France, 5 décembre 2019

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La France est une complication d’hommes, de tempéraments, de talents, d’attentes, d’égoïsmes, de méfiances, de haines et de faits historiques. Cette complication, depuis des siècles ne cesse de se déchirer, passant de jacqueries en saccages, de conflits sociaux en révoltes, d’émeutes en violences.

Cette même complication existait dans presque tous les pays occidentaux. Mais, contrairement à la France, ceux-ci ont su, depuis le milieu du 19ème siècle, peu à peu, fonder un dialogue social pérenne, canaliser les forces centrifuges et mobiliser l’énergie des citoyens dans la construction d’un destin national commun. Les dirigeants de notre grand voisin n’ont en revanche jamais été en mesure, ou n’ont jamais voulu, donner au pays les institutions durables qui lui auraient permis de surmonter ses divisions. En dépit du renforcement de l’Etat, d’abord par la monarchie puis par la République, la France n’a jamais réussi à intégrer les cœurs et les esprits.

Notre grand voisin, qui aime tant s’afficher en parangon de l’égalité et vanter les mérites de son « modèle social », est sociologiquement, demeurée figée dans les traits d’une monarchie plus ou moins masquée, caractérisée par les attentes déraisonnables du peuple à l’égard de son Etat, l’incurie d’une administration omnipotente et tentaculaire et le rôle surdimensionné de la technocratie issue des grandes écoles. Dès qu’une crise s’y produit, dès qu’une partie du peuple se sent frappée par l’injustice, les vieux démons de l’Hexagone ressurgissent. En l’absence de tout dialogue social institutionnalisé, la rue et les campagnes redeviennent des lieux d’affrontement, et partout se font réentendre les appels à la destitution des castes dirigeantes privilégiées.

Il faut dire que celles-ci se sont comportées, au cours des dernières décennies, de la pire des manières.

Au prétexte de lutter contre la pauvreté et les inégalités par la redistribution et d’assurer ainsi le calme au sein des couches les moins aisées, elles ont fait croître l’Etat-providence de manière démentielle, insupportable pour l’économie du pays. Afin de boucher le gouffre des dépenses publiques elles ont recouru dans un premier temps à la planche à billets, ensuite, dès l’absurde création de l’euro, à l’endettement massif de la nation.

Pour conforter leur situation privilégiée, elles se sont arrangées par pour ne pas avoir à affronter les déséquilibres dramatiques du pays, à savoir l’immigration, la fonction publique pléthorique, le centralisme administratif, le déclassement économique de la province et le délabrement des infrastructures de transport dans ces régions.

Le résultat de cette démagogie et de cette impéritie se révèle aujourd’hui dramatique pour la France. Elle est financièrement exsangue, malgré les efforts de ses entreprises elle reste économiquement peu compétitive, les banlieues de ses villes sont souvent devenues des zones de non-droit, son centralisme administratif balaie toute initiative régionale et l’Etat-providence est devenu un monstre incontrôlable.

Quant aux classes populaires, même si la France est un des pays les plus égalitaires de l’Occident, obsédées par leurs « droits acquis », insensibles aux exigences du redressement national, elles sont réfractaires à toute réforme profonde. Dès qu’il en est question, elles se mettent en grève puis prennent la rue pour, comme toujours, exiger moins de taxes, « casser du riche » et … réclamer la tête Président.

Pierre Kunz

 

 

Lien permanent 3 commentaires

Commentaires

  • C'était pas la peine d'ajouter l'islamisme à la liste et pourtant ils l'ont fait !
    Ceci dit ne faisons pas les malins, on prend le même chemin.

  • Entièrement d'accord pour cette analyse "l’incurie d’une administration omnipotente et tentaculaire et le rôle surdimensionné de la technocratie issue des grandes écoles. L'islamisation nous coûte très cher. Qui plus est nous continuons de fabriquer du salariat de masse et faisons venir des migrants ! Ne plus voter d'énarques ou de fonctionnaires et les paysans, serait une solution. Quant aux saigneurs et autres seigneurs, ils ont les bonnes places dans l'armée et dans la haute administration, les banques etc: quand ça n'est pas dans les grandes entreprises. La monarchie reste à l'affût pour une revanche. cela dit, 3000 milliards d'€ de dettes nous attendent également qu'il faut ajouter au réchauffement climatique que des zinzins refusent de constater tout en croyant au dieu hibou toujours absent. Nous ne sommes pas sortis de l'auberge, les islamonazis avancent masqués ou non, l'avenir est bien sombre !

  • J'attendais qu'il se passe un évènement le 5... Et, ma foi, nous somme presque le 8 et rien à l'horizon :)

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