Anker chez Gianadda

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Pour ceux qui sont sensibles à la peinture, il y a bien sûr Hopper à la Fondation Beyeler. Mais il y a aussi Anker à la Fondation Gianadda.

En ce début d’année, celle-ci a accroché à ses cimaises la très riche collection d’œuvres suisses assemblée par Christophe Blocher, admirateur et collectionneur compulsif des tableaux de Anker, mais aussi de Hodler, Vallotton, Dietrich, Giacometti, d’autres encore.

Il s’agit d’une exposition somptueuse qu’il faut absolument visiter. Pour découvrir certes la richesse de l’art pictural helvétique, mais aussi et surtout pour se laisser émouvoir, en particulier par la finesse, la méticulosité quasi photographique et la tendresse bouleversante des portraits réalisés par Anker au cours de la deuxième moitié du 19ème siècle. Les portraits de l’artiste bernois, ceux des enfants, sérieux, et des vieillards appliqués, ne respirent pas la gaieté. Ils nous attendrissent car à travers eux nous percevons la vie qu’affrontaient encore nos ancêtres voici un siècle et demi. Une existence de labeurs, frugale, lente, remplie d’incertitudes.

C’était une Suisse agricole, qui pourtant souffrait fréquemment de disette et qui conservait le souvenir vivace de la famine qui, en 1816, avait frappé les populations du pays. Une Suisse, humble, misérable même, dont 500'000 habitants, chassés par la pauvreté, ont été forcé d’émigrer durant ce siècle.

On l’aura compris, les tableaux de Anker ne sont pas seulement magnifiques. Ils nous transportent. Ils nous ramènent à nos racines et éclairent une tranche de notre histoire.

Pierre Kunz

 

 

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Commentaires

  • Heureusement que vous nous rappelez le nom de ces grands peintres car depuis l'autoroute à Martigny on ne voit mentionné que La collection Blocher. Combien gagne-t-il sur les entrées ?

  • « Combien gagne-t-il sur les entrées ? »

    Faudrait arrêter avec ces âneries ! C'est malhonête. Toujours ces sarcasmes sur Blocher parce qu'il a de l'argent et qu'il est UDC. Heureusement que c'est lui qui a mis la main sur ces collections; sinon elles seraient livrées à la spéculation des gangsters !

    Blocher prête GRATUITEMENT ses tableaux à tous les musées sérieux qui souhaitent exposer ces oeuvres rares. Aux exposants de s'occuper des assurances... et s'il y a des entrées substantielles à payer, c'est pour les assureurs.

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