21/09/2011

Ce jour-là Stauffer sera mort ...

Pour parvenir à ses fins et pour réussir dans son entreprise politique Eric Stauffer n'a jamais fait dans la dentelle. Considérant qu'il s'adresse à des balourds, des nigauds et des benêts, il limite toujours ses discours  à la simplicité extrême et ne teinte jamais ses interventions de nuances. Il s'agit-là d'une caractéristique qu'on retrouve chez tous les tribuns qui ont tenu, pour un temps, un rôle au cours des dernières décennies sur la scène politique genevoise.

Comme tous ses prédécesseurs, et comme tous ses clones dans d'autres pays, Eric Stauffer éructe bruyamment des slogans colorés, des invectives fumeuses et des insultes faciles. Le plus généralement ses propos sont dirigés « contre » : contre une idée, contre un ministre, contre un projet, contre une nouvelle médiatique, contre une décision prise par d'autres, contre un service public, contre un loi ou un règlement, contre un rapport, etc. Un procédé qui n'impose pas chez l'aboyeur la compréhension du sujet et qui se passe de toute explication intelligente et objective. Des slogans, des invectives et des insultes qui sont généreusement relayées par les médias.

C'est dans cette méthode que réside le succès d'Eric Stauffer et du parti qu'il dirige. On peut donc parier que le jour où Eric Stauffer ne sera plus « contre » c'est qu'il sera mort. Politiquement tout au moins.

La dernière illustration du « système Stauffer », on en prend connaissance dans la TdG de ce jour. Il est question dans le quotidien du bout du lac de la décision de la Constituante, prise mardi, de différer de deux ans le vote des Genevois sur l'opportunité d'accorder aux étrangers du canton le droit d'être élu au sein des autorités communales.

Tous les constituants le savent, Eric Stauffer ne s'est jamais intéressé aux travaux de cette Assemblée. Il ne connaît rien au contenu de l'avant projet de constitution et pas d'avantage aux amendements que les commissions ont apportés à cet avant projet depuis le début de l'année. Enfin il est totalement ignorant du résultat des votes intervenus au cours des trois plénières qui se sont tenues depuis le début septembre. Qu'à cela ne tienne, Eric Stauffer jette péremptoirement que « nous (le MCG) sommes satisfaits de ce vote (celui concernant l'éligibilité communale des étrangers), parce que grâce à lui la constitution (la nouvelle) est morte. Aujourd'hui plus personne n'est satisfait de ce torchon ».

Les membres du groupe MCG de la Constituante, qui y jouent un rôle éminent et constructif, ont certainement beaucoup apprécié. Quant aux observateurs, ils se demandent quel journaliste, de préférence radiophonique, aura le premier l'idée amusante d'interroger de manière impromptue Eric Stauffer à propos du contenu du « torchon » qu'il évoque, adopté en quasi-totalité avec l'appui ... du MCG. Les paris se prennent d'ailleurs déjà ; à 15 contre 1 : Eric Stauffer restera incapable de répondre, même à la question la plus élémentaire.

Pierre Kunz

 

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