• Maurer dépanne Levrat. Et alors ?

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    Juste avant le weekend, les médias ont rempli leurs colonnes de ce qu’ils appellent « l’extraordinaire prêt de sa voiture de fonction par le Conseiller fédéral à Christian Levrat, attendu d’urgence à la cérémonie de matu de sa fille ».

    Faire un plat avec cette histoire toute simple, prétendre qu’elle est purement suisse, s’étonner que le premier ait pris cette initiative et que le second ait accepté d’en profiter, c’est faire de l’helvético- centrisme et c’est bien mal connaître les fondements de la vie parlementaire. C’est laisser croire que celle-ci est faite de détestations de tous pour tous et qu’elle ne rassemble que des haines et des frustrations.

    Contrairement à ce que l’on a pu lire et entendre à ce propos, cette scène aurait pu se dérouler dans tous les pays qui fonctionnent selon le modèle de la démocratie parlementaire. Le fondement de celle-ci réside, comme son nom l’indique, dans la représentation au sein du pouvoir législatif de tous les courants d’idées qui y ont été portés.

    Les échanges, parfois vifs, entre les députés ne reflètent pas autre chose que la défense par les uns et les autres des attentes des citoyens qui les ont élus. Ils tiennent souvent du théâtre et ne sont que très exceptionnellement le signe d’animosités personnelles. En effet, contester, souvent avec passion, les thèses énoncées par un ou une collègue, n’indique aucunement un manque de respect pour l’adversaire politique ou une attaque sur la personne. C’est simplement afficher avec vigueur un point de vue différent.

    Aussi, quand le président UDC de la Confédération met sa voiture à la disposition d’un conseiller aux États socialiste, c’est, malgré tout ce qui les sépare politiquement, parce que, en tant qu’ancien parlementaire et maintenant conseiller fédéral, il connaît bien le président du PS, c’est parce qu’il respecte son travail et son honnêteté intellectuelle.

    Il n’y a rien la d’extraordinaire et, répétons-le, dans une chambre de députés comme dans l’économie et la vie de tous les jours, ces exemples de courtoisie sont communs. Ils n’ont rien de spécifique à notre pays.

    Pierre Kunz

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  • Suicides, et en Suisse ?

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    Les médias, au cours de ces derniers jours, ont diffusé à gros traits les statistiques de l’OMS relatives aux taux de suicides dans le monde. Le motif de ces publications était « la journée mondiale de la prévention du suicide » décidée par la grande institution.

    C’est ainsi que nous avons appris que 800'000 personnes s’ôtent la vie chaque année dans le monde. Un chiffre peu intéressant en tant que tel, surtout si on ne le met pas en perspective et on regrette que les journaux, les radios et les TV n’aient pas pris la peine de fournir quelques données supplémentaires sur la question, notamment au sujet de notre pays.

    Pour compléter le dossier, il suffit de se rendre sur le site de l’Observatoire suisse de la santé qui est riche en données sur les taux de suicides en Suisse. Outre ce qui est connu (importance du suicide des jeunes, etc.) on y trouve quelques informations générales intéressantes. Par exemple que

    • depuis une décennie le nombre de suicides dans notre pays se situe autour de 1500 par an, suicides assistés (en hausse mais que ne semble pas prendre en compte les statistiques de l’OMS) compris,
    • ce chiffre mène au constat que les Helvètes de suicident davantage que dans le reste du monde (0,18 pour cent mille habitants contre 0,11).
    • il montre que la mortalité par suicide est 6 à 7 fois plus forte que celle due aux accidents routiers,
    • les taux de suicides varient fortement selon les cantons et vont de 9,1 à 21,2 par cent mille,
    • le canton dans lequel les habitants sont le moins enclins à s’ôter la vie est celui du Tessin,
    • ceux où le taux de suicide est le plus élevé depuis plusieurs années sont ceux d’Appenzell IR et du Jura,
    • Genève montre un taux de suicides en baisse régulière et il est proche désormais du Tessin.

    Décidemment, les chiffres helvétiques ne sont pas bons. Ils résultent probablement en grande partie de la pression que les Suisses s’infligent pour demeurer le pays le plus productif et le plus riche du monde.

    Pierre Kunz

     

     

     

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