• Alice et le maire

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    Alice et le maire

    Dans un récent et excellent article, Michel Balestra faisait via Facebook le procès des technocrates qui, de Bruxelles, administrent l’Union Européenne. Il mettait en évidence le fossé séparant les citoyens de ces eurocrates qui conditionnent la vie des peuples du Vieux Continent à coups de règlements nébuleux et de normes souvent insensées.

    Les maux causés par Bruxelles ne constituent pas une exclusivité. Les Etats, les collectivités locales et les villes de l’Union enfantent elles aussi des fonctions publiques et des services technocratiques démesurés et au fonctionnement douteux. En Suisse, au plan fédéral comme à celui des cantons et des communes, on assiste au même phénomène.

    A ceux qui ressentent les effets de cette dérive technocratique sans pouvoir toujours la cerner et en apprécier l’ampleur, on ne peut que conseiller d’aller voir le dernier film de Nicolas Pariser, Alice et le maire. Lyon est expressément mentionnée comme lieu de l’action mais pour des raisons évidentes le metteur en scène a choisi le mode de la fiction. Le sujet dépasse en effet largement les limites de cette ville.

    Il s’agit d’une démonstration sidérante de la manière dont fonctionnent les services proches du maire d’une grande ville française. Les deux excellents acteurs principaux, Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier, s’y entendent pour éclairer les spectateurs sur les « experts » de toutes sortes qui gravitent à grands frais autour du pouvoir et qui sont à l’origine des réformes se succédant sans résultat pour les citoyens. Sur les hauts fonctionnaires aussi, qui convoquent moult colloques, groupes de réflexion et cellules de recherche prospective chargées de développer « pour le long terme » des projets qui ne voient jamais le jour. Enfin sur la multitude d’emplois occupés par des cadres aussi imbus d’eux-mêmes qu’inutiles. Sans compter les dépenses somptuaires destinées à hausser le prestige des élus à un niveau quasiment monarchique qui demeure si profondément inscrit dans la République.

    Ce film, bien enlevé, amusant mais qui évite la caricature, décrit ce qui se passe dans l’Hexagone dont les excès en la matière sont connus. Il n’empêche, les Genevois ne manqueront pas d’y retrouver nombre des défauts exaspérants qui caractérisent l’administration de notre canton et de notre Cité.

    Pierre Kunz

     

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  • Sus aux inégalités ! Quelle curieuse obsession.

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    Les discours égalitaristes n’intéressent pas les peuples. Ceux qui les prononcent sont des dogmatiques ou n’ont que des visées électoralistes.

    Les premiers en sont restés, la main sur le cœur, aux idées de Rousseau, trahissant en passant le grand philosophe. Ils n‘ont aucun égard pour les risques que font peser leur passion égalitariste sur la liberté des peuples.

    Quant aux seconds, des démagogues qui n’ont le plus souvent jamais étudié le sujet, ils se contentent de slogans qui font évidemment les beaux jours des médias. C’est ainsi que les uns et les autres mettent généralement tous les troubles sociaux sur le compte des inégalités. Ils font croire, par exemple, que la jacquerie de gilets jaunes en France et la révolte violente qui se produit actuellement au Chili sont le résultat des « inégalités grandissantes » dans ces pays. La vérité est que dans les deux cas, il s’agit pour les manifestants de signifier qu’ils sont désespérés par l’incompétence et la corruption des élites, qu’ils n’en peuvent plus de voir le coût de la vie augmenter et leur pouvoir d’achat se réduire.

    Ces révoltés se fichent des statistiques relatives aux inégalités brandies à leur sujet par les intellectuels, les médias et la gauche. Ce qu’ils veulent c’est du travail, de la sécurité, de la liberté, de ne pas subir de ségrégation, des biens abordables et des services publics accessibles. Les peuples, qu’ils soient d’Europe ou d’un autre continent, n’ont pas de problème avec les inégalités.

    S’agissant des patrimoines, ils voient bien que nous ne naissons pas tous avec des talents égaux et que, hier comme aujourd’hui, des fortunes se transmettent de génération en génération. De l’Etat ils n’attendent pourtant pas qu’il éradique les inégalités. Pour eux le rôle de cet Etat est de donner à chacun, grâce à l’éducation publique et à la redistribution fiscale, l’opportunité de se forger selon ses moyens une existence digne. Ils savent aussi, même si les populistes prétendent le contraire, que la suite relève de la responsabilité individuelle. Ils constatent que certains de leurs compatriotes amassent des fortunes considérables et ils l’admettent aisément, pour autant que ces fortunes ne dorment pas dans des tas d’or et qu’elles profitent à tous en termes de création d’entreprises, d’emplois, de mécénat et d’œuvres caritatives.

    Les peuples se fichent des statistiques et autre indice Gini relatifs aux inégalités de revenus. Ce sont des statistiques et des indices qui d’ailleurs ne sont jamais mis en perspective historique par ceux qui les invoquent. Une perspective que les intéressés n’ont pas oubliée, eux qui se rappellent d’où venaient leurs parents. Quant aux heureux, ceux gagnent beaucoup d’argent, les peuples savent que leurs revenus sous soumis à l’impôt, souvent fortement progressif, impôt qui garantit aux Etats, lorsque bien sûr ils sont honnêtement et intelligemment gérés, les ressources requises par le bon fonctionnement de la communauté.

    Aujourd’hui seuls les démagogues osent encore prétendre que dans l’ensemble les inégalités se creusent sur cette planète. Il faut en effet être aveugle ou de mauvaise foi pour nier que, depuis un demi-siècle, l’Etat providence en Occident a mis un terme à la misère, l’éducation des jeunes et des étudiants est la préoccupation majeure de tous les pays, en Asie et en Amérique du sud plus d’un demi-milliard de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté et partout la classe moyenne s’est massivement développée, même dans les régions les plus pauvres. 

    Mais de grâce qu’on cesse de placer à chaque occasion le nouveau « Discours sur les inégalité », inégalités qui seraient le problème essentiel de l’humanité. C’est une tromperie qui peut convaincre les bobos mais certainement pas ceux qui sont désignés comme les victimes de ces inégalités. Comme on l’a montré ci-dessus, ces derniers sont confrontés à d’autres problèmes, bien plus sérieux.

    Pierre Kunz

     

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  • Une grève nationale pour le climat ?

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    Les jeunes ont, au cours des derniers mois, contribué massivement par leur mobilisation à la prise de conscience de l’urgence climatique au sein des les élites politiques et économiques qui gouvernent nos Etats et les entreprises. Qu’ils en soient félicités et remerciés. Il est bon sans doute que notre jeunesse veuille « maintenir la pression de la rue », comme une gymnasienne l’affirme, afin que le monde politique et celui des affaires commencent à concrétiser les déclarations et les promesses dont ils ont été prolixes ces derniers temps. C’est à cela que, nous dit-on, doit servir la grève programmée pour le 15 mai 2019.

    On peut donc penser que les futurs manifestants entendent s'adresser aux décideurs du pays. Dès lors, on espère qu'ils ont intégré le fait que les technologies répondant aux enjeux existent (*) et que la nécessité est de mettre celles-ci en œuvre sans délai.

    Il y a aussi parmi ces jeunes gens des rêveurs qui militent pour un changement radical de notre société et le remplacement du capitalisme par autre chose. Ce changement et ce remplacement étant vus comme la solution aux problèmes environnementaux et climatiques. Ils n’ont manifestement pas compris que les utopies mortifères du 19ème siècle n’ont pas leur place dans le débat environnemental.

    Comme nous tous, ces jeunes devraient être attentifs au début d'une phase nouvelle, probablement la plus délicate, des efforts de l’humanité dans sa lutte pour le climat. Celle dont sortira la répartition au sein de nos sociétés, de ses conséquences économiques et sociales. C’est dans ce contexte que, à l’évidence, ont débuté de grandes manœuvres politico-syndicales, en Suisse comme chez nos voisins.

    Soit dit en passant, elles sont empreintes d’une hypocrisie immense. Comment appeler autrement l’état d’esprit de ceux qui prétendent militer pour le climat et contre le pillage des ressources terrestres, de ceux qui fustigent notre consumérisme ridicule et qui simultanément réclament des interventions gouvernementales pour soutenir une consommation déclinante et l'emploi.

    Pour sa part, le bulldozer syndical qu’est devenu le socialiste Pierre Maillard a fort bien compris non seulement la situation politique et sociale qui se dessine, mais aussi les bons sentiments affichés par les organisateurs de la grève prochaine. Un Pierre Maillard qui ne perd pas de temps et qui ne cache pas ses ambitions. Sans vergogne, il invite d’ores et déjà cette jeunesse à rejoindre son USS et son programme au prétexte de « faire évoluer ou changer le système économique ». 

    Ce que veut Pierre Maillard ? C'est gonfler ses troupes en faisant croire aux classes moyennes et moins favorisées que, si elles font confiance à la gauche, elles ne seront pas touchées par les réformes qui s'annoncent. L'Etat-providence y pourvoira. C'est évidemment une simplification mensongère et démagogique.

    Pierre Kunz

     (*) cf. Drawdown, Paul Hawken, éditions Actes Sud, 2018

     

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  • Les rentes vieillesse vont baisser… sauf dans la fonction publique genevoise

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    Ces derniers jours les médias ont publié plusieurs articles au sujet d’une récente étude du Crédit suisse consacrée à l’évolution probable des rentes vieillesse au cours des 40 prochaines années. Dans cette étude la banque met en évidence la réduction probable des rentes au cours des décennies à venir, réduction due essentiellement à l’augmentation de l’espérance de vie et au maintien au niveau durablement bas escompté des taux d’intérêts.

    Chacun comprend que l’AVS, système fédéral fondé sur la redistribution des cotisations en rentes, que des décisions politiques peuvent inverser l’évolution envisagée. Il suffit que nos parlementaires se mettent d’accord sur le financement par l’impôt d’augmentations régulières des rentes de l’assurance vieillesse.

    Par contre on aurait attendu davantage de précision de la part des rédacteurs, s’agissant du deuxième pilier, fondé lui sur la capitalisation, et dont on sait qu’il dépend de décisions des entreprises et des employeurs publics. On aurait aimé que ces rédacteurs expliquent en particulier que si les rentes versées par les caisses de pension helvétiques vont baisser c’est parce que la quasi-totalité d’entre elles, fonctionnent selon le principe de la « primauté des cotisations ». Les rentes y dépendent du volume des cotisations accumulées.

    Etant donné les deux facteurs susmentionnés (démographie et taux d’intérêts), si ces cotisations, réparties entre l’employeur et le salarié, n’augmentent pas les retraités, à l’évidence, toucheront à l’avenir une rente inférieure à ce que reçoivent les pensionnés d’aujourd’hui. Or il est peu probable que les entreprises et les employeurs publics, confrontés respectivement à une concurrence renforcée et à des situations financières plus délicates, puissent accroître leurs contributions.

    Pourtant il existe une exception à cette évolution probable des rentes du deuxième pilier. C’est celle constituée par les caisses de pension publiques genevoises. Désinformés et manipulés par les syndicalistes et la gauche du canton, les Genevois ont en effet dernièrement « décidé » en votation populaire de laisser ces caisses s’organiser sur le principe de la « primauté des prestations ». Cela signifie que les rentes des fonctionnaires, calculées sur la base des derniers salaires resteront garanties, indépendamment des facteurs démographiques et des taux d’intérêts qui pèseront si fort sur les autres institutions du deuxième pilier.

    Pourquoi ? Tout simplement parce que les Genevois ont accepté implicitement que … l’Etat comblerait à l’avenir les déficits inéluctables de ces caisses. Autrement dit, les citoyens genevois, dont les rentes vont, elles, se réduire, seront appelés à contribuer par leurs impôts au maintien du privilège de leurs fonctionnaires.

    Il est désolant qu’aucun média n’ait relevé cette coûteuse et injuste « Genferei ».

    Pierre Kunz

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  • Ce que veut vraiment la gauche « progressiste et égalitariste »

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    Depuis le milieu du siècle dernier, surtout à partir des années 1990, les démocraties européennes ont été soumises à une pression colossale exercée par les promoteurs d’un projet soi-disant « progressiste, universaliste et émancipateur ». Soutenu par la gauche politique, une bonne partie des intellectuels et une vaste majorité des médias, ce projet qui va selon eux « dans le sens évident et inarrêtable de l’histoire » et découle des droits de l’homme, a des finalités clairement exprimées.

    • Au plan politique : dissolution des nations, suppression des frontières, accueil des migrants, passage au multiculturalisme, émancipation des minorités, repentance à l’égard des pays anciennement colonisés.
    • Au plan social : imposition de nouveaux codes du langage, redéfinition des codes de respectabilité, déconstruction des appartenances traditionnelles, reconnaissance des catégories sociales et identitaires.
    • Au plan individuel et familial : déconstruction de l’identité sexuelle au profit de l’acronyme LGBTQI+, indifférenciation des sexes, désincarnation du père et de la mère transformés en parents interchangeables 1 et 2, promotion de la PMA et de la GPA.

    Les médias produisent rarement de l’information. Ils se contentent d’en proposer une lecture et une hiérarchisation orientée à partir d’une vision du monde qui est celle du régime progressiste. Ils exercent donc une manière de censure du réel et favorisent la naissance de l’arme la plus efficace et sournoise à disposition du projet progressiste, à savoir « le politiquement correct ». (*) Il s’agit d’un dispositif inhibiteur ayant pour vocation d’étouffer, de refouler ou de diaboliser les critiques du système progressiste. Il permet plus généralement d’exclure de l’espace public tous ceux qui transgresseraient les limites des attitudes et du langage admis et qui continueraient à défendre ce que les universalistes qualifient de « résidu d’un monde ancien appelé à disparaître ».

    On comprend qu’il est de mauvais ton de mettre en question la prétention du projet progressiste d’incarner l’avenir de l’humanité, au nom de la lutte contre l’intolérance, de la logique de l’émancipation, des droits de l’homme et des nombreuses conventions internationales. Le régime universaliste juge donc sévèrement le populisme dont il a fait un ennemi commode. Il faut dire que, eu égard à la mollesse de la droite conservatrice traditionnelle, le populisme sous ses diverses formes à longtemps constitué le seul opposant sérieux à la logique universaliste de la modernité.

    Pourtant, face à la dérive progressiste, face aussi à un populisme trop souvent démagogique, les conservateurs, autrement dit la droite qui ose s’afficher comme telle, a entrepris de son côté de remettre en question et de contester de plus en plus fortement l’emprise qu’exerce la soi-disant « marche de l’histoire et du progrès » sur la vie des collectivités. Cette utopie qui maltraite l’âme des peuples, qui vise à sectionner le lien de l’homme avec sa Cité, sa culture, ses structures sociales, ses croyances, son histoire, et qui met en péril la démocratie occidentale.

    La réaction de la droite conservatrice s’est trop longtemps fait attendre. Le chemin à parcourir en sera d’autant plus ardu.

    Ne croyons pas que « l’évidence progressiste », les dangers qu’elle porte et les aberrations qui en sont les conséquences épargnent Genève. C’est notamment vrai s’agissant des privilèges démesurés et inutilement coûteux qui sont accordés à de petites minorités. Certains sont anecdotiques mais tellement édifiants. C’est ainsi que récemment, au prétexte de l’article 16 de la constitution genevoise, notre Grand Conseil, au nom des droits des personnes handicapées, a décidé d’offrir aux malentendants du canton … la diffusion de ses débats dans la langue des signes !

    On le sait, les citoyens ne sont guère intéressés par ces débats. Parmi eux, les malentendants sont-ils 10, 20 ou 30 ?

    Pierre Kunz

     (*) cf. Mathieu Bock-Côté, L’empire du politiquement correct, édition du cerf, 2019

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  • Mettre la justice sociale au centre de la transition écologique ?

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    Mettre la justice sociale au centre de la transition écologique ?

    C’est sous ce titre pompeux (*) que la présidente du PS vaudois, Mme Jessica Jaccoud, renoue avec une lutte qui a fait le bonheur électoral de la gauche romande depuis bientôt un demi-siècle, celle de la protection des locataires. Dans ce but elle prétend voler au secours des locataires occupant des logements appelés à être rénovés parce qu’ils sont chauffés au mazout. Ce sont en général des logements anciens, excessivement énergivores et incompatibles avec l’enjeux climatique. Leurs loyers sont bloqués depuis des décennies et en conséquence les propriétaires ont toujours peiné à les entretenir.

    Ce contrôle des loyers, comme on le sait, a donné naissance à une catégorie grassement privilégiée de locataires parfois modestes certes mais appartenant le plus souvent à la classe moyenne voire aisée. Des locataires qui ne changent que très rarement d’adresse parce qu’ils veulent évidemment conserver le privilège et la rente de situation que le système leur a conférés. Et cela, même si ce sont principalement les jeunes et les nouveaux arrivants sur le marché qui souffrent de cette discrimination, étant forcés de se loger dans des appartements dont les prix se situent au double voire au triple de ceux dont bénéficient les générations précédentes.

    Survient le moment, lutte contre le réchauffement climatique oblige, où les propriétaires de ces immeubles anciens et à loyers bloqués se trouvent forcés de remplacer les citernes à mazout qui équipent leurs immeubles par des installations plus écologiques. On comprend que même ceux bénéficiant de subventions écologiques, ne sont pas en mesure de prendre à leur charge ces dépenses. Ils entendent donc répercuter ces investissements sur les loyers.

    C’est là qu’intervient Mme Jaccoud. Oubliant les dizaines de milliers de francs économisés par les bénéficiaires du contrôle des loyers au cours des décennies, oubliant que ces économies ont permis à ces heureux locataires de consommer et de voyager davantage que les locataires victimes de la discrimination susmentionnée, elle prétend, « au nom de la justice sociale », interdire aux propriétaires vertueux de faire payer la plus grande partie de leurs investissements écologiques par les locataires privilégiés. Réclamant que « l’on remette l’équité et la justice sociale au centre de la lutte climatique », elle réclame que l’Etat aide financièrement les propriétaires afin qu’ils puissent effectuer les travaux sans augmenter les loyers des immeubles concernés !!

    Autrement dit elle exige que ceux qui ont été empêchés des bénéficier de loyers maintenus artificiellement bas payent, par leurs impôts, les travaux de rénovation des immeubles logeant les locataires privilégiés afin qu’ils puissent conserver leurs privilèges !!!

    Drôle de manière de voir l’équité et la justice sociale.

    Pierre Kunz

    (*) cf Le Temps du 4 octobre 2019

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