23/08/2011

Provenance de l'énergie fournie par les SIG

Tous les ménages du canton, avec la plus récente facture de leur fournisseur, ont reçu une information détaillée à propos de l'origine de l'énergie électrique consommée au bout du lac en 2010. Tableau statistique à l'appui, les SIG soutiennent que « plus de 87 % de l'énergie électrique fournie est d'origine renouvelable ». Les informations présentées montrent de surcroît que 86, 8 % est d'origine hydraulique, que le gaz naturel compte pour 12,1 % et que dans l'électricité consommée à Genève il n'y a pas trace du moindre électron nucléaire.

Ces chiffres ne résistent pas à une analyse sérieuse. En effet, depuis la catastrophe de Fukushima, ceux qui n'en avaient pas encore conscience savent désormais que 40 % environ de l'énergie électrique produite en Suisse est d'origine nucléaire. Sachant que 20,2 % de l'approvisionnement des SIG provient des autres cantons helvétiques, on calcule logiquement qu'au moins 8 % de l'électricité produite en Helvétie et consommée par les ménages et l'économie genevoise est d'origine nucléaire.

Le bilan dressé par les SIG montre aussi que 58,0 % de l'électricité qu'ils distribuent est livrée par des pays européens. Or on se rappelle qu'au sein de l'Union européenne 35 % de la production totale de l'électricité sont assurés par des centrales nucléaires. On doit donc déduire de ces deux constats qu'au moins 20 % de celle que nous importons de producteurs étrangers est également d'origine nucléaire. Sans tenir compte du fait que nos deux principaux fournisseurs sont la France, dont la part de l'électronucléaire s'élève à 78 %, et l'Allemagne où elle est encore de 29 %, le reste étant majoritairement produit dans des centrales à charbon.

De ce qui précède l'objectivité et l'honnêteté conduisent à la conclusion que contrairement à ce qu'affirment les SIG l'électricité que nous utilisons est pour au moins un tiers d'origine nucléaire.

Quel tour de passe-passe les SIG, sous la pression du Conseil d'Etat, d'une partie des députés et de ContrAtom, utilisent-ils pour oser faire croire à la population que, contrairement aux évidences, à Genève on ne consomme que de l'électricité propre ? Ils concluent, disent-ils, avec des fournisseurs se prêtant à ce jeu contestable, des « contrats d'approvisionnement excluant les énergies produites à partir de l'atome et du charbon ». Des contrats totalement fictifs.

Fictifs en premier lieu parce que nul, EOS pas davantage que EDF, n'est en mesure de sélectionner, avant de les distribuer, les électrons d'origine nucléaire et charbonnière de ceux provenant d'une autre source d'énergie primaire. Fictifs également parce que les quotas de KwH « réservés » par les SIG auprès de leurs deux principaux fournisseurs forcent simplement nos voisins de Saint-Julien et du Pays de Gex d'acquérir auprès de ces derniers les KwH d'électricité « sale » dont les SIG ne veulent pas. EOS et EDF n'ont donc pas produit ni distribué un KwH propre de plus ou de moins et l'équilibre régional en matière d'approvisionnement électrique n'a pas changé.

Des contrats fictifs donc, mais qui ont conduit les SIG, toujours sous la pression du Conseil d'Etat, d'une partie du Grand Conseil et de ContAtom, à adopter un marketing qu'il n'est pas excessif de qualifier de « trompeur ». En vertu de ce qui précède comment en effet désigner autrement la curieuse palette d'énergies plus ou moins vertes et de prix plus ou moins élevés que notre régie propose aux habitants et aux entreprises du canton ?

Pierre Kunz

 

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