25/04/2011

L'Amérique au "bout du rouleau" ?

Il est en Suisse de bon ton médiatique et littéraire de prédire le déclin, voire la fin, de la puissance politique, militaire et surtout économique des Etats-Unis. Un tel décrit la noyade prochaine des Américains dans leur mer de dettes et telle autre voit distinctement la mort rapide du dollar comme monnaie de référence.

Les observateurs attentifs de ce pays aux ressorts innombrables, qui dispose de richesses naturelles considérables, et qui a toujours su dans les périodes de crise mobiliser ses énormes ressources en travail et en capital, sont nettement plus circonspects dans leurs pronostics. Ils se rappellent en particulier les mots de Churchill à son sujet : « Les Etats-Unis feront toujours ce qu'il convient de faire une fois qu'ils auront épuisé toutes les autres possibilités ».

Il est évident que les USA sont confrontés non seulement à un endettement considérable mais encore et surtout à des habitudes, publiques et privées, de surconsommation qui mettent en danger l'équilibre économique et social du pays. Mais, comme s'en était convaincu l'ancien premier ministre britannique, les Américains sauront trouver les correctifs à ces dérives.

Dans l'intervalle deux remarques s'imposent.

Il est étonnant que les Européens consacrent leurs analyses et distribuent leurs conseils outre-Atlantique alors qu'ils se trouvent dans une situation économique, sociale et financière bien plus délicate que celle des USA. Bien plus délicate car de ce côté de l'océan, endettés autant que les pouvoirs publics américains, les pays sont paralysés dans leurs réactions aux déséquilibres dont ils souffrent par un corset législatif étouffant, les promesses intenables de l'Etat-providence, une démographie préoccupante et les attentes irréalistes des peuples. Délicate à tel point que le reprise économique est en Europe moitié moins vigoureuse qu'aux USA et que l'avenir de l'Euro paraît bien plus compromis que celui du dollar.

Par ailleurs, lorsqu'il parcourt l'Amérique du Nord, qu'il s'entretient avec les habitants et qu'il lit la presse, le voyageur étranger est frappé par le réalisme, la volonté et l'ambition des individus. Contrairement à leurs cousins européens, ils savent que l'amélioration de leur statut social et de leurs conditions d'existence ne sauraient venir de l'Etat. Ils sont convaincus que leur avenir dépend essentiellement de leur engagement personnel et de leur travail.  A raison car, contrairement à la situation régnant dans la plupart des pays de la Vielle Europe, le marché du travail est chez eux largement ouvert, l'emprise de l'Etat sur le fonctionnement de l'économie reste raisonnable et l'Etat social n'est pas devenu tentaculaire.

Parce qu'ils sont bien plus conscients que nous des enjeux de la mondialisation, parce qu'ils en ont mieux saisi l'inévitabilité et les implications, parce qu'ils savent que pour les pays industrialisés la flexibilité économique et la modestie du monde politique et de l'Etat constituent dans ce contexte des atouts essentiels, il n'est pas étonnant que la majorité des citoyens américains soient peu enclins céder aux chants de sirènes de l'Etat-providence. Les dernières enquêtes montrent d'ailleurs que seuls un tiers d'entre eux soutiennent encore la fameuse réforme du « Health care » voulue par le président Obama et votée il y a un peu plus d'un an par les Démocrates.

Pierre Kunz

 

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21/03/2011

Après Fukushima, il est urgent ... de réfléchir

Après la tragédie qui s'est abattue sur le peuple japonais, ne pas s'interroger, chez nous aussi, sur la sécurité des centrales atomiques, serait faire preuve d'un aveuglement impardonnable. S'agissant du futur de la production énergétique nucléaire en Suisse et des conditions de celle-ci, le moratoire décidé par le Conseil fédéral en la matière est donc totalement justifié.

On ne peut par contre approuver les milieux qui, cherchant sans vergogne à tirer un avantage purement politique et électoral du drame japonais et des inquiétudes auxquelles ce dernier a donné naissance en Suisse, se sont jetés dans un activisme effréné et porté  la désinformation à un niveau rarement atteint. Une désinformation efficace puisque, selon un sondage récent, 62 % des Helvètes demanderaient l'arrêt immédiat des centrales nucléaires en fonction dans le pays.

Avant l'accident de Fukushima, ces milieux s'attelaient principalement à faire connaître le sombre avenir qu'ils perçoivent pour notre planète. Depuis le 11 mars ils centrent leur communication exclusivement sur le danger nucléaire et remettent en avant la solution radicale qu'ils défendent depuis longtemps, à savoir « la sortie immédiate du nucléaire ». Ce « saucissonnage » du discours en fonction des circonstances ne saurait pourtant masquer, aux yeux de l'observateur attentif, l'incohérence et le danger des arguments avancés et des solutions proposées.

Qu'exigent-ils, ces milieux ?

On l'a dit, en matière énergétique ils veulent que les Helvètes renoncent au secteur du nucléaire, cela afin de supprimer chez nous le plus rapidement possible tous les risques liés à l'atome. Et dans leurs déclarations antérieures, ces mêmes milieux ont fait connaître leur ambition de convaincre les autorités du pays de prendre les mesures requises pour qu'en 2050 au plus tard notre pays ne recoure plus aux énergies fossiles. Il s'agit en l'occurrence d'éliminer en totalité les émissions de gaz à effet de serre provenant de la consommation du pétrole et du gaz.

A l'évidence, comme les Japonais, les Suisses préféreraient ne pas avoir besoin de recourir à l'énergie atomique. Par ailleurs plus personne en Suisse ne doute de la nécessité pour notre pays de lutter contre le gaspillage des ressources naturelles et de celle de réduire les pollutions découlant de notre mode de vie consumériste. Presque chacun enfin est désormais convaincu que les sociétés développées, comme celles qui ne le sont pas encore, doivent veiller à leur environnement et prendre les mesures susceptibles de limiter le réchauffement climatique que prévoient certains.

Les projets de ceux qu'il n'est pas excessif d'appeler les « naturalistes intégristes et pressés », pris individuellement, peuvent paraître apporter des solutions. Mais ils se révèlent tout simplement inapplicables dès qu'on les étudie sérieusement, dès qu'on les juxtapose et qu'on en dégage les conséquences sur la vie de la population. Pourquoi ? Parce que mis en œuvre dans l'urgence, ou même à moyen terme, ils seraient indissociables d'une dose de décroissance économique, donc de régression sociale.  A part quelques individus attirés par l'ermitage, personne n'en veut.

Contrairement à ce qu'on tente de faire croire, la plus grande partie de l'énergie consommée en Suisse n'est pas gaspillée. Elle sert à produire des biens, des services et de la culture, à commercer, à créer et à maintenir des emplois. La disponibilité d'une énergie en suffisance favorise la création des richesses collectives, la mobilité sociale et la réduction des inégalités. Elle rend possible pour l'Etat de jouer son rôle de prestataire public. Elle permet aux habitants du pays de vivre confortablement.

Fermer demain les centrales nucléaires helvétiques, soit renoncer à la production demain de 40 % de l'électricité consommée dans le pays, c'est détruire demain l'équilibre économique et social du pays. Fermer ces centrales après-demain c'est obliger dès après-demain la Suisse à investir massivement dans la production d'électricité à partir de combustibles fossiles, le gaz surtout, parce que les énergies éolienne et solaire ne couvriront probablement jamais plus de 5 % de nos besoins en électricité.

Procéder à un tel transfert vers le gaz consisterait à remplacer une énergie primaire non polluante par une autre, fortement génératrice d'émissions nuisibles. Ce serait admettre simultanément une plus grande dépendance énergétique à l'égard de fournisseurs français et allemands. Pour autant que ceux-ci continuent, eux, à fabriquer l'électricité qui nous manquera ... dans leurs centrales nucléaires et celles au charbon ! Ce serait aussi accroître notre dépendance à l'égard des producteurs de gaz. Qui osera prétendre qu'une telle démarche ne mettrait pas en cause la sécurité énergétique de la Suisse et qu'elle réduirait notre exposition au risque de la radioactivité ? Quant à la planète, y aura-t-elle gagné en qualité de son atmosphère ?

S'agissant des énergies fossiles, il convient de rappeler que le pétrole couvre actuellement plus de 56 % de la consommation totale d'énergie dans le pays, soit plus du double de la part de l'électricité. Les principaux utilisateurs de cette énergie sont bien sûr le chauffage et le parc automobile. Qui peut raisonnablement concevoir qu'en l'espace de quatre décennies nos chercheurs et nos industriels auront mis en œuvre les infrastructures qui permettront à notre parc de véhicules individuels et collectifs de rouler sans essence et à nos logements d'être idéalement isolés et chauffés grâce à d'autres sources énergétiques ?

Le temps est propice à l'angoisse. Ne cédons pourtant pas aux attraits trompeurs de l'urgence au détriment de l'essentiel. Plutôt que d'entendre les prophètes, prenons le temps de réfléchir !

Pierre Kunz

 

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29/01/2011

Retraites, l'illusion des modèles d'experts

L'Institut National Genevois a organisé récemment un cycle de conférences consacré à la problématique des retraites. Les pensions promises seront-elles effectivement payées ? Les promesses faites aux assurés seront-elles tenues ? Si oui, pour combien d'années encore ?

La contribution du professeur Paul H. Dembinski a particulièrement frappé l'audience parce qu'elle a mis en évidence combien sont fondés les doutes que les jeunes générations éprouvent quant à leur avenir post-professionnel. Pourquoi ? Parce que la grande faiblesse de tous les systèmes de retraites par capitalisation européens, suisses compris, sont fondés sur des modèles théoriques. Des modèles dont les « experts » disaient qu'ils prenaient amplement et suffisamment en compte les incertitudes liées aux risques de bouleversements dans les éléments constitutifs de ces systèmes.

Au cours des dernières années, plusieurs des bouleversements susmentionnés ont été identifiés. On sait que ces systèmes sont fragilisés par l'évolution plus rapide que prévue de la démographie et qu'ils s'affaiblissent à cause de la baisse des rendements de la fortune gérée par les caisses de pension. Et depuis quelques années des pays se sont attelés à répondre à ces nouvelles exigences, notamment en haussant l'âge de la retraite, en accroissant les cotisations et en réduisant les promesses de prestations.

Mais, a souligné le prof. Dembinsky, nul ne semble vouloir prendre conscience du « virus » le plus dangereux ayant pollué nos systèmes de retraite, à savoir la part massivement accrue des placements en actions (en Suisse, près de 50 % des portefeuilles désormais alors qu'il y a vingt ans cette proportion s'élevait à 25 %) sur un marché dont tout laisse penser qu'il a été largement surévalué par les masses de liquidités qui l'ont envahi au cours des dernières décennies. Or l'estimation de ces actions à leur valeur boursière est incorporée au calcul du taux de couverture. A quand le réajustement ? Sera-t-il brutal ou ordonné ? Et surtout, dès lors, jusqu'où baisseront les taux de couverture des caisses de pension ?

Quelles leçons tirer de ces constats ?

Première leçon. Nous avons accordé une confiance aveugle à ces experts lorsqu'ils nous ont fait croire qu'ils étaient capables d'éliminer les incertitudes démographiques, économiques, financières et géopolitiques grâce à leurs modèles théoriques. Manifestement ces modèles ne sont pas plus fiables que durables. On ne saurait échapper à leur réévaluation tous les cinq à dix ans, à leur adaptation régulière à un environnement changeant. C'est le rôle du politique d'organiser et de mener ce changement. Un rôle délicat car celui-ci ne peut actuellement se traduire dans la population que par des renoncements et des sacrifices.

Deuxième leçon. En cédant à l'Etat providence notre responsabilité individuelle dans l'organisation de notre avenir nous avons commencé à vivre de manière insouciante, privilégiant la consommation immédiate et le crédit au détriment de l'épargne personnelle. Et dans le domaine des retraites nous découvrons l'illusion à laquelle nous avons succombé en faisant tout aussi aveuglément confiance aux « experts » qui promettaient que depuis les « trente glorieuses », dans nos pays développés, il était possible de garantir le maintien de la valeur du capital-retraite accumulé. En a découlé notre croyance en des prestations assurées.

Pierre Kunz

PS : il est utile d'attirer l'attention de ceux qui craignent pour l'avenir climatique de notre planète ; ils s'inquiètent en entendant les prévisions que font les « experts » à ce sujet ; or ces prévisions à 2050 et 2100 sont fondées sur les mêmes instruments que ceux utilisés pour les retraites : les modèles théoriques. Si ces experts sont incapables de fabriquer des modèles fiables sur une décennie en matière de retraites, comment leur faire confiance s'agissant des éléments extraordinairement complexes qui font le climat ?

 

 

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05/01/2011

Energie éolienne, un triomphalisme inapproprié

Depuis deux jours les médias se réjouissent unanimement à propos d'une information provenant de l'Association pour la promotion de l'énergie éolienne en Suisse. Selon cette dernière les éoliennes sont de plus en plus productives dans notre pays et l'on prévoit pour cette nouvelle année une production de 74 millions de KWh. Et un communiqué de l'ATS souligne que ces 74 millions de KWh correspondent aux besoins de 21'000 ménages, soit la population cumulée de Neuchâtel et Delémont.

Excellente nouvelle, imagine le lecteur et l'auditeur préoccupés par les questions énergétiques et heureux de constater que la production d'énergie renouvelable croît. Hélas, il s'agit d'une nouvelle bien incomplète, trompeuse.

Comme trop souvent, la presse écrite et radiophonique se contente de relayer un message de l'ATS. Aucun chroniqueur ne s'est donné la peine de mettre ce nouveau niveau de production en perspectives ni d'en réaliser une analyse critique. Nul ne paraît s'être demandé par exemple ce que représente ce chiffre dans la consommation globale d'énergie électrique helvétique. Ni quel potentiel notre pays peut espérer tirer de l'énergie éolienne eu égard à l'encombrement physique qu'elle impose et aux besoins globaux de la population et de l'économie.

Quelles sont les réalités ?

La consommation d'électricité totale dépasse en Suisse actuellement 62'000 gigawatts-heures (GWh). Sachant qu'un GWH vaut 1 million de KWh chacun peut calculer que la production d'électricité grâce au vent et aux 28 grandes éoliennes en fonction ne représentera en 2011 qu'à peine 0,12 %  des besoins totaux.

On voit mal dans ces conditions comment les cantons de Neuchâtel et de Vaud, aux dires de l'association susmentionnée, peuvent sérieusement affirmer viser une part respective de 20 % et 25 % dans leur approvisionnement d'électricité total.

On notera d'autre part que les centrales hydrauliques produisent environ 37'000 GWh par an et que l'électricité livrée par les centrales nucléaires du pays totalise 26'000 GWh par an. On comprend au vu de ces chiffres que le recours à l'énergie éolienne, pour intelligent et louable qu'il paraisse, ne représentera jamais plus qu'une infime fraction des besoins de la population suisse.

On comprend aussi les réactions négatives de ceux qui, là où sont érigées les éoliennes, souffrent de leurs nuisances sonores. Comme on comprend ceux qui refusent de voir les paysages helvétiques hérissés de moulins à vent au prétexte de fournir une énergie certes propre mais chère et dans des volumes dont on perçoit mal comment ils pourraient devenir significatifs.

Pierre Kunz

 

 

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26/12/2010

Bill Gates et la qualité de l'enseignement III

Dans les propositions de Bill Gates relatives aux moyens d'améliorer la qualité et l'efficacité de l'enseignement (cf. les tranches antérieures I et II de ce billet), c'est la question de l'évaluation qui soulève le plus de craintes et de commentaires. Nul ne sera surpris d'apprendre que ces mêmes propositions ont aussi causé bien des remous au sein du corps enseignant américain qui, dans le domaine, bénéficie comme chez nous de la garantie de l'emploi et qui, lui non plus, ne fait pas l'objet d'une évaluation régulière de ses prestations.

Pourtant, au-delà de l'océan, les choses commencent à bouger. Pourquoi ? Parce qu'on y réalise de plus en plus clairement que les dépenses engendrées par le système scolaire de l'Oncle Sam sont sans rapport avec son efficience. Parce qu'on y admet chaque jour davantage que dans des pays aussi variés que la Finlande, la Chine, la Corée ou Singapour les élèves et les étudiants sortent de l'enseignement mieux armés que la jeunesse américaine pour affronter les exigence de la vie professionnelle. Chez nous, à Genève, les observateurs objectifs sont parvenus depuis longtemps aux mêmes conclusions, même si manifestement la situation « est moins pire qu'aux USA ».

Les attitudes changent aussi parce que les syndicats du pays reconnaissent désormais ouvertement le manque d'homogénéité qualitative des maîtres et des professeurs et qu'ils ont pris conscience du handicap que représentent, dans l'amélioration des performances des écoles, des collèges et des universités, l'absence d'évaluation et la garantie inconditionnelle de l'emploi. « Il est stupéfiant à mes yeux, souligne Mme Randi Weingarten, présidente de la Fédération américaine des enseignants, que l'on porte si peu d'attention à de ce qui fait un bon maître, à sa manière de tenir sa classe, à sa capacité de maintenir l'attention, l'intérêt et l'enthousiasme des élèves. Comment avons-nous pu, si longtemps, nous abstenir de rechercher comment aider nos maîtres à être meilleurs ? »

Dans un entretien avec Bill Gates (Newsweek, 27 décembre 2010), Mme Weingarten note qu'en « Finlande, par exemple, le recrutement des maîtres fait l'objet d'une véritable sélection. La hiérarchie soutient par la suite en permanence les enseignants, dégagent régulièrement avec eux le bilan de leur enseignement. Ces derniers sont en effet annuellement évalués, ils sont confrontés lors d'entretiens périodiques avec leurs forces et leurs faiblesses, dans le but d'améliorer la qualité de leur travail et les performances de leur classe. Ceux dont le niveau reste insatisfaisant sont incités à changer de métier. C'est cette gestion des ressources humaines et cette méthodologie que nous promouvons désormais, à l'image de ce qui existe dans pratiquement toutes les autres professions ».

« Evidemment, souligne Bill Gates dans le même entretien, cette démarche impose qu'en collaboration avec les directions scolaires, les syndicats d'enseignants élaborent un bon système d'évaluation, fondé sur une multiplicité de critères. Mesurer la performance des instituteurs sur la seule analyse des résultats des élèves n'est en effet pas pertinent.  Les avis des pairs et des élèves doivent faire partie des critères, comme l'utilisation des technologies modernes telles que les enregistrements vidéo du travail en classe ».

Dans notre canton, les directions scolaires et les syndicats d'enseignants doivent s'inspirer de l'évolution décrite ici. Et pour améliorer l'efficacité de notre enseignement public les acteurs pourraient commencer par oublier quelque peu la pédagogie et se concentrer sur les moyens de redonner au maître sa liberté et son rôle de mentor.

Pierre Kunz

 

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08/12/2010

Bill Gates et la qualité de l'enseignement (II)

Les commentaires exprimés au sujet du billet relatant les idées de Bill Gates (cf notre billet d'hier) à propos de la qualité de l'enseignement montrent que ce dernier ne fait pas l'unanimité. Il fallait s'y attendre. Il reste tout de même surprenant de devoir constater, une fois de plus, combien d'une manière générale nous peinons à renouveler les idées que nous avons ancrées dans nos esprit, combien il nous est difficile de porter un regard neuf sur ce qui fait notre quotidien.

Le premier des arguments invoqués par les critiques de Bill Gates concerne l'évaluation régulière à laquelle il conviendrait de soumettre régulièrement les enseignants. André Duval, en particulier, ne croit pas à la possibilité pratique de jauger périodiquement la qualité du travail des maîtres et des professeurs.

On répondra aux sceptiques en commençant par leur faire remarquer que dans le secteur privé, que ce soit en Suisse ou ailleurs dans le monde, les enseignants font l'objet d'une telle évalutation, que celle-ci détermine au moins en partie leur niveau de rémunération et leur avancement. Pourquoi ne pourrait-il en aller de même dans le secteur public genevois sinon pour des motifs liés à la garantie de l'emploi et de l'échelle des rémunérations, motifs qui, il faut bien l'avouer, rendent vains cette évaluation ?

Nonobstant cet aspect de la question on ne voit pas pourquoi il devrait aller de soi pour un chef d'entreprise, quel que soit son domaine d'activité (administration, marketing, publicité, recherche, industrie, etc.), de disposer des instruments requis pour évaluer la qualité du travail de ses collaborateurs alors qu'un directeur de collège ou d'école en serait privé par définition. Même au sein de la fonction publique, si on en avait l'ambition, on pourrait développer le tableau des critères nécessaires à l'évaluation des membres du corps enseignant. Les pays du nord de l'Europe, la Suède en particulier, ont élaboré un tel instrumentarium et l'utilisent avec efficacité et équité.

La deuxième cause de contestation se situe dans la mesure visant à renoncer à ce que Bill Gates appelle la prime à la "séniorité", c'est- à-dire à un mode de rémunération favorisant par principe les enseignants âgés au détriment  des maîtres plus jeunes, cela sans égard pour la qualité du travail des uns et des autres.

Bill Gates leur apporte une réponse très pratique sous forme de question : à qui viendrait-il l'idée de rémunérer son garagiste, son banquier, son conseiller en publicité, sa femme de ménage ou encore le précepteur de ses enfants en fonction de l'âge de ce dernier ? D'ailleurs dans les entreprises privées l'ancienneté est reconnue de manière sonnante et trébuchante seulement lorsqu'elle s'accompagne d'un savoir-faire, d'une expérience que ne possède pas l'employé plus jeune.

Certains prétendent que la garantie de l'emploi et de l'échelle de rémunération fait partie intégrante des avantages de ce qu'il est convenu d'appeler "le satut de la fonction publique" et que les enseignants n'en sont pas les seuls bénéficiaires. C'est vrai. Mais on ne peut manquer sur ce point de de se demander si ce satut, bien peu équitable pour les intéressés et particulièrement coûteux pour la collectivité, ne produit pas ses effets les plus discutables s'agissant du corps enseignant et de leurs élèves.

Pierre Kunz

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07/12/2010

Bill Gates et la qualité de l'enseignement

Les propos que le fondateur de Microsoft a tenu récemment à propos de la qualité de l'enseignement public aux USA méritent d'être rapportés. Ils valent en effet aussi pour le reste du monde occidental, la Suisse en particulier. La "remontée" de la Suisse au classement Pisa, s'agissant du primaire, ne change rien au constat général que toutes les filières de l'enseignement souffre d'un manque de qualité et d'efficacité évident.

D'où proviennent ces insuffisances ? Selon Bill Gates ils ont pour origine ce qu'il appelle la prime à la "séniorité". A savoir la promotion des enseignants non pas sur la base de leur qualité mais en fonction de leur ancienneté. A savoir aussi la garantie inconditionnelle de l'emploi, l'absence quasi absolue de toute évaluation périodique des performances des enseignants et de tout avancement salarial et professionnel selon le mérite de chacun.

Avec quels résultats ? Un système scolaire excessivement coûteux, dans lequel le mauvais maître est mieux rémunéré que le bon parce qu'il approche de l'âge de la retraite et où le jeune professeur engagé et motivé est forcé d'attendre le passage du temps sans espoir de voir la progression de son revenu accélérée. Un sytème dans lequel une place considérable est réservée aux instituteurs et aux professeurs ne répondant pas ou plus aux exigences d'une pédagogie efficace et enthousismante pour les élèves et les étudiants.

En Suisse, à Genève en particulier, s'ajoute à cette image désolante la faiblesse de la hiérarchie et de la bureaucratie scolaires. Chaque année davantage, elles cèdent à la pression des parents et de leurs avocats (!), contribuant ainsi à affaiblir les enseignants dans leur rôle de mentor, de "maître" aux yeux de la classe.

Bill Gates a personnellement déboursé plus de 2 milliards de $ au début des années 1990 pour financer le démembrement de certaines high schools américaines devenues aussi tentaculaires qu'ingérables. Il a dû se rendre à l'évidence, la qualité des nouveaux établissements ne s'est guère améliorée à cause du conservatisme et du corporatisme ambiants. Il reste donc assez pessimiste s'agissant de l'amélioration des filières de l'enseignement public dans son pays.

Comment pourrions-nous être plus optimistes sur le Vieux continent ? Rassemblés chez nous comme ailleurs dans des syndicats puissants, qui disposent à tout moment de la capacité de "prendre les élèves en otages", les enseigants effraient le monde politique. Les échéances électorales qui se succèdent à un rythme rapide ne l'incitent guère à affronter le corps enseignant et les problèmes qualitatifs et financiers qu'ils pose.

Pierre Kunz

 

 

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14/11/2010

Recul de la pauvreté en Suisse

Il ya des jours particuliers, ceux qui voient de journalistes entrer en résistance. C'est souvent le cas avec Beat Kappeler, chroniqueur au journal Le Temps. Il dit si bien les choses qu'il suffit de le citer. Prenons l'exemple de son billet de samedi 13 novembre.

"Les travailleurs pauvres, les working poor, ont diminué de 21 % en une seule année en Suisse. Si la nouvelle avait pris un autre tour, avec une augmentation de 21 %, les titres à sensation auraient dominé les médias. La bonne nouvelle n'a cependant pas ému beaucoup de monde.

Le contraste était perceptible avec le compte rendu du congrès de l'Union syndicale suisse, demandant un salaire minimal pour toute la Suisse. L'USS ne s'est pas félicitée non plus de ce recul marqué de la pauvreté.

D'ailleurs ce ne sont pas les salaires indécents qui provoquent la situation des travailleurs pauvres, selon toutes les études et également selon les explications des statisticiens fédéraux. Car la Suisse connaît un réseau très dense de salaires minimaux retenus dans les contrats collectifs. (..)  Un sondage international de l'OCDE montre que chez nous seul un dixième des travailleurs à bas salaire vivent dans la pauvreté.

La pauvreté des ménages vient plutôt du travail partiel, du chômage, de familles monopentales et, de façon assez surprenante, de la situation des petits indépendants. (..) Aucun salaire minimal ne pourra changer leur situation. Et puis, il y a les effets de seuil des différentes aides sociales, à savoir le retrait des aides dès qu'une famille soutenue commence à gagner sa vie, en partie ou totalement.

On attend toujours la réaction des pourfendeurs de la pauvreté, des fonctionaires de la Conférence de l'aide sociale en Suisse. Et au vu de ces réalités je ne comprends pas la prise de position du conseiller national Stéphane Rossini (PS) qui reproche au Conseil fédéral de peiner à reconnaître les enjeux de la pauvreté et qui affirme l'importance d'être ambitieux. Pour moi ce n'est qu'une fuite en avant, dans le vide des grands mots."

En ces temps où le populisme misérabiliste fleurit dans les discours électoraux d'une partie de la classe politique hélvétique les avis de Beat Kappeler rassurent. Particulièrement à Genève où certains persistent, en toute mauvaise foi, à faire croire que la situation est catastophique.

Pierre Kunz

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13/09/2010

Une bonne terre agricole suisse, c'est quoi ?

 

 

L’Office fédéral de la statistique a publié récemment une étude sur le grignotage des terres agricoles dans notre pays. Une étude sérieuse, comme le sont toujours les travaux de l’OFS. Mais un autre office, l’Office fédéral de l’agriculture, l’interprète de manière discutable.

Les travaux de l’OFS montrent que le mitage du territoire helvétique se poursuit, même si c’est à un rythme ralenti. Cette évolution s’effectue évidemment au détriment des surfaces agricoles principalement. Comment pourrait-il en aller différemment puisque la forêt de plaine, protégée depuis plus d’un siècle, reste intouchable ?

L’OFAG, quant à lui, se déclare inquiet face à ce constat. Cette inquiétude est-elle raisonnable ou ne constitue-t-elle qu’une posture corporatiste et politique ? On serait tenté d’aller directement à cette conclusion notamment à la lecture d’un récent rapport de cet OFAG qui n’a pu s’empêcher d’affirmer que « l’urbanisation intensive a entraîné une nette régression des meilleures terres agricoles », ce qui est absurde.

Mais essayons d’en juger de manière plus approfondie. D’emblée une évidence s’impose. La population de notre pays a considérablement augmenté au cours des dernières décennies. Il est donc logique que les surfaces de notre territoire consacrées à l’habitat se sont accrues proportionnellement puisque les Suisses se laissent difficilement convaincre par la densification des zones à bâtir. Genève illustre mieux que partout ailleurs cette réticence.

Cette croissance démographique est-elle réellement un problème ? Oui pour ceux qui restent agrippés à une Suisse intangible, genre « villa ça m’suffit » ! Mais on sait qu’il s’agit d’une vision insoutenable, fondée sur la même attitude que celle de parents qui refuseraient de mettre au monde plus d’un enfant au motif de ne pas vouloir diviser le patrimoine familial. L’initiative dite « pour le paysage » lancée en 2007 visant à interdire tout accroissement des zones à bâtir en Suisse pendant vingt ans s’inscrit exactement dans ce mode de pensée étriqué. Notre pays est simplement condamné à grandir, pour le bien de tous, anciens et nouveaux habitants.

La hausse constante des revenus en Suisse témoigne des bienfaits de cette évolution. Comme en témoignent la qualité de notre environnement, considéré comme le meilleur de tous les pays développés, et les conditions d’épanouissement de la population qui sont également jugées parmi les plus favorables du monde.

Que penser de la réduction de la surface agricole qui en découle ? D’abord que l’argument de l’OFAG est malhonnête. Il n’y a aucune raison de consacrer à l’urbanisation les meilleures terres agricoles. Les terrains mal cultivables selon exigences d’une agriculture moderne et celles mal situées sont suffisamment nombreuses en bordures des villages et des villes pour qu’on y trouve les surfaces requises par la construction de logements et le développement de zones d’activités. Ensuite que la conservation du statu quo en matière de zone agricole ne garantit pas en lui-même la protection des paysages. A preuve le cas de Genève. Effectivement la zone agricole y est demeurée taboue, mais avec comme conséquences le saccage de celle de la France voisine et le mitage des terres vaudoises proches.

D’autre part, quelles terres répondent, en Suisse, à l’appellation « bonnes terres agricoles » ? S’agit-il de celles qui permettent un certain rendement à l’hectare ? De celles qui permettent à leur exploitant de s’assurer un revenu de Fr. 7’000- par mois ? De celles qui entrent dans les critères de la Confédération servant à déterminer les bénéficiaires des paiements directs ? Ou de celles qui, conformément aux fondements d’une économie libérale, permettent à leur exploitant de vendre sur le marché ses produits à un prix compétitif et de vivre correctement de son labeur ?

Selon certains, cette dernière manière de voir les choses ne serait pas correcte dans un pays comme le nôtre ? Et généralement ils nous parlent alors de la nécessité de protéger nos paysages et des coûts de production qui sont particulièrement élevés chez nous. En argumentant ainsi on plonge dans l’irrationnel.

La protection des paysages est un métier différent de celui de paysan. Il est juste que cette prestation soit rémunérée par les collectivités publiques comme le sont les autres tâches d’intérêt général. Mais on devrait comprendre qu’elle doit être détachée des activités agricoles, particulièrement lorsque celles-ci ne sont pas rentables.

En ce qui concerne les coûts qui pèsent sur notre agriculture, il serait bon de reconnaître enfin qu’ils sont liés principalement au niveau de vie auquel aspirent logiquement les exploitants dans un pays urbain aussi riche que la Suisse. Si l’on excepte l’agriculture de montagne, ce sont les revenus, élevés en comparaison internationale, bien davantage que les conditions d’exploitation ou la qualité des terres qui contribuent à la faible compétitivité des produits de l’agriculture suisse. Une faiblesse d’ailleurs relative puisque certains secteurs, la viticulture notamment, ont montré qu’ils sont capables de relever avec succès le défi de la concurrence internationale.

L’observateur, lorsqu’il se penche sur les questions qui font l’objet de ce billet, est généralement pris d’un malaise. Derrière le monde agricole en difficulté, forcé de se réformer par l’évolution du monde et la libéralisation des échanges, il découvre les manipulations et la propagande de mouvances rétrogrades et inquiétantes. Celles des conservateurs malthusiens, souvent xénophobes. Celles des défenseurs anachroniques de l’autonomie alimentaires. Ceux des intégristes de l’écologie, ces nouveaux animistes. Tous ces adeptes de la fermeture n’entendent pas réellement aider la paysannerie helvétique. Ils ne visent qu’à figer notre pays.

Pierre Kunz

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07/01/2010

Faut-il interdire la burqa ?

 

 

Sur les ondes de France Inter, mercredi soir, le député UMP Jean-François Coppé, dépositaire d’une proposition de loi exigeant l’interdiction du port de la burqa sur le territoire français, a démontré bien malgré lui l’absurdité de son projet.

Comme il fallait s’y attendre, dans son argumentation l’ancien porte-parole du gouvernement s’est surtout posé en grand défenseur de la femme. Il a longuement insisté sur « le devoir de la société laïque, républicaine et moderne française de promouvoir la dignité et les libertés des femmes, celle de montrer leur visage en particulier ». Mais est-ce que la manière dont le corps de la femme est instrumentalisé à des fins publicitaires dans nos médias est compatible avec le devoir qu’il invoque ? Nombreux sont ceux qui en doutent. M. Coppé ne devrait-il pas dès lors exiger aussi une loi destinée à rendre aux femmes occidentales « leur dignité » ?

Dans la même logique on peut aussi trouver des problèmes du côté des hommes, des orthodoxes juifs par exemple. Certains peuvent considérer que la manière dont ceux-ci se vêtent, se coiffent et ne se rasent pas ne peut être que le résultat d’une pression familiale inadmissible, incompatible avec notre vision de la liberté individuelle. M. Coppé ne devrait-il pas là également exiger un effort législatif pour mettre un terme à « cet abus » ?

Ce qui ne va pas dans le discours de M. Coppé n’est pas sa préférence, que bien sûr l’auteur de ces lignes partage, de croiser dans la rue des femmes non dissimulées. Ce qui est inacceptable c’est sa détermination d’imposer à celles qui ne le veulent pas de se vêtir – ou de se dévêtir - comme les occidentales. Au prétexte de lutter contre les provocations de certains extrémistes il écarte dans sa démarche la liberté individuelle de ses concitoyens et la liberté des familles à vivre leur religion comme elles l’entendent.

Suivre M. Coppé revient en fait à réclamer l’exact contraire des fondements et des objectifs d’un Etat laïc et républicain. Celui-ci impose certes des obligations sévères à ses serviteurs, les fonctionnaires, qui ne sont pas autorisés à porter des signes religieux distinctifs. Mais il garantit par contre à chacun de ses citoyens le droit de croire ou de ne pas croire, de pratiquer sa religion comme il le juge bon et de se vêtir comme il l’entend.

Il n'est pas question ici de défendre le communautarisme et ce que d’aucuns appellent « le multiculturalisme ». Celui-ci, l’histoire l’a montré et l’actualité internationale en témoigne chaque jour, est incompatible avec le fonctionnement harmonieux d’une société. Mais il ne s’agit pas non plus, à l’opposé, d'exiger l’assimilation rapide de ceux qui sont installés depuis peu dans notre pays. Il s’agit d’y favoriser l’intégration progressive de ces derniers. Il s’agit, en toute confiance dans nos valeurs, dans notre culture et dans la force de celles-ci, de reconnaître et d’accepter que les immigrants de première et de deuxième générations ont besoin de temps pour s’adapter à nos coutumes et les adopter. Sans pour autant faire la moindre concession s’agissant du respect de l’ordre juridique auquel nous nous sommes soumis.

Dans un tel contexte chacun comprend que tout interdit du type de celui concernant le port de la burqa venant compléter l’arsenal législatif d’une société ne saurait favoriser le « vivre-ensemble ». Il ne peut que contribuer à créer et à exacerber les tensions.

D’ailleurs, comment faire respecter une telle loi. Va-t-on créer une brigade d’agents, à l’image de ceux qui répriment les stationnements interdits, destinée à amender les femmes voilées ? Les touristes de Moyen Orient qui fréquentent les centres commerciaux en été seront-elles concernées ?

Pierre Kunz

 

 

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14/03/2009

Equal Pay Day.-

Parce qu'ils se contentent de les faire circuler sans mise en question, sans enquête critique, les médias contribuent grandement au développement des idées "toutes faites". Ces idées que d'aucuns qualifient de "vérités évidentes".

C'est ainsi que perdurent des constats d'un autre temps mais dont personne n'ambitionne de montrer qu'ils n'ont plus cours. C'est ainsi aussi que se développent en "certitudes" des propos qui naissent souvent dans le discours d'un politicien ou d'une politicienne en campagne électorale.

Quelques illustrations de ces pseudo évidences véhiculées avec une constance aussi curieuse qu'agaçante.

"Les inégalités sociales n'ont cesser de croître au cours des trois décennies".

"Les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres".

"Depuis le début de la globalisation le nombre de chômeurs n'a cessé de croître dans le monde".

"La crise alimentaire met en péril l'existence de 900 millions de personnes sur la planète".

"La paupérisation de la population genevoise progresse".

"Aux USA les pauvres, parce qu'ils n'ont pas d'assurance maladie, ne peuvent se faire soigner et on les laisse mourir dans la rue".

La dernière en date de ces "évidences" concerne les inégalités salariales entre les hommes et les femmes dans notre pays. Je n'ai lu aucun article de presse ni entendu aucun commentateur de TV ou de radio, mardi dernier, jour du "Equal Pay Day,-" questionnant la validité de l'affirmation selon laquelle dans notre pays les femmes, à travail et qualifications égales, sont encore souvent moins bien rémunérées que les hommes.

On me répondra peut-être que c'est parce qu'il en va bien ainsi dans la pratique. Qui voudrait bien, dans ce cas, me faire connaître des exemples concrets en citant la raison sociale et le siège d'entreprises qui pratiquent encore en Suisse cette discrimination scandaleuse ?

Merci d'avance.

Pierre Kunz

 

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