A Genève, l’air le plus sain depuis 200 ans 

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Le ROPAG (Réseau d’observation de la pollution atmosphérique à Genève) effectue pour le compte du canton, chaque année depuis 1988, des milliers de relevés. Il se trouve ainsi en mesure de constater l’évolution de la situation.

Dans son rapport relatif à l’exercice de 2018, le ROPAG résume ses constations de la manière suivante.

Dioxyde d’azote (NO2)

Les concentrations de NO2 poursuivent leur baisse et se situent en 2018 sensiblement en dessous des concentrations enregistrées ces dernières années. Dans l’hyper-centre de la ville de Genève et sur la façade sud de l’aéroport le niveau moyen de NO2 reste encore légèrement au-dessus de la VLI (Valeur limite d’immission fixée par la loi fédérale dite OPair et les ordonnances de l’Offices fédéral de l’Environnement) mais sur une surface notablement réduite par rapport aux années précédentes. Par ailleurs, comme c’est le cas depuis plusieurs années, la VLI journalière est respectée sur tout le canton.

Ozone (O3)

Comme les années précédentes, des concentrations excessives d’O3 ont été mesurées sur l’ensemble du canton, les plus faibles valeurs ayant été observée en milieu urbain. L’essentiel des dépassements de la VLI ont été observée en période estivale, exceptionnellement chaude et ensoleillée. Ces dépassements sont restés aux nombres recensés pour les années comparables, 2003 et 2015, connues pour leur été caniculaire.

Poussières fine (PM10)

L’année 2018 confirme la baisse de la concentration en PM10 observée depuis une décennie. Les moyennes annuelles furent parmi les plus faibles depuis le début des mesures en 1998. Partout dans le canton, la VLI a été respectée pour la troisième année consécutive.  De surcroît, comme c’est le cas depuis de nombreuses années, les concentrations de métaux lourds – plomb et cadmium – respectent largement les VLI imposée par l’OPair.

Dioxyde de souffre (SO2), monoxyde de carbone (CO), retombées de poussières

Concernant le SO2, le CO, les retombées de poussières et les métaux lourds contenus dans celles-ci (plomb, cadmium, zinc et thallium), les concentrations mesurées respectent les VLI qui leurs sont associées partout dans le canton, ce depuis de nombreuses années.

Ainsi donc, selon le service de l’Etat qui mesure en permanence la qualité de l’air à Genève, la situation ne cesse de s’améliorer depuis vingt ans. Une amélioration qui permet d’affirmer sans forfanterie que jamais au cours des deux ou trois derniers siècles les habitants de Genève n’ont bénéficié d’un air plus sain.

Et c’est précisément le moment que choisit le Conseil d’Etat pour mettre en œuvre un projet de loi voté sur sa proposition par un Grand Conseil dont les membres, avant de prendre leur décision, ont manifestement omis de consulter les rapports du ROPAG. Ainsi, nous nous retrouverons dès l’an prochain forcés de coller sur nos parebrises un macaron soi-disant « anti-pollution » mais qui ne contribuera absolument pas à améliorer la qualité de l’air genevois dans la zone concernée. A la lecture des rapports du ROPAG on se rend compte qu’il s’agit d’une mesure qui demeurera sans effet, sauf celui d’ennuyer les automobilistes et de gonfler encore les effectifs administratifs et policiers de l’Etat.

Avant de conclure, on ne saurait oublier de stigmatiser le prétexte invoqué par les défenseurs de cette nouvelle vignette qui prétendent qu’il y va de la santé des personnes malades. Il y a là une forme de malhonnêteté. Le nombre des pics de pollution ne se trouvera pas réduit, ni leur durée. Et dans ces cas les gens fragiles du cœur ou des poumons devront continuer de demeurer chez elles ou en tous cas de mesurer leurs efforts physiques.

Pierre Kunz

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Commentaires

  • Mais qu'attendez-vous pour lancer le référendum bon sang ?
    C'est bien joli de causer, en attendant ce truc nous tombe dessus et n'entend que des jérémiades.

  • Il semble qu'il s'agisse bien de musique, comme le laisse entendre votre titre, et le Conseil d'Etat semble vouloir briguer un prix aux Emmy Awards.

  • Ils suivent la mode de l'effet Greta! Dans ce 21ème siècle il n'y a que la malhonnêteté qui marche!

  • Personne a l'idée de comparer notre époque à la révolution industrielle où certaines régions ou villes d'Europe étaient très pollués par l'humain. Londres étaient très polluées connue pour son smog, Paris de 1850, selon des chercheurs, tout autant que maintenant.

    Mais si on prend le canton de Genève, avec une population beaucoup moins importante que maintenant, 64'000 en 1850 et 500'000 maintenant, j'ai du mal à croire que l'air est plus sain actuellement. Mes conclusions, je les laisse aux chercheurs.

    Par contre, j'aimerais savoir comment vous arrivez à ce genre de conclusion ?

    Sur le fond, je vois surtout une incohérence du politique entre un développement du canton focalisé sur sa croissance, aéroport y compris, et les efforts contre la pollution.
    Il ne faut pas "soigner" les pics de pollution, mais empêcher que cela arrive.

  • Une excellente initiative anti-sociale voulue par la gauche. Magnifique autogoal. Un peu comme celui d'avoir soutenu la continuité de la RTS, en faisant raquer tout le monde, dont les chômeurs. Ils ne sont pas tous seuls dans leurs tetes nos gauchos du moment.

    On se réjouit d'entendre comment ils veulent s'y prendre, puisque ne serait-ce que pour la voie ouverte au covoiturage à la douane, Genève n'a même pas pensé à demander à Berne de leur concocter un petit article de loi pour sanctionner les contrevenants. Une belle bande de pieds plats.

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