J'aime bien Christian Lüscher mais ...

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J’aime bien Christian Lüscher, mais pas du tout ce qu’il a déclaré sur les ondes de RTS ce matin.

Analysant les résultats du PLR lors de la dernière journée électorale des prétendants aux Conseil des Etats, le meilleur parlementaire fédéral genevois a tenu des propos qui ne lui ressemblent pas. Il cherchait une explication plausible à la défaite dimanche des candidats de l’Entente lors du dernier tour des élections au Conseil des Etats. Décevant, manquant de lucidité, cédant à la facilité, il a trouvé à la défaite du ticket Hiltpold-Hirsch un bouc émissaire commode, Pierre Maudet.

S’il avait préparé son intervention il aurait en premier lieu évité de parler de « déconfiture » et de désigner le PLR genevois comme « étant le grand perdant des PLR de Romandie. Car, s’agissant du Conseil National, si le PLR genevois a perdu 2,6 % de voix en 2019 par rapport à 2015, le PLR vaudois en a perdu 3,5 %. Il aurait aussi relevé que si la perte moyenne du PLR Suisse s’établit à 1,3 % c’est que dans d’autres cantons aussi les pertes ont été considérables. Et dans ces cantons, notamment à Bâle (- 3,8 %), à Lucerne (-2,9 %) et au Tessin (-3,2 %) il est peu vraisemblable que l’affaire Maudet ait joué le rôle que lui prête Christian Lüscher à Genève.

En second lieu, celui-ci, en vieux routinier de la politique, sait fort bien que les invectives et les quolibets dont il parle et qu’il aurait subis lors de sa campagne sur les marchés sont, à un prétexte ou à un autre, monnaie courante. Peuvent en témoigner, tous les candidats en campagne. Ils ont régulièrement affaire à des gens revêches ou simplement revanchards. Et s’il avait voulu demeurer objectif et honnête, il aurait aussi mentionné les insultes des citoyens qui lui reprochaient, ainsi qu’à la direction et aux « grands élus » du PLR, la manière dont ils ont, par leurs déclarations inutiles et peu apaisantes, favorisé le lynchage de Pierre Maudet.

Ce sont en effet ces déclarations qui ont directement causé les divisions constatées depuis le 15 janvier 2019 au sein du PLR. Ces divisions ont évidemment pesé sur le vote des membres du PLR. Lors des dernières élections fédérales. Mais elles restent secondaires par rapport aux conséquences de la vague verte ressentie partout dans le pays. Elles sont surtout sans commune mesure avec les dégâts causés par une Entente minée depuis 2001 par l’égoïsme du PDC, saboteur de toute collaboration avec l’UDC, et par le manque de courage et de vision des états-majors qui se sont succédé à la tête des radicaux, des libéraux puis du PLR en se montrant incapables de prévenir l’enterrement promis à l’Entente dans ces conditions.

Pierre Kunz

 

 

 

 

 

 

Lien permanent 7 commentaires

Commentaires

  • Bonne analyse avec quelques chiffres qui permettent de sortir des invectives et excuses réductrices!

  • L'électorat PLR genevois ne votera jamais en masse pour l'UDC. Le PLR genevois est d'abord libéral, mondialiste, ce que déteste l'UDC.

    L'électorat UDC pourrait t'il voter pour un libéral, je peine à la croire, à moins de se sacrifier pour éviter à la gauche, pourtant moins libérale, de siéger.


    La condition d'une entente est que l'UDC est prêt à se sacrifier pour le PLR. L'UDC étant un répulsif pour un électorat du centre droit, il ne pourra pas être mieux qu'un marchepied pour le PLR.

    Ce sont les électeurs qui font le succès d'une alliance. La défaite programmée de l'UDC malgré un soutien PLR, va enterrer l'alliance.
    L'UDC à Genève n'a pas assez de poids pour servir le PLR à la place du PDC.

  • A Motus.
    L'entente n'a jamais visé une uniformité dans les programme respectif du PDC, des radicaux et des libéraux. Au départ, dans les années 1930, il s'agissait pour ces trois partis, lors des échéances électorales, de grouper leurs forces pour contester à la gauche ses ambitions révolutionnaires.
    Aujourd'hui, l'objectif d'une alliance, électorale, du PLR avec l'UDC, à laquelle d'autres partis du centre droit pourraient adhérer, devrait viser à mettre un terme aux excès étatistes de la coalition gauche-verte et notamment à l'explosion de l'endettement du canton. A cet effet, avant les élections, un programme de législature devrait être conclu, qui listerait les objectifs communs aux participants et qui laisserait la liberté aux partis d'agir dans les autres domaines.

  • Merci pour ces remarques que je partage.
    Mais de là à suggérer que c'est le PDC qui sabote un rapprochement du PLR vers l'UDC, faut vraiment nous prendre pour des pives.
    Nidegger avait très bien résumé la chose :
    «Un jour, le PLR délaissera son épouse acariâtre pour la maîtresse UDC»
    https://www.tdg.ch/news/standard/nydegger/story/10049298

  • Très bonne analyse!

  • M. Christian Lüscher a l'habitude de parler en toute franchise et n'emploie pas des mots qui suggèrent ceci ou cela !

    On n'apprécie ou pas !

  • Bien dit, M. Kunz, et merci pour votre mise au point.

    Au lieu de demander à Pierre Maudet de "prendre ses responsabilités", il serait bien inspiré de prendre les siennes...et idem pour la direction du PLR Suisse.
    Le gestion de "l'affaire Maudet" a été pathétique et lorsque des gens de votre "calibre" sont obligés de le leur faire remarquer, c'est que le temps des cerises est terminé.

    CQFD

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