30/12/2011

La police n'est plus la solution, c'est le problème

La police genevoise semble encore bénéficier d'une bonne image au sein de la population genevoise. Il n'en reste pas moins, quelques évènements récents le confirment, qu'elle est devenue un problème politique majeur. Comment en est-on arrivé là ?

La première cause du malaise réside manifestement dans l'évolution récente de notre société et dans les perversions juridiques et humanitaristes qui l'ont accompagnée. La responsabilité de cette dégradation repose sans conteste au sein d'un monde politique incapable de résister aux milieux « bien-pensants » et aux modes du « politiquement correct ».

Nulle part plus que dans notre canton le corps de police ne subit les conséquences paralysantes du juridisme insensé qui nous a emportés depuis trois décennies. Nulle part plus qu'au bout du lac on a porté à ce point d'absurdité la protection de la personne des délinquants au détriment de l'action sécuritaire efficace des défenseurs de l'ordre public. A tel point que, pour effectuer son travail et respecter les règlements qui ont envahi la profession, le policier doit désormais consacrer plus de temps au poste qu'à la rue. Pour prévenir par exemple les accusations inventées de mauvais traitements il est forcé de prendre une multitude de précautions et se trouve désormais dans l'impossibilité d'agir seul. Quant à la plainte déposée par un citoyen pour détroussement, au lieu de mobiliser une simple employée administrative, elle peut occuper plusieurs policiers pendant des heures.

Ce fonctionnement absurde non seulement coûte horriblement cher à la collectivité mais il est surtout extrêmement démotivant pour les policiers. Ceux-ci ne pratiquent désormais leur métier qu'à peine durant la moitié du temps qu'ils lui consacrent.

La seconde cause trouve par contre sa source à l'intérieur du corps de la police, même si elle découle partiellement de la précédente. La police a manifestement été noyautée par des syndicalistes particulièrement virulents qui profitent depuis plusieurs années du mécontentement de la base pour quereller régulièrement un Conseil d'Etat pusillanime, se réfugiant dans des compromis navrants à chaque orage et incapable depuis plus de dix ans de jouer son rôle de patron de la police genevoise.

Pour désolant que soit la faiblesse du Conseil d'Etat en la matière, le syndicat pourrait faire œuvre utile en contribuant activement à l'indispensable modernisation de la police genevoise. Dans l'intérêt général il pourrait devenir source de propositions en vue d'extraire celle-ci de son carcan actuel, de la réorganiser en fonction des défis sécuritaires contemporains, de la faire passer aux outils informatiques modernes et d'améliorer l'efficacité du travail des agents sur le terrain. Au lieu de cela il consacre toute son énergie à cultiver les intérêts  corporatistes de la police et à multiplier les exigences matérielles et démagogiques : plus d'effectifs, plus de salaire, plus d'indemnités pour les heures supplémentaires, plus de compensations pour le travail de nuit, etc. Il parvient presque à faire oublier que le corps de police est depuis longtemps au bénéfice d'avantages considérables, en particulier une multitudes de privilèges en matière de défraiements ainsi que la prise de retraite cinq à dix ans avant les autres fonctionnaires grâce à une caisse de pensions subventionnée année après année par l'Etat plus généreusement que toutes les autres caisses de prévoyance publiques.

Il était donc temps que, par la voix d'Isabel Rochat, le Conseil d'Etat réagisse avec vigueur à l'égard de syndicalistes manifestement plus préoccupés par les égoïsmes corporatistes que par la mission de service public des policiers qu'ils disent représenter. En attendant, espérons-le, que ce Conseil d'Etat se réapproprie pleinement son rôle de patron de la police et qu'il prenne enfin les rênes de la modernisation de celle-ci.

Pierre Kunz

 

 

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24/12/2011

L'Abbé Pierre et l'austérité en Occident

En ce jour de Noël, alors que l'Occident industrialisé, pressé par une sphère politique déboussolée et des médias appauvris, s'aveugle dans ses indignations et s'étouffe dans son déni des réalités qu'il a pourtant créées, il est bon pour l'équilibre de notre raison autant que pour la sérénité de notre âme de nous replonger dans ce qu'écrivaient sur l'avenir du monde quelques-uns des penseurs et acteurs du siècle précédent. Les écrits de l'Abbé Pierre sont particulièrement édifiants, même à propos de questions sur lesquelles on l'attend peu, celle de la libéralisation mondialisée des échanges et des conséquences de celle-ci par exemple.

En parcourant un ouvrage que l'Abbé a publié il y a une quinzaine d'années (*) le lecteur se heurte à ce paragraphe prémonitoire :

« Le monde va très probablement traverser des crises graves qui obligeront les nations les plus développées à faire un choix : soit de repliement en privilégiant l'ordre et les intérêts en place (ce qui à terme s'avérera intenable et engendrera la dictature), soit d'ouverture. Cette seconde voie implique un effort de chacun, un renoncement pour beaucoup à bien des privilèges, et à une redistribution des moyens permettant à chaque peuple de développer à son tour ses propres richesses. »

On n'aurait pu expliquer en termes plus simples d'une part le « grand partage » que connaît la planète depuis trois décennies, d'autre part les difficultés socio-économiques que ne peuvent manquer de générer dans les sociétés privilégiées du Nord cette colossale redistribution des cartes.

Joyeux Noël !

Pierre Kunz

(*) Mémoire d'un croyant, Fayard, 1997

 

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22/12/2011

Les Verts veulent une Genève maigre

Leur récente défaite électorale ne leur aura donc rien appris. Les Verts persistent dans leurs objectifs de « frugalité » et de décroissance et se lancent à l'attaque du nouveau plan directeur d'aménagement cantonal récemment dévoilé par le Conseil d'Etat.

Certes, ce nouveau plan directeur est largement contesté dans les communes qui, une fois de plus, ne semblent pas avoir été correctement consultées lors de son élaboration. Il n'est donc pas surprenant qu'elles lui trouvent plus de défauts que de qualités et qu'elles exigent qu'on lui apporte des correctifs. Mais les Verts franchissent un pas supplémentaire en insistant sur le retrait pur et simple de ce plan au prétexte qu'il « ne fait que dégager des surfaces constructibles » et qu'il ne s'agirait selon eux que « d'une opération destinée à commercialiser le territoire genevois ».

Un comble quand on sait que tous les Genevois sont au moins d'accord sur un constat : le canton souffre de l'énorme déficit accumulé dans la construction de logements. Un déficit qui explique pratiquement toutes les nuisances qui pourrissent la vie des habitants, le coût élevé des habitations disponibles, la pollution sonore et les encombrements routiers en particulier.

Au delà de l'intégrisme inquiétant d'un parti qui reste attaché à une vision malthusienne de la société occidentale, l'attitude des Verts qui ne cessent de faire la leçon aux Genevois au sujet de la région et qui prétendent conduire Genève en participant au Conseil d'Etat, est d'une incohérence surprenante. D'une part, contrairement à ce que prétendent leurs porte-paroles, l'équilibre de la zone agricole genevoise n'est aucunement mis en péril par le nouveau plan directeur. D'autre part c'est de l'équilibre et de la répartition des tâches au sein de l'agglomération franco-valdo-genevoise qu'il est question dans le nouveau plan directeur.

Faut-il rappeler que la surface occupée actuellement par le bâti, réseau routier compris, représente moins de 20 % de la surface du canton ? Les Verts, qui préconisent une « agglomération durable, équilibrée et solidaire », envisagent-ils sérieusement de continuer à exporter en France voisine et en dans le Pays de Vaud la construction des logements nécessaires à nos enfants qui veulent travailler à Genève ? En opposition aux constituants de tous bords qui ont, eux, compris les enjeux, entendent-ils contester le texte de la nouvelle constitution qui stipule clairement que « le plan directeur cantonal prévoit la mise à disposition en suffisance de terrains constructibles » ?

Genève s'apprête à vivre une décennie économiquement et socialement difficile durant laquelle la tâche de nos autorités consistera bien davantage à gérer la diminution du PIB cantonal et des recettes fiscales que la croissance économique. Dans ce contexte il est stupéfiant d'entendre le maire Vert de Chêne-Bougerie déclarer à l'appui de son rejet du plan directeur «  qu'on ne peut se contenter de stimuler la croissance ».  La fonction de maire de commune rendrait-elle sourd et aveugle aux défis du canton ?

Pierre Kunz

 

 

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17/12/2011

Le "patriotisme économique", dernière née des gauloiseries

L'histoire foisonne de ces périodes où, lorsque leur avenir s'assombrit et que les incertitudes se multiplient, les nations succombent au mirage des « bienfaits » du repli et de la désignation des « coupables » venus d'ailleurs. Animés par des autorités religieuses et politiques particulièrement déterminées, les peuples de France, au cours du dernier millénaire, ont fourni un nombre élevé d'illustrations de ces moments troubles qui ont chaque fois coïncidé avec des résurgences de la barbarie.

« Formatée » qu'elle est par une généalogie remontant très loin dans le passé, il n'est pas vraiment étonnant de retrouver la classe politique française contemporaine aux prises avec ses vieux  démons. Surtout en période électorale. La presse, depuis quelques jours s'est fait largement l'écho des « solutions » proposées par les chefs de file des partis. La « dé-mondialisation » Montebourg dixit, le « pacte national pour produire en France » selon Hollande, « la protection des frontières et des écluses douanières » pour Le Pen.

Ce genre de propos, on ne les entend et on ne les lit que dans l'Hexagone. Jamais dans les cercles politiques britanniques, espagnols ou portugais, pourtant confrontés à des difficultés économiques et financières au moins aussi graves que celles de la France, on ne s'exprime ainsi. Même Berlusconi, pourtant peu avare d'outrances, ne s'est jamais abaissé en Italie à tenir des discours aussi lamentables. Des discours révélateurs de la mentalité de l'ensemble de la classe politique française, démagogique, populiste, malsaine, disposée aux pires compromissions pour accéder au pouvoir.

Eloignés du simple bon sens, oublieux des enseignements du passé, fermant volontairement les yeux sur les raisons du succès économiques des voisins de la France, ces aboyeurs laissent croire à leurs auditeurs crédules que supprimer la concurrence étrangère ne manquera pas de conduire au remplissage des caisses publiques, à la renaissance des emplois disparus et à l'amélioration des salaires et des conditions de vie de ceux qui ont conservé le leur.

Certes, dans tous les pays du monde les politiciens, soumis à la pression de difficultés sectorielles parfois considérables et de lobbies puissants, se laissent séduire par des entorses aux engagements de libre-échange qu'ils ont signés. Mais nulle part, sinon en France, ces « faiblesses » ne sont érigées en programme politique.

Il est très improbable que la classe politique française réforme sa manière de fonctionner. Pourtant elle serait tellement plus respectable et utile au pays si elle entreprenait enfin d'expliquer aux Français que le monde a changé, que d'autres peuples entendent, par leur labeur et leur intelligence, prendre part désormais au partage des richesses de la planète. De leur expliquer aussi que la France dispose des moyens de faire face à ce défi à condition que, comme les Allemands, les Suédois ou les Néerlandais par exemple, elle accepte de vivre conformément à ses moyens et ... que les Français se mettent à travailler davantage pour accroître ces derniers.

Pierre Kunz

 

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09/12/2011

Les "indignés", produits décalés d'une société narcissique

Les « indignés », sont ces gens qui manifestent bruyamment leur colère à l'égard d'une société qui selon eux a perdu sa boussole à cause des dérives causées par les rapaces de la finance. Sont-ils défendables ?

Certes, la crise économique et financière que vit l'Occident a explosé suite à la mise en lumière des tripotages du monde bancaire. Certes, les déséquilibres structurels qui en ont découlé au sein de nos sociétés industrialisées ont généré des conséquences économiques et sociales extrêmement lourdes. Certes, à cause des difficultés du secteur financier, la question des dettes souveraines à pris un relief et une ampleur auxquels personne ou presque n'était préparé.

Mais les abus du secteur financier sont-ils réellement à l'origine de la période d'austérité et, plus consternant, du déclin dans lesquels s'enfoncent les pays industrialisés ?

Comme d'autre observateurs, l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, défend le point de vue qu'en réalité le monde occidental, l'Europe latine en particulier, affronte trois crises simultanées qui s'exaspèrent mutuellement mais qui ont leur origine propre : une crise du système bancaire, une crise de compétitivité économique et une crise des dettes souveraines. Il n'en reste pas moins que la cause profonde de nos maux est unique. Elle réside dans la rupture récente et brutale de nos sociétés avec les valeurs constitutives de notre civilisation et de nos succès passés.

En place de ces valeurs, soit la spiritualité, l'esprit d'entreprise, le travail, l'épargne, le sens du devoir et les solidarités traditionnelles, nous nous sommes précipités dès la fin de la dernière guerre dans la culture du matérialisme, des loisirs, de l'individualisme, des droits, de l'immédiateté et du crédit ; dans un égalitarisme insensé aussi, exacerbé par l'Etat providence, veau d'or du 20ème siècle. Consommateurs invétérés, nous avons enfin succombé à l'égoïsme et à la cécité volontaire à l'égard des autres pays de la planète qui ne nous ont plus intéressés que comme destinations touristiques.

Nous avons vécu dans un confort, une sécurité et des facilités, dont aucun peuple n'avait aussi amplement disposé jusqu'ici, oubliant avec une étonnante facilité qu'ils nous ont été offerts par le labeur séculaire de nos prédécesseurs. Nous comprenons douloureusement aujourd'hui que si nous en avons tant profité c'est largement en contrepartie de l'endettement déraisonnable de nos collectivités publiques, celles qui se trouvent aujourd'hui dans la tourmente non pas à cause de leurs créanciers mais par la faute de leur imprévoyance et de leur légèreté.

L'avenir assombri dont prennent douloureusement conscience les jeunes générations n'est donc que le résultat d'une arrogance et d'un aveuglement qui nous ont empêchés de discerner que nos « acquis » étaient désormais contestés par les peuples que nous avions assujettis à nos intérêts pendant des siècles. Ces peuples qui, portés, eux, par les valeurs qui nous ont échappé, prennent part depuis quelques décennies au « grand partage » des ressources et des opportunités de la planète.

Les « indignés » sont certes les victimes malchanceuses de la société dont ils héritent et dont tout indique qu'elle sera désormais plus exigeante qu'égalitariste. Mais ils sont aussi la représentation la plus caricaturale de notre inaptitude  à accepter les réalités de l'environnement planétaire contemporain. Des réalités qui exigent urgemment détermination et efforts partagés plutôt que manifestations et accusations.

Les « indignés » paradent et discourent dans une absence totale de raison et de réflexion. Leurs « solutions » sont simplistes et incohérentes. Ils nient la gravité de l'endettement public et refusent tout simplement d'en accepter les conséquences austères, réclamant au contraire le maintien des soi-disant « acquis sociaux et matériels ». Ils militent pour la fin du libre échangisme mondialisé au prétexte qu'il ne profiterait qu'aux pays émergents, accusés d'avoir mis leurs peuples en esclavage industriel. Ils exigent le démantèlement des multinationales arguant qu'elles délocaliseraient par pure cupidité. Quand ils oublient momentanément de réclamer la taxation massive des riches, ils s'expriment carrément en faveur de la banqueroute des Etats endettés jusqu'au cou et tant pis pour les créanciers voraces.

Leur projet immédiat se résume à l'effacement radical des engagements et au maintien absolu des droits. Quant à leur vision de l'avenir, elle se ramène à un retour au protectionnisme voire à l'impérialisme, à ce temps « béni » où l'Europe et les USA profitaient d'une Terre entièrement organisée à leur avantage et qui offrait aux habitants de ces nations la possibilité de mener grand train grâce au travail et aux ressources des pays aujourd'hui libérés et économiquement émergents. Ce temps béni où la société prétendait offrir à chacun « de travailler conformément à son rythme et son idéal de vie mais de recevoir selon ses besoins matériels », et où, confronté aux images de la pauvreté des peuples du Sud, chacun se donnait bonne conscience en militant pour l'aide au développement.

Un programme infantile, conçu par des gens ayant jusqu'à hier vécu dans un environnement fictif, imaginé par des politiciens et des technocrates qui avaient oublié les leçons de l'histoire. Des gens qui n'ont qu'une excuse, celle d'avoir été si mal instruits sur les choses de la vie.

Il en existe pas mal en Suisse romande.

Pierre Kunz

 

Article publié dans Le Temps de ce jour

 

 

 

 

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05/12/2011

Les maths curieuses du professeur Ducommun

Michel Ducommun siège sur les bancs de la Constituante genevoise et y défend au nom du groupe Solidarités, généralement avec plus d'aisance verbale que de succès, ses convictions d'extrême gauche. On ne peut nier chez lui une grande cohérence idéologique. Malheureusement, cette cohérence enveloppe un monde utopique, celui qu'ont tenté de faire vivre Lénine et Staline en URSS avec les conséquences humaines dramatiques et les échecs économiques désastreux que l'on sait. D'où la contribution très limitée du marxiste de Sézenove aux travaux de la Constituante.

De temps en temps, le professeur retraité s'astreint, sur le blog qu'il tient, à expliquer ses convictions et à condamner celles de ses collègues. Il le fait aujourd'hui et concentre sa prose sur ce qu'il appelle « les contradictions et les mensonges de la droite ».  Il fustige cette dernière dans son billet pour diverses raisons, notamment à propos de la manière dont les groupes de droite entendent inscrire dans la Constituante un frein à l'endettement d'un canton dont les excès en la matière sont largement dus à la situation financière calamiteuse des deux principales caisses de pension publiques, la CIA et la CEH.

Il faut dire que Michel Ducommun n'est pas étranger à l'état de la CIA, lui qui a présidé l'institution pendant de nombreuses années. Une période qu'il a principalement mise à contribution pour nier les avertissements que les observateurs attentifs lui adressaient, cela depuis le début des années 2000.

A l'époque déjà, on savait la CIA et la CEH en sous-couverture évidente et qu'elles ne disposaient pas des moyens d'honorer toutes les promesses de rentes qu'elles persistaient à garantir à leurs affiliés. La crise des années 1990 n'avait fait qu'amplifier le  déséquilibre des deux caisses fondées, comme toutes celles constituant le 2ème pilier, sur le système de la capitalisation. Mais le professeur de mathématique qui présidait alors la CIA a toujours prétendu le contraire. Un peu comme un professeur de maths oublieux du chiffre zéro dans le système décimal, il s'est exprimé à de nombreuses reprises pour affirmer qu'il fallait considérer la CIA comme une caisse fonctionnant en partie sur le modèle de l'AVS, en redistribution immédiate.

Selon lui, en conséquence, non seulement les cotisants seraient toujours assez nombreux pour verser les rentes des retraités mais de surcroît, l'Etat ayant donné sa garantie à la CIA en cas de difficultés, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Et même si les prestations promises étaient et demeurent les plus généreuses du pays, même si elles n'ont jamais été en proportion des ressources de la caisse il n'y avait pas de motif de changer quoi que ce soit, ni les cotisations ni les prestations.

Pas étonnant qu'aujourd'hui, après que la Confédération a forcé les autorités genevoises à « faire le ménage » et que l'ancien président de la CIA se trouve confronté avec la facture de son aveuglement et de sa surdité, Michel Ducommun se sente mal à l'aise. Il peut traiter la droite de menteuse et nos autorités fédérales de stupides. N'empêche, il s'agit désormais de répondre aux exigences de la Confédération et de renflouer les caisses de pension publiques genevoises. Un renflouement qui s'élèvera probablement à 5 ou 6 milliards de francs et que de toute évidence l'Etat, soit le contribuable genevois, devra prendre presque totalement à sa charge.

Pierre Kunz, constituant

 

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