05/12/2011

Les maths curieuses du professeur Ducommun

Michel Ducommun siège sur les bancs de la Constituante genevoise et y défend au nom du groupe Solidarités, généralement avec plus d'aisance verbale que de succès, ses convictions d'extrême gauche. On ne peut nier chez lui une grande cohérence idéologique. Malheureusement, cette cohérence enveloppe un monde utopique, celui qu'ont tenté de faire vivre Lénine et Staline en URSS avec les conséquences humaines dramatiques et les échecs économiques désastreux que l'on sait. D'où la contribution très limitée du marxiste de Sézenove aux travaux de la Constituante.

De temps en temps, le professeur retraité s'astreint, sur le blog qu'il tient, à expliquer ses convictions et à condamner celles de ses collègues. Il le fait aujourd'hui et concentre sa prose sur ce qu'il appelle « les contradictions et les mensonges de la droite ».  Il fustige cette dernière dans son billet pour diverses raisons, notamment à propos de la manière dont les groupes de droite entendent inscrire dans la Constituante un frein à l'endettement d'un canton dont les excès en la matière sont largement dus à la situation financière calamiteuse des deux principales caisses de pension publiques, la CIA et la CEH.

Il faut dire que Michel Ducommun n'est pas étranger à l'état de la CIA, lui qui a présidé l'institution pendant de nombreuses années. Une période qu'il a principalement mise à contribution pour nier les avertissements que les observateurs attentifs lui adressaient, cela depuis le début des années 2000.

A l'époque déjà, on savait la CIA et la CEH en sous-couverture évidente et qu'elles ne disposaient pas des moyens d'honorer toutes les promesses de rentes qu'elles persistaient à garantir à leurs affiliés. La crise des années 1990 n'avait fait qu'amplifier le  déséquilibre des deux caisses fondées, comme toutes celles constituant le 2ème pilier, sur le système de la capitalisation. Mais le professeur de mathématique qui présidait alors la CIA a toujours prétendu le contraire. Un peu comme un professeur de maths oublieux du chiffre zéro dans le système décimal, il s'est exprimé à de nombreuses reprises pour affirmer qu'il fallait considérer la CIA comme une caisse fonctionnant en partie sur le modèle de l'AVS, en redistribution immédiate.

Selon lui, en conséquence, non seulement les cotisants seraient toujours assez nombreux pour verser les rentes des retraités mais de surcroît, l'Etat ayant donné sa garantie à la CIA en cas de difficultés, il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Et même si les prestations promises étaient et demeurent les plus généreuses du pays, même si elles n'ont jamais été en proportion des ressources de la caisse il n'y avait pas de motif de changer quoi que ce soit, ni les cotisations ni les prestations.

Pas étonnant qu'aujourd'hui, après que la Confédération a forcé les autorités genevoises à « faire le ménage » et que l'ancien président de la CIA se trouve confronté avec la facture de son aveuglement et de sa surdité, Michel Ducommun se sente mal à l'aise. Il peut traiter la droite de menteuse et nos autorités fédérales de stupides. N'empêche, il s'agit désormais de répondre aux exigences de la Confédération et de renflouer les caisses de pension publiques genevoises. Un renflouement qui s'élèvera probablement à 5 ou 6 milliards de francs et que de toute évidence l'Etat, soit le contribuable genevois, devra prendre presque totalement à sa charge.

Pierre Kunz, constituant

 

11:33 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.