31/08/2011

Prévenir, légiférer, bureaucratiser et ... payer

Les parlements de ce pays, dans les cantons comme à Berne, ont détecté depuis plusieurs décennies un moyen efficace pour justifier leur rôle. Il s'agit de la mise en œuvre des innombrables mesures destinées dans pratiquement tous les domaines à la « prévention ». A Genève, poussée par cette mode, la Constituante a d'ailleurs failli tomber dans le stade ultime de la prévention et n'a échappé que de justesse (pour le moment en tout cas !) à l'inscription dans le futur texte constitutionnel auquel elle travaille du périlleux « principe de précaution ».

Qu'on comprenne bien ! Depuis que les êtres humains vivent en communautés et qu'ils ont entrepris leur lutte pour dompter le mieux possible les éléments naturels ils se sont contraints à la prévoyance et à la prévention. A leurs dépends ils ont en effet rapidement compris que faute d'une telle prudence ils s'exposaient aux pires catastrophes. Notre société contemporaine et chacun d'entre nous bénéficient grandement des expériences et des initiatives de nos prédécesseurs, en particulier dans le domaine de la santé publique.

Mais notre Etat s'égare lorsqu'il prétend, officiellement parce que « prévenir vaut mieux que guérir » mais en réalité parce qu'il semble ne plus croire à la capacité des individus de surmonter leurs problèmes, s'immiscer dans ce qui de tout temps a découlé de notre responsabilité personnelle, celle de construire notre existence, de lui donner du contenu, du sens et de l'équilibre. Une responsabilité qui s'est toujours développée essentiellement dans le cercle familial et avec l'aide de ce dernier.

Mais que penser des innombrables lois de prévention déjà  édictées et des multiples projets de mesures que nos autorités nous préparent encore ? Des mesures qui ne concernent plus vraiment l'intérêt général mais qui par contre contribuent de manière significative au gonflement de la bureaucratie publique.

Prévention du tabagisme, prévention de l'alcoolisme, prévention de la dépendance au jeu, prévention de l'achat compulsif, prévention de l'obésité chez l'enfant, prévention du cancer de la prostate, prévention de la dépendance à internet, etc. Avec à chaque occasion la mise en place d'un coûteux « observatoire » servi par quelques employés de l'Etat. Quant aux effets de ces "efforts" de prévention, il est bien rare qu'ils fassent l'objet d'une information, probablement parce qu'ils demeurent le plus souvent insignifiants.

Comment ne pas voir qu'en intervenant à ce point dans les comportements individuels l'Etat contribue à dévaloriser l'éducation familiale, à réduire le rôle des cercles sociaux à la portion congrue et à déresponsabiliser les personnes concernées, à les conforter même dans leur détresse ?

Et si nos élus replaçaient dans leurs réflexions le rôle essentiel de la famille et de la responsabilité parentale en matière d'éducation ? Et dans l'enseignement que dispensent nos écoles, si nos élus faisaient davantage la part de la responsabilité individuelle et des exigences d'une vie réussie ?

Pierre Kunz

 

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