10/10/2011

L'immobile Direction de la mobilité

Voilà près d'une décennie que des conseillers d'Etat écologistes sont en charge de la Direction générale de la mobilité. Il faut bien, en effet, parler de « charge » tant ce service semble avoir souffert durant ce laps de temps de l'improvisation permanente régnante et de l'absence de toute stratégie globale en matière de déplacements. Pas étonnant que le verdict concluant l'audit réalisé dans ce service soit aussi accablant : « Il faut tout restructurer. En l'état, la DGM est incapable d'assurer la planification des flux de circulation à l'échelle cantonale ».

Deux remarques au moins s'imposent à ce sujet.

Il est surprenant que pratiquement personne au sein de la classe politique et des médias n'ait relevé la faillite du Conseil d'Etat dans cette affaire. Une fois de plus, le gouvernement « collégial » mais surtout Robert Cramer, responsable de ce service durant de longues années, et son successeur, Michèle Künzler, sont traités comme une espèce ministérielle hors sol, irréprochable. Et tous de s'acharner sur un chef de service qui, comme nombre de ses collègues de même niveau, s'est toujours trouvé désarmé face aux incohérences nées de l'absence de véritables lignes directives et des discours démagogiques de ses chefs successifs de département, des discours servant de substitut à une vraie politique en matière de mobilité.

On soulignera que tout récemment, dans le secteur privé, suite à un problème interne grave c'est la tête la plus haute de la banque en cause qui est tombée, cela  de manière justifiée aux yeux d'une population qui trouve normal que les dirigeants assument les échecs et les dérives de leur gestion. Mais pourquoi diable n'en va-t-il pas de même dans la gouvernance de notre Etat ?

On notera en deuxième lieu la manière dont Michèle Künzler a « empoigné » le problème qu'elle a cru discerner lors de sa prise de fonction. Comme l'on procède en général dans l'administration publique, comme réagissent presque tous les conseillers d'Etat confrontés avec un problème de gestion, la nouvelle ministre, avant toute analyse approfondie de la situation, a ... obtenu 5 postes supplémentaires ! Et l'on peut prendre le pari que les problèmes de la DGM, tels que mis en évidence par l'audit, ne seront pas surmontés par une remise en question des structures et des modes opérationnels. Parce qu'il est politiquement plus commode de procéder ainsi, ils feront l'objet d'un traitement « volumétrique » seulement. Pour éviter des vagues dans les relations « consensuelles » du Conseil d'Etat avec les syndicats de la fonction publique, dans quelques mois, chacun pourra constater que le personnel du service, placé sous une nouvelle direction, aura été fortement accru et que « l'atmosphère de travail est désormais exemplaire ».

Mais, pour autant, parce que Michèle Künzler ne dispose pas d'une vision rationnelle, solide et adaptée aux enjeux de la mobilité genevoise, il est très improbable que  la DGM planifiera mieux qu'aujourd'hui les infrastructures requises par l'avenir du canton. Ses ingénieurs continueront de s'occuper principalement de la planification de nouveaux giratoires. Des sémaphores aussi, et de la rapidité de leurs passages du vert au rouge.

Pierre Kunz

 

11:53 Publié dans Politique genevoise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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