09/03/2012

l'UDC m'a tuer !

Hier soir, lors de la plénière de l'Assemblée constituante consacrée aux tâches de l'Etat, le groupe hétéroclite de l'UDC a douché les derniers espoirs de ceux qui, au sein des partis bourgeois, caressaient encore l'ambition de parvenir à un nouveau texte constitutionnel susceptible de recueillir l'assentiment de la population lors du vote du 14 octobre. Une partie de l'UDC a en effet apporté ses voix à la gauche pour couler une proposition signée par l'ensemble des chefs de groupe de droite (UDC comprise !) chargeant l'Etat de « réaliser le contournement de l'agglomération par une traversée du lac », cela en vue de « réduire la circulation privée motorisée de30 % au centre-ville ».

Par 37 voix contre 36 l'amendement en question a été rejeté.

On connait l'aveuglement de la gauche sur cette question et son obstination  « pré-fazyste » à résister à l'abattage des murailles qui étouffent Genève en matière de logement et de mobilité. Cet aveuglement est idéologique donc inguérissable. Par contre on se perd en conjectures à propos des motifs ayant conduit du coté de l'UDC les constituants Amoudruz et Bläsi  à refuser, contre l'avis des autres membres de leur groupe, un article qui ne pouvait que donner des armes au Conseil d'Etat et aux élus fédéraux dans les efforts qu'ils ont entrepris à Berne pour réaliser enfin la traversée autoroutière et ferroviaire du lac. Gageons que ces deux invertébrés de la pensée politique ne savent pas eux-mêmes pourquoi ils ont dit non. Toujours est-il qu'ils ont ruiné les espoirs de ceux qui entendaient, grâce à cet article, donner au moins un motif de dire « oui » en octobre prochain.

Certes,  le texte qui est en phase d'élaboration finale constitue, par rapport à la constitution actuelle, un modèle d'esthétique rédactionnelle et de cohérence littéraire. Mais il est creux. Il convient aujourd'hui de reconnaître objectivement que la Constituante à échoué dans sa mission de rédiger la constitution réformatrice dont le canton de Genève a un impératif besoin pour affronter les défis que lui réservent le siècle et le monde nouveaux. Le « jusqu'au-boutisme » de la gauche, d'une part, les errements du pseudo-groupe UDC d'autre part, l'absentéisme des élus d'une droite théoriquement majoritaire enfin, y ont pourvu.

Les mois à venir mettront en évidence la faiblesse d'un texte final qui entérine des droits de toutes sortes, qui éclaire peu les responsabilités et les devoirs des acteurs politiques et des citoyens, qui en dernière analyse se résume à une jolie réécriture du texte ancien. D'ores et déjà on peut retenir ses défauts les plus saillants : la réforme territoriale a été enterrée, la Ville continuera à peser avec excès sur la vie du canton, la réforme de la fiscalité communale a accouché d'une souris, le frein à l'endettement restera symbolique, l'utilisation abusive des droits populaires par les populistes demeurera aussi aisés qu'aujourd'hui et continuera de paralyser les institutions et les autorités.

La nouvelle constitution sera, on peut en être certain, sera fermement défendue par une gauche ravie du statu quo, agrémenté par l'éligibilité communale des étrangers,  pour lequel elle s'est battue avec succès. Mais on voit mal désormais comment la droite pourrait en recommander l'adoption.

Pierre Kunz, constituant

 

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