Une grève nationale pour le climat ?

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Les jeunes ont, au cours des derniers mois, contribué massivement par leur mobilisation à la prise de conscience de l’urgence climatique au sein des les élites politiques et économiques qui gouvernent nos Etats et les entreprises. Qu’ils en soient félicités et remerciés. Il est bon sans doute que notre jeunesse veuille « maintenir la pression de la rue », comme une gymnasienne l’affirme, afin que le monde politique et celui des affaires commencent à concrétiser les déclarations et les promesses dont ils ont été prolixes ces derniers temps. C’est à cela que, nous dit-on, doit servir la grève programmée pour le 15 mai 2019.

On peut donc penser que les futurs manifestants entendent s'adresser aux décideurs du pays. Dès lors, on espère qu'ils ont intégré le fait que les technologies répondant aux enjeux existent (*) et que la nécessité est de mettre celles-ci en œuvre sans délai.

Il y a aussi parmi ces jeunes gens des rêveurs qui militent pour un changement radical de notre société et le remplacement du capitalisme par autre chose. Ce changement et ce remplacement étant vus comme la solution aux problèmes environnementaux et climatiques. Ils n’ont manifestement pas compris que les utopies mortifères du 19ème siècle n’ont pas leur place dans le débat environnemental.

Comme nous tous, ces jeunes devraient être attentifs au début d'une phase nouvelle, probablement la plus délicate, des efforts de l’humanité dans sa lutte pour le climat. Celle dont sortira la répartition au sein de nos sociétés, de ses conséquences économiques et sociales. C’est dans ce contexte que, à l’évidence, ont débuté de grandes manœuvres politico-syndicales, en Suisse comme chez nos voisins.

Soit dit en passant, elles sont empreintes d’une hypocrisie immense. Comment appeler autrement l’état d’esprit de ceux qui prétendent militer pour le climat et contre le pillage des ressources terrestres, de ceux qui fustigent notre consumérisme ridicule et qui simultanément réclament des interventions gouvernementales pour soutenir une consommation déclinante et l'emploi.

Pour sa part, le bulldozer syndical qu’est devenu le socialiste Pierre Maillard a fort bien compris non seulement la situation politique et sociale qui se dessine, mais aussi les bons sentiments affichés par les organisateurs de la grève prochaine. Un Pierre Maillard qui ne perd pas de temps et qui ne cache pas ses ambitions. Sans vergogne, il invite d’ores et déjà cette jeunesse à rejoindre son USS et son programme au prétexte de « faire évoluer ou changer le système économique ». 

Ce que veut Pierre Maillard ? C'est gonfler ses troupes en faisant croire aux classes moyennes et moins favorisées que, si elles font confiance à la gauche, elles ne seront pas touchées par les réformes qui s'annoncent. L'Etat-providence y pourvoira. C'est évidemment une simplification mensongère et démagogique.

Pierre Kunz

 (*) cf. Drawdown, Paul Hawken, éditions Actes Sud, 2018

 

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Commentaires

  • Les adorateurs de Ste. Greta devraient déjà commencer à chercher du boulot car ce n'est pas en manifestant que le pognon va leur remplir les poches. Ces jeunes qui ne bossent pas ne peuvent pas comprendre notre mode de vie. Bon, heureusement qu'ils ont des parents qui leur filent du fric pour pouvoir s'offrir le dernier smartphone ou d'autres gadgets inutiles !

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