• Jour du dépassement, « du bidon » ?

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    C’est la géographe Sylvie Brunel qui l’affirme dans son dernier ouvrage (*). Elle dit plus précisément que « l’empreinte écologique est complètement bidon et que le jour du dépassement ne veut rien dire ».

    La géographe française n’a rien d’une climato-sceptique. Pourtant elle se fait un devoir de pourfendre les idées toutes faites que certains milieux propagent sous forme de slogans, souvent sans en avoir étudié les fondements. Selon elle, ces milieux agissent, soit par intérêt soit à cause de leur incompréhension des phénomènes naturels et de l’impact réel des activités de l’humanité sur l’environnement.

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  • Médias : fin de l'info noire ?

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    Une excellente chroniqueuse du quotidien Le Temps disait en ce samedi combien ce qu’elle appelle « l’info noire » fatigue, cette information sensationnaliste, macabre, orientée vers les scandales, les tragédies et le futur dramatique qui nous attend. Et elle poursuivait, dans un optimisme plaisant, en nous annonçant le retour d’un « journalisme positif », celui qui, confronté à la collapsologie ambiante, insiste sur les bonnes nouvelles, celui qui recherche le pourquoi des choses et cultive l’enquête sérieuse et la mise en exergue des solutions.

    Sans sombrer dans le pessimisme, on doit accueillir avec prudence l’évolution qui nous est promise. Les progrès qui restent à accomplir en la matière par la très vaste majorité des médias demeurent en effet considérables. Et on ne peut s’empêcher d’illustrer le propos en mettant en exergue la légèreté stupéfiante avec laquelle les journalistes presque unanimement, depuis une vingtaine d’années, encensent les politiciens qui distillent les discours humanitaristes, égalitaristes et internationalistes et maltraitent ceux qui s’écartent de la « bien-pensance » qui paraît constituer la colonne vertébrale des rédactions.

    Qu’on se rappelle, s’agissant des premiers, toutes les grands-messes que la presse européenne écrite et télévisuelle a multipliées à propos de l’action de Barack Obama et se ses ambitions sociales et pacifistes sans jamais dresser le bilan d’une minceur pourtant confondante des huit années de sa présidence.

    Qu’on se souvienne, dans le camp opposé, de tous les adjectifs dégradants utilisés par les journalistes pour qualifier l’arrivée au pouvoir de son successeur, Trump, un président qui manie une manière de communiquer bizarre et inconnue dans la sphère diplomatique et qui prend des initiatives politiques iconoclastes pour porter ce qu’il considère être les intérêts de son pays. Qui parmi ces journalistes, depuis 2018, s’est donné la peine de rechercher et d’expliquer de manière cohérente les fondements de sa politique ? Ils se sont contentés de le traiter de populiste dangereux qui n’a en point de mire que sa réélection, quitte à mettre la planète à feu et à sang.

    Et, plus près de nous, voilà que nos médias se lancent dans le même exercice avec Boris Johnson, dont le « crime », selon eux, est d’avoir soutenu le Brexit lors de la campagne qui y a conduit. Voilà qui suffit à le discréditer, autorise nos gazettes à le taxer des adjectifs les plus vils et dispense celles-ci de jauger ses déclarations et ses initiatives récentes à l’aune de la rationalité. Après son accession à la tête du gouvernement britannique personne ne semble vouloir admettre qu’il se trouve désormais dans une situation idéale pour mener la Grande Bretagne hors de l’Union Européenne à un coût raisonnable. Ne comprend-on pas qu’après les efforts, sans doute sincères de Theresa May mais insuffisants pour convaincre les Communes de rompre en bon ordre et de manière négociée avec Bruxelles, son discours ferme, son « chantage à la sortie sans accord » est celui qu’il faut absolument tenir afin d’obtenir un accord entre L’union Européenne et Londres ?

    Des médias qui dispenseraient de bonnes nouvelles, pas seulement les mauvaises ? Ce serait bien. Mais des médias qui précéderaient la publication de nouvelles, bonnes ou mauvaises, d’un travail de tri et d’analyse approfondi et sérieux, voilà qui serait encore mieux.

     

    Pierre Kunz, juillet 2019

     

     

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  • La "fin d'un monde" mais pas du monde

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    Dans une interview qu’il a récemment accordée à la TSR, Guy Mettan disait son inquiétude à propos de « la rupture de la concertation multilatérale, qui contrairement à ce qu’affirment les Occidentaux, vient selon lui, non pas des Etats voyous mais de notre propre camp ». Et de pointer la responsabilité des présidents américains qui se sont succédé depuis George W. Busch. De souligner aussi sa crainte de voir émerger un monde plus dangereux.

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  • Inégalités salariales : on vous l'avait bien dit ...

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    En Suisse, nous disait hier soir la TSR, 17 % des femmes touchent un salaire bas, contre 7,6 % des hommes. Au total 473'700 personnes sont concernées. La chaîne se référait à une étude, publiée par l’Office fédéral de la statistique et basée sur les chiffres de 2016.

    Une occasion pour la TSR de donner la parole au monde syndical qui souligne que ce sont principalement les femmes, de tous âges, qui reçoivent ces bas salaires. En cause, généralement la formation professionnelle insuffisante dont elles souffrent.

    Il est dommage (mais si peu surprenant si l’on songe au manque d’objectivité et à la superficialité du travail de nos médias), que la TSR, lors de la grand-messe du 14 juin dernier, n’ait jamais jugé bon de nuancer les chiffres farfelus invoqués alors par les promotrices de la grève, notamment en publiant ceux de l’OFS qui n’ont rien de nouveau. Il est regrettable que ses commentateurs, ne se soient jamais donné la peine d’approfondir les « discriminations salariales scandaleuses » dont seraient victimes les femmes dans ce pays.

    Si en effet près trois fois plus de de travailleuses que de travailleurs touchent un salaire bas, comment s’étonner que la rémunération moyenne des premières reste inférieure à celle de leurs collègues masculins. Cela d'autant plus que, on l’a déjà dit ici, les femmes restent largement sous-représentées dans les fonctions élevées de l’administration publique, des banques, des assurances et des industries.

    Ces lignes pour clore le sujet et mettre une dernière fois en relief la manipulation dont les citoyens de ce pays ont été victime le 14 juin dernier. Il ne règne en Suisse aucune discrimination salariale entre les hommes et les femmes et il est mensonger de prétendre, comme cela a été fait, que celles-ci, à formation et à travail égaux, gagnent 22 % de moins que ceux-là. Ce sont d’autre réalités sociales qui expliquent que, sur le marché du travail, les femmes gagnent en moyenne moins que les hommes.

    Pierre Kunz

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  • Ne plus avoir d’enfants pour sauver l’humanité ?

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    Un grand quotidien français revenait récemment sur les discours pompeux de ces jeunes adultes qui prétendent contribuer au sauvetage de la planète en s’abstenant de se donner une progéniture. On échappe difficilement au malaise devant leurs arguments qui masquent de toute évidence des motifs inconscients peut-être mais en tout cas moins avouables que ceux qu’ils invoquent. En fait ces Cassandre souffrent surtout de la prétention, du cynisme et de la légèreté qui caractérisent souvent les trentenaires. Ils jouent avec la « collapsologie » qui pollue notre époque et avec un pessimisme qui ne repose sur aucun fondement sérieux.  

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  • Qui pille la planète ? le riche ou le bourgeois ?

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    Dans son dernier livre (*) Gilbert Rist, professeur honoraire à l’IHEID, pend des coupables. Rappelant les atteintes à l’environnement dues à la croissance telle qu’elle est poursuivie par l’humanité depuis un demi-siècle, il veut convaincre ses lecteurs qu'un désastre s’annonce, dû au capitalisme, au marché, au libre-échangisme mondialisé, à la propriété privée et aux riches.  

    Il devrait montrer qu’en réalité la plus lourde part du pillage des ressources naturelles n’est pas le fait des minorités richissimes ; elle est liée à la fulgurante amélioration au 20ème siècle de la situation matérielle des classes moyennes et populaires et à leur consommation massive.

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