Climat : faut-il remercier Trump ?

Imprimer

Paradoxalement, ne conviendrait-il pas de remercier M. Trump de sa contribution, probablement bien involontaire, dans les premiers pas de la lutte que l’humanité a engagée pour la protection du climat ?

En cet été, sur fond de guerre commerciale et monétaire sino-américaine, les médias multiplient les articles annonçant que la croissance économique mondiale diminue, particulièrement en Occident. Clouant le président américain au pilori à cause de ses initiatives douanières « insensées », les chroniqueurs nous prédisent dans leurs articles récession, hausses de prix pour les consommateurs et restrictions dans l’approvisionnement de nos pays en biens de consommation durable, en matières premières voire en biens alimentaires. Et l’OMC d’ajouter à ce concert ses pronostics inquiétants pour 2019 et 2020.

Ce n’était certainement pas sa motivation première, mais la politique disruptive que mène M. Trump a pourtant le mérite, potentiellement, de freiner un consumérisme mondialisé aussi dévastateur pour la santé mentale des consommateurs que pour notre environnement. Et même si les USA jouent les climato-sceptiques et s’ils n’ont pas endossé les derniers accords sur le climat il se pourrait fort bien que la crise économique qu’ils risquent d’entrainer constitue en dernière analyse le meilleur instrument au service de la réduction des gaz à effet de serre et de la protection des ressources naturelles de la planète.

Dès lors on s’étonne que les médias et les milieux concernés n’aient pas relevé ce paradoxe.

Il est en particulier curieux que les politiciens « verts » qui militent pour « la décroissance » depuis des décennies et, plus récemment, les meneurs des nombreuses marches « de sauvetage du climat » auxquels nous assistons ne se soient exprimer à ce sujet. Personne ne semble juger bon ou oser, profitant des porte-voix généreusement offerts par les médias, de souligner qu’actuellement le seul homme de pouvoir dans le monde à agir concrètement pour réduire les effets de la mondialisation est malheureusement M.Trump.

Voilà des déclarations fortes qui pourraient peut-être inciter les gouvernants européens à agir, eux qui sont si friands de discours catastrophistes et de promesses mais si peu enclins à affronter leurs opinions publiques lorsqu’il s’agit de concrétiser les engagements qu’ils ont signés. Jouer les cassandres et les porteurs de lumière est aisé. Avoir le courage, face aux peuples, de décréter les remèdes est une autre affaire.

Pierre Kunz

Lien permanent 8 commentaires

Commentaires

  • Ce billet démontre l'esprit tortueux de son auteur.

  • @ Déblogueur.
    Vous êtes un peu court. Développez donc !

  • "freiner un consumérisme mondialisé aussi dévastateur pour la santé mentale des consommateurs que pour notre environnement."
    Excellentissime!!!

    "Jouer les cassandres et les porteurs de lumière est aisé. Avoir le courage, face aux peuples, de décréter les remèdes est une autre affaire."
    Bravo!!!

    "Ce billet démontre l'esprit tortueux de son auteur."
    Ne faites pas attention. Une ligne = troll.
    Je ne suis pas sûr que cet individu qui n'a que le fiel à la bouche comprenne ce qu'il écrit.

  • Savez-vous Monsieur Kunz que la Chine et d'autres pays pauvres ne sont pas liés par les accords sur le climat à Paris jusqu'en 2030 ? Alors, D. Trump a raison tant que tout le monde ne tire pas à la même corde, il ne sert à rien que les Etat-Unis prennent des mesures qui en coûteraient au citoyen-contribuable américain si d'autres grandes nations asiatiques ont un permis de polluer jusqu'en 2030. Les mesures que les USA prendraient contre l'effet de serre seraient annihiler par une pollution qui n'a pas de frontière. Je vous prie svp d'être donc objectif en soulevant cette clause libératoire.

  • Billet très intéressant!

    On a notamment entendu beaucoup de critiques sur le commerce international lors de la dernière campagne pour les élections européennes.

    Est-ce que c'était justifié?

    => Oui à très court terme, non à moyen et long terme.

    1) l'essentiel de la production économique est en général nationale et non importée. Le fret (maritime et aérien) intercontinental ne représente qu'une très petite fraction des émissions mondiales (env. 5% je crois, à vérifier).
    Donc la politique protectionniste est certes efficace à très court terme pour réduire les émissions, mais on ne résout que 1/20 du problème.

    2) A moyen terme, il y a des alternatives aux cargos et avions actuels.
    L'alternative à moyen terme, c'est
    ... Le fret par voile! (-90% de consommation de fuel) sans trop de perte de temps de trajet (13 jours à la place de 9 pour faire la traversée de l'Atlantique).
    => https://www.liberation.fr/futurs/2019/01/01/neoline-le-fret-a-pleines-voiles_1700186

    Ainsi que la réduction de la vitesse des cargos (mesure qui est actuellement discutée entre pays de l'organisation maritime internationale):
    => https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/les-armateurs-pourraient-sentendre-pour-reduirela-vitesse-des-cargos-1001236

    -------------------

    D'ailleurs, si le protectionnisme était si efficace que cela, les USA n'auraient pas dû voir leurs émissions de CO2... augmenter en 2018!

    La politique climatique de Trump reste très mauvaise.

    Son seul fait d'armes est d'avoir autorisé plus de forages de gaz de schistes, qui sont en effet paradoxalement bons pour le climat, car ils ont permis la fermeture de centrales à charbon encore plus fortement émettrices (c'est ce qui a permis aux USA d'enregistrer des baisses d'émissions avant 2018).

    Après, les USA étant un pays fédéraliste, je suppose que la responsabilité environnementale est partagée entre le gouvernement national et les 50 Etats.

  • Pour nuancer un peu et conclure, le protectionnisme classique (taxes douanières et aveugles) est assez peu efficace.

    En revanche, le protectionnisme vert et carbone est non seulement plus efficace que le protectionnisme classique, mais aussi, il sera nécessaire pour protéger nos efforts environnementaux.

    Précisément, il faudrait mettre en place une barrière carbone européenne, que la Suisse devrait logiquement aussi adopter.

    Comme on peut difficilement estimer l'empreinte carbone de chaque produit individuellement, il faudrait probablement simplifier et frapper d'une simple taxe linéaire les produits provenant de pays ne respectant pas les accords de Paris. Tout simplement. (Chine et USA en tête).

    Pour l'anecdote, la taxe carbone aux frontière de l'Europe, c'était une des propositions de campagne de la droite (les Républicains), en France, qui ensuite a été reprise par la gauche durant la campagne.

    Il sera intéressant de voir si ça sera rapidement mis en place. Car c'est un enjeu crucial pour protéger nos efforts environnementaux.

    Dit autrement, il ne faudrait faire du libre-échange qu'avec les pays de bonne volonté sur le climat.

    Et donc cette barrière carbone sera peut-être la solution pour faire pression sur les USA et la Chine.

    Ce qui est cocasse, c'est que c'est l'Europe qui aurait dû lancer les hostilités contre les USA, car globalement les pays Européens s'en sortent mieux sur le carbone que les USA.

    -----------------------------------------


    Pour clarifier tout ça, il y a deux enjeux en matière de protectionnisme, à ne pas confondre:

    1) Le fret international à proprement parler (le transport) (Enjeu à propos duquel on a les solutions en mains)

    2) la barrière carbone fluctuante (qui fluctuerait d'année en année selon les performances environnementales), pour se protéger des pays qui ne respecteraient pas les accords de Paris, ce qui inciterait ces pays à adopter des mesures plus strictes. (Grand enjeu)

    ----------------

    Au regard de ces deux grands enjeux, on voit que:

    1) la barrière de Trump n'est pas fluctuante et n'incite pas l'Allemagne, par ex, à réduire ses émissions de C02, c'est donc une politique peu intéressante sur le plan environnemental; ça n'est pas incitatif.

    2) la barrière de Trump n'encourage pas non plus les pays à adopter rapidement le fret à voile ou la réduction de la vitesse du fret. Idem que précédente remarque.

  • @Frenkel
    Je ne sais pas d'où vous tenez vos informations mais 195 pays ont signé et ratifié les accords de Paris, dont la Chine.
    Selon un rapport du GIEC, sur l’ensemble des signataires, seuls 16 respecteraient aujourd’hui la trajectoire tracée par l’accord à savoir l’Algérie, le Canada, le Costa Rica, l’Éthiopie, le Guatemala, l’Indonésie, le Japon, la Macédoine, la Malaisie, le Monténégro, la Norvège, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Pérou, les Samoa, Singapour et les Tonga. Aucun pays de l’UE n’est représenté.
    Vous pouvez noter que de nombreux pays "pauvres" comme vous les appelez respectent ces accords.
    La Chine est considérée comme le premier pollueur de la planète avec 20% des émissions des gaz à effet de serre suivie par les USA avec 18%.
    Affirmer donc que réduire ses propres sources de pollution serait sans effet sur les émissions mondiales est faux et archi-faux lorsqu'on est à l'origine d'un cinquième de la pollution totale.
    Trump a décidé de retirer les USA de cet accord. Dans la pratique l'Australie en a fait autant.
    AU final c'est la population mondiale qui paiera l'inaction des gouvernements de la planète. Renseignez-vous avant d'affirmer n'importe quoi.

  • @Luc : Donald Trump ne s’est pas opposé à un accord global sur le climat, et c’est pourtant ce que l’ensemble des imbéciles médias écriront. Ce que Trump a dénoncé, c’est un mauvais accord, pas un mauvais combat. Emmanuel Macron l’a reconnu sans le vouloir : il a répondu à Trump qui le demandait, que les accords ne sont pas renégociables. Cela non plus, vous ne le lirez pas. Ces accords étaient un contrat de dupe. Pourquoi fallait-il attendre le discours de Trump pour l’apprendre ? Si l’objectif était de réduire les émissions de CO2, a fait remarquer Trump, alors pourquoi la Chine et l’Inde, plus gros pollueurs de la planète, n’ont-elles dans cet accord aucune obligation de réduire leurs propres émissions ? Selon les Accords de Paris, les États-Unis doivent d’ici 2040, réduire leur production de charbon de 86%, mais pendant ce même temps, la Chine est autorisée à construire des centaines de mines de charbon. « Donc nous ne pouvons pas construire des mines, mais ils peuvent, » dit Trump. L’Inde est autorisée à doubler sa production de charbon d’ici 2020 et les États-Unis doivent la réduire, en quoi cela profite-t-il à la réduction du CO2 ? « Réfléchissez à ça, dit Trump. L’Inde peut doubler sa production de charbon. Nous sommes supposés éliminer la nôtre. Même l’Europe est autorisée à continuer à construire des mines de charbon. » La Chine est autorisée à augmenter ses émissions de CO2 pendant 13 ans : « ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent pendant 13 ans, pas nous, » explique Trump. Là encore, en quoi cela contribue-t-il à lutter contre le réchauffement ? Pour respecter leurs engagements, les États-Unis devront réduire leur production de gaz naturel de 31%, de papier de 12%, de ciment de 23%, de fer et d’acier de 38%. Mais ces matières premières, les États-Unis en ont besoin. Ils devront alors les importer. Donc, laisser d’autres pays les produire ! Où est la logique ? Où est la réduction des gaz à effet de Serre ? « En résumé, les accords n’éliminent pas des emplois, ils se contentent de les transférer en dehors des États-Unis, et les envoient dans des pays étrangers », note Trump, qui ajoute, « ces accords sont moins à propos du climat et beaucoup plus à propos des avantages financiers que vont en tirer d’autres pays que les États-Unis. »

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel