L’IN162 : les vents de la démagogie

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Dans la brochure explicative distribuée aux citoyens en prévision de la votation du 24 novembre, le comité à l’origine de l’IN 162 se fend d’une justification dont on se demande si elle procède la mauvaise foi ou de la bêtise, tant elle méconnaît les réalités. Il écrit :

« A Genève, la pénurie de logements dure depuis 20 ans. Elle impacte directement la population genevoise car sa conséquence est l’augmentation très marquée du prix des loyers. (…) Cette augmentation des prix est liée à l’avidité des propriétaires, qui profitent de cette période de pénurie pour augmenter abusivement les loyers. »

Mauvaise foi ou bêtise, à moins qu’il ne s’agisse des deux. Mais ce genre de tromperie a, depuis trente ans, tant apporté à l’Asloca et à tous les soi-disant « défenseurs des locataires », qu’ils ne voient bien évidemment aucune raison de renoncer à y recourir. Pourtant les observateurs et acteurs sérieux savent depuis longtemps que la pénurie et les écarts injustifiables entre les loyers des demeures anciennes et récentes, ne sont pas dus à la cupidité des propriétaires et des promoteurs.   

Quand les locataires finiront-ils par voir que cette législation étouffante, qui n’a cessé de gonfler au cours des dernières décennies et que l’IN 162 vise à renforcer encore, est d’essence clairement démagogique ?

Quand finiront-ils par se rendre compte que s’il y a pénurie ce n’est pas à cause de spéculateurs cupides et de constructeurs véreux mais parce que cette législation empêche les promoteurs de construire et les propriétaires de rénover ? Au lieu de promouvoir la création de logements elle casse la rentabilité des projets et elle restreint l’utilisation des terrains constructibles.

Quand reconnaîtront-il l’évidence que si certains promoteurs et propriétaires sont en mesure d’appliquer des prix ne répondant pas aux possibilités du Genevois moyen, c’est parce que, à Genève, … on ne construit pas assez de logements.

Quand admettront-ils que le prix des logements nouvellement construits est généralement conforme aux coûts de construction actuels ? Leurs loyers, en effet, ne paraissent élevés que si on les compare à ceux des bâtiments anciens, notamment à ceux des immeubles subventionnés par l’Etat. Le niveau des loyers de ces deux catégories reste quasiment intouchable à cause du contrôle stricte des loyers en vigueur. Un système qui assure à leurs bénéficiaires une rente de situation absolument inéquitable. Voilà pourquoi, aujourd’hui, le jeune couple qui ne parvient pas à obtenir le 4 pièces, auquel il aspirait, occupé par ses grands-parents depuis vingt ans, se voit forcé d’accepter un logement plus petit et 70 % plus cher que celui de ses aïeux.

Les vents qui gonflent les voiles de l’IN 162 sont ceux de la démagogique. Si elle était acceptée, la victime serait une fois de plus la classe moyenne.

Pierre Kunz

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