• La détresse des Soraliens et l’inaction du Conseil d’Etat

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    C’est un véritable calvaire que vivent les habitants de Soral depuis une vingtaine d’années. 

    Pourquoi ? Parce que notre Conseil d’Etat, probablement pour plaire aux Verts et se pavaner sur un sujet à la mode, préfère se donner un peu de vernis écolo en intervenant à coups de vignettes sur la qualité de l’air (qui n’a pourtant jamais été meilleur) en centre-ville. Parce que, incapable de faire face à ses responsabilités, manquant de détermination et d’ambition, discourant beaucoup mais n’agissant pas, il reporte lors de chaque législature le traitement de la problématique du scandaleux trafic des pendulaires à Soral, à savoir 10 à 12'000 mouvements journaliers à travers le village.

    Rappelons-nous toutes les études et pseudo-études annoncées depuis vingt ans, par le Conseil d’Etat. Souvenons-nous de toutes les promesses, jamais tenues, qu’il a faites aux Soraliens durant toutes ces dernières années. Demandons-nous dans quels tiroirs sont tombés les multiples projets de routes d’évitements qui ont été envisagés par les services de l’Etat. Et concluons : le canton de Genève n’est plus gouverné depuis longtemps dans l’intérêt de ses citoyens, il est juste vaguement, et pas de la meilleure manière, administré.

    Au bout du lac le monde politique aime se glorifier du « Grand Genève ». Mais il est incapable depuis des décennies, de construire, sur des terres inhabitées, quelques hectomètres de route d’évitement au profit de villageois exaspérés. Alors qu’en Chine, pour faire face aux conséquences potentielles du coronavirus, les autorités sont en mesure, elles, de décider, dans l’urgence, la construction d’un hôpital de 1000 lits et de le réaliser en … deux semaines.

    « Meunier tu dors … »

    Pierre Kunz

     

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  • La propagande trompeuse d'Oxfam

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    Le chiffre affiché par l’ONG Oxfam selon lequel « 2153 milliardaires détiendraient plus d’argent (autrement dit de patrimoine ou de fortune) que 60 % de l’humanité » est certes spectaculaire mais il n'est pas correct de ne pas le nuancer et de ne pas le mettre en perspective. Pour s’en persuader il suffit une fois encore de se référer à Thomas Piketty. C’est pour sûr un marxiste mais lui est honnête.

    Voici comment ce dernier recense la répartition des patrimoines européens aujourd’hui :

    • la part détenue par les 10 % les plus riches s’élève aujourd’hui à 55 % (contre 50 % en 1980 et 90 % en 1914).
    • la part des 50 % les plus pauvres se situe à 7 % (contre 10 % en 1980 et 2 % en 1914).
    • la part des 40 % du milieu, soit les classes moyennes, atteint 38 % (contre 40 % en 1980 et 8 % en 1914).

    Quant à la sous-catégorie du 1 % des hyper-riches, soit en gros les milliardaires, ils en possèdent 22 % (contre 18 % en 1980 et 50 % en 1914)

    Pour être juste, il faut noter qu’aux USA les riches et les milliardaires ont fortement accru leurs patrimoines au cours des 5 ou 6 dernières décennies sous l’effet des baisses d’impôts scandaleuses et ridicules dont ils ont bénéficié.

    Mais il n’en reste pas moins que la répartition des patrimoines (c’est le cas aussi de celle des revenus) est devenue nettement plus égalitaire depuis un siècle, cela principalement grâce à l’augmentation du niveau de vie de toutes les couches des populations. C’est particulièrement vrai en Europe et ça l’est aussi aux USA. Certes dans les pays en développement et parmi ceux qui accèdent depuis quelques années à l’opulence, les inégalités entre les hyper-riches et les plus pauvres sont souvent injustifiables, surtout vues de l’Occident.

    L’ONG, par souci d’honnêteté, aurait dû souligner aussi que les milliardaires dont elle parle ne sont pas des salopards assis sur leurs tas d’or. C’est vrai, ils ne contribuent pas partout suffisamment par leurs impôts au bon fonctionnement de l’Etat, constat qui résulte en premier lieu de l’impéritie des gouvernements. Mais on ne saurait nier que Jeff Bezos, Bill Gates et consorts sont les actionnaires de sociétés qu’ils ont créées et que celles-ci ont généré des millions d’emplois à travers le monde.

    Quant à l’interprétation du pavé d’Oxfam qu’en font l’ONG et les médias en insistant sur les inégalités qui partout perturberaient le bon fonctionnement du monde, elle est ridicule. Contrairement à ce qu’ils prétendent avec une légèreté coupable, les « 2153 milliardaires » n’ont rien à voir avec les discriminations faites aux femmes. Ni avec les jacqueries des gilets jaunes et des syndicats français ou les troubles qui secouent le Liban, Hong Kong et Santiago du Chili.

    Pierre Kunz

     

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  • "Temps présent" ou le besoin de faire peur

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    "Temps présent" constitue une parfaite illustration du besoin qu’éprouvent une bonne partie des médias de faire naître puis de cultiver l’angoisse au sein de la population. Cela dans le but évident de gonfler l’audimat.

    L’émission que "Temps présent" a fait défiler jeudi soir sur les écrans en témoigne. Il s’agissait pour ses animateurs d’attirer l’attention des Genevois, surtout dans certains quartiers, sur les « immenses » dangers qu’ils courent en respirant, un air « scandaleusement saturé de dioxyde de carbone et de particules fines ».

    L’émission, on l’a ressenti à travers tout l’enchaînement des images et des propos diffusés, visait un but clair : démontrer la gravité d’une situation que les réalisateurs avaient a priori définie comme telle. A cette fin ils se sont ingénié à agencer et à formater, autrement dit à restreindre aux extraits les plus susceptibles de soutenir la thèse susmentionnée, les déclarations des participants. Particulièrement révélatrice, l’interview du médecin qui s’est exprimé : à entendre ses explications, très certainement largement amputées, les Genevois habitants au bord de certaines rues ont déjà un pied dans la tombe.

    Le goût des animateurs pour le sensationnel et le besoin de frapper les esprits ne s’est embarrassé d’aucune nuance ni d’un minimum d’objectivité. Par exemple, on aurait dû rappeler, par souci d’équilibre, le contenu des rapports du ROPAG (Réseau d’Observation de la Pollution de l’Air à Genève). Ceux-ci montrent que la qualité de l’air s’améliore continuellement à Genève. Pour les poussières fines les limites légales sont respectées depuis plusieurs années. S’agissant du dioxyde d’azote, les taux baissent régulièrement et ne restent que légèrement au-dessus des valeurs limites fédérales. Enfin, les concentrations excessives d’ozone sont rares, limitées aux journées caniculaires, et ne concernent quasiment pas les milieux urbains.

    Il est vrai que le directeur de ce service, interrogé, aurait dû insister lui-même sur les constats de ses collaborateurs. Il ne l’a pas fait mais allez savoir si ses propos n’ont pas été supprimés.

    Quoi qu'il en soit, ce fut une émission indigne d'un journalisme de qualité.

    Pierre Kunz

     

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  • Inégalités. Les contre-vérités de Maillard

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    La gauche claironne régulièrement les slogans du moment : « les inégalités de revenus et de patrimoines se creusent, les pauvres sont de plus en plus pauvres ». Quant aux médias, ils se contentent trop souvent de relayer ces affirmations sans les vérifier. Problème : elles sont fausses.

    Laissons de côté dans ce texte la question des patrimoines et concentrons-nous aujourd’hui sur les revenus en nous fondant sur les chiffres recensés et publiés récemment par Piketty (*). Qu’en ressort-il ?

    En Europe de l’ouest, seul le 1% des hyper-riches a profité scandaleusement de la situation. La part des 10 % les plus riches dans le total des revenus nationaux a certes augmenté un peu entre 1980 et 2019 de 30 à 33 %. (Deux chiffres qui demeurent néanmoins très éloignés de celui de 1914, soit 50 %).

    Mais cette captation ne s’est pas faite au détriment des 50 % les plus pauvres de la population. La part des revenus de ceux-ci dans les totaux nationaux s’élevait en effet à 22 % en 1980 et elle est restée inchangée en 2019. (A noter qu’au début du 20ème siècle elle n’était que de 15 %).

    Ceux qui ont vu leur part se réduire sont les 40 % des classes du milieu, soit les classes moyennes. Leur part s’est abaissée de 48 à 45 % entre 1980 et 2019. Voilà qui reste loin de l’effondrement qu’on nous dépeint. (Surtout si l’on se souvient qu’au début du 20ème siècle cette part ne s’élevait qu’à 35 %).

    Ces chiffres réconfortants doivent au surplus s’accompagner du rappel qu’entre 1980 et 2019 le pouvoir d’achat des ménages s’est accru de l’ordre de 30 à 80 % suivant les pays et que les prestations sociales distribuées n’ont cessé de croître. Les chiffres helvétiques, fournis par l’OFS, concernant la période 1995 à 2018, sont éloquents :

    • le revenu des ménages a augmenté de 66 %
    • les prestations sociales ont bondi de 123 %
    • alors que la population n’a grossi que de 16 % et que l’inflation totale de la période n’a même pas atteint 10 %

    Ainsi donc, prétendre, comme l’a fait Maillard dans une interview donnée au Temps vendredi dernier, qu’en Europe et en Suisse « les inégalités de revenus se sont accrues fortement au détriment des plus pauvres et que, la solidarité dans les pays européens, en Suisse notamment, se lézarde » c’est tomber dans les contre-vérités bordant la malhonnêteté. Mais on le sait, l’ancien conseiller d’Etat actuellement élu à Berne et président de l’USS, n’a jamais hésité à manipuler les chiffres et les faits à son avantage et à pousser des boucs émissaires au pilori.

    Pierre Kunz

     (*) Piketty, Idéologie et capital, 2019

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  • Climat ; les discours pompeux des intellectuels

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    Les intellectuels français sont probablement les champions du monde des discours abscons, sans portée pratique, qui alignent les poncifs et les mots compliqués comme s’ils parlaient à des ordinateurs. Le dernier exemple de ces personnages, cité dans Le Temps mercredi dernier, est Bernard Stiegler, sociologue, qui entend interpeller la Genève internationale et l’ONU pour repenser la lutte contre le climat.

    Pour justifier la création de son Institut de recherche et d’innovation de Paris, un collectif scientifique transdisciplinaire, et pour présenter ce qu’il entend en faire afin de lutter contre le réchauffement climatique, voici les propos qu’il tient.

    « Face au manque de volonté politique ou à l’apathie ambiante, aux symptômes de la profonde désorientation face aux défis que pose l’ère de l’anthropocène, il faut rechercher un nouveau processus d’expérimentation. L’idée est de trouver de nouvelles solutions démocratiques ancrées dans la réalité du territoire officiant chacun comme des laboratoires ».

    Et il poursuit en exigeant que « les modèles de société et de l’économie soient repensés et que soient échafaudées de nouvelles méthodes de travail qui prennent en compte les questions biologiques, économiques, sociales, politiques et technologiques. Face à la dictature des algorithmes, il faut restaurer le savoir humain ».

    Nous voilà bien avancés ! Comme disait Sieyès, à tant vouloir être profond on en devient creux.

    Pierre Kunz

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  • Trump ; ne soyons pas naïfs

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    Au cours des deux dernières années les médias et les experts du café du commerce n’ont cessé de focaliser leur attention et leurs commentaires sur ce qu’ils appelaient les errements du président américain. En les écoutant ou en lisant on comprenait qu’ils pensaient avoir affaire à un déséquilibré. Pourtant ses cibles n’étaient pas nouvelles. Ce qui est nouveau avec Trump, c’est bien moins la politique qu’il fait que son comportement stupéfiant, outrancier, impulsif, et sa manière abusive et malhonnête de communiquer.

    Mais, en termes de réal-politique, les chroniqueurs sérieux qui s’intéressent à la politique américaine savent que Trump fait en général autrement mais rien de plus que ce qu’ont initié ses prédécesseurs : montrer à la Chine qu’elle ne pourra pas continuer à abuser de son statut de « pays en développement », dénucléariser la Corée du Nord, reconnaître officiellement et dans les faits qu’en Palestine l’allié privilégié des USA sont les Israéliens, faire comprendre aux Européens qu’il est temps pour eux d’assumer leur défense, déstabiliser l’Iran autant que faire se peut, etc.

    Ne soyons pas naïfs, Kennedy, Nixon, Clinton, les Bush et Obama ont eux aussi ordonné des assassinats ciblés. Le dernier exemple en date est celui de Ben Laden. Mais, à la différence de la mise à mort de Suleimani par Trump, ces actes étaient mûrement réfléchis et, aux yeux de leurs auteurs, justifiables devant le peuple américain et défendables, si nécessaire, sur la scène internationale.

    Jusqu’au meurtre de Suleimani on pouvait encore croire que les décisions et les actes de Trump étaient fondés sur la raison, sur l’intérêt de l’Amérique et sur les exigences de la réal-politique. Mais le meurtre de Suleimani vient démentir de manière dramatique cette appréciation. Ce meurtre lourd de conséquences est en effet aussi irrationnel qu’injustifiable. Contrairement à Ben Laden ce général n’avait rien à expier, il ne représentait aucune menace sérieuse pour la population américaine. C’était même un allié de l’armée américaine dans sa lutte contre Daesh.

    Il faut en convenir, le seul motif qui a amené Trump à agir avec cette brutalité est électoraliste. En prenant sa décision irresponsable, il n’a songé qu’aux retombées, positives selon lui, sur sa réélection. Cette opération indéfendable, même par ses fidèles, risque bien, au contraire, de précipiter sa descente vers la défaite en novembre prochain.

    Pierre Kunz

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