24/06/2011

Les allocations familiales augmententeront massivement

Voici quelques jours seulement le Crédit Suisse publiait une enquête appronfondie sur les conséquences du gonflement incessant des dépenses publiques sur le revenu disponible des ménages après paiement de toutes les charges, l'impôt surtout, qui pèsent sur eux. Et cette étude faisait ressortir clairement que les familles genevoises étaient les plus mal loties du pays. Dans la pratique cela signifie en premier lieu que le transfère des responsabilités individuelles vers l'Etat prive les Genevois d'une part considérable du revenu de leur travail. Cela met aussi en évidence que l'administration publique du canton est la plus coûteuse et la moins efficace du pays et que tout transfert de ce type est désavantageux pour les contribuables, particulièrement pour ceux des classes moyennes. N'en profitent que ... ceux dispensés du paiement de l'impôt.

Qu'à cela ne tienne. Hier soir le Grand Conseil "en a remis une couche". Dans une unanimité démagogique crasse à laquelle seuls les élus PLR ont échappé, il a voté une augmentation massive des allocations familiales.

Les familles auraient tort de sauter de joie parce qu'à moyen terme cette décision ne peut se traduire que par une limitation équivalente des rémunérations salariales. Qui peut imaginer en effet que les entreprises, auxquelles on a imposé la prise ne charge de cette "nouvelle avancée sociale", ne vont pas se trouver forcées, surtout dans le climat de concurrence farouche actuel, de limiter proportionnellement les augmentations de salaires de leurs peronnels dans les années à venir ?

Par ailleurs, l'Etat, le plus gros employeur du canton, devra passer lui aussi à la caisse. Mais comme lui n'a aucune préoccupation concurrentielle, il se contera soit d'accroître ses prélèvements fiscaux soit de recourir à l'emprunt, parce que bien évidemment nul ne songera à limiter d'autres dépenses. Dans les deux cas les dindons de la farce seront ... les générations dont les parents auront profité de la "générosité" des députés.

Pierre Kunz

 

 

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18/06/2011

Genilem réinventée

Voici un peu plus de deux ans, le conseil de l'Association a décidé de « réinventer » et de redéployer les activités de Genilem Vd/Ge. Une décision rendue nécessaire par les changements intervenus depuis le début du nouveau siècle sur le « marché » du soutien aux start-ups, en particulier la multiplication des organismes publics opérant dans le secteur. En été 2009, mettant en place une nouvelle direction, le conseil de Genilem Vd/Ge a donc confié à cette dernière la mission de restructurer et de redynamiser l'entreprise, mission qui a été menée tout au long de l'année dernière.

A ce titre, nombre de changements importants sont intervenus aussi bien à l'interne - gestion des ressources humaines et processus administratifs - que « au front », autrement dit dans l'accompagnement trisannuel gratuit des jeunes entreprises qui donne à Genilem sa spécificité. On mentionnera plus particulièrement la solidification des activités d'avant-création et de sélection des projets, la refonte et la relance de la formation interne et externe ainsi que le maillage renforcé des réseaux mis à disposition des créateurs d'entreprises. A cette enseigne on relèvera le succès croissant autant du Carrefour des Créateurs que du Prix HES-Genilem, deux évènements qui ont désormais trouvé leurs racines dans le canton de Vaud comme dans celui de Genève.

Dans le domaine de la communication, des modifications considérables sont intervenues. La distribution de la revue « Créateurs » a été suspendue au profit de nouvelles publications, tant dans la forme électronique que sur support papier. Par ailleurs, des liens nouveaux et plus étroits ont été tissés avec certains médias.

On l'a dit, les réformes engagées et le développement d'une nouvelle culture d'entreprise étaient nécessaires. Mais ces réformes et le développement d'une nouvelle culture d'entreprise ne sont pas restés indolores et au cours de l'exercice 2010 la majeure partie du personnel a changé.

Genilem Vd/Ge dispose aujourd'hui d'une équipe de collaborateurs solide, compétente et surtout extrêmement motivée. C'est à elle, à l'intensité et à l'efficacité de son travail que Genilem Vd/Ge doit le résultat financier positif de l'an dernier. C'est à elle que l'Association doit la crédibilité raffermie dont elle bénéficie auprès de ses « parrains », autrement dit de ses bailleurs de fonds publics et privés. Plusieurs grandes sociétés genevoises et vaudoises en ont d'ailleurs rejoint le cercle au cours des dix-huit derniers mois.

Genilem Vd/Ge s'est réinventée et a accompli son redéploiement. L'Association et son nouveau président sont prêts à affronter les défis nouveaux qui les attendent.

Pierre Kunz

 

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13/06/2011

Un avenir plus laborieux et plein de promesses

Dans un fort intéressant article publié par le professeur Simon  J. Evenett dans la revue bimensuelle d'une grande banque helvétique, l'auteur montre de manière saisissante comment a évolué le PIB des grands producteurs de la planète entre le début du premier millénaire et le commencement du nôtre. Saisissant parce qu'il y a mille ans le PIB cumulé de la Chine et de l'Inde représentait près de 60 % de l'ensemble de la production mondiale contre seulement environ 10 % à la fin des années 1960.

Pour les grandes puissances occidentales (Grande-Bretagne, Italie, Allemagne, France et Etats-Unis), durant le même laps de temps, l'évolution a été presque exactement inverse, puisque leur part au PIB mondial a passé de 10 à 55 %. De surcroît, en 2008 déjà, le PIB additionné des deux pays les plus peuplés de la planète avait déjà franchi la barre des 25 % du total.

A la lecture de cet article et de ces chiffres, devant la fulgurante progression indienne et chinoise favorisée par la libéralisation mondialisée des échanges, qui ne serait amené à réfléchir aux deux questions pressantes qui nous préoccupent, en Europe comme aux USA.

Cette résurgence de la Chine et de l'Inde, qui sera bientôt suivie de l'émergence d'autres grands pays du Sud, explique-t-elle pleinement les tourments économiques et sociaux que vivent les sociétés démocratiques occidentales ?

Sommes-nous condamnés à voir notre niveau de vie se réduire en proportion de la diminution de notre rôle économique relatif dans le monde ?

A la première interrogation il convient de répondre largement par l'affirmative. Ils ont définitivement passé les cinq siècles durant lesquels l'Europe puis les Etats-Unis ont organisé l'exploitation de la planète à leur seul profit, aidés en cela par leur puissance militaire, leur avance scientifique et technologique, le mercantilisme, le colonialisme, le protectionnisme.  Une fin brutale parce que nos sociétés, jusque là au bénéfice de privilèges aussi immenses qu'infondés, n'ont pas su ou pas voulu prendre la mesure du profond changement issu des « trente glorieuses ». Artificiellement protégé et ayant vécu au-dessus de ses moyens depuis près de trente ans, l'Occident se retrouve endetté comme jamais et incapable de maintenir le train de vie social qu'il avait cru pouvoir garantir à ses populations. Les « droits acquis » ne le sont plus, les prestations publiques deviennent aléatoires, l'emploi se précarise, les caisses de pensions ne peuvent plus verser les rentes généreuses promises.

Par contre, il faut le dire avec force, le bouleversement de notre environnement ne nous condamne pas à la baisse inéluctable de notre niveau de vie. Nous sommes en mesure de le maintenir à son seuil élevé parce que l'économie mondiale n'est pas un jeu à somme nulle où ceux qui gagnent font automatiquement perdre les autres.

Certes, le futur ne sera plus aussi aisé que le passé. Nous avons désormais à faire avec des concurrents libérés des contraintes anciennes, aussi intelligents et entreprenants que nous, prêts à travailler sans compter leurs heures et dans le cadre d'une protection sociale qui demeure lacunaire, au bénéfice par conséquent d'avantages comparatifs considérables. En conséquence, les secteurs ayant traditionnellement offert leur emploi à une large partie d'entre nous, continueront de se restreindre.

Certains imaginent que la solution à nos problèmes réside dans un retour, plus ou moins rapide, étendu et rigoureux selon les avis, au monde protectionniste d'antan, largement fermé à la circulation des savoirs, des biens, des services et des personnes. C'est un leurre, propagé par des ignorants et des démagogues. A l'évidence, la libéralisation mondialisée des échanges a été conduite à un rythme inadéquat et en prenant insuffisamment en compte ses conséquences économiques et sociales sur nos sociétés occidentales. Il convient donc de négocier un processus ralenti avec les pays émergents. Mais il ne saurait être question de prétendre leur imposer un retour à la situation qui nous convenait si bien, sauf à vouloir transformer la planète en champ de bataille.

Quel que soit le rythme auquel se développeront nos nouveaux concurrents, il paraît pourtant évident que, si nous entendons conserver notre niveau de vie tout en maintenant le type d'Etat social que nous connaissons, nous devrons renoncer à une partie de notre confort, fréquenter plus longuement nos écoles et nos universités et accepter de travailler davantage ou plutôt de manière plus productive, souvent dans d'autres entreprises que celles qui nous tendaient les bras voici quelques années encore. Nous serons certainement contraints à renoncer aux domaines d'activités auxquels nous étions habitués et à faire l'effort de nous préparer pour des secteurs différents, à plus fort contenu de valeur ajoutée, donc de matière grise.

Cet avenir plus laborieux et distant du discours malthusien de la décroissance et de la frugalité n'est pas seulement possible. Il est crucial si nous voulons faire perdurer la société équitable que nos pères ont voulue, faite de l'opportunité donnée à chacun, par son travail, d'améliorer son sort et de s'élever au travers de la hiérarchie sociale.

Pierre Kunz

 

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06/06/2011

Le CO2 a cessé d'inquiéter les Suisses et leurs élus

« La girouette ne tourne pas toute seule, c'est le vent qui change de sens », notait avec assurance Edgar Faure pour justifier ses postures politiques à géométrie variable. Le souffle de l'émotion qui, après Fukushima, semble emporter toutes les peurs climatiques, toutes les convictions écologistes et tous les engagements environnementalistes illustre à merveille ce qu'entendait le ministre de la 4ème République française.

Chacun connaît l'ampleur des craintes générées dans l'esprit des Suisses à la suite de la catastrophe japonaise et chacun comprend le reflexe « non au nucléaire ! » qui en est résulté dans une large partie de la population. Dans ce contexte il est difficile de ne pas approuver la manière dont le Conseil fédéral a décidé de laisser les centrales atomiques actuellement en fonction achever leur vie et de ne pas en autoriser la construction de nouvelles. Si nécessaire il sera toujours temps pour lui et le parlement, dans un lustre ou deux, lorsque les passions se seront calmées, de reprendre l'analyse objective et sereine de l'approvisionnment énergétique du pays. Enfin, la démocratie étant ce qu'elle est, il n'est pas surprenant que certains partis aient entrepris de tirer le parti électoral maximum de la situation.

Il y a encore, dans l'évolution des discours et des postures politiques nés de Fukushima, un autre aspect, presque amusant celui-là. Il s'agit de la facilité avec laquelle la quasi-totalité des acteurs de la scène politique helvétique ont oublié et fait oublier les sombres perspectives environnementales qu'ils évoquaient voici quelques semaines encore. Les rappels du danger des gaz à effet de serre et de la part humaine « évidente » dans l'origine du réchauffement du climat ont complètement cessés.

En conséquence, la sensibilité du peuple suisse au danger climatique et à ses causes humaines supposées a été étouffée. Chez les politiciens défenseurs de l'écologie on ne parle plus que du risque nucléaire et de la nécessité de s'extraire sans délai du danger représenté par l'atome, toute autre considération, écologique et économique notamment, étant exclue. Quant au Conseil fédéral, il n'a pas pratiquement rien dit des conséquences de sa décision de renoncer au nucléaire sur les engagements pris par conventions internationales, à Kyoto notamment. Pourtant, à l'évidence, cette décision rend impossible désormais le respect des objectifs que la Suisse s'est fixée en matière d'émissions de gaz polluants.

Le vent a donc tourné. Il a peut-être tourné dans le sens de ceux qui affirment depuis toujours, comme Claude Allègre, que le réchauffement climatique est un phénomène essentiellement naturel qui se produit régulièrement depuis des millénaires. Oubliant que ce constat et l'intelligence ne nous dispensent pas de l'effort de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, c'est probablement ce que se diront les députés genevois pour se donner bonne conscience lorsqu'ils voteront, en fin de semaine, la construction de la centrale à gaz réclamée par les SIG.

Pierre Kunz

 

 

 

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01/06/2011

Paolo Gilardi est-il déjà sénile ?

Le leader syndicaliste genevois Paolo Gilardi s'est à nouveau lancé dans un de ces combats corporatistes d'arrière-garde dont il a le secret et qui jalonnent le parcours de son engagement politique. Cette fois il s'est mis en tête, et dans celle de ses suiveurs habituels, de faire échouer le projet de fusion et d'assainissement de deux des caisses de pension de la fonction publique, la CIA et la CEH, désormais incapables d'assurer le paiement des rentes qu'elles se sont engagées à verser à leurs affiliés.

Son argument ? « l'Etat aurait, dit-il, les moyens de financer l'opération puisqu'il fait des bénéfices chaque année. » Et de se plaindre par ailleurs des pertes de salaires que cet Etat aurait imposé à ses employés depuis deux décennies.

Cette aptitude à limiter sa vision de la situation d'une partie des fonctionnaires genevois exclusivement à l'aune des intérêts corporatistes et immédiats de ces derniers, sans égard pour la réalité financière dramatique des caisses de pension concernées et sans considération pour la multiplicité des engagements d'un canton qui reste le plus endetté du pays, est tout simplement sidérante. Tant il est vrai que l'origine du courroux de M. Gilardi, à savoir le partage imposé aux fonctionnaires des mesures d'assainissement de la CIA et de la CEH, réside clairement dans une générosité irresponsable des prestations qu'en dépit de tout bon sens ces deux caisses distribuent depuis un demi-siècle à leurs adhérents. Tant il est vrai d'autre part que les contribuables genevois ont toujours participé plus que partout ailleurs en Suisse au financement des retraites de la fonction publique du canton.

L'attitude de M. Gilardi et des enseignants qui, avec lui, ont fait grève mardi dernier pour montrer leur mécontentement est diablement inquiétant. Il n'existe en effet que deux explications possibles à un tel comportement chez des enseignants. Soit ceux-ci sont animés par une vision de leur métier dont sont absents le plus élémentaire sens de l'intérêt général et celui des exigences des équilibres sociaux durables. Soit ils soufrent d'un manque flagrant d'intelligence ou de sénilité précoce qui les empêche désormais de comprendre les réalités de leur environnement.

Dans les deux cas il convient de se demander sérieusement comment soustraire nos enfants et nos petits enfants à des « maîtres » aussi piètres.

Pierre Kunz

 

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