Maurer dépanne Levrat. Et alors ?

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Juste avant le weekend, les médias ont rempli leurs colonnes de ce qu’ils appellent « l’extraordinaire prêt de sa voiture de fonction par le Conseiller fédéral à Christian Levrat, attendu d’urgence à la cérémonie de matu de sa fille ».

Faire un plat avec cette histoire toute simple, prétendre qu’elle est purement suisse, s’étonner que le premier ait pris cette initiative et que le second ait accepté d’en profiter, c’est faire de l’helvético- centrisme et c’est bien mal connaître les fondements de la vie parlementaire. C’est laisser croire que celle-ci est faite de détestations de tous pour tous et qu’elle ne rassemble que des haines et des frustrations.

Contrairement à ce que l’on a pu lire et entendre à ce propos, cette scène aurait pu se dérouler dans tous les pays qui fonctionnent selon le modèle de la démocratie parlementaire. Le fondement de celle-ci réside, comme son nom l’indique, dans la représentation au sein du pouvoir législatif de tous les courants d’idées qui y ont été portés.

Les échanges, parfois vifs, entre les députés ne reflètent pas autre chose que la défense par les uns et les autres des attentes des citoyens qui les ont élus. Ils tiennent souvent du théâtre et ne sont que très exceptionnellement le signe d’animosités personnelles. En effet, contester, souvent avec passion, les thèses énoncées par un ou une collègue, n’indique aucunement un manque de respect pour l’adversaire politique ou une attaque sur la personne. C’est simplement afficher avec vigueur un point de vue différent.

Aussi, quand le président UDC de la Confédération met sa voiture à la disposition d’un conseiller aux États socialiste, c’est, malgré tout ce qui les sépare politiquement, parce que, en tant qu’ancien parlementaire et maintenant conseiller fédéral, il connaît bien le président du PS, c’est parce qu’il respecte son travail et son honnêteté intellectuelle.

Il n’y a rien la d’extraordinaire et, répétons-le, dans une chambre de députés comme dans l’économie et la vie de tous les jours, ces exemples de courtoisie sont communs. Ils n’ont rien de spécifique à notre pays.

Pierre Kunz

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Commentaires

  • Moi je dis bravo Mr Maurer ( je pense que l'inverse ne sera ferait pas !) La démocratie demande la liberté d'expression, ne l'oubliez pas !

  • Je me suis fait la même réflexion que vous sur ce qui a été perçu comme symbole du fameux sinon unique « consensus helvétique » .

    A part les fanatiques qui se réjouissent de voir leur adversaire en difficulté, nombreuses sont les personnes qui, au sein d’une même fonction -pour rester dans l’exemple qui nous occupe- mais avec des idéologies différentes, ne se viennent pas en aide si besoin est.

  • L'attitude généreuse de M. Maurer correspond parfaitement aux valeurs qu'il défend depuis de très nombreuses années. Par contre l'histoire me parait tirée par les cheveux....ne pas trouver ses clés alors qu'elles sont sur une portière, puisque M. Maurer a pu lui-même reprendre cette voiture et la ramener à sa place c'est un comble....on parle du Président de la Confédération en exercice.
    Je reste perplexe et avec beaucoup de doute quant à l'attitude de Levrat...!!!!

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