La Suisse ou le capitalisme heureux

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Comme d’habitude, la campagne électorale qui s’achève a été rythmée par une avalanche critique stigmatisant « tout ce qui va mal » dans notre pays, passant des inégalités sociales à la fiscalité injuste, du système de santé inique à la ploutocratie financière, etc.

Dans ce contexte il est réconfortant de constater que, vue de l’extérieure, la Suisse ressemble davantage au paradis qu’à l’enfer. C’est par exemple dans le New York Times de vendredi dernier qu’on pouvait lire, sous la plume de Ruchir Sharma, l’article dont les principaux éléments sont traduits ci-dessous.

Les 700 milliards de PIB dégagés annuellement par l’économie suisse situe celle-ci parmi les 20 plus puissantes du monde. Par rapport à celles des pays socialistes scandinaves, souvent citées en modèles, elle est plus ouverte, exporte bien davantage, est plus stable institutionnellement et nettement moins pesante fiscalement. Le revenu moyen de ses habitants ne le cède qu’à celui des Luxembourgeois. La richesse ne fait pas le bonheur, dit-on, mais elle n’est manifestement pas contradictoire avec celui-ci puisque les enquêtes à ce sujet montrent que les Helvètes se rangent parmi les peuples le plus heureux du monde.

Contrairement à ce que pensent certains, les richesses et les revenus y sont répartis quasiment aussi égalitairement qu’en Scandinavie. En Helvétie, la classe moyenne possède environ 70 % des actifs de la nation et le patrimoine d’une famille typique s’y situe au double de celle de son homologue scandinave.

La Suisse est un pays intimement capitaliste. La taxation des revenus individuels - ceux de la classe moyenne notamment - des entreprises et de la consommation y est nettement inférieure à celle des pays nordiques. Les dépenses publiques ne représentent pas plus du tiers du PIB, soit un des taux les plus bas d’Europe. Sa politique migratoire, bien que peu spectaculaire, donne d’excellents résultats.

Les Suisses excellent dans presque tous les domaines à haute valeur ajoutée, privilégiant aujourd’hui les biotechs et l’engineering. Ses centres de production industriels et financiers, comme sa structure politique, sont largement décentralisés. La Banque nationale suisse gère avec une grande efficacité la problématique du franc fort.

Enfin, le pragmatisme régnant en maître dans le pays l’a amené à élaborer des institutions qui marient mieux qu’ailleurs les exigences de la libre entreprise et celles de la justice sociale.  

S’il avait jugé les résultats des récentes élections fédérales, il se serait probablement étonné de la progression impressionnante des Verts. Il n’aurait en effet pas manqué de relever que, au-delà de la qualité de son économie, dans les classements internationaux, la Suisse est depuis longtemps un des pays les moins pollueurs de la planète et l’un de ceux qui ont su le mieux protéger leur environnement.

Pierre Kunz

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Commentaires

  • Je ne vais pas faire une recherche approfondie mais j'observe que le libéralisme dans notre pays a un prix que beaucoup ne seraient pas prêts à payer.
    https://www.rts.ch/info/suisse/6567731-le-taux-de-suicide-en-suisse-legerement-superieur-a-la-moyenne-europeenne.html

    Ainsi il s'agirait d'envisager un BNB plutôt qu'un PIB pour mesurer valablement l'équilibre entre la prospérité et le bonheur qui en découle.

    Quant à notre participation à l'effort pour limiter la pollution, elle se résume souvent à ne rien changer mais à payer pour compenser sans effet sur le climat mais dans les statistiques.

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