02/08/2011

Crise mondiale, les Etats démasqués

Depuis près de trois ans les banques et les excès spéculatifs qu'elles ont commis ont servi au monde politique et aux médias de boucs émissaires commodes.

Les observateurs sérieux savent pourtant depuis longtemps où se trouvent les vrais responsable d'une crise dont l'histoire retiendra  sans doute, comme pour celle des années trente, que la chute en 2007 des marchés financiers ne fut que le déclencheur et le révélateur. Les circonstances, soit les crises monétaires et financières qui depuis ne cessent de perturber le monde industrialisé, forcent désormais chacun à reconnaître que les véritables coupables se situent chez ceux qui ont gouverné les Etats occidentaux depuis quatre décennies. Ils sont dans les partis politiques à qui les peuples européens et d'Amérique du nord ont confié leur destin depuis les années 1970.

Oublieux des règles les plus élémentaires de la saine gestion, les législateurs et les ministres en charge ont, au nom de l'Etat providence, engagé leurs pays dans des dépenses colossales sans égard pour leur couverture financière. Abusant des discours et des promesses les plus démagogiques pour accéder au pouvoir, prêts à emprunter les chemins les plus tortueux pour le conserver, ils ont masqué par machiavélisme, par insouciance ou par stupidité à leurs concitoyens l'insuffisance des moyens disponibles pour financer les politiques sociales engagées, les investissements inutiles, les expéditions militaires et le gonflement des soi-disant « indispensables prestations publiques ». Ce sont donc bel et bien ces politiciens, et non pas les marchés financiers, qui ont conduit leurs concitoyens européens et américains au bord d'un abîme dont ces derniers découvrent chaque jour, dans la douleur, la largeur et la profondeur.

La gauche, guidée par les bons sentiments et sourde aux enseignements de la raison et de l'histoire, fut évidemment partout le moteur de cette évolution néfaste. Mais la droite en porte une part de responsabilité considérable qui, par opportunisme, par faiblesse, par renoncement à ses valeurs ou par insuffisance de conviction a participé à cette débauche politicienne.

Les temps sont venus pour le monde politique de retrouver le sens du réel. Les temps sont aussi venus pour les Etats de « réduire la voilure » afin de ne pas infliger aux générations futures les conséquences de nos folies.

Ceux qui ont fait confiance au monde politique et aux promesses de l'Etat providence en matière de retraites, d'allocations de toute nature et de prestations publiques multiples, ceux qui ont profité des largesses d'un Etat vivant au-dessus de ses moyens paient, et continueront à payer, logiquement le prix fort en sacrifices et en renoncements. Le désastre étant en effet né d'un excès des dépenses, celles-ci s'étant développées parallèlement à un alourdissement progressif d'une fiscalité et d'une parafiscalité si lourdes désormais qu'elles nuisent déjà à la compétitivité des entreprises, les nantis ne pouvant être taxés davantage qu'au risque de les voir s'expatrier, ne subsiste que le remède de sévères mesures de restriction des dépenses voire d'austérité.

L'accord, forcé par la nécessité, que viennent de conclure les parlementaires américains à propos de la limitation de leurs déficits budgétaire et de leur endettement est révélateur de l'ère nouvelle et chaotique qui attend le monde occidental. Comme sont révélatrices les crises sociales et politiques qui ont commencé de marquer la vie publique des pays de UE.

Au 21ème siècle encore plus que dans les années 1930, dans le monde globalisé que nous connaissons, la tourmente n'épargne pas les pays qui avaient pourtant su raison garder dans la gestion de leurs finances publiques. C'est ainsi que l'Allemagne, qui dans ses exportations bénéficie certes largement d'un Euro en déconfiture, n'en est pas moins appelée à dilapider par centaines de milliards le fruit de son travail pour tenter de sauver les canards boiteux européens. C'est ainsi également que la petite Suisse qui n'a, à l'exception de Genève, que peu cédé au socialisme égalitariste débridé, perd son souffle sous le poids de sa monnaie et voit sa bourse s'effondrer parce que ses entreprises risquent d'être exclues de leurs marchés étrangers.

Pierre Kunz

 

 

18:05 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.