Les rentes vieillesse vont baisser… sauf dans la fonction publique genevoise

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Ces derniers jours les médias ont publié plusieurs articles au sujet d’une récente étude du Crédit suisse consacrée à l’évolution probable des rentes vieillesse au cours des 40 prochaines années. Dans cette étude la banque met en évidence la réduction probable des rentes au cours des décennies à venir, réduction due essentiellement à l’augmentation de l’espérance de vie et au maintien au niveau durablement bas escompté des taux d’intérêts.

Chacun comprend que l’AVS, système fédéral fondé sur la redistribution des cotisations en rentes, que des décisions politiques peuvent inverser l’évolution envisagée. Il suffit que nos parlementaires se mettent d’accord sur le financement par l’impôt d’augmentations régulières des rentes de l’assurance vieillesse.

Par contre on aurait attendu davantage de précision de la part des rédacteurs, s’agissant du deuxième pilier, fondé lui sur la capitalisation, et dont on sait qu’il dépend de décisions des entreprises et des employeurs publics. On aurait aimé que ces rédacteurs expliquent en particulier que si les rentes versées par les caisses de pension helvétiques vont baisser c’est parce que la quasi-totalité d’entre elles, fonctionnent selon le principe de la « primauté des cotisations ». Les rentes y dépendent du volume des cotisations accumulées.

Etant donné les deux facteurs susmentionnés (démographie et taux d’intérêts), si ces cotisations, réparties entre l’employeur et le salarié, n’augmentent pas les retraités, à l’évidence, toucheront à l’avenir une rente inférieure à ce que reçoivent les pensionnés d’aujourd’hui. Or il est peu probable que les entreprises et les employeurs publics, confrontés respectivement à une concurrence renforcée et à des situations financières plus délicates, puissent accroître leurs contributions.

Pourtant il existe une exception à cette évolution probable des rentes du deuxième pilier. C’est celle constituée par les caisses de pension publiques genevoises. Désinformés et manipulés par les syndicalistes et la gauche du canton, les Genevois ont en effet dernièrement « décidé » en votation populaire de laisser ces caisses s’organiser sur le principe de la « primauté des prestations ». Cela signifie que les rentes des fonctionnaires, calculées sur la base des derniers salaires resteront garanties, indépendamment des facteurs démographiques et des taux d’intérêts qui pèseront si fort sur les autres institutions du deuxième pilier.

Pourquoi ? Tout simplement parce que les Genevois ont accepté implicitement que … l’Etat comblerait à l’avenir les déficits inéluctables de ces caisses. Autrement dit, les citoyens genevois, dont les rentes vont, elles, se réduire, seront appelés à contribuer par leurs impôts au maintien du privilège de leurs fonctionnaires.

Il est désolant qu’aucun média n’ait relevé cette coûteuse et injuste « Genferei ».

Pierre Kunz

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Commentaires

  • Il faudrait commencer par dépolitiser le débat car c'est avant tout d'un problème démographique dont il est question ici.

    Dans les deux cas de figure, qu'il s'agisse du système par répartition (AVS) le plus impacté, mais aussi le système par capitalisation, la cause première est la même. Si l'espérance de vie augmente, il est évident que les parts du gâteau à se partager se réduisent, à taille de gâteau constante et âge de la retraite inchangée.

    Dans le cas particulier du système par capitalisation en "primauté des prestations", le législateur l'a voulu ainsi, mais il a oublié sciemment qu'il n'avait aucun moyen d'agir sur le rendement du capital investi. En travestissant les règles de l'économie, le législateur s'est transformé en apprenti sorcier.

    Refuser de voir le problème sous l'angle démographique et en faire un enjeu politique est irresponsable. C'est une bombe à retardement.

    Solidarité sociale : oui. Irresponsabilité politique : non !

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