30/09/2011

Mettre en pièces l'Etat et les autorités

La Constituante a, depuis la rentrée, consacré quatre sessions plénières à la première lecture de notre future constitution. Chacun a pu constater que les débats consacrés à plusieurs sujets importants ont débouché sur plusieurs compromis satisfaisants pour les groupes modérés de la gauche comme de la droite.

On ne peut cependant cacher que l'inquiétude grandit au fur et à mesure que se développe l'alliance étrange apparue au début septembre entre l'ensemble des groupes de gauche et l'UDC. Une alliance qui éclaire d'une lumière crue l'objectif qu'à l'évidence ces partenaires de circonstance poursuivent, à savoir l'affaiblissement de notre démocratie parlementaire, de l'Etat et des autorités élues. Au prétexte de renforcer les droits populaires la gauche et l'UDC s'associent pour renforcer le pouvoir de la rue au détriment du cadre institutionnel.

On ne saurait interpréter autrement les mesures que, pas à pas, ces groupes tentent d'imposer à la Constituante.  Avec succès déjà s'agissant

-  du refus d'adapter à l'évolution démographique les droits populaires cantonaux,

-  de l'abaissement des exigences relatives aux droits populaires communaux,

-  de l'allongement des délais de récoltes des signatures,

-  du refus d'élever au rang constitutionnel le référendum obligatoire en matière d'assainissement financier cantonal.

Avec une probabilité importante de succès dans les semaines à venir s'agissant

-  de l'abaissement du quorum électoral au Grand Conseil de 7 à 5 voire 3 %,

-  de l'introduction, au moins en partie, d'auditions publiques en lieu et place du travail des commissions parlementaires.

Le Conseil d'Etat, dans son unanimité, commence d'ailleurs à s'inquiéter sérieusement de cette évolution. D'où ses injonctions  et les amendements qu'il a déposés afin de mettre un terme à la dérive qu'il observe. En vain, l'aveuglement des « casseurs », ou plutôt leur détermination, reste inébranlable.

Pourquoi parler de « casseurs » ? Parce, obnubilés par leurs intérêts égoïstes et leur rêverie d'une société « participative », ils ont cessé de raisonner et ne songent plus qu'à briser l'Etat. Prétextant en permanence les libertés populaires, abusant sans vergogne d'une soi-disant volonté d'écouter le peuple et de s'en remettre à lui, rejetant les enseignements de l'histoire et des évènements contemporains, ils semblent prêts à vider de son sens et de sa réalité la garantie publique des prestations sociales, des libertés et de l'expression démocratiques, une garantie que pourtant seules des institutions équilibrées et des autorités solides peuvent protéger efficacement.

Pierre Kunz, constituant

 

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