réforme de la fiscalité est en marche

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    L'Assemblée constituante a validé la proposition de la commission « organisation territoriale et relations extérieures » qui vise à introduire l'imposition communale au lieu du domicile. Ce vote est historique pour Genève qui connaît encore, à l'inverse de tous les autres cantons de Suisse, un régime d'imposition prioritaire au lieu de travail.

    De l'avis de la majorité des constituants, l'imposition au lieu du domicile apportera un souffle nouveau à Genève, particulièrement en matière de création de logements. Les communes suburbaines devraient en effet ainsi cesser d'être incitées à privilégier l'accueil des entreprises plutôt que celui de nouveaux habitants. A l'évidence, aux yeux de élus qui ont fait passer le projet jeudi soir, la pénurie de logements à Genève, la plus aigue du pays, est en partie au moins la conséquence directe de la fiscalité communale anachronique en vigueur chez nous.

    Bien évidemment, la réforme ainsi engagée sera accompagnée par d'autres modifications structurelles : celle de la péréquation intercommunale qui doit évoluer vers davantage de simplicité et moins d'inégalité dans le train de vie des communes ; celle aussi d'une nouvelle répartition entre les communes, la Ville essentiellement, et le canton de certaines tâches et de leur financement. On pense plus particulièrement aux institutions culturelles et sportives qui actuellement sont intégralement à la charge des habitants de la Ville malgré leur rôle manifestement d'importance cantonale voire régionale.

    Le PS, par la plume de son chef de groupe Cyril Mizrahi, rejette aujourd'hui sur son blog, dans des termes aussi violents que contraires aux faits, cette réforme pourtant incontournable aux yeux de ceux qui ont les yeux fixés sur l'avenir du canton et de ses habitants. Manifestement cette réaction repose sur des a priori que le Conseil d'Etat, qui soutient unanimement le changement, récuse. Il ne s'agit pas d'une « attaque en règle contre la Ville au profit des contribuables aisés » puisque celle-ci ne verra pas son équilibre financier atteint, cela grâce aux diverses mesures d'accompagnement envisagées. Il n'est pas vrai que « les finances des communes seront mises en péril » puisque la quasi-totalité d'entre-elles verront leurs revenus de fonctionnement croître grâce à la nouvelle péréquation envisagée.

    Il n'est pas correct enfin de prétendre, comme le fait Cyril Mizrahi, « qu'en l'état le projet constitutionnel n'a plus de chances de passer la rampe ». Au contraire, il en a désormais plus que jamais.  Les grandes communes suburbaines, Lancy, Vernier, Thônex, Versoix, Bernex et Onex en particulier, seront en effet les principales bénéficiaires de la réforme, comme le démontrent les analyses réalisées par les services du Département conduit par le conseiller d'Etat David Hiler.

    Pierre Kunz, constituant

     

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  • Elections, la ronde des boucs émissaires

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    La campagne électorale des Chambres fédérales s'achève. Jamais jusqu'ici les discours, les écrits, les débats ne se sont concentrés autant sur les urgences et les symptômes. Jamais dans le passé les questions de fond n'ont été aussi peu abordées.

    Signe des temps troublés et incertains ? Complexité croissante des questions politiques ? Primat renforcé de l'immédiateté ? Paralysie institutionnelle du pouvoir ? Dérive de la démocratie parlementaire vers le pouvoir de la rue et du Café du commerce ? Toujours est-il que le ton de la campagne a été donné, au cours des dernières semaines, par ceux qui se sont astreints à invectiver les « coupables » des maux qui bousculent notre société. Sans analyse des éléments constitutifs des problèmes évoqués, sans référence aux données institutionnelles, sans égard pour le contexte économique et géopolitique dans lequel ils s'inscrivent, les tribuns ont concentré leurs discours et leurs écrits sur la désignation de boucs émissaires commodes.

    Florilège. Les primes d'assurance maladie croissent sans cesse ? C'est la faute aux assureurs. Le chômage reste au bout du lac le plus élevé du pays ? C'est la faute aux frontaliers. Les Genevois ne trouvent plus de logement ? C'est la faute aux bilatérales. On ne peut plus circuler à Genève ? C'est encore la faute aux frontaliers. Les loyers augmentent ? C'est la faute aux sociétés étrangères qui amènent avec elles à Genève leurs employés étrangers ? La petite criminalité et l'insécurité se renforcent ? C'est la faute à l'immigration massive. Les Etats doivent économiser ? C'est la faute aux banques. La prévoyance sociale perd son équilibre, les prestations sont en danger ? C'est la faute aux riches qui ne paient pas assez d'impôt.

    Et pourtant ! La vérité sur ces questions, souvent dérangeantes certes pour les autorités en place qui n'ont su prévoir et apporter les réponses adéquates, ne saurait se résumer à ces slogans populistes et leur solution ne peut naître de la mise à mort des boucs émissaires. Deux exemples.

    Les candidats MCG ont placé l'accusation des assurances maladie au coeur de leur campagne électorale. Selon eux, les assureurs sont des voyous organisés pour voler le peuple des assurés. Pourtant les assurances ont été mises dans leur rôle par une loi, la LaMal, votée il y a une vingtaine d'années par le parlement fédéral. Elles ne font qu'appliquer cette loi sous le contrôle des autorités du pays. Quant aux coûts engendrés par l'administration de ces institutions, réserves comprises, chacun sait ou devrait savoir qu'ils ne représentent que quelques pourcents des 50 milliards par an que les Suisses consacrent à leur santé. Ces frais et ces réserves ne peuvent donc expliquer même partiellement la hausse continuelle des primes d'assurance.

    La gauche, pour sa part, ne cesse de stigmatiser le rôle des banques dans la crise de la dette. Selon elle, si les Etats sont dans l'obligation de resserrer leur action sociale et leurs prestations c'est parce que les banques, par leurs excès spéculatifs passés, mettent aujourd'hui en danger les finances publiques. Mais ce faisant les pourfendeurs du monde bancaire évacuent dans leurs discours la véritable cause des programmes d'austérité qui frappent les couches sociales les plus fragiles, c'est-à-dire la mauvaise habitude qu'ont prise les Etats occidentaux, Genève notamment, de vivre au-dessus de leurs moyens, d'être généreux avec l'argent emprunté. Les milliards requis par le sauvetage des banques ne représentent qu'une faible partie de la dette publique des Etats.

    Dans ce contexte la palme de la mauvaise foi (et de la stupidité !) revient sans conteste à ces collectivités régionales françaises qui ont conclu avec les banques au cours des années passées des accords très spéculatifs pour financer leurs dettes à meilleur compte. Elles prétendent qu'elles auraient été mal conseillées et qu'elles « ne savaient pas s'exposer au risque de devoir assumer la mauvaise part de ces accords, c'est-à-dire de lourdes pénalités en cas de retournement du marché ».

    « Chacun conçoit les affaires politiques selon la portée de son esprit », écrivait le Cardinal de Richelieu. Dans notre démocratie cette conception de chacun a une conséquence : la composition pour 4 ans du Conseil national et du Conseil des Etats.

    Pierre Kunz

     

     

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  • L'immobile Direction de la mobilité

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    Voilà près d'une décennie que des conseillers d'Etat écologistes sont en charge de la Direction générale de la mobilité. Il faut bien, en effet, parler de « charge » tant ce service semble avoir souffert durant ce laps de temps de l'improvisation permanente régnante et de l'absence de toute stratégie globale en matière de déplacements. Pas étonnant que le verdict concluant l'audit réalisé dans ce service soit aussi accablant : « Il faut tout restructurer. En l'état, la DGM est incapable d'assurer la planification des flux de circulation à l'échelle cantonale ».

    Deux remarques au moins s'imposent à ce sujet.

    Il est surprenant que pratiquement personne au sein de la classe politique et des médias n'ait relevé la faillite du Conseil d'Etat dans cette affaire. Une fois de plus, le gouvernement « collégial » mais surtout Robert Cramer, responsable de ce service durant de longues années, et son successeur, Michèle Künzler, sont traités comme une espèce ministérielle hors sol, irréprochable. Et tous de s'acharner sur un chef de service qui, comme nombre de ses collègues de même niveau, s'est toujours trouvé désarmé face aux incohérences nées de l'absence de véritables lignes directives et des discours démagogiques de ses chefs successifs de département, des discours servant de substitut à une vraie politique en matière de mobilité.

    On soulignera que tout récemment, dans le secteur privé, suite à un problème interne grave c'est la tête la plus haute de la banque en cause qui est tombée, cela  de manière justifiée aux yeux d'une population qui trouve normal que les dirigeants assument les échecs et les dérives de leur gestion. Mais pourquoi diable n'en va-t-il pas de même dans la gouvernance de notre Etat ?

    On notera en deuxième lieu la manière dont Michèle Künzler a « empoigné » le problème qu'elle a cru discerner lors de sa prise de fonction. Comme l'on procède en général dans l'administration publique, comme réagissent presque tous les conseillers d'Etat confrontés avec un problème de gestion, la nouvelle ministre, avant toute analyse approfondie de la situation, a ... obtenu 5 postes supplémentaires ! Et l'on peut prendre le pari que les problèmes de la DGM, tels que mis en évidence par l'audit, ne seront pas surmontés par une remise en question des structures et des modes opérationnels. Parce qu'il est politiquement plus commode de procéder ainsi, ils feront l'objet d'un traitement « volumétrique » seulement. Pour éviter des vagues dans les relations « consensuelles » du Conseil d'Etat avec les syndicats de la fonction publique, dans quelques mois, chacun pourra constater que le personnel du service, placé sous une nouvelle direction, aura été fortement accru et que « l'atmosphère de travail est désormais exemplaire ».

    Mais, pour autant, parce que Michèle Künzler ne dispose pas d'une vision rationnelle, solide et adaptée aux enjeux de la mobilité genevoise, il est très improbable que  la DGM planifiera mieux qu'aujourd'hui les infrastructures requises par l'avenir du canton. Ses ingénieurs continueront de s'occuper principalement de la planification de nouveaux giratoires. Des sémaphores aussi, et de la rapidité de leurs passages du vert au rouge.

    Pierre Kunz

     

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  • Mettre en pièces l'Etat et les autorités

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    La Constituante a, depuis la rentrée, consacré quatre sessions plénières à la première lecture de notre future constitution. Chacun a pu constater que les débats consacrés à plusieurs sujets importants ont débouché sur plusieurs compromis satisfaisants pour les groupes modérés de la gauche comme de la droite.

    On ne peut cependant cacher que l'inquiétude grandit au fur et à mesure que se développe l'alliance étrange apparue au début septembre entre l'ensemble des groupes de gauche et l'UDC. Une alliance qui éclaire d'une lumière crue l'objectif qu'à l'évidence ces partenaires de circonstance poursuivent, à savoir l'affaiblissement de notre démocratie parlementaire, de l'Etat et des autorités élues. Au prétexte de renforcer les droits populaires la gauche et l'UDC s'associent pour renforcer le pouvoir de la rue au détriment du cadre institutionnel.

    On ne saurait interpréter autrement les mesures que, pas à pas, ces groupes tentent d'imposer à la Constituante.  Avec succès déjà s'agissant

    -  du refus d'adapter à l'évolution démographique les droits populaires cantonaux,

    -  de l'abaissement des exigences relatives aux droits populaires communaux,

    -  de l'allongement des délais de récoltes des signatures,

    -  du refus d'élever au rang constitutionnel le référendum obligatoire en matière d'assainissement financier cantonal.

    Avec une probabilité importante de succès dans les semaines à venir s'agissant

    -  de l'abaissement du quorum électoral au Grand Conseil de 7 à 5 voire 3 %,

    -  de l'introduction, au moins en partie, d'auditions publiques en lieu et place du travail des commissions parlementaires.

    Le Conseil d'Etat, dans son unanimité, commence d'ailleurs à s'inquiéter sérieusement de cette évolution. D'où ses injonctions  et les amendements qu'il a déposés afin de mettre un terme à la dérive qu'il observe. En vain, l'aveuglement des « casseurs », ou plutôt leur détermination, reste inébranlable.

    Pourquoi parler de « casseurs » ? Parce, obnubilés par leurs intérêts égoïstes et leur rêverie d'une société « participative », ils ont cessé de raisonner et ne songent plus qu'à briser l'Etat. Prétextant en permanence les libertés populaires, abusant sans vergogne d'une soi-disant volonté d'écouter le peuple et de s'en remettre à lui, rejetant les enseignements de l'histoire et des évènements contemporains, ils semblent prêts à vider de son sens et de sa réalité la garantie publique des prestations sociales, des libertés et de l'expression démocratiques, une garantie que pourtant seules des institutions équilibrées et des autorités solides peuvent protéger efficacement.

    Pierre Kunz, constituant

     

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  • Egalité : bravo Mesdames !

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    Le groupe de presse auquel appartient la revue américaine Newsweek a procédé à une vaste enquête, touchant 165 pays, pour répondre à la question : « Où vaut-il le mieux être une femme ? ». Cinq domaines sont couverts par l'étude qui compare la situation des femmes et des hommes : égalité devant la justice, égalité dans le domaine des soins médicaux, égalité en matière d'éducation, égalité dans le secteur économique et égalité au plan des droits politiques. (*)

    De l'enquête il ressort que le pays le plus avancé s'agissant de l'égalité hommes-femmes, est l'Islande. Suivent la Suède, le Canada, le Danemark, la Finlande et ... la Suisse. Viennent ensuite la Norvège, les USA, l'Australie et les Pays-Bas. La France n'apparaît qu'au 14ème rang, la Grande-Bretagne au 19ème et des pays comme l'Allemagne, l'Autriche ou l'Italie ne figurent même pas dans le classement des vingt premiers.

    Outre le résultat global extrêmement satisfaisant on notera que les femmes suisses bénéficient d'une situation égalitaire particulièrement enviable, plus enviable même que dans les pays précédant l'Helvétie au classement, dans les domaines de la santé et de l'éducation. Selon l'enquête de Newsweek, c'est au plan des droits politiques que nos épouses, sœurs et filles accusent encore du retard. Elles disposent bien sûr des mêmes droits de voter, d'élire et d'être élues que les hommes. Mais, à la lecture des résultats, on peut penser qu'elles semblent s'intéresser moyennement à la politique et peinent à s'engager sur le chemin parfois tortueux d'une carrière. Si elles sont en effet, à l'instar de leurs consoeurs canadiennes, bien représentées dans les législatifs et les exécutifs locaux il en va différemment dans les parlements et les gouvernements des villes et des cantons.

    On notera enfin qu'au plan de l'économie, c'est-à-dire en matières salariale et de carrière au sein des entreprises, l'étude montre que l'égalité parfaite n'est atteinte nulle part. La Suisse demeure à un stade un peu inférieur à celui atteint par les pays la précédant au classement, principalement à cause du nombre comparativement peu élevé de postes occupés par des femmes aux niveaux supérieurs des entreprises.

    Pierre Kunz

     

    (*) Les résultats de l'enquête ont été publiés dans Newsweek du weekend dernier

     

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  • Ce jour-là Stauffer sera mort ...

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    Pour parvenir à ses fins et pour réussir dans son entreprise politique Eric Stauffer n'a jamais fait dans la dentelle. Considérant qu'il s'adresse à des balourds, des nigauds et des benêts, il limite toujours ses discours  à la simplicité extrême et ne teinte jamais ses interventions de nuances. Il s'agit-là d'une caractéristique qu'on retrouve chez tous les tribuns qui ont tenu, pour un temps, un rôle au cours des dernières décennies sur la scène politique genevoise.

    Comme tous ses prédécesseurs, et comme tous ses clones dans d'autres pays, Eric Stauffer éructe bruyamment des slogans colorés, des invectives fumeuses et des insultes faciles. Le plus généralement ses propos sont dirigés « contre » : contre une idée, contre un ministre, contre un projet, contre une nouvelle médiatique, contre une décision prise par d'autres, contre un service public, contre un loi ou un règlement, contre un rapport, etc. Un procédé qui n'impose pas chez l'aboyeur la compréhension du sujet et qui se passe de toute explication intelligente et objective. Des slogans, des invectives et des insultes qui sont généreusement relayées par les médias.

    C'est dans cette méthode que réside le succès d'Eric Stauffer et du parti qu'il dirige. On peut donc parier que le jour où Eric Stauffer ne sera plus « contre » c'est qu'il sera mort. Politiquement tout au moins.

    La dernière illustration du « système Stauffer », on en prend connaissance dans la TdG de ce jour. Il est question dans le quotidien du bout du lac de la décision de la Constituante, prise mardi, de différer de deux ans le vote des Genevois sur l'opportunité d'accorder aux étrangers du canton le droit d'être élu au sein des autorités communales.

    Tous les constituants le savent, Eric Stauffer ne s'est jamais intéressé aux travaux de cette Assemblée. Il ne connaît rien au contenu de l'avant projet de constitution et pas d'avantage aux amendements que les commissions ont apportés à cet avant projet depuis le début de l'année. Enfin il est totalement ignorant du résultat des votes intervenus au cours des trois plénières qui se sont tenues depuis le début septembre. Qu'à cela ne tienne, Eric Stauffer jette péremptoirement que « nous (le MCG) sommes satisfaits de ce vote (celui concernant l'éligibilité communale des étrangers), parce que grâce à lui la constitution (la nouvelle) est morte. Aujourd'hui plus personne n'est satisfait de ce torchon ».

    Les membres du groupe MCG de la Constituante, qui y jouent un rôle éminent et constructif, ont certainement beaucoup apprécié. Quant aux observateurs, ils se demandent quel journaliste, de préférence radiophonique, aura le premier l'idée amusante d'interroger de manière impromptue Eric Stauffer à propos du contenu du « torchon » qu'il évoque, adopté en quasi-totalité avec l'appui ... du MCG. Les paris se prennent d'ailleurs déjà ; à 15 contre 1 : Eric Stauffer restera incapable de répondre, même à la question la plus élémentaire.

    Pierre Kunz

     

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  • Droit au logement : oui parce que ...

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    Au sein des groupes de droite, on l'a dit et répété : pas question de faire figurer dans la nouvelle charte fondamentale genevoise des dispositions illusoires voire trompeuses. Quitte à renoncer à des articles acquis à la suite d'une initiative populaire, comme c'est le cas pour le droit au logement, figurant dans la constitution actuelle, lorsque manifestement la pratique a montré qu'ils sont vains.

    Les travaux de la commission chargée de formuler les droits fondamentaux dans notre future constitution ont débouché sur un article y ancrant le droit au logement. Après les vagues médiatiques et les déclarations catastrophistes qui ont suivi les débats de l'an dernier au cours desquels une majorité de constituants avaient rejeté ce droit,  voilà qui peut paraître surprenant aux yeux de certains.

    D'autant plus surprenant que l'on s'achemine demain, lors de la session plénière de la Constituante, vers l'adoption par une large majorité du texte de la commission. Comment en est-on arrivé là ?

    Si les groupes de droite s'apprêtent à dire « oui » au droit au logement c'est parce que, à l'inverse de l'article constitutionnel actuel, la disposition nouvelle d'une part ne se trompe pas de cibles et que par ailleurs elle est accompagnée d'autres articles au contenu sérieux et concrets dont chacun a pu se convaincre du potentiel d'efficacité. Il s'agit d'articles, figurant dans le chapitre déclinant les tâches de l'Etat, qui précisent les mesures que nos autorités devront prendre, notamment en cas de pénurie, pour donner un contenu au droit au logement.

    Si les groupes de droite sont favorables à la nouvelle formulation du droit au logement c'est aussi parce qu'ils entendent simultanément mettre à l'avenir la fiscalité communale au service de la construction de logements. En introduisant la perception de l'impôt communal au lieu de domicile, ils comptent bien, avec le soutien unanime du Conseil d'Etat, non seulement mettre un terme aux anachronismes accumulés au cours des décennies dans la loi fiscale communale mais aussi rendre désormais attractif pour les communes d'accueillir de nouveaux habitants.

    Pierre Kunz, constituant

     

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  • M. Budry, et la déontologie bordel !

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    Le journaliste de la Tdg a fait depuis des lustres la preuve de la qualité de sa plume. On connaît son intérêt constant pour la politique genevoise. Et il y a longtemps que les Genevois se sont habitués à ce qu'on appellera son « amabilité » dans le traitement des thèmes chers à certains partis et élus situé à gauche de l'échiquier.

    Mais la façon dont le journaliste rapporte dans la « Julie » de ce mercredi, la première des plénières automnales de l'Assemblée constituante, tenue mardi, dépasse les limites de l'objectivité. On passe carrément dans le domaine de la complaisance crasse. Non pas à cause de sa manière de relayer les positions exprimées par les groupes. Le vieux routier qu'il est a en effet bien compris que ces déclarations ne sont que des bornes appelées à baliser le chemin des débats qui attendent les constituants. Des débats fondés, comme le souligne Eric Budry, sur un accord estival partiel et fragile d'une part parce qu'il ne porte que sur certains des sujets litigieux, d'autre part parce que les enjeux restent considérables.

    C'est dans le paragraphe qu'il consacre à l'intervention du conseiller d'Etat François Longchamp qu'Eric Budry s'écarte de manière impardonnable de ce qu'il est convenu d'appeler la déontologie journalistique. Qu'a-t-il retenu des propos de notre ministre venu en représentant de l'ensemble du Conseil d'Etat et qui s'est adressé longuement aux constituants ? Une seule phrase : « Le gouvernement invite les constituants à plus d'audace pour le bien de Genève et de ses citoyens ».

    Il n'est pas excessif de soutenir qu'il s'agit-là d'une véritable trahison. Car François Longchamp ne s'est pas contenté de cette envolée lyrique; il a indiqué précisément les domaines dans lesquels le Conseil d'Etat unanime réclame des réformes profondes. Lesquels ?

    Le Conseil d'Etat unanime, par la bouche du chef du Département de la solidarité et de l'emploi, attend en effet de l'Assemblée constituante qu'elle mette en œuvre trois réformes essentielles à ses yeux : l'introduction de l'imposition communale au lieu du domicile, l'augmentation des exigences dans l'utilisation des droits populaires et une répartition précise des compétences entre les communes et le canton. Pour notre gouvernement la démarche de la Constituante, sans ces avancées, resterait un exercice vain et se ramènerait à un simple toilettage de la constitution genevoise en vigueur.

    Chacun comprend que cette partie du discours de François Longchamp est de la plus haute importance. En premier lieu parce qu'elle souligne les obstacles constitutionnels à surmonter pour améliorer la gouvernabilité du canton. Elle indique aussi les critères principaux auxquels le Conseil d'Etat se réfèrera lorsqu'il jugera le texte qui sera soumis au peuple et lorsqu'il s'agira pour lui de dire s'il le soutient ou non.

    Pourquoi, se demandera-t-on, Eric Budry est-il passé comme chat sur braise, sur ces informations ? Serait-ce à cause d'un manque de jugeote ? Impossible, Eric Budry n'est pas un journaliste incompétent.

    La réponse est plus inquiétante. Il se trouve que les avancées réclamées par le Conseil d'Etat sont celles que rejettent le plus vigoureusement les groupes de gauche de la Constituante. Elles touchent précisément les questions qui n'ont pas pu être réglées lors des négociations de l'été. Et manifestement  Eric Budry, au mépris de son devoir d'information le plus élémentaire à l'égard de la population genevoise, a choisi de ne pas retranscrire le message de François Longchamp, afin de limiter la portée de ce dernier et de ne pas nuire aux « intérêts » de ses amis politiques.

    Pierre Kunz, constituant

     

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  • Révélatrice, la provocation de GOS

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    Voilà une dizaine d'années que GOS ne faisait plus parler de lui dans le cadre de la politique genevoise. Le voilà qui se rappelle au souvenir des Genevois à un moment où on ne l'attendait pas, c'est-à-dire à l'occasion de l'élection partielle à la Cour des comptes qui attend les Genevois dans trois semaines.

    En prétendant que « évidemment un juge est mieux à même de siéger qu'un parlementaire à la Cour des comptes » GOS se trompe. Son petit coup médiatique donne l'occasion à ceux qui n'approuve pas sa prise de position de montrer pourquoi et dans quel sens il se trompe.

    GOS ne peut guère comprendre l'intérêt et les activités d'une Cour des comptes d'une part parce que celle-ci n'existait pas à l'époque où il était conseiller d'Etat, d'autre part parce que sa vision du pouvoir est tout simplement incompatible avec l'existence d'un organisme chargé de déceler les déficiences et les cachoteries du gouvernement et de ses services.

    Ceux qui ont siégé au Grand Conseil à son époque le savent bien : GOS, simple juriste de formation, s'est toujours senti totalement libre de manipuler, de masquer et de tromper pour arriver à ses fins politiques. Pas étonnant donc que GOS, même spectateur désormais, pense plus de mal que de bien à propos d'un organisme dont la mission principale est d'enquêter sur l'activité gouvernementale, sur l'efficacité de son administration, sur la gestion des établissements de droit public et sur l'opportunité des politiques publiques.

    Il convient de rappeler par ailleurs que GOS n'a jamais siégé au sein d'un parlement. Dans ses fonctions de conseiller administratif puis de conseiller d'Etat, il a en permanence considéré les élus communaux et les députés, comme les médias d'ailleurs, soit comme des petits soldats au service de ses causes soit comme des adversaires à briser à tout prix, même à celui de manipulations et de tromperies. Il ne peux donc pas saisir aujourd'hui que la Cour des Comptes ne constitue en dernière analyse que « l'enquêteur » chargé par le Grand Conseil d'effectuer une mission essentielle, imposée par la séparation des pouvoirs, que les législateurs ne sont plus en mesure d'effectuer avec les moyens dont ils disposent.

    Chacun peut comprendre, à la lecture de ce qui précède, qu'un parlementaire est en réalité bien mieux armé qu'un juge pour accomplir les tâches que le Grand Conseil d'abord et le peuple ensuite ont confié à la Cour des comptes. La pratique de ces dernières années a d'ailleurs fait clairement ressortir que parmi les magistrats actuellement en fonction au sein la Cour des comptes le plus efficace, aux yeux de tous les observateurs est M. Stanislas Zuin. Or celui-ci bénéficie d'une formation d'économiste et de gestionnaire d'entreprise, pas de celle d'un juge.

    Pierre kunz

     

     

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  • Prévenir, légiférer, bureaucratiser et ... payer

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    Les parlements de ce pays, dans les cantons comme à Berne, ont détecté depuis plusieurs décennies un moyen efficace pour justifier leur rôle. Il s'agit de la mise en œuvre des innombrables mesures destinées dans pratiquement tous les domaines à la « prévention ». A Genève, poussée par cette mode, la Constituante a d'ailleurs failli tomber dans le stade ultime de la prévention et n'a échappé que de justesse (pour le moment en tout cas !) à l'inscription dans le futur texte constitutionnel auquel elle travaille du périlleux « principe de précaution ».

    Qu'on comprenne bien ! Depuis que les êtres humains vivent en communautés et qu'ils ont entrepris leur lutte pour dompter le mieux possible les éléments naturels ils se sont contraints à la prévoyance et à la prévention. A leurs dépends ils ont en effet rapidement compris que faute d'une telle prudence ils s'exposaient aux pires catastrophes. Notre société contemporaine et chacun d'entre nous bénéficient grandement des expériences et des initiatives de nos prédécesseurs, en particulier dans le domaine de la santé publique.

    Mais notre Etat s'égare lorsqu'il prétend, officiellement parce que « prévenir vaut mieux que guérir » mais en réalité parce qu'il semble ne plus croire à la capacité des individus de surmonter leurs problèmes, s'immiscer dans ce qui de tout temps a découlé de notre responsabilité personnelle, celle de construire notre existence, de lui donner du contenu, du sens et de l'équilibre. Une responsabilité qui s'est toujours développée essentiellement dans le cercle familial et avec l'aide de ce dernier.

    Mais que penser des innombrables lois de prévention déjà  édictées et des multiples projets de mesures que nos autorités nous préparent encore ? Des mesures qui ne concernent plus vraiment l'intérêt général mais qui par contre contribuent de manière significative au gonflement de la bureaucratie publique.

    Prévention du tabagisme, prévention de l'alcoolisme, prévention de la dépendance au jeu, prévention de l'achat compulsif, prévention de l'obésité chez l'enfant, prévention du cancer de la prostate, prévention de la dépendance à internet, etc. Avec à chaque occasion la mise en place d'un coûteux « observatoire » servi par quelques employés de l'Etat. Quant aux effets de ces "efforts" de prévention, il est bien rare qu'ils fassent l'objet d'une information, probablement parce qu'ils demeurent le plus souvent insignifiants.

    Comment ne pas voir qu'en intervenant à ce point dans les comportements individuels l'Etat contribue à dévaloriser l'éducation familiale, à réduire le rôle des cercles sociaux à la portion congrue et à déresponsabiliser les personnes concernées, à les conforter même dans leur détresse ?

    Et si nos élus replaçaient dans leurs réflexions le rôle essentiel de la famille et de la responsabilité parentale en matière d'éducation ? Et dans l'enseignement que dispensent nos écoles, si nos élus faisaient davantage la part de la responsabilité individuelle et des exigences d'une vie réussie ?

    Pierre Kunz

     

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  • Provenance de l'énergie fournie par les SIG

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    Tous les ménages du canton, avec la plus récente facture de leur fournisseur, ont reçu une information détaillée à propos de l'origine de l'énergie électrique consommée au bout du lac en 2010. Tableau statistique à l'appui, les SIG soutiennent que « plus de 87 % de l'énergie électrique fournie est d'origine renouvelable ». Les informations présentées montrent de surcroît que 86, 8 % est d'origine hydraulique, que le gaz naturel compte pour 12,1 % et que dans l'électricité consommée à Genève il n'y a pas trace du moindre électron nucléaire.

    Ces chiffres ne résistent pas à une analyse sérieuse. En effet, depuis la catastrophe de Fukushima, ceux qui n'en avaient pas encore conscience savent désormais que 40 % environ de l'énergie électrique produite en Suisse est d'origine nucléaire. Sachant que 20,2 % de l'approvisionnement des SIG provient des autres cantons helvétiques, on calcule logiquement qu'au moins 8 % de l'électricité produite en Helvétie et consommée par les ménages et l'économie genevoise est d'origine nucléaire.

    Le bilan dressé par les SIG montre aussi que 58,0 % de l'électricité qu'ils distribuent est livrée par des pays européens. Or on se rappelle qu'au sein de l'Union européenne 35 % de la production totale de l'électricité sont assurés par des centrales nucléaires. On doit donc déduire de ces deux constats qu'au moins 20 % de celle que nous importons de producteurs étrangers est également d'origine nucléaire. Sans tenir compte du fait que nos deux principaux fournisseurs sont la France, dont la part de l'électronucléaire s'élève à 78 %, et l'Allemagne où elle est encore de 29 %, le reste étant majoritairement produit dans des centrales à charbon.

    De ce qui précède l'objectivité et l'honnêteté conduisent à la conclusion que contrairement à ce qu'affirment les SIG l'électricité que nous utilisons est pour au moins un tiers d'origine nucléaire.

    Quel tour de passe-passe les SIG, sous la pression du Conseil d'Etat, d'une partie des députés et de ContrAtom, utilisent-ils pour oser faire croire à la population que, contrairement aux évidences, à Genève on ne consomme que de l'électricité propre ? Ils concluent, disent-ils, avec des fournisseurs se prêtant à ce jeu contestable, des « contrats d'approvisionnement excluant les énergies produites à partir de l'atome et du charbon ». Des contrats totalement fictifs.

    Fictifs en premier lieu parce que nul, EOS pas davantage que EDF, n'est en mesure de sélectionner, avant de les distribuer, les électrons d'origine nucléaire et charbonnière de ceux provenant d'une autre source d'énergie primaire. Fictifs également parce que les quotas de KwH « réservés » par les SIG auprès de leurs deux principaux fournisseurs forcent simplement nos voisins de Saint-Julien et du Pays de Gex d'acquérir auprès de ces derniers les KwH d'électricité « sale » dont les SIG ne veulent pas. EOS et EDF n'ont donc pas produit ni distribué un KwH propre de plus ou de moins et l'équilibre régional en matière d'approvisionnement électrique n'a pas changé.

    Des contrats fictifs donc, mais qui ont conduit les SIG, toujours sous la pression du Conseil d'Etat, d'une partie du Grand Conseil et de ContAtom, à adopter un marketing qu'il n'est pas excessif de qualifier de « trompeur ». En vertu de ce qui précède comment en effet désigner autrement la curieuse palette d'énergies plus ou moins vertes et de prix plus ou moins élevés que notre régie propose aux habitants et aux entreprises du canton ?

    Pierre Kunz

     

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  • Et si la médecine privée se libérait du Tarmed ?

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    Il est un reproche qu'on ne saurait faire à Jacques de Haller, président de la Fédération des médecins suisses, celui de ne pas être honnête dans ses propos. Cette semaine encore il a eu des mots d'une grande clarté : « la gauche défend mieux les médecins ! ».

    On doit pourtant se demander si les objectifs stratégiques qu'il poursuit dans le cadre de ses fonctions sont bien compris par les médecins dont il affirme défendre les intérêts. Il est en effet surprenant de constater que les praticiens restent quasiment sans réactions face à la fonctionnarisation voire à la socialisation progressive de la profession qu'ambitionne semble-t-il leur président.

    Certes, les difficultés qu'ils rencontrent sont nombreuses. Elles ont pour origine la LaMal, une loi fondamentalement mauvaise, qui, outre ses nombreux autres graves défauts, emprisonne la médecine privée. A tel point que le carcan pesant aujourd'hui sur celle-ci a dépouillé la profession de l'étiquette « libérale » qu'elle portait jusque dans les années 1990.

    Mais ces difficultés découlent aussi de ce qu'on se permettra d'appeler l'espèce de « fatalisme », quand ce n'est pas la peur, qui paralyse les énergies et brise les velléités de réactions de ceux qui restent attachés à l'exercice libre de leur art. Ceux-ci sont exaspérés par la lourdeur des processus administratifs qu'on leur impose mais ne semblent plus croire à la possibilité de rompre avec un système dont pourtant le bon sens conduit à la conclusion qu'il ne saurait survivre en l'état sur le long terme.  Alors, sous la conduite de leur président et avec l'assistance des Maillard, Rossini et consorts, ils s'en prennent de manière déraisonnable et avec une constance inutile aux deux cibles les plus commodes, soit les assurances-maladie et les conseillers fédéraux, épargnant dans leurs attaques les seuls véritables responsables, à savoir les législateurs fédéraux, socialistes en tête. Or les assurances ne sont en définitive que les organes d'exécution de la loi et le Conseil fédéral est condamné en permanence à régler des questions d'intendance.

    Les médecins privés oseront-ils se souvenir que l'exercice libre de la médecine est toujours possible dans ce pays ? Que rien ne les oblige à se conformer au Tarmed ? Qu'il leur reste encore le droit de refuser de subir les lourdeurs administratives liées à ce tarif ?

    Bien sûr, le Tarmed constitue une garantie de « non concurrence tarifaire » entre les médecins et donne aux médecins un sentiment, largement fictif d'ailleurs, de sécurité en matière de revenu. Mais, comme le statut de la fonction publique genevoise, il est surtout une prison destructrice des libertés, de l'initiative personnelle, de la diversité et de l'indépendance.

    Dire « non » au Tarmed, rompre avec la bureaucratie médicale, voilà la voie que le président de la FMH devrait promouvoir, voilà le défi qu'il devrait inciter la corporation à relever. Mais comment imaginer un socialiste, candidat au Conseil national, disposé à se lancer dans une telle bataille ?

    Pierre Kunz

     

     

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  • L'insoutenable légèreté d'Alain Berset

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    La TdG a fait une large place dans ses colonnes de jeudi dernier au conseiller aux Etats fribourgeois. Ce dernier en a profité pour inviter « le pays tout entier à dire stop aux spéculateurs ! », pour stigmatiser le Conseil fédéral qui ne ferait rien « pour lutter contre le franc fort » et pour livrer ses soi-disant recettes. Les déclarations du Fribourgeois sont très révélatrices de la légèreté avec laquelle lui et ses collègues socialistes s'expriment sur les questions économiques et financières qui préoccupent l'ensemble de la planète.

    L'interview de Jean-Pierre Danthine, numéro trois de la Banque nationale, parue le même jour dans le quotidien Le Temps, mettait d'ailleurs cruellement en relief le volontarisme de pacotille et les recettes simplistes affichés par l'élu fribourgeois.

    Malhonnêteté intellectuelle ? Electoralisme ? Incompétence ? Quoi qu'il en soit, Alain Berset s'écarte d'emblée d'un traitement sérieux du sujet en attribuant l'origine des graves problèmes économiques et financiers de la Suisse aux spéculateurs. S'il se voulait crédible le Fribourgeois se serait penché sur les causes profondes du mal et aurait reconnu que dans une économie libérale les spéculateurs, institutionnels ou privés, interviennent comme des « arbitres ». Ceux-ci, au même titre que la ménagère comparant les prix et allant au meilleur marché, ne font que mettre en évidence les déséquilibres de l'offre et de la demande tout en cherchant à en profiter.

    S'il avait voulu traiter ces questions de manière raisonnable, le conseiller aux Etats aurait commencé par admettre que les déséquilibres à l'origine de la spéculation actuelle sont les conséquences des politiques publiques désastreuses menées par les pays occidentaux au cours des dernières décennies. Il aurait admis parallèlement que les remous monétaires et boursiers du moment sont nés dans les déficits annuels et l'endettement colossal accumulé par les pays européens et les USA. Il aurait enfin rappelé que les vrais responsables de la situation sont les politiciens à qui les citoyens de ces pays ont confié le pouvoir et dont ils ont écouté les promesses excessivement généreuses.

    Mais Alain Berset ne reconnaîtra probablement jamais ces évidences. Pourquoi ? Principalement parce que, socialiste convaincu, il ne voudrait pas ce faisant cautionner la capacité de l'économie de marché à révéler, à coups de crises et grâce à ses arbitres, ses dysfonctionnements et ceux des gouvernements. Il voit au contraire dans la crise actuelle l'occasion de réduire le rôle du secteur privé et renforcer le rôle de l'Etat fédéral comme celui des cantons.

    Il ne sera jamais davantage disposé à admettre les évidences susmentionnées. D'une part parce que l'Etat providence, partout en Europe, est né principalement sous la pression de ses amis socialistes. D'autre part parce que, partout en Europe, c'est lorsque ses ces derniers étaient au pouvoir que les politiques publiques en cause ont été portées à leur paroxysme.

    Grâce au conservatisme et à la prudence du peuple, à son fédéralisme, aux droits populaires, au frein à l'endettement et à un parlement enraciné majoritairement à droite, la Suisse a fort heureusement a largement échappé à la dérive de ses voisins. Mais, ancrée dans une économie mondialisée dans laquelle elle puise plus que jamais sa richesse, elle n'en subit pas moins les conséquences.

    Des conséquences que le Conseil fédéral, auquel l'élu fribourgeois s'en prend, ne peut que tenter de limiter en concertation avec la BNS. Ce que l'un et l'autre ont déjà entrepris de la seule manière qui convient, sans précipitation, de manière sélective, avec la conscience des forces et faiblesses structurelles de notre pays et en songeant à l'avenir de celui-ci ... plutôt qu'aux prochaines élections.

    Pierre Kunz

     

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  • Parlons-en, du mépris

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    Dans un texte publié le 5 ct par la TdG sous la rubrique « L'Invité » M. Mouhanna s'en prend violemment à ceux qui, à Genève, considèrent que les droits populaires doivent être revalorisés, autrement dit remis en équilibre avec nos institutions de la démocratie représentatives. De l'avis de M. Mouhanna, ceux qui ne militent pas pour une diminution supplémentaire du nombre des signatures requises et qui au contraire aspirent à ce rééquilibrage « méprisent le peuple ». Comme mépriseraient le peuple ceux qui, au sein de la Constituante, ambitionnent de simplifier et de moderniser les articles consacrés au logement et à l'énergie nucléaire.

    On notera en premier lieu que les exigences en matière de référendum et d'initiative n'ont plus été adaptées à l'évolution de la population depuis les années 1960. Il est donc devenu aujourd'hui deux fois plus facile de réunir le nombre des signatures nécessaires pour faire aboutir une initiative ou un référendum.

    Il est vrai que ces exigences restent nettement au-dessus de la moyenne helvétique. Mais il est non moins vrai que les mœurs politiques genevoises sont uniques dans le pays et que dans aucun autre canton les politiciens usent, et abusent, autant des droits populaires. Nulle part ne sont lancés autant de référendums et d'initiatives.

    Les habitants découvrent journellement combien, bien plus qu'ailleurs en Suisse, cet abus pénalise le fonctionnement de notre canton, le bloque souvent. Ils savent que les conséquences en sont particulièrement douloureuses dans le domaine du logement.

    La population est dans sa grande majorité consciente des effets pervers de la dévalorisation des droits populaires. Elle l'a montré dans ses réponses à la consultation organisée par la Constituante : 60 % des Genevois consultés ont exprimé l'avis qu'il ne fallait en aucun cas réduire les exigences en matière de droits populaires mais soit les maintenir en l'état soit les accroître. Seul le quart d'entre eux a demandé une diminution.

    Concernant le logement et le nucléaire, qui peut croire, à part M. Mouhanna, qu'au sein de ce qu'il appelle « la majorité arrogante » un seul constituant ambitionne de cultiver la pénurie et de favoriser l'énergie atomique ? Il ne s'agit que de réécrire dans des termes conformes aux nécessités actuelles de l'aménagement et de la construction, aux exigences du droit fédéral en matière énergétique et plus généralement aux réalités du 21ème siècle des articles rédigés de manière anachroniques autant dans leur contenu que dans leur forme.

    Dans ces secteurs également la consultation a montré que les Genevois sont las des « droits » sans effets concrets et des « obligations » non tenues par leurs autorités. En grande majorité ils préfèrent les mesures concrètes dans le domaine du logement et, dans celui de l'énergie, ils entendent se réserver la décision finale par référendum.

    Qui méprise le peuple ? Ceux qui l'entendent ou ceux qui, obsédés par les combats passés et leur symbolique désuète, prétendent savoir mieux que lui ?

    Pierre Kunz, constituant

     

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  • Crise mondiale, les Etats démasqués

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    Depuis près de trois ans les banques et les excès spéculatifs qu'elles ont commis ont servi au monde politique et aux médias de boucs émissaires commodes.

    Les observateurs sérieux savent pourtant depuis longtemps où se trouvent les vrais responsable d'une crise dont l'histoire retiendra  sans doute, comme pour celle des années trente, que la chute en 2007 des marchés financiers ne fut que le déclencheur et le révélateur. Les circonstances, soit les crises monétaires et financières qui depuis ne cessent de perturber le monde industrialisé, forcent désormais chacun à reconnaître que les véritables coupables se situent chez ceux qui ont gouverné les Etats occidentaux depuis quatre décennies. Ils sont dans les partis politiques à qui les peuples européens et d'Amérique du nord ont confié leur destin depuis les années 1970.

    Oublieux des règles les plus élémentaires de la saine gestion, les législateurs et les ministres en charge ont, au nom de l'Etat providence, engagé leurs pays dans des dépenses colossales sans égard pour leur couverture financière. Abusant des discours et des promesses les plus démagogiques pour accéder au pouvoir, prêts à emprunter les chemins les plus tortueux pour le conserver, ils ont masqué par machiavélisme, par insouciance ou par stupidité à leurs concitoyens l'insuffisance des moyens disponibles pour financer les politiques sociales engagées, les investissements inutiles, les expéditions militaires et le gonflement des soi-disant « indispensables prestations publiques ». Ce sont donc bel et bien ces politiciens, et non pas les marchés financiers, qui ont conduit leurs concitoyens européens et américains au bord d'un abîme dont ces derniers découvrent chaque jour, dans la douleur, la largeur et la profondeur.

    La gauche, guidée par les bons sentiments et sourde aux enseignements de la raison et de l'histoire, fut évidemment partout le moteur de cette évolution néfaste. Mais la droite en porte une part de responsabilité considérable qui, par opportunisme, par faiblesse, par renoncement à ses valeurs ou par insuffisance de conviction a participé à cette débauche politicienne.

    Les temps sont venus pour le monde politique de retrouver le sens du réel. Les temps sont aussi venus pour les Etats de « réduire la voilure » afin de ne pas infliger aux générations futures les conséquences de nos folies.

    Ceux qui ont fait confiance au monde politique et aux promesses de l'Etat providence en matière de retraites, d'allocations de toute nature et de prestations publiques multiples, ceux qui ont profité des largesses d'un Etat vivant au-dessus de ses moyens paient, et continueront à payer, logiquement le prix fort en sacrifices et en renoncements. Le désastre étant en effet né d'un excès des dépenses, celles-ci s'étant développées parallèlement à un alourdissement progressif d'une fiscalité et d'une parafiscalité si lourdes désormais qu'elles nuisent déjà à la compétitivité des entreprises, les nantis ne pouvant être taxés davantage qu'au risque de les voir s'expatrier, ne subsiste que le remède de sévères mesures de restriction des dépenses voire d'austérité.

    L'accord, forcé par la nécessité, que viennent de conclure les parlementaires américains à propos de la limitation de leurs déficits budgétaire et de leur endettement est révélateur de l'ère nouvelle et chaotique qui attend le monde occidental. Comme sont révélatrices les crises sociales et politiques qui ont commencé de marquer la vie publique des pays de UE.

    Au 21ème siècle encore plus que dans les années 1930, dans le monde globalisé que nous connaissons, la tourmente n'épargne pas les pays qui avaient pourtant su raison garder dans la gestion de leurs finances publiques. C'est ainsi que l'Allemagne, qui dans ses exportations bénéficie certes largement d'un Euro en déconfiture, n'en est pas moins appelée à dilapider par centaines de milliards le fruit de son travail pour tenter de sauver les canards boiteux européens. C'est ainsi également que la petite Suisse qui n'a, à l'exception de Genève, que peu cédé au socialisme égalitariste débridé, perd son souffle sous le poids de sa monnaie et voit sa bourse s'effondrer parce que ses entreprises risquent d'être exclues de leurs marchés étrangers.

    Pierre Kunz

     

     

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  • Christophe Blocher : "La solution finale"

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    Renoncer au bilatéralisme après avoir contribué largement à faire échouer la voie multilatérale dans nos échanges avec l'Europe, voilà la nouvelle étape que Christophe Blocher et l'UDC nous invitent à franchir.

    On n'a pas assez mis en évidence, au cours des deux dernières décennies les graves conséquences économiques et sociales du rejet par le peuple, en 1992, de l'Espace économique européen. On n'a pas assez souligné que les bilatérales, contrairement à ce que prétend l'ancien conseiller fédéral, ne nous ont pas été imposées par l'Union européenne. Il s'agit en vérité d'un mécanisme compliqué et lourd dont la Suisse a été forcée de faire sa politique et dans lequel, suite à son « Non » à l'EEE, elle s'est engagée afin de sauvegarder les relations économiques vitales que les entreprises du pays entretiennent avec notre principal partenaire commercial, l'Europe.

    Il faut rappeler que nombre d'évènements douloureux, socialement, économiquement et financièrement, furent les conséquences directes du refus par les Helvètes de l'EEE combattu par Christophe Blocher et son parti. La plus spectaculaire illustration de ces conséquences, chacun s'en souvient, fut l'affaire Swissair. Une compagnie gérée de manière douteuse, certes, mais poussée dans l'abîme par la situation économico-politique engendrée par le rejet de l'EEE.

    En suivant l'UDC en 1992, la Suisse n'a pas su saisir l'opportunité qui lui était offerte d'accéder au marché unique européen sans avoir à prendre en charge ce qu'on appelait à l'époque « l'acquis politique de l'Union », donc sans adhérer politiquement à celle-ci et sans devoir renoncer à ses spécificité démocratiques et fédéralistes. Rendues nécessaires à la suite d'un vote populaire émotionnel et irrationnel, les bilatérales offrent actuellement au pays un substitut à l'EEE, certes malcommode mais massivement bénéfique.

    Le tribun zurichois a parfois dit des choses essentielles pour le bon fonctionnement du pays. Il s'est souvent exprimé, et c'est heureux, à contre-courant du « prêt-à-penser » si cher à la classe politique helvétique installée dans le confort des habitudes et dans les chasses gardées de la « concordance ». La fin justifiant les moyens, il n'a jamais hésité à bousculer le trantran confédéral quitte à abuser des droits populaires pour renforcer l'électorat UDC et sa vision d'une Suisse qu'il voulait plus indépendantes et neutre.

    Avec cette vision et dans le cadre de sa stratégie anti-européenne, utilisant une fois de plus l'arme de l'initiative populaire, Christophe Blocher tente depuis quelques jours d'engager le peuple suisse sur le chemin d'une « solution finale » consistant à briser les bilatérales. Meurtri par ses expériences politiques récentes, amer et revanchard, a-t-il perdu le « bon sens terrien » qu'il se flattait de posséder ? Son initiative illustre-t-elle les excès et la perte de la mesure qui finissent toujours par ronger les capitaines autoritaires ? Marque-t-elle la dérive d'un homme et d'un parti conduits irrémédiablement par leurs méthodes vers le « jusqu'au-boutisme » et vers le pas de trop ?

    Quelle que soit la réponse à ces questions on peut sans grand risque prédire qu'avec son plus récent coup politique, visant autant à exploiter les craintes d'une partie de la population à l'égard de l'immigration qu'à torpiller les bilatérales, Christophe Blocher a franchi un seuil, celui qui sans doute marque le début de sa culbute.

    Pierre Kunz

     

     

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  • De la décroissance à la sauvagerie

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    Les adeptes de la décroissance fondent leur conviction sur des questions souvent sérieuses mais les réponses qu'ils apportent à ces dernières sont fantaisistes. Elles sont empreintes d'un pessimisme malsain que rien, dans l'histoire de la planète et de l'humanité, ne justifie. Elles sont de surcroît porteuses, pour les peuples de ce monde, de conséquences dramatiques que ces intégristes ne songent même pas à envisager.

    Ceux qui voient un avenir pour l'humanité seulement dans le retour à une existence « frugale », comme ils disent,  affirment que les ressources naturelles de la planète sont  surexploitées, donc en voie d'épuisement. Selon eux, il n'est donc point d'alternative au projet consistant à ramener l'humanité à un mode existentiel mettant un terme à cette surexploitation. Autrement dit, il faut mettre un terme à la croissance économique.

    Certes, notre façon de détruire la biodiversité marine par la surpêche est scandaleuse. Sans doute,  l'Homme n'est pas exempt de reproches dans sa manière d'exploiter ses découvertes scientifiques et d'en mesurer les dangers. Mais il y a un obscurantisme inquiétant dans la manière simpliste dont les promoteurs de la décroissance condamnent notre civilisation au prétexte de certains de ses excès.

    D'autant plus inquiétant que cet obscurantisme est relayé depuis quelques temps chez nous par des milieux prétendant convaincre les Genevois que la réponse à leurs peurs et la solution à leurs problèmes de stress, de mobilité, de logements, de zone agricole empiétée et de platanes qu'on veut abattre,  réside dans le culte du statu quo et dans la culture de leur coin de terre. « Moins d'emplois pour plus de verdure et de tranquillité ! », entend-on.

    A quoi conduirait la décroissance ?

    Si, au motif de l'épuisement des ressources de la planète, l'humanité s'engageait sur le chemin de la décroissance elle ne renoncerait pas seulement, comme certains veulent le faire croire, au matérialisme exacerbé et aux abus d'un consumérisme destructeur autant des individus que de notre environnement. Elle ne contribuerait même pas à la protection de ce dernier.

    C'est en effet la croissance économique, elle seule, qui favorise l'équilibre dans les relations internationales, lubrifie les rouages de l'ascenseur social, autorise la redistribution des richesses, crée les emplois et donne à l'Etat social les moyens de remplir ses missions. C'est également la croissance économique qui assure le financement de la recherche et le développement des technologies nouvelles. Cette recherche et ce développement qui nous permettront, comme dans le passé et à temps, de trouver des alternatives aux ressources qui s'épuisent, d'exploiter et de transporter les énergies nouvelles dont nous avons besoin, d'inventer les moyens de rendre l'agriculture mondiale plus efficace.

    En résumé, c'est bien dans la croissance économique que l'humanité trouvera la réponse au grand défi qui l'attend, à savoir continuer à élever le niveau de vie de la population mondiale tout en faisant face à l'accroissement de celle-ci sans nuire à l'équilibre planétaire.

    La décroissance, si elle nous frappait, marquerait, comme à la fin de l'empire romain, le retour de la sauvagerie. Elle rendrait les Etats impotents, réduirait rapidement le niveau de vie d'une grande majorité des individus et conduirait immanquablement au renforcement des inégalités entre les peuples et au sein des sociétés.

    Plusieurs états européens rencontrent en ce moment de graves difficultés sociales, économiques et politiques. Conséquences essentiellement de la gestion antérieure débridée de ces pays, elles n'en illustrent pas moins éloquemment ce qui attendrait le monde s'il succombait au discours des promoteurs de la « frugalité ».

    Pierre Kunz

     

     

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  • Après les scandales Salerno, Sommaruga, Cramer, Dandres, etc ...

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    Il y a eu les révélations relatives aux loyers particulièrement avantageux dont, à l'instar de quelques uns de leurs collègues de droite, bénéficient les élus de la gauche genevoise. Chacun se demande maintenant si ces derniers, grands défenseurs et politiquement grands profiteurs de la pénurie actuelle de logements, vont continuer à parader à la tête de l'Asloca. Auront-ils le culot de poursuivre leur lutte pour le maintien de la LDTR et de toute la panoplie législative et réglementaire liée à cette loi ?

    Question légitime. Il est en effet plus évident que jamais que ce sont bien l'Asloca et le tissu législatif absurde qu'elle a fait engendrer qui sont à l'origine de la pénurie de logements dont souffre la population du canton. Comme il est évident que ce sont bien l'Asloca et le contrôle du prix des loyers, destiné soi-disant à la « protection  des locataires », qui se trouvent à l'origine des injustices criantes qui viennent d'être mises au grand jour.

    Il est malheureusement naïf de penser que la gauche, démasquée, va faire amende honorable. A preuve, cette déclaration stupéfiante du président du PS genevois, René Longet, qui disait récemment à un journaliste que « si nous baissons la garde de la protection des locataires, ce sera pire. Plein de gens ne pourraient plus se loger. Comprendre pourquoi les prix de l'immobilier explosent, voilà la vraie question » poursuivait-il.

    Une déclaration stupéfiante car elle ne peut provenir que d'un démagogue de la pire espèce ou d'un ignare en matière économique. Il y a probablement des deux chez René Longet, ce qui laisse d'autant plus songeur que cet homme prétendait tout récemment disposer des compétences pour se faire élire à la Cour des Comptes !

    Pourquoi les prix de l'immobilier explosent-ils ? Tout simplement parce que l'on ne construit pas suffisamment d'habitations au bout du lac et que, tout étudiant de première année en HES de gestion le sait, lorsque l'offre est insuffisante pour satisfaire la demande les prix ne peuvent que monter. Et pour un bien aussi essentiel que le logement la conséquence inéluctable d'une telle situation est la multiplication des avantages de situation, des passe-droits, des combines entre « copains ».

    Dans les faits l'Asloca et la LDTR ont créé artificiellement un dramatique rationnement de la construction de logements à Genève. Obsédés par la « rente foncière et les soi-disant gains spéculatifs des propriétaires » les Grobet, Sommaruga, Dandrès et Cie, renforcés par les phobies des Verts, ont rendu quasiment impossibles les déclassements de terrains nécessaires à la création de logements. Sans honte, tout ce beau monde a de surcroît entrepris récemment de lutter contre les surélévations d'immeubles.

    Ainsi donc, au prétexte de « lutter contre la spéculation immobilière et protéger les locataires », les politiciens proches de l'Asloca  ont organisé la pénurie, l'injustice et les inégalités les plus scandaleuses entre les locataires. Et pour bloquer définitivement la machine à leur bénéfice partisan, profitant de la détresse et de la crédulité de la population, ces démagogues incendiaires ont élevé la source des blocages au niveau constitutionnel en abusant des droits populaires.

    En vertu de ce qui précède on ne peut qu'inviter les Genevois à prendre conscience des réalités, à cesser d'écouter les discours trompeurs des démagogues, à comprendre que la solution à la pénurie ne peut provenir que de deux réformes profondes. La première, destinée à favoriser la construction rapide des habitations qu'ils réclament, réside dans la mise à disposition sans délai de nouveaux terrains constructibles. Le périmètre des Cherpines ne saurait en effet suffire puisque c'est de 30 à 50'000 logements nouveaux dont nous avons besoin d'ici à 2030 si nous entendons endiguer le gonflement du nombre des pendulaires.

    La seconde consiste, en parallèle, à libéraliser, sur une période de dix ans au moins afin de prévenir les hausses de loyers brutales, le contrôle des loyers tel qu'il existe actuellement. Nous mettrons fin ainsi aux injustices entretenus par les rentes de situation et le copinage qui pénalisent toute une catégorie de la population, celle des jeunes en particulier.

    Pierre Kunz

     

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  • Le "bio" nous tourne en bourriques !

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    Les produits  « bio », constate l'observateur de bon sens, présente trois caractéristiques principales. L'une est économique : le label « bio » aide les agriculteurs de ce pays à vivre mieux en créant et en occupant ce qu'il est convenu d'appeler des niches de marché et à écouler leurs productions à des prix qu'ils ne pourraient obtenir autrement. C'est aussi un instrument au service des milieux protectionnistes qui agitent avec une vigueur retrouvée le drapeau de « l'autosuffisance alimentaire ».

    Les deux autres caractéristiques sont carrément mercantiles et mettent en évidence  notre candeur de consommateur : d'une part il s'agit pour les distributeurs de l'opportunité de s'offrir des marges bénéficiaires plus fortes ; d'autre part, pour ces mêmes distributeurs et leurs fournisseurs, il convient de profiter du ramdam médiatique incessant relatif aux soi-disant dangers des produits non « bio » que nous consommons pourtant depuis des décennies. Ces acteurs tirent en l'occurrence opportunément parti des peurs ainsi générées au sein de nombreuses familles.

    La Coop illustre parfaitement la façon dont un gros distributeur s'y prend pour abuser sa clientèle et pour augmenter son chiffre d'affaires et ses marges. Qui n'a pas encore remarqué que, sur les étalages de ses magasins, la part des produits « bio » est d'autant plus grande que la concurrence est faible ? Aux Diablerets, par exemple, où la Coop bénéficie d'un quasi monopole alimentaire, il est souvent impossible de trouver un produit alternatif à celui labellisé « bio ». Presque tout est « bio », donc cher : le pain, les fruits, les légumes, les produits laitiers, l'huile, les céréales, etc. Dernière trouvaille dans le filon, les fleurs « bio » !

    Et quand cette coopérative se sent tout de même contrainte de présenter les deux types de produits, celui non « bio » n'est comme par hasard vendu qu'en grosse quantité. Ainsi les bananes « bio » sont vendues à la pièce à plus de Fr. 3.20 le kg, celles étiquetées simplement Max Havelaar, qui coûtent Fr 2,10 le kg, ne peuvent être acquises qu'en emballages de 1000 ou 1500 grammes.

    S'agissant des bienfaits du « bio », on se contentera de rappeler que tous les nutritionnistes sérieux ont déjà montré que le « bio » n'est absolument pas nécessaire à l'alimentation équilibrée et à la bonne santé des humains. Il s'agit simplement pour ces derniers de ne pas succomber à l'uniformité alimentaire, celle du « bio » ne valant pas mieux que l'autre. Notre organisme est parfaitement adapté à la qualité des mets apprêtés avec les produits contrôlés et autorisés par nos autorités de surveillance.

    En désespoir de cause scientifique, les promoteurs du « bio » en sont réduits à se muer en défenseurs de la planète. Selon eux la culture « bio » serait nécessaire à la protection de notre environnement. Il faut selon eux lutter contre la culture intensive fondée sur l'utilisation des engrais chimiques, des pesticides et des OGM. Massivement relayée par les intégristes de l'écologie cette attitude, si elle devait convaincre une majorité d'entre nous, ne pourrait conduire l'humanité qu'au désastre alimentaire.

    L'accroissement de la population mondiale et par ailleurs la disponibilité limitée des terres fertiles, des ressources naturelles, de l'eau et de l'énergie en particulier, pose un défi colossal à l'humanité. Or seul le recours aux méthodes de productions intensives, essentiellement celles ouvertes par les biotechnologies, nous permettra de relever ce défi. En améliorant les rendements agricoles tout en préservant les écosystèmes (semences plus résistantes aux parasites, requérant moins d'irrigation, etc.). Cette option et ces technologies sont seules susceptibles de nourrir les 9 milliard d'individus que devrait porter la Terre en 2050.

    Le futur de l'humanité se trouve donc dans l'exact contrepied des cultures « bio », chères et à faibles rendements.

    A cet éclairage on prend la portée réelle du « bio ». Il est et restera le privilège, le luxe, que peut s'offrir une infime minorité de l'humanité.

    Pierre Kunz

     

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  • Cité Carl-Vogt; égoïsmes et tromperies

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    L'ambition de l'Hospice général de surélever de deux étages des immeubles de logements locatifs construits dans les années 1960 est emblématique. Elle met en évidence tous les ingrédients de la salade servie jour après jour aux Genevois en guise de solution à la pénurie lancinante de logements dont ils souffrent.

    Une salade malsaine faite bien sûr de l'incapacité de nos autorités à construire. Faite aussi, cela étant, des inquiétudes sincères mais également de l'égoïsme inébranlable de nombre de nos concitoyens. Faite aussi des tromperies constantes et de la démagogie révoltante des certains milieux politiques.

    Les peurs, c'est au sein de la population qu'elles se sont développées graduellement à cause de la difficulté grandissant qu'une partie d'entre elle éprouve à se loger à des conditions raisonnables, surtout celle qui est jeune, qui vient de fonder famille ou qui est nouvellement arrivée à Genève. Les habitants du canton se disent solidaires de celle-ci. En réalité ils se fichent de ses problèmes car, pour le 90 % d'entre eux, ils s'estiment bien logés, à un coût acceptable, considèrent que « c'est bien la moindre des choses ». Ils ne songent qu'à éviter toute diminution, même provisoire, de leur confort. Dans cette attitude, d'où a disparu le sens de l'intérêt général et du bien commun, fleurit un égoïsme contribuant grandement à la paralysie générale de la construction de nouvelles habitations.

    Parmi les politiciens, ceux prêts à toutes les compromissions et tous les mensonges pour « faire carrière », fondent avec succès depuis trois décennies leurs ambitions personnelles sur l'exploitation de ces inquiétudes et de cet égoïsme. Ils ont obtenu plusieurs renforcements du contrôle des loyers puis la multiplication des lois relatives à la construction et la transformation des immeubles locatifs. Comment ? En faisant croire aux locataires genevois crédules que, grâce à ce dispositif, on allait construire quantité de logements bon marché et qu'ils pourraient désormais se loger à un « prix convenable ».

    On connaît le résultat des blocages qui ont découlé de ces promesses. D'une part les promoteurs ne veulent plus ou ne peuvent plus construire à Genève. C'est ainsi que le tiers des gens qui aujourd'hui occupent un travail à Genève se sont trouvés forcés d'aller habiter avec leur famille hors des frontières cantonales. D'autre part les inégalités de traitement entre les locataires sont devenues tout simplement scandaleuses. Dans le cas de la Cité Carl-Vogt, par exemple, qui peut trouver équitable que pour le même appartement M. X. paie Fr. 600.- par mois alors qu'à l'étage au-dessus le contrat de bail de Mme Y. l'oblige à verser Fr 2'000.- ? Sans compter que, pour un appartement de même type, le loyer peut ailleurs dans le canton dépasser Fr. 4'000.-

    Depuis l'apparition de ces constats les soi-disant « défenseurs des locataires » utilisent une multitude de moyens pour en nier la réalité ou pour les retourner en toute mauvaise foi à leur profit, notamment en recourant systématiquement et abusivement aux droits populaires. Tous ces moyens sont marqués au sceau de leurs intérêts électoraux immédiats et à celui de l'absence totale de scrupules.

    On se rappelle qu'en matière de surélévation d'immeubles locatifs l'Asloca (c'est évidemment de ce « pôle » et des « célébrités politiques » qui gravitent autour qu'il est question) avait commencé par menacer d'un référendum la loi qui instituait cette possibilité de réduire quelque peu la pénurie d'habitations. Après avoir négocié avec le Conseil d'Etat un certain nombre de concessions elle avait finalement accepté de ne pas s'y opposer en votation populaire, une votation qui s'est avérée largement favorable à la nouvelle loi.

    Qu'à cela ne tienne. Dans le cas de la surélévation planifiée des barres de la Cité Carl-Vogt, reniant sa promesse de coopérer avec les autorités cantonales, capitalisant sur l'égoïsme des habitants installés et prêts à tout pour ne pas avoir à affronter les immanquables désagréments temporaires liés aux travaux destinés à faire place à de nouveaux locataires, M. Rémy Pagani et ses collègues de gauche du Conseil administratif de la Ville, sont entrés en opposition au projet. Où M. Pagani est-il allé prendre ses instructions ? Chez le député socialiste Christian Dandres, avocat à l'Asloca  et habitant, probablement à très bon compte, ... dans l'un des immeubles de la Cité.

    Résultat ? Dans le meilleur des cas, construction de plusieurs dizaines de logement retardée. Dans tous les cas, plusieurs dizaines de Genevois supplémentaires contraints de s'installer en France voisine ou dans le canton de Vaud et ... plusieurs dizaines de frontaliers de plus.

    Il est vrai que la gauche genevoise, qui se gargarise de « solidarité sociale et intergénérationnelle » nous a habitués depuis longtemps à la charité bien ordonnée, celle qui commence par soi-même.

    Pierre Kunz

     

     

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