13/07/2011

Le "bio" nous tourne en bourriques !

Les produits  « bio », constate l'observateur de bon sens, présente trois caractéristiques principales. L'une est économique : le label « bio » aide les agriculteurs de ce pays à vivre mieux en créant et en occupant ce qu'il est convenu d'appeler des niches de marché et à écouler leurs productions à des prix qu'ils ne pourraient obtenir autrement. C'est aussi un instrument au service des milieux protectionnistes qui agitent avec une vigueur retrouvée le drapeau de « l'autosuffisance alimentaire ».

Les deux autres caractéristiques sont carrément mercantiles et mettent en évidence  notre candeur de consommateur : d'une part il s'agit pour les distributeurs de l'opportunité de s'offrir des marges bénéficiaires plus fortes ; d'autre part, pour ces mêmes distributeurs et leurs fournisseurs, il convient de profiter du ramdam médiatique incessant relatif aux soi-disant dangers des produits non « bio » que nous consommons pourtant depuis des décennies. Ces acteurs tirent en l'occurrence opportunément parti des peurs ainsi générées au sein de nombreuses familles.

La Coop illustre parfaitement la façon dont un gros distributeur s'y prend pour abuser sa clientèle et pour augmenter son chiffre d'affaires et ses marges. Qui n'a pas encore remarqué que, sur les étalages de ses magasins, la part des produits « bio » est d'autant plus grande que la concurrence est faible ? Aux Diablerets, par exemple, où la Coop bénéficie d'un quasi monopole alimentaire, il est souvent impossible de trouver un produit alternatif à celui labellisé « bio ». Presque tout est « bio », donc cher : le pain, les fruits, les légumes, les produits laitiers, l'huile, les céréales, etc. Dernière trouvaille dans le filon, les fleurs « bio » !

Et quand cette coopérative se sent tout de même contrainte de présenter les deux types de produits, celui non « bio » n'est comme par hasard vendu qu'en grosse quantité. Ainsi les bananes « bio » sont vendues à la pièce à plus de Fr. 3.20 le kg, celles étiquetées simplement Max Havelaar, qui coûtent Fr 2,10 le kg, ne peuvent être acquises qu'en emballages de 1000 ou 1500 grammes.

S'agissant des bienfaits du « bio », on se contentera de rappeler que tous les nutritionnistes sérieux ont déjà montré que le « bio » n'est absolument pas nécessaire à l'alimentation équilibrée et à la bonne santé des humains. Il s'agit simplement pour ces derniers de ne pas succomber à l'uniformité alimentaire, celle du « bio » ne valant pas mieux que l'autre. Notre organisme est parfaitement adapté à la qualité des mets apprêtés avec les produits contrôlés et autorisés par nos autorités de surveillance.

En désespoir de cause scientifique, les promoteurs du « bio » en sont réduits à se muer en défenseurs de la planète. Selon eux la culture « bio » serait nécessaire à la protection de notre environnement. Il faut selon eux lutter contre la culture intensive fondée sur l'utilisation des engrais chimiques, des pesticides et des OGM. Massivement relayée par les intégristes de l'écologie cette attitude, si elle devait convaincre une majorité d'entre nous, ne pourrait conduire l'humanité qu'au désastre alimentaire.

L'accroissement de la population mondiale et par ailleurs la disponibilité limitée des terres fertiles, des ressources naturelles, de l'eau et de l'énergie en particulier, pose un défi colossal à l'humanité. Or seul le recours aux méthodes de productions intensives, essentiellement celles ouvertes par les biotechnologies, nous permettra de relever ce défi. En améliorant les rendements agricoles tout en préservant les écosystèmes (semences plus résistantes aux parasites, requérant moins d'irrigation, etc.). Cette option et ces technologies sont seules susceptibles de nourrir les 9 milliard d'individus que devrait porter la Terre en 2050.

Le futur de l'humanité se trouve donc dans l'exact contrepied des cultures « bio », chères et à faibles rendements.

A cet éclairage on prend la portée réelle du « bio ». Il est et restera le privilège, le luxe, que peut s'offrir une infime minorité de l'humanité.

Pierre Kunz

 

15:31 Publié dans Résistance | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.