• Auprès de mon arbre ...

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    Dans une des formules aussi amusantes que cinglantes dont il a le secret, Bernard Pivot notait : « Il arrive un âge où nous sommes plus attentifs aux bruits, agaceries et crispations de notre corps qu’au tumulte et au vacarme du monde ».

    Ce sont ces mots qui viennent à l’esprit lorsqu’on observe, stupéfait, le bruit généré par les amoureux inconditionnels des arbres, par ceux en particulier qui ont récemment défilé dans les rues de la ville pour, prétendaient-ils, « sauvegarder Genève ». En voilà qui ont une idée bien simpliste des moyens à mettre en œuvre pour protéger notre canton des multiples dérives, bien réelles celles-là, qui lui nuisent.

    Contrairement à ce que d’aucuns veulent faire croire, la forêt genevoise est en accroissement depuis plusieurs décennies. Genève est un des cantons qui, dans ses parcs, ses communes suburbaines et ses innombrables zones forestières, a le mieux su préserver ses arbres, jeunes et vieux voire monumentaux. Aujourd’hui, chaque fois qu’un arbre est abattu, soit parce qu’il est malade soit parce qu’il empêche la réalisation de travaux ou de constructions d’intérêt général, obligation légale est faite aux intéressés d’en replanter un autre ailleurs ou au même endroit en compensation.

    Comment dès lors ne pas s’étonner de la forme d’égoïsme et de l’enfantillage qui mobilisent ces « don quichotte » oublieux, semble-t-il, de l’éphémère qui caractérise toute forme de vie ? Comment ne pas s’agacer devant leur volonté farouche de garder « pour eux », à tous prix, même aux dépends de l’intérêt général, la jouissance de la vue et de l’ombre du chêne ou du peuplier qui agrémente leur vie depuis quelques décennies ?

    Est-il possible qu’ils ne se rendent pas compte qu’en prétendant s’en réserver l’usufruit jusqu’à la fin de leurs jours, ils n’expriment que leur volonté de laisser les générations suivantes s’en priver ? Car c’est bien à celles-ci que reviendra un jour ou l’autre d’abattre le vieux chêne pourrissant ou le peuplier devenu dangereux.

    Les arguments de ces pseudo-défenseurs de la nature, qui n’ont en l’occurrence aucune préoccupation environnementale, atteignent parfois un degré d’excès verbaux difficilement supportable. Par exemple lorsqu’ils comparent leur combat « contre l’éradication de la forêt des Allières dont Genève n’est pas près de se remettre » (sic) et l’abattage des 8 peupliers du Lignon à « la lutte des antinucléaires après la bombe d’Hiroshima » (sic) ! Des propos stupéfiants qui n’empêchent pas certains politiciens opportunistes de les relayer et de s’emparer de ce nouveau tremplin électoral.

    La construction de logements a enfin repris à Genève et c’est heureux. Cette construction et les routes qu’il s’agit en conséquence de corriger ou d’élargir imposent quelques abattages. Ceux-ci, sans doute, amènent des désagréments pour les habitants des quartiers concernés. Mais il faut vraiment en être resté à l’esprit de « villa ça m’suffit » pour ne pas relativiser ces ennuis momentanés. Il faut être bien étroit d’esprit pour ne pas comprendre que nos descendants, grâce aux habitations nouvelles ainsi mises sur le marché, trouveront moins difficilement à se loger qu’aujourd’hui.

     

    Pierre Kunz

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  • A Genève, l’air le plus sain depuis 200 ans 

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    Le ROPAG (Réseau d’observation de la pollution atmosphérique à Genève) effectue pour le compte du canton, chaque année depuis 1988, des milliers de relevés. Il se trouve ainsi en mesure de constater l’évolution de la situation.

    Dans son rapport relatif à l’exercice de 2018, le ROPAG résume ses constations de la manière suivante.

    Dioxyde d’azote (NO2)

    Les concentrations de NO2 poursuivent leur baisse et se situent en 2018 sensiblement en dessous des concentrations enregistrées ces dernières années. Dans l’hyper-centre de la ville de Genève et sur la façade sud de l’aéroport le niveau moyen de NO2 reste encore légèrement au-dessus de la VLI (Valeur limite d’immission fixée par la loi fédérale dite OPair et les ordonnances de l’Offices fédéral de l’Environnement) mais sur une surface notablement réduite par rapport aux années précédentes. Par ailleurs, comme c’est le cas depuis plusieurs années, la VLI journalière est respectée sur tout le canton.

    Ozone (O3)

    Comme les années précédentes, des concentrations excessives d’O3 ont été mesurées sur l’ensemble du canton, les plus faibles valeurs ayant été observée en milieu urbain. L’essentiel des dépassements de la VLI ont été observée en période estivale, exceptionnellement chaude et ensoleillée. Ces dépassements sont restés aux nombres recensés pour les années comparables, 2003 et 2015, connues pour leur été caniculaire.

    Poussières fine (PM10)

    L’année 2018 confirme la baisse de la concentration en PM10 observée depuis une décennie. Les moyennes annuelles furent parmi les plus faibles depuis le début des mesures en 1998. Partout dans le canton, la VLI a été respectée pour la troisième année consécutive.  De surcroît, comme c’est le cas depuis de nombreuses années, les concentrations de métaux lourds – plomb et cadmium – respectent largement les VLI imposée par l’OPair.

    Dioxyde de souffre (SO2), monoxyde de carbone (CO), retombées de poussières

    Concernant le SO2, le CO, les retombées de poussières et les métaux lourds contenus dans celles-ci (plomb, cadmium, zinc et thallium), les concentrations mesurées respectent les VLI qui leurs sont associées partout dans le canton, ce depuis de nombreuses années.

    Ainsi donc, selon le service de l’Etat qui mesure en permanence la qualité de l’air à Genève, la situation ne cesse de s’améliorer depuis vingt ans. Une amélioration qui permet d’affirmer sans forfanterie que jamais au cours des deux ou trois derniers siècles les habitants de Genève n’ont bénéficié d’un air plus sain.

    Et c’est précisément le moment que choisit le Conseil d’Etat pour mettre en œuvre un projet de loi voté sur sa proposition par un Grand Conseil dont les membres, avant de prendre leur décision, ont manifestement omis de consulter les rapports du ROPAG. Ainsi, nous nous retrouverons dès l’an prochain forcés de coller sur nos parebrises un macaron soi-disant « anti-pollution » mais qui ne contribuera absolument pas à améliorer la qualité de l’air genevois dans la zone concernée. A la lecture des rapports du ROPAG on se rend compte qu’il s’agit d’une mesure qui demeurera sans effet, sauf celui d’ennuyer les automobilistes et de gonfler encore les effectifs administratifs et policiers de l’Etat.

    Avant de conclure, on ne saurait oublier de stigmatiser le prétexte invoqué par les défenseurs de cette nouvelle vignette qui prétendent qu’il y va de la santé des personnes malades. Il y a là une forme de malhonnêteté. Le nombre des pics de pollution ne se trouvera pas réduit, ni leur durée. Et dans ces cas les gens fragiles du cœur ou des poumons devront continuer de demeurer chez elles ou en tous cas de mesurer leurs efforts physiques.

    Pierre Kunz

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  • Djihadistes : cynisme ou « trouille » chez les Européens ?

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    Le refus affiché par les pays européens de prendre en charge « leurs » djihadistes, hommes et femmes, actuellement détenus en Irak et en Syrie est significatif de la déliquescence des institutions européennes et de l’affaissement moral des élites politiques, molles et sans ressort, du Vieux continent. Le Drian, ministre français des affaires étrangère, incarne parfaitement la faiblesse profonde qui gangrène des pays qui furent jadis puissants et orgueilleux.

    Le recours à ces termes n’est malheureusement pas excessif. C’est en effet certainement la première fois dans l’histoire des pays européens que ces derniers, animés uniquement par la peur et minés par le déni des exigences morales d’une civilisation née des Lumières, refusent de juger des criminels détenteurs d’un passeport européen.

    Ces djihadistes ont été dépeints, et ils se sont comportés eux-mêmes, comme des êtres brutaux et malfaisants. Certes, mais est-il justifiable pour autant que le monde politique rejette sa responsabilité de les faire juger ici, en Europe ? En agissant ainsi, il donne le sentiment que les forces de police sont incapables de les empêcher désormais de nuire et les services sociaux de les aider à se réinsérer dans nos sociétés.

    Cette attitude du monde politique est lamentable. Elle viole le droit. Elle n’est pas fondée sur la raison mais sur la pusillanimité, la lâcheté. Elle a beau jeu d’interpréter les angoisses que, par leurs discours désastreux (la France est en guerre, clamait Hollande !) et leurs attitudes inconsistantes, les politiciens ont fait naître au sein de la population, avec l’aide des médias et des mouvances populistes.

    Car la crainte des djihadistes comme celle des menaces pour l’Europe de l’Etat islamique ont toujours été et restent totalement exagérées. Le Califat et ses terroristes n’ont jamais songé à mettre en péril les sociétés occidentales et ils n’ont jamais été en mesure de frapper plus que quelques citoyens occidentaux malchanceux. Les risques de « déstabilisation » n’ont jamais dépassé le seuil d’un fantasme que la presse écrite, radiophoniques et télévisuelle s’est ingéniée à cultiver.

    Voilà les réalités qu’il aurait fallu et qu’il faudrait expliquer aux peuples européens afin de les mobiliser en faveur du respect du droit et du bon fonctionnement de nos institutions. De les mobiliser aussi pour initier une saine réaction au défaitisme qu’on nous impose. Mais les chefs d’Etats européennes et leurs ministres, témoignant de l’écroulement des valeurs du Vieux-continent, ne songent qu’à se débarrasser d’un problème encombrant en prétendant faire juger ces criminels au Moyen-Orient, au prétexte que c’est là-bas qu’ils ont commis leurs méfaits.

    Pourtant, ces criminels n’ont-ils pas, en tout premier lieu, trahi leur pays d’origine ? Et dans ce cas n’est-il pas normal que, comme des voyous à col blancs et des meurtriers de droit commun réfugiés à l’étranger, ils soient extradés ?

    Les Américains l’ont bien compris, qui respectent leur constitution et leurs devoirs. Ils s’occupent, eux, de « leurs » terroristes, quitte à les traiter avec une rigueur particulière, celle de Guantanamo, rigueur que les Européens n’ont cessé de condamner au nom des droits de l’Homme. Mais voilà une critique qu’ils s’empressent d’oublier quand ils préfèrent laisser les terroristes croupir dans des conditions épouvantables aux mains de gardiens dont chacun sait qu’ils se fichent éperdument des droits de l’Homme.

     Pierre Kunz

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  • J'aime bien Christian Lüscher mais ...

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    J’aime bien Christian Lüscher, mais pas du tout ce qu’il a déclaré sur les ondes de RTS ce matin.

    Analysant les résultats du PLR lors de la dernière journée électorale des prétendants aux Conseil des Etats, le meilleur parlementaire fédéral genevois a tenu des propos qui ne lui ressemblent pas. Il cherchait une explication plausible à la défaite dimanche des candidats de l’Entente lors du dernier tour des élections au Conseil des Etats. Décevant, manquant de lucidité, cédant à la facilité, il a trouvé à la défaite du ticket Hiltpold-Hirsch un bouc émissaire commode, Pierre Maudet.

    S’il avait préparé son intervention il aurait en premier lieu évité de parler de « déconfiture » et de désigner le PLR genevois comme « étant le grand perdant des PLR de Romandie. Car, s’agissant du Conseil National, si le PLR genevois a perdu 2,6 % de voix en 2019 par rapport à 2015, le PLR vaudois en a perdu 3,5 %. Il aurait aussi relevé que si la perte moyenne du PLR Suisse s’établit à 1,3 % c’est que dans d’autres cantons aussi les pertes ont été considérables. Et dans ces cantons, notamment à Bâle (- 3,8 %), à Lucerne (-2,9 %) et au Tessin (-3,2 %) il est peu vraisemblable que l’affaire Maudet ait joué le rôle que lui prête Christian Lüscher à Genève.

    En second lieu, celui-ci, en vieux routinier de la politique, sait fort bien que les invectives et les quolibets dont il parle et qu’il aurait subis lors de sa campagne sur les marchés sont, à un prétexte ou à un autre, monnaie courante. Peuvent en témoigner, tous les candidats en campagne. Ils ont régulièrement affaire à des gens revêches ou simplement revanchards. Et s’il avait voulu demeurer objectif et honnête, il aurait aussi mentionné les insultes des citoyens qui lui reprochaient, ainsi qu’à la direction et aux « grands élus » du PLR, la manière dont ils ont, par leurs déclarations inutiles et peu apaisantes, favorisé le lynchage de Pierre Maudet.

    Ce sont en effet ces déclarations qui ont directement causé les divisions constatées depuis le 15 janvier 2019 au sein du PLR. Ces divisions ont évidemment pesé sur le vote des membres du PLR. Lors des dernières élections fédérales. Mais elles restent secondaires par rapport aux conséquences de la vague verte ressentie partout dans le pays. Elles sont surtout sans commune mesure avec les dégâts causés par une Entente minée depuis 2001 par l’égoïsme du PDC, saboteur de toute collaboration avec l’UDC, et par le manque de courage et de vision des états-majors qui se sont succédé à la tête des radicaux, des libéraux puis du PLR en se montrant incapables de prévenir l’enterrement promis à l’Entente dans ces conditions.

    Pierre Kunz

     

     

     

     

     

     

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  • L’IN162 : les vents de la démagogie

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    Dans la brochure explicative distribuée aux citoyens en prévision de la votation du 24 novembre, le comité à l’origine de l’IN 162 se fend d’une justification dont on se demande si elle procède la mauvaise foi ou de la bêtise, tant elle méconnaît les réalités. Il écrit :

    « A Genève, la pénurie de logements dure depuis 20 ans. Elle impacte directement la population genevoise car sa conséquence est l’augmentation très marquée du prix des loyers. (…) Cette augmentation des prix est liée à l’avidité des propriétaires, qui profitent de cette période de pénurie pour augmenter abusivement les loyers. »

    Mauvaise foi ou bêtise, à moins qu’il ne s’agisse des deux. Mais ce genre de tromperie a, depuis trente ans, tant apporté à l’Asloca et à tous les soi-disant « défenseurs des locataires », qu’ils ne voient bien évidemment aucune raison de renoncer à y recourir. Pourtant les observateurs et acteurs sérieux savent depuis longtemps que la pénurie et les écarts injustifiables entre les loyers des demeures anciennes et récentes, ne sont pas dus à la cupidité des propriétaires et des promoteurs.   

    Quand les locataires finiront-ils par voir que cette législation étouffante, qui n’a cessé de gonfler au cours des dernières décennies et que l’IN 162 vise à renforcer encore, est d’essence clairement démagogique ?

    Quand finiront-ils par se rendre compte que s’il y a pénurie ce n’est pas à cause de spéculateurs cupides et de constructeurs véreux mais parce que cette législation empêche les promoteurs de construire et les propriétaires de rénover ? Au lieu de promouvoir la création de logements elle casse la rentabilité des projets et elle restreint l’utilisation des terrains constructibles.

    Quand reconnaîtront-il l’évidence que si certains promoteurs et propriétaires sont en mesure d’appliquer des prix ne répondant pas aux possibilités du Genevois moyen, c’est parce que, à Genève, … on ne construit pas assez de logements.

    Quand admettront-ils que le prix des logements nouvellement construits est généralement conforme aux coûts de construction actuels ? Leurs loyers, en effet, ne paraissent élevés que si on les compare à ceux des bâtiments anciens, notamment à ceux des immeubles subventionnés par l’Etat. Le niveau des loyers de ces deux catégories reste quasiment intouchable à cause du contrôle stricte des loyers en vigueur. Un système qui assure à leurs bénéficiaires une rente de situation absolument inéquitable. Voilà pourquoi, aujourd’hui, le jeune couple qui ne parvient pas à obtenir le 4 pièces, auquel il aspirait, occupé par ses grands-parents depuis vingt ans, se voit forcé d’accepter un logement plus petit et 70 % plus cher que celui de ses aïeux.

    Les vents qui gonflent les voiles de l’IN 162 sont ceux de la démagogique. Si elle était acceptée, la victime serait une fois de plus la classe moyenne.

    Pierre Kunz

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  • Genève, l’Etat nounou et les chauffeurs Uber

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    Les médias, et la plupart des peuples, fêtent en ce début octobre le trentième anniversaire de la chute du Mur. C’est le bon moment de se rappeler qu’une des raisons fondamentales pour lesquels les Allemands de l’Est ont fait exploser le régime tyrannique sous lequel ils vivaient est que celui-ci prétendait déterminer l’avenir de chacun en contrepartie d’une existence exempte de tout risque professionnel et social.

    La Suisse est un pays de liberté et de responsabilité individuelles. Mais à Genève de vieux démons font mentir ce constat. L’Etat providence, au nom de « la justice et de l’égalité sociales » est devenu tentaculaire.  D’un demi-siècle d’activisme socialo-marxiste et de reniements de la droite, sont nées des institutions sensées protéger les Genevois de tout, même des velléités qu’ils pourraient ressentir à prendre leur destin en mains.

    En conséquence, au lieu de favoriser l’épanouissement de tous les Genevois, notamment des plus modestes, au lieu de les aider à se construire un avenir meilleur par leurs initiatives et leur travail, nos autorités ne songent qu’à leur faire miroiter la « sécurité du filet social genevois ». Selon ces autorités, ce filet constitue une bonne raison d’inciter les gens modestes à se contenter d’un travail salarié, quitte à réclamer une aide complémentaire de l’Hospice général, plutôt que de prendre des risques économiques aux fins d’améliorer leurs revenus souvent insatisfaisants.

    C’est précisément à cet éclairage qu’il convient d’interpréter la décision que vient de prendre le Conseil d’Etat en prétendant priver de leur activité les chauffeurs de taxi travaillant avec le concours d’Uber. Au lieu de leur apporter soutien et encouragements parce qu’ils contribuent grandement à l’amélioration d’un service public qui depuis longtemps ne satisfaisait plus les Genevois, il ne songe qu’à casser les ambitions de ces petits entrepreneurs.

    On aurait compris que notre ministre de l’emploi intervienne pour activer la recherche de solutions aux quelques problèmes administratifs qui subsistent. Mais pas que, avec le soutien de la gauche, il veuille de toute urgence « protéger les petites gens contre les risques excessifs qu’ils prennent en se mettant à leur compte ». Comme si à Genève une catégorie de la population, parce qu’elle serait peu éduquée ou pauvre, était trop imprévoyante et stupide pour se construire un avenir autre que celui que leur offre le mirage de l’Etat providence.

    A quand l’interdiction faite à ces mêmes gens modestes d’ouvrir une épicerie, un garage ou un bistrot ?

    Pierre Kunz

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  • La Suisse ou le capitalisme heureux

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    Comme d’habitude, la campagne électorale qui s’achève a été rythmée par une avalanche critique stigmatisant « tout ce qui va mal » dans notre pays, passant des inégalités sociales à la fiscalité injuste, du système de santé inique à la ploutocratie financière, etc.

    Dans ce contexte il est réconfortant de constater que, vue de l’extérieure, la Suisse ressemble davantage au paradis qu’à l’enfer. C’est par exemple dans le New York Times de vendredi dernier qu’on pouvait lire, sous la plume de Ruchir Sharma, l’article dont les principaux éléments sont traduits ci-dessous.

    Les 700 milliards de PIB dégagés annuellement par l’économie suisse situe celle-ci parmi les 20 plus puissantes du monde. Par rapport à celles des pays socialistes scandinaves, souvent citées en modèles, elle est plus ouverte, exporte bien davantage, est plus stable institutionnellement et nettement moins pesante fiscalement. Le revenu moyen de ses habitants ne le cède qu’à celui des Luxembourgeois. La richesse ne fait pas le bonheur, dit-on, mais elle n’est manifestement pas contradictoire avec celui-ci puisque les enquêtes à ce sujet montrent que les Helvètes se rangent parmi les peuples le plus heureux du monde.

    Contrairement à ce que pensent certains, les richesses et les revenus y sont répartis quasiment aussi égalitairement qu’en Scandinavie. En Helvétie, la classe moyenne possède environ 70 % des actifs de la nation et le patrimoine d’une famille typique s’y situe au double de celle de son homologue scandinave.

    La Suisse est un pays intimement capitaliste. La taxation des revenus individuels - ceux de la classe moyenne notamment - des entreprises et de la consommation y est nettement inférieure à celle des pays nordiques. Les dépenses publiques ne représentent pas plus du tiers du PIB, soit un des taux les plus bas d’Europe. Sa politique migratoire, bien que peu spectaculaire, donne d’excellents résultats.

    Les Suisses excellent dans presque tous les domaines à haute valeur ajoutée, privilégiant aujourd’hui les biotechs et l’engineering. Ses centres de production industriels et financiers, comme sa structure politique, sont largement décentralisés. La Banque nationale suisse gère avec une grande efficacité la problématique du franc fort.

    Enfin, le pragmatisme régnant en maître dans le pays l’a amené à élaborer des institutions qui marient mieux qu’ailleurs les exigences de la libre entreprise et celles de la justice sociale.  

    S’il avait jugé les résultats des récentes élections fédérales, il se serait probablement étonné de la progression impressionnante des Verts. Il n’aurait en effet pas manqué de relever que, au-delà de la qualité de son économie, dans les classements internationaux, la Suisse est depuis longtemps un des pays les moins pollueurs de la planète et l’un de ceux qui ont su le mieux protéger leur environnement.

    Pierre Kunz

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