12/12/2012

Europe, des certitudes évanouies aux populismes

Le surendettement des nations européennes marque, selon toutes probabilités, la première étape seulement d’un processus de réajustement appelé à redimensionner le pilier porteur des institutions sociales développées en Europe depuis la dernière guerre mondiale, à savoir l’Etat « redistributeur ». Les observateurs sont en effet quasiment unanimes : la crise qui a frappé le Vieux continent sera durable et ses effets seront essentiellement sociaux. Elle se manifestera par la fin de l’égalitarisme qui, au cours des dernières décennies, a inondé l’Etat social originel, l’a gonflé en Etat « nounou » et l’a conduit là où il se trouve en ce début du 21ème siècle, c’est-à dire de facto en faillite.

Un cycle de conférences mis sur pied en novembre dernier par l’Institut National Genevois a montré la corrélation de cet ébranlement avec les agitations populistes dans les nations européennes.

En Europe l’égalitarisme, cette ambition illusoire visant en l’espace d’une génération à gommer les inégalités sociales et individuelles produites par des siècles d’histoire et d’évolution compliquées, et l’Etat providence, voulu par la gauche et complaisamment cautionné par une droite, n’ont pas seulement dégradé les libertés qui avaient conduit l’Europe à la richesse et au progrès social, affaibli l’esprit d’entreprise et la résilience des individus, alourdi follement les budgets sociaux et réduit peu à peu la compétitivité économique des sociétés occidentales. Loin de rendre les humains plus heureux, ces « avancées » ont conduit simultanément à l’émergence de la société de l’envie et de la jalousie dans laquelle nous nous débattons aujourd’hui.

Les peuples européens ont ainsi été amenés à considérer qu’ils bénéficiaient d’un droit inaliénable à l’égalité ; non plus celle des chances mais celle des niveaux de vie et de consommation, indépendamment des talents et du travail de chacun. La fin programmée de l’Etat providence, par insuffisance des moyens requis pour honorer les promesses de ses thuriféraires et pour répondre aux attentes excessives de sa clientèle, constitue donc à n’en pas douter la plus grave menace pesant sur la paix sociale dans les nations européennes. Car à l’évidence, la mise en concurrence par la globalisation des échanges de tous les travailleurs de la planète, même si elle est freinée par la réintroduction d’une dose raisonnable de protectionnisme, ne manquera pas de peser non seulement sur la capacité redistributrice de l’Etat mais aussi sur les niveaux de rémunération de la majorité des individus.

Dans cette ambiance de fin d’époque l’Europe tangue dangereusement. Paraissant incapables d’affronter rationnellement et avec volontarisme les enjeux nouveaux, de s’élancer dans l’avenir et l’effort, les peuples du Vieux dispersent leurs forces vives et gaspillent leur énergie dans une lutte généralement vaine pour la « sauvegarde des acquis ». Ils se jettent dans les bras de populistes de tous bords, habiles à vanter leurs solutions fictives et à attiser les révoltes de la rue.

Il est par exemple question en ce moment du retour du Cavaliere aux affaires italiennes. On parle aussi beaucoup des excès de Melenchon en France, de ceux des extrémistes grecs ou des indépendantistes catalans. Mais les plus inquiétants de ces populistes sont sans conteste les nostalgiques rousseauistes, les écologistes malthusiens qui, pour protéger les vieux arbres, veulent empêcher les enfants de naître. Ceux qui tentent de faire croire que l’avenir de l’Europe et de la planète se trouve dans la soumission absolue des humains aux impératifs de la biodiversité et des espaces verts et, à ce titre, dans la régression démographique, forcée par la loi. Ceux qui affirment que les clés du bonheur se trouvent dans le rejet pur et simple du modèle économique occidental, la frugalité énergétique et l’autosuffisance alimentaire.

Pierre Kunz

08:30 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

Commentaires

"Mais les plus inquiétants de ces populistes sont sans conteste [...] [c]eux qui affirment que les clés du bonheur se trouvent dans le rejet pur et simple du modèle économique occidental, la frugalité énergétique et l’autosuffisance alimentaire."
... et il y en a beaucoup qui adhèrent à cette religion.

A ce sujet, je vous propose d'écouter le discours d'adieu de Ron Paul devant le sénat américain (traduction française). Un homme qui défend les intérêts de l'humanité sans penser à sa propre carrière politique.

Écrit par : benpal | 13/12/2012

L'adresse pour le discours de Ron Paul:
http://www.institutcoppet.org/2012/11/18/discours-dadieu-de-ron-paul/

Écrit par : benpal | 13/12/2012

Ne soyons pas étonnés de la faillite de la Grèce, du Portugal, de l'Espagne, de l'Irlande et de la France qui se profile à l'horizon l'Angleterre et l'Italie suivront.

"La Grèce ne paiera pas" vous vous souvenez Mr Kunz?

De mon point de vue, l'Occident n'a pas anticipé le premier choc pétrolier, avec la fin de l'ère industrielle telle qu'elle existait dans les années 1970.

Les différents gouvernements ont continué leur fabrication de salariés à grande échelle, avec la mentalité qui va avec c'est à dire le communisme, le socialisme et autres variantes. Ce fut au détriment de la Liberté d'entreprendre qui auraient pu naître et évoluer dans des écoles entreprenariales mais qui ont été remplacées par les écoles de la médiocrité telles que l'ENA, HEC, science PO..

L'immigration rapporte environ 10 milliards d'€uros en France pour un coût de 70 avec les conséquences désastreuses qui ont commencé, il suffit de constater dans les prisons, les mosquées, et les banlieues pour se faire une idée de l'avenir de l'Eurabie.

L'état et ses élus ont continués de dépenser à tous niveaux en jouant avec les crédits, sans pour autant avoir l'argent. Nous avions mis en garde Giscard sur cette politique et sur l'avenir économique. Mais demander à un élu de se faire élire en disant la réalité, c'est demander à un dromadaire de nous raconter sa vie.

La politique d'immigration -choisie- a été mise en place en échange des contrats pétroliers,mais aussi pour concurrencer les salaires, remplacer les non croyants avec la bénédiction du vatican, faire des beaux voyages, toucher des pots de vin, dynamiser un nouvel ordre mondial ou les monarchies retrouveraient leur place, consolidant de ce fait les pouvoirs de tous les despotes. Que l'on destitue d'ailleurs, aux profit d'autres despotes que nous finançons! -les frères musulmans-

Est-ce que ce "cycle de conférence" a évoqué ces sujets là? Si oui, merci de faire passer le lien que je fais essayer de trouver. Il serait également intéressant de connaître sa composition.

Nos "supermans" et dirigeants ont inventé le communisme et laissé faire le nazisme. L'histoire se répétant mais de manière plus moderne, je crains le pire pour nos Libertés, de la suite qu'ils vont donner aux conséquences de la fabrication de fausse monnaies et de l'islamisation de l'Europe....

Tout bon comptable sait qu'un salarié qui travail 35h ne couvre pas suffisamment les frais de fonctionnement; 40/45 heures de travail effectif, diminuent largement ce coût.

Si un artisan veut faire 35h semaine, il met la clé sous la porte. Mais nos énarques et nos professeurs ne savent pas calculer comme ça. Il préfèrent mettre deux salariés médiocres pour un bon professionnel. C'est de l'idéologie moins deux étoiles afin de partager les richesses et le travail; ben voyons.

Les avancées sociales en France, ont servit et servent toujours à la démagogie de nos politiciens. Nos allocations familiales et notre sécurité sociale servent au monde entier. Ne soyons pas étonnés des déficits.

Les syndicats ont besoin d'adhérents, (quelque soit la religion, l'argent na pas d'odeur) et de subventions pour être mieux soudoyés tout en étant démagogues. Mais ça, c'est pour le bien paraître. Ne soyons pas étonné de leur sommeil longue durée (drogue SLD)

Enfin, il y a cette Europe ou chacun fait ce qu'il veut dans une politique fiscale déplorable, des fonctionnaires et des élus qui se goinfrent et se gavent de nos impôts. Une monnaie, mais trente six politiques désastreuses pour l'avenir. Les finances islamiques, dont les autoroute ont été construites par Sarkozy, Lagarde et les autres, arrivent par milliards. Remarquez, elles étaient en garde sur l'ère de l'autoroute "suisse" ne soyons pas étonnés.

Alors oui cher Monsieur Kunz maintenant, le terrain est près pour accueillir le populisme avec toutes les dérives connues. Ne soyons pas étonnés.

Pensez vous que nous les retraités et invalides sommes des assistés? Bien sûr que non.

Écrit par : Pierre NOËL | 13/12/2012

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